vignette|Le Reniement de saint Pierre, vers 1610, huile sur toile, , Musée de la Chartreuse de Douai. Pensionnaire de Saraceni (Pensionante del Saraceni) est le nom de convention d'un peintre caravagesque anonyme actif à Rome dans les années 1610 et 1620.

Définition et datation du corpus

Le nom de convention de ce peintre et la base de son corpus d’œuvres ont été publiés en 1943 par Roberto Longhi. Étudiant quatre tableaux du début du présentant des affinités stylistiques avec l'école française mais surtout avec la production de Carlo Saraceni, peintre vénitien présent à Rome jusqu'en 1619, Longhi a émis l'hypothèse que ces quatre œuvres pourraient être dues à un collaborateur de ce dernier, dont l'atelier était effectivement fréquenté par des FrançaisRoberto Longhi, « Ultimi studi su Caravaggio e la sua cerchia », Proporzioni, I, 1943, .(Guy François) et des Lorrains (Jean Le Clerc). Selon Longhi, les œuvres attribuées au « pensionnaire » sont « en rapport avec le Saraceni de la période de la maturité et supérieur[es] à lui du point de vue pictural »« Saint Jérôme », Notice du site Internet de la galerie Canesso (consulté le 14 mars 2023)..

Par la suite, une dizaine d'autres toiles ont pu être rattachées, selon des critères stylistiques, à l'œuvre du « pensionnaire de Saraceni ».

Deux des tableaux de ce corpus (Le Vendeur de fruits du Detroit Institute of Arts et le Saint Étienne pleuré par Nicodème et Gamaliel du Musée des beaux-arts de Boston) sont répertoriés dans l'inventaire de la collection de Giacomo Sannesio, créé cardinal en 1604 et mort à Rome en 1621.

En marge de l'exposition consacrée à Saraceni en 2013, certains spécialistes se sont demandé s'il ne fallait pas attribuer à deux peintres différents le corpus établi par Longhi et les natures mortes qui y ont été rajoutées par d'autres historiens de l'artCarole Blumenfeld, « Le pensionante del saraceni enfin identifié ? », The Art Newspaper, 27 février 2023 (consulté le 14 mars 2023).

Style

Émule du Caravage, le « pensionnaire de Saraceni » se distingue toutefois de ce dernier par une lumière plus douce qui adoucit les contours, module l'ombre et l'anime de reflets, et par des couleurs veloutées, précieuses, voire audacieusesFrançoise Baligand, Le Musée de la Chartreuse de Douai, Paris, Musées et monuments de France, 1999, ..

Certains des tableaux qui lui sont attribués sont proches du style du peintre lorrain Georges de La Tour.

Hypothèses d'identification et travaux récents

Plusieurs hypothèses d'identification ont été explorées par les historiens de l'art. Si l'appartenance de l'artiste à l'école française fait plus ou moins consensus depuis les travaux de Longhi, certains auteurs ont également proposé de l'identifier à un peintre originaire des Pays-Bas, par exemple Frans Walschartz, un élève liégeois de SaraceniAnna Ottani Cavina, « Les peintres de la réalité et le cercle caravagesque de Rome », L'Art en Lorraine au temps de Jacques Callot, Nancy, 1992, ., ou le Brugeois Jacob van Oost le Vieux, présent à Rome au début des années 1620.

Dans un ouvrage paru en 2022, Jean Penent a proposé d'identifier le « pensionnaire de Saraceni » au peintre ponot Jean François (1580-vers 1650), attesté à Rome dans les années 1620 et frère de Guy François. Il a également proposé de lui rattacher le corpus du « Maître du Jugement de Salomon » (artiste identifié au jeune Jusepe Ribera par Gianni Papi en 2002)Jean Penent, Les Peintres du Languedoc au , Toulouse, Collègi d’Occitania, 2022, passim.. Cette dernière hypothèse, écartée par John GashDidier Rykner, « Un complément sur Jean François », La Tribune de l'art, (consulté le 13 mars 2023)., a également été mise en doute par Didier Rykner dans La Tribune de l'artDidier Rykner, « Les Peintres du Languedoc au » (recension de l'ouvrage de Jean Penent), La Tribune de l'art, 30 octobre 2022 (consulté le 13 mars 2023)..

Selon Chiara Marin, spécialiste de Saraceni, le « pensionnaire » pourrait être l'espagnol Juan Bautista Maíno, présent à Rome dans la première décennie du .

Le Reniement de saint Pierre, peint vers 1610 par le « pensionnaire de Saraceni » et conservé au musée de la Chartreuse de Douai, a inspiré un essai à l'écrivaine belge Colette Nys-MazureColette Nys-Mazure, Pensionnaire de Saraceni. Le Reniement de saint Pierre, Ennetières-en-Weppes, éditions Invenit, 2011, 35 p..

Œuvres Le Reniement de saint Pierre, h/t (huile sur toile), , Rome, Pinacothèque vaticane. Le Reniement de saint Pierre, h/t, , Douai, Musée de la Chartreuse de Douai. Le Vendeur de fruits et la servante, h/t, , Detroit Institute of Arts. Le Vendeur de volailles, h/t, , Madrid, Musée du Prado. Le Cuisinier, Florence, galerie Corsini. Le Christ parmi les docteurs, h/t, , Rome, Pinacothèque capitoline. Nature morte à la pastèque (ou Nature morte avec fruits et carafe), h/t, , Washington, National Gallery of Art. Saint Jérôme, h/t, , Paris, galerie Canesso. Saint Étienne pleuré par Nicodème et Gamaliel, h/t, , Boston, Musée des beaux-arts. Saint Jérôme pénitent dans son cabinet d’étude, h/t, , Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada. Melon, pastèque et fruits sur un entablement, h/t, , Paris, collection particulière (mis en vente par Artcurial le ).

Notes et références

Voir aussi Liens externes

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