vignette|Kaitenzushi japonais Le sushi terrorisme est un scandale sanitaire ayant eu lieu au Japon en .
Origine Le , trois individus âgés de 15 à 21 ans décident de faire une vidéo où ils s'amusent à lécher un sushi sur le tapis roulant d'un kaitenzushi de la chaîne Sushiro à Gifu avant de l'enfourner dans leurs bouches, puis de boire de la sauce soja au goulot d'une bouteille commune. D'abord diffusée sur Instagram, la vidéo est vue plus de 40 millions de fois sur Twitter.
Par la suite, des vidéos similaires prises dans d'autres restaurants ont été découvertes sur Twitter et TikTok. Certaines d'entre elles semblent avoir été tournées plusieurs semaines, voire plusieurs années avant. Dans d'autres vidéos, les auteurs ne lèchent pas les contenants, mais mettent du wasabi sur les préparations d'autres clients.
Réactions
Réactions dans la population Ces incidents scandalisent le Japon, réputé pour ses strictes normes d'hygiène et de propreté.
Les individus pratiquant ces actes sont surnommés sur les réseaux sociaux sushi-tero, une abréviation pour « terrorisme du sushi ».
L'une des explications à l'emballement médiatique de cette affaire est que ces vidéos jouent avec le tabou de l’hygiène. Les Japonais ne se serrent jamais la main et utilisent des masques au quotidien lorsqu’ils sont malades, pour protéger les autres, et ce bien avant la pandémie de Covid.
Pour certains Japonais interrogés à ce sujet : .
La fréquentation des baisse après cet incident et la chaîne de restaurants Kura Sushi est assaillie de plaintes de clients après la diffusion de la vidéo. Les dirigeants décident de procéder en urgence à d’intenses nettoyages.
Un des individu vu dans la vidéo est un lycéen. Après la diffusion de la vidéo, le lycée où il était scolarisé reçoit une vague de plaintes par téléphone. Bien qu'il se soit excusé, elles n'ont pas été acceptées.
Conséquences économiques Les titres boursiers du groupe propriétaire de Sushiro, Food & Life Companies Co Ltd, ont chuté de près de 5 % dans les jours qui suivent, soit un peu plus de 106 millions d’euros de chiffre d’affaires.
La chaîne a réagi avec un communiqué déclarant : . La chaîne a assuré avoir remplacé toutes les bouteilles de sauce soja du restaurant et nettoyé toutes les tasses et renforcé ses mesures d'hygiène.
La chaîne de restauration aurait également été forcée de prendre des mesures drastiques pour rétablir la confiance de ses clients en matière de salubrité, dépensant plus de 90 millions de yens supplémentaires en hygiène pour ses plus de 600 restaurants. Food & Life Companies a déclaré à CNN mettre en place des photos à la place des véritables plats, ainsi que des panneaux entre le tapis roulant et les sièges. Kura Sushi, eux, compteraient sur la technologie pour attraper les clients qui se comporteraient mal.
Certains restaurants décident de remplacer les tapis roulants de sushis par des tapis virtuels. D'autres ont décidé de ne plus mettre de bouteilles d'assaisonnement à disposition des clients.
L'homme d'affaires Takafumi Horie propose lui simplement d'augmenter le prix d'entrée des restaurants.
Conséquences judiciaires L'enseigne a déposé plainte contre les trois jeunes individus interpellés le , dont deux d'entre eux dans la préfecture d'Aichi. Ils risquent jusqu'à trois ans de prison.
Deux autres chaînes, Hama-sushi et Kura Sushi, ont également annoncé des actions en justice, l'une prévoyant d'installer des caméras pour surveiller les clients. L’entreprise Akindo Sushiro réclame à l'un des trois jeunes environ (67 millions de yens).
Conséquences politiques Interrogé à ce sujet, le ministre de l’Agriculture Tetsuro Nomura a déclaré : .
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
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