thumb|Antonio Marañón dit , lithographie de Friedrich August Fricke (1784-1858). Il fut l’un des chefs de partidas realistas les plus célèbres. Selon l’ afrancesado Sebastián Miñano, sa tenue extravagante contribua à exalter le peuple en sa faveur, car il était vu comme un homme inspiré par Dieu, comparable à ceux dont parlent les Écritures.. Les () sont des groupes de guérilleros absolutistes qui se formèrent en Espagne au cours du Triennat libéral (1820-1823) pour tenter de renverser le régime constitutionnel mis en place à la suite de la révolution de 1820 et rétablir le pouvoir absolu du roi Ferdinand VII. Ils constituèrent le bras armé de la , . Cette contre-révolution commença dès le moment où le monarque prêta serment pour la première fois sur la Constitution, le , car il n’accepta en réalité jamais le nouveau régime, il s’affaira tout de suite à conspirer et prit la direction du mouvement, avec la complicité des membres de la cour et des hauts responsables de l'État également contraires au libéralisme. Comme l'affirma dans ses mémoires le marquis de las Amarillas : .
Bien que les premières fassent leur apparition en 1820, elles proliférèrent à partir du printemps 1821 et atteignirent leur apogée l’année suivante, donnant lieu en Catalogne, en Navarre et au Pays basque à une véritable guerre civile , qui se solda dans un premier temps par leur défaite face aux armées constitutionnalistes, obligeant les royalistes à fuir en France ou au Portugal. L'expédition d'Espagne menée par l’armée française commencée en 1823, à laquelle se joignirent les troupes royalistes espagnoles réorganisées depuis l'exil en France et les milices royalistes qui étaient parvenues à se maintenir après l'offensive constitutionnaliste, mit définitivement fin à la contre-révolution. Le roi Ferdinand VII fut libéré de sa , le régime constitutionnel aboli et l’absolutisme restauré, marquant le début de la dénommée décennie abominable.
Histoire Les partidas realistas commencèrent leurs actions dès les premiers temps du régime constitutionnel , organisées par des absolutistes exilés en France et en lien avec le palais royal. Leurs méthodes étaient très similaires à celles qu’avait utilisées la guérilla durant la guerre d'indépendance contre Napoléon (1808-1814) . Selon Pedro Rújula et Manuel Chust, c’est justement la continuité avec cette guérilla qui explique leur mise en route rapide et efficiente : . Le marquis de Mataflorida, agent de Ferdinand VII qui était l’une des principales figures de l'exil royaliste, écrivit dans un manifeste publié en France en que .
Les chefs des partis étaient majoritairement des ecclésiastiques , des nobles , des propriétaires et des paysans . En ce qui concerne le gros de leurs membres, Ramon Arnabat souligne que , qui formaient la base sociale du royalisme.
Avec une présence limitée au départ, les partidas connurent un essor important à partir du printemps 1821. Leur rayon d'action « se déplaça peu à peu du sud (Andalousie) et du centre de la péninsule (La Manche) vers le nord : Galice, Asturies, Castille-et-León, Estrémadure, Pays basque, Navarre, Aragon ; Pays Valencien et Catalogne ; et leur nombre tripla entre 1820 et 1821 ». Les plus connues étaient celles du prêtre Jerónimo Merino, qui agissait principalement à Burgos ; celle de Joaquín Ibáñez Cuevas, baron d'Eroles, et celle d’Antonio Marañón , qui agirent en Catalogne ; celle de Pedro Zaldívar, dans la Serranía de Ronda ; celle de Manuel Hernández, El Abuelo (), qui à Madrid et Aranjuez ; ou celle de Manuel Freire de Andrade et du chanoine de Saint-Jacques-de-Compostelle Manuel Chantre, qui formèrent la Junta Apostólica ( ou ) en Galice.
L’essor des partidas realistas fut la conséquence de la connexion de la contre-révolution des vieilles élites réactionnaires, présentes dès le début du Triennat libéral et de l’ des classes populaires . .
thumb|left|Pedro Zaldívar, chef de la partidas realista qui agit dans la Serranía de Ronda. Ce serait précisément l’Église, majoritairement opposée au régime libéral à cause des désamortissements qui jouerait un rôle décisif dans la formation et la consolidation de cette alliance entre les deux secteurs antilibéraux, en la facilitant , et en développant et en canalisant le mécontentement social vers la royalisme. En plus de la participation directe de nombreux clercs dans les partidas, parfois sous le commandement de certains d’entre eux comme dans le cas du fameux curé Merino, l’Église, et en particulier le clergé régulier, fournit au bloc royaliste un support idéologique en développant un discours de qui rencontra un écho principalement dans le monde rural où, à la différence des grandes villes, il ne pouvait être contré par un discours libéral. Ce discours contre-révolutionnaire pénétra également le monde des métiers de certains noyaux urbains, celui des sans emplois et des déracinés.
Ce fut . Il s’y produisit des révoltes qui furent précédées d’une intense campagne anti-révolutionnaire généralement orchestrée par le clergé et qui suivaient un patron similaire. . Le mal-être social se traduisait dans une action politique contre-révolutionnaire grâce à l’existence de .
thumb|Le curé Merino, chef guérillero qui combattit les Français durant la guerre d’indépendance, et qui durant le Triennat libéral mena une partida realista très active qui appuya l’invasion française de l’Expédition d'Espagne. Au sommet du mouvement contre-révolutionnaire de trouvait le roi. Il n’était néanmoins pas la seule tête de la conspiration. La contre-révolution peut mieux être représentée comme un réseau de complicité articulé à partir de différents foyers. Le rôle du monarque était avant tout de .
Au cours du printemps 1822, les actions des partidas realistas s’accentuèrent notablement, surtout en Catalogne, en Navarre, au Pays basque, en Galice, en Aragon et au Pays valencien, et de façon plus sporadique dans les Asturies en Vieille-Castille, à León, à Murcie et en Nouvelle-Castille. Un évènement décisif fut la prise de La Seu d'Urgell le car . Lorsque la nouvelle arriva à Aranjuez, les courtisans s’exaltèrent et leur activité conspiratrice reprit vigueur
Le soulèvement royaliste se répandit de telle sorte que Les royalistes arrivèrent à rassembler une armée qui compta entre et hommes.
Toutefois, les mesures militaires adoptées par le Parlement et le Gouvernement portèrent leurs fruits et durant l'automne et l'hiver 1822-1823, après une dure campagne qui dura six mois, les armées constitutionnelles, dont l'un des généraux était l'ancien guérillero Espoz y Mina, renversèrent la situation et contraignirent les royalistes de Catalogne, de Navarre et du Pays basque à fuir vers France (environ hommes) et ceux de Galice, Vieille Castille, de Léon et d’Estrémadure à fuir vers le Portugal (environ hommes).
Toutefois, la situation prit un tournant définitif lorsque le , le corps expéditionnaire envoyé par la France qui bénéficiait de l'appui de troupes royalistes espagnoles qui s’y étaient organisées avant l’invasion , auxquelles s’ajoutèrent au fur et à mesure de leur avancée les milices royalistes qui avaient survécu à l'offensive de l'armée constitutionnelle. Divers historiens, comme Juan Francisco Fuentes, mettent en évidence le paradoxe selon lequel de nombreux membres des milices et des troupes de soutien royalistes avaient combattu quinze ans auparavant contre les Français dans la guerre d'indépendance.
Notes et références
Annexes Articles connexes Ultraroyalistes (Espagne) Volontaires royalistes Bibliographie
Liens externes
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