La confrérie orthodoxe de travail de l'Exaltation-de-la-Croix (Крестовоздвиженское православное трудовое братство) est une communauté orthodoxe russe de travail, fondée à la fin du par Nikolaï Nepliouïev dans le gouvernement de Tchernigov.
La règle de la confrérie, approuvée par l'empereur Alexandre III en 1893, fixe ses principaux objectifs : l'éducation chrétienne des enfants et l'amélioration religieuse et morale des adultes par la vie dans une communauté chrétienne. La confrérie a le droit unique, inscrit dans sa règle, de choisir un prêtre pour l'église de la communauté, et son approbation dépend du patron officiel de la confrérie, l'évêque de Tchernigov et Nijyne. Dans le même temps, la position de Nepliouïev, qui n'était pas seulement le fondateur et le chef de la confrérie, mais aussi son véritable mentor spirituel, est toujours restée très spéciale.
Histoire Nepliouïev ouvre en 1885 une école élémentaire agricole pour garçons placée sous le vocable de l'Exaltation de la CroixLes garçons à partir de étaient admis à l'école pour une scolarité de cinq ans, ayant déjà reçu une formation primaire de base et recevant une formation élémentaire centrée sur les disciplines agricoles. Outre ces nombreuses disciplines agricoles, le catéchisme, la liturgie, le Nouveau Testament étaient enseignés à l'école dans le cadre de la Loi de Dieu. En 1891, une école similaire de quatre ans pour filles est fondée sous le vocable de la Transfiguration, dirigée par la sœur de Nepliouïeva, Maria Nikolaïevna Oumanets. Selon certaines informations, la mère de Nepliouïev, Alexandra Nikolaïevna, était la présidente du conseil pédagogique, dans laquelle un système spécial d'éducation s'est progressivement développé, basé sur les principes évangéliques.
En 1889, trois (sur six) diplômés de la première promotion de l'école: Andreï Fourseï, Fiodor Tchvertka et Ilia Kobets décident de ne pas se séparer de leur mentor; après un an de travail comme instituteurs, ils forment une fraternité de travailleurs agricoles. Pour cela, Nepliouïev met à leur disposition 255 déciatines de terre, le khoutor (ferme) de la Nativité, où ils construisent une maison. C'est ainsi que naît la communauté d'origine de la confrérie. Elle reçoit sa personnalité juridique le , et la consécration de la petite église de la communauté a lieu le : Nepliouïev est lui-même béni par l'icône de saint Alexis tenue par le métropolite de Saint-Pétersbourg, Pallade (Raïev). Les promotions de l'école augmentent en nombre d'année en année: en 1890, il y a 9 jeunes gens, en 1897, ils sont 65. La confrérie de l'Exaltation-de-la-Croix se construit sur trois points principaux : orthodoxie traditionnelle : église de la communauté, prêtre, postes, sacrements ; économie moderne; copropriété du type de la communauté apostolique de Jérusalem, décrite dans les Actes des Apôtres.
La base de la fraternité est constituée de communautés (familles fraternelles), dans lesquelles les frères se regroupent selon le type d'occupation professionnelle. Chaque communauté vit dans une maison séparée, construite par les mains des frères eux-mêmes. La communauté se réunit quotidiennement pour la prière, et prend un repas commun. Une assemblée hebdomadaire les réunit pour discuter des questions pratiques. L'agriculture se développe sur la base des technologies les plus avancées de l'époque avec rotation des cultures de dix champs, en conséquence, les récoltes sont deux fois et demie supérieures à la moyenne de la province de Tchernigov. Une ferme d'élevage est également organisée.
La confrérie est l'objet d'articles dans les journaux et les revues et reçoit beaucoup de visiteurs; mais la réaction de la société russe est ambiguë. Il y a de fervents admirateurs : parmi eux, l'évêque de Tchernigov, Serge (Sokolov); et l'évêque de Kalouga, Macaire (Troïtski) ; les professeurs de séminaire Mikhaïl Tareïev et Vassili Exempliarski; l'archiprêtre Pavel Svetlov; la princesse Eugénie d'Oldenbourg, connue pour son implication dans les œuvres sociales ; ainsi que des membres de la communauté catholique, surtout des lazaristes français (comme le R.P. Fernand Portal) et l'abbé Albert Gratieux qui écrit un article dans La Revue catholique des Églises en 1908Abbé Albert Gratieux (1871-1954), « Nicolas Nicolaïévitch Néployef », in Revue catholique des Églises, année, , février 1908, . V. Avdassev, Albert Gratieux sur Nepliouïev et sa confrérie.. Le fonctionnaire chargé des missions spéciales sous le procureur-en-chef du Saint-Synode, Vassili Skvortsov, témoigne :
Mais il y avait aussi de nombreux détracteurs : la confrérie de l'Exaltation-de-la-Croix est accusée de ne pas être une œuvre d'Église, et Nepliouïev est taxé d'orgueil, qu'il aurait voulu se poser en «correcteur de l'Église ». Parmi les critiques, l'on compte de hauts dignitaires, comme le procureur-en-chef du Saint-Synode, Constantin Pobiédonotsev ; le métropolite de Saint-Pétersbourg, Antoine (Vadkovski); l'évêque de Tchernigov, Antoine (Sokolov); le publiciste Mikhaïl Menchikov, et des prêtres en vue.
Dans la confrérie, il y a des discordes ; certains des frères essayent de vivre aux dépens des autres, tandis que d'autres sont accablés par les reproches. Jean de Cronstadt, ayant rencontré Nepliouïev au début de l'année 1900, le réconforte: « Quand on est disciple du Christ, il est impossible de ne pas être persécuté, de ne pas être calomnié, de ne pas être haï pour son nom. Réjouissez-vous de cela. C'est la preuve que vous servez la cause de Dieu et que vous ne vous occupez pas d'affaires humaines ». Au printemps 1900, pendant la semaine de Pâques, le mécontentement de certains des frères s'est transformé en un affrontement ouvert: d'aucuns accusent Nepliouëv d', et souffrent d' et d'une . Après cela, quelques frères quittent la communauté N.D. Ignatov, La confrérie de travail de l'Exaltation-de-la-Croix de. Nepliouïev: la vie selon l'Évangile comme un défi à la désunion Chronique de la vie de la confrérie de l'Exaltation-de-la-Croix, fragments, d'après les rapports du gardien de la Fraternité de travail de l'Exaltation-de-la-Croix du 14 septembre 1899 au 11 septembre 1901. Plus tard, Nepliouïev écrit dans ses Entretiens sur la confrérie :
Il remarque en 1907 : Nepliouïev, Entretien IV: L'expérience de vie de notre fraternité de travail.
Afin de résoudre la question de l'indépendance économique des familles fraternelles, Nikolaï Neplioueïv transfère la majeure partie de son domaine à la confrérie: la donation est formalisée le , représentant de terres avec une forêt, des constructions et des fabriques, de , ainsi qu'une distillerie qui est attribuée à la confrérie. En outre, la confrérie a l'obligation d'entretenir l'école, l'église et le dispensaire. Il transfère aussi une dette à la banque, avec paiements annuels de . L'ensemble représente l'immense fortune de .
Parmi les membres de la confrérie, il y a des membres de la famille de Nepliouïev: ses sœurs Marie Nikolaïevna Oumanets (1853-1930) et Olga Nikolaïevna Nepliouïeva, leur mère Alexandra Nikolaïevna (1827-1917), née baronne von Schlippenbach. Le nombre des membres atteint en 1905 et 291 en 1907.
Les événements révolutionnaires de 1905-1907 persuadent Nepliouïev de la nécessité de fonder des confréries dans toute la Russie, par quoi il entend un réseau de communautés chrétiennes paysannes ou ouvrières dans toute la Russie. Cependant des tentatives d'en fonder à Kiev en 1906 et à Saint-Pétersbourg en 1907 s'avèrent un échec.
Après la mort de Nepliouïev en 1908, la confrérie de l'Exaltation-de-la-Croix ne cesse pas d'exister; elle renforce même sa situation économique et le nombre de ses membres. À l'exposition panrusse agricole de 1911, elle reçoit une grande médaille d'or. Selon l'historien de Tchernigov, V.V. Tkatchenko, la confrérie en 1912 possède de forêts dans le gouvernement de Perm, où elle a ouvert une filiale et une fabrique de transformation du bois.
Au début de la Première Guerre mondiale, 77 frères sont appelés au front et l'on installe un hôpital militaire dans la confrérie sous l'égide de la Croix Rouge. Des représentants de la confrérie participent au synode russe de 1917-1918.
Après la Révolution de 1917, la confrérie tente de vivre selon les nouvelles conditions. En 1919, elle prend le nouveau nom de , parvenant tant bien que mal à préserver le système économique et chrétien interne. Le journaliste M. Grandov, qui visite la à l'automne 1922, note l'excellence de leur culture agricole. En 1923, la commune est transformée en « artel agricole de la Révolution d'Octobre », qui ne comprend pas, en tant qu'anciennes propriétaires terriennes, les sœurs Nepliouïeva, Marie et Olga ; l'artel compte alors et possède de terres socialisées.
En 1925, quelques membres appartenant à l'assemblée de l'ancienne confrérie sont condamnés d'un an à dix ans de prison et de confiscation de leurs biens sous l'accusation de fomenter des actions contrerévolutionnaires et de crimes économiques. En outre, les membres du nom de Tsvelodoub, Klioutchko et Bourdoukalo sont condamnés à être fusillés, mais, « considérant le renforcement du pouvoir soviétique, leur peine est commuée en dix ans d'emprisonnement sous régime strict d'isolement et de confiscation des biens »; Petroukov est condamné à huit ans de prison, Bessmertny à cinq ans; Ovtcharenko et Pavlov à deux ans d'emprisonnement et le recteur de l'église, Alexandre Sekoundov, à un an d'exil (il est fusillé à la fin de 1937 ou début 1938). En novembre de la même année, sont expulsées, et cette fois-ci les membres de leur famille sont également condamnés, comme les sœurs Nepliouïev et les membres de l'assemblée. La collectivisation dans la République socialiste soviétique d'Ukraine commence en 1929 et la confrérie est supprimée et ses membres dispersés, la plupart fuyant dans les quatre coins de l'URSS.
Un certain nombre d'anciens élèves de la confrérie sont entrés dans l'histoire de la culture et de la science russe, comme le compositeur Pavel Senitsa, l'historien Pavel Fedorenko, l'hybridateur Semion Tchernenko, le peintre Nikolaî Fourseï, l'agronome Piotr Terletski, l'avionneur Bondarenko, la vulcanologue Sofia Naboko
Notes et références
Bibliographie V.N. Avdassev, La confrérie de travail de N.N. Nepliouïev, Soumy, 2003. D.S. Ermakov, L'éducation dans la confrérie de travail de l'Exaltation-de-la-Croix (1889-1929), in Педагогика, 2008, , Nikolaï Nikolaïevitch Nepliouïev, Entretien IV. L'expérience de vie de notre fraternité de travail. // КИФА. (97),
Liens externes Gueorgui Fourseï, La recherche du chemin N.V. Somine, L'apôtre de la vie fraternelle (Vie et travaux de Nikolaï Nikolaïevitch Nepliouïev) La confrérie de l'Exaltation-de-la-Croix. Règle et organisation de vie La fraternité de travail de l'Exaltation-de-la-Croix
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