vignette|Liszt en 1843
La lisztomanie (en ) est la frénésie intense éprouvée par les admirateurs et admiratrices de Franz Liszt lors de ses performances. Cette frénésie s'est produite pour la première fois à Berlin en 1841 et le terme a ensuite été inventé par Heinrich Heine dans un feuilleton qu'il a écrit le au sujet de la saison de concerts parisiens de 1844.
La lisztomanie était caractérisée par des niveaux d'hystérie intense affichée par les admirateurs, semblables au traitement des musiciens célèbres aujourd'hui, à une époque qui n'était pas connue pour une telle excitation musicale.
Contexte Franz Liszt, pianiste virtuose qui se produit en concert depuis l'âge de onze ans, commence en 1839 une vaste tournée européenne, qu'il poursuit pendant huit années. Cette période est la plus brillante dans sa carrière de pianiste de concert, il reçoit de nombreux honneurs et est l'objet d'une véritable adulation. Les érudits ont qualifié ces années de période « d'exécution transcendantale » pour Liszt. C'est au cours de cette période que l'on recense les premiers cas de réactions intenses de ses admirateurs, qualifiés de « lisztomanie ».
Liszt arrive à Berlin vers Noël 1841 et la nouvelle de son arrivée se répand rapidement. Cette nuit-là, un groupe de trente étudiants lui interprète sa chanson Rheinweinlied en guise de sérénade. Il donne plus tard son premier récital à Berlin le , à l'académie de chant devant une foule enthousiaste. Cette performance marque le début de la lisztomanie, qui balayera toute l'Europe après 1842.
Caractéristiques La lisztomanie est caractérisée par une réaction hystérique à Liszt et à ses concerts. On rapporte que le jeu de Liszt élève l'humeur du public à un niveau d'extase mystique. Les admirateurs de Liszt se ruent sur lui, se disputant ses mouchoirs et ses gants. Ils portent son portrait sur des broches ou des camées. Les femmes tentent d'obtenir des mèches de ses cheveux, et à chaque fois qu'il casse une corde de piano, des admirateurs essaient de l'obtenir pour en faire un bracelet. Certaines admiratrices portent même des fioles en verre dans lesquelles elles versent son marc de café. Selon un rapport :
Création et emploi du terme C'est dans sa critique de la saison musicale de 1844, rédigée à Paris le , que l'écrivain Heinrich Heine emploie pour la première fois le terme « Lisztomania » pour décrire l'effusion d'émotion qui a accompagné Liszt et ses performances :
La musicologue Dana Gooley soutient que l'utilisation par Heine du terme Lisztomania n'était pas similaire à celle de Beatlemania pour décrire l'intense émotion générée envers les Beatles au . En effet, Lisztomania avait une connotation beaucoup plus médicale parce que le terme « manie » était un terme beaucoup plus fort dans les années 1840, alors qu’au , la « manie » pouvait faire référence à quelque chose d'aussi bénin qu'un engouement pour une nouvelle mode. La lisztomanie était considérée par certains comme une véritable maladie contagieuse et les critiques recommandaient des mesures pour immuniser le public.
Certains critiques de l'époque pensaient que la lisztomanie, ou « la fièvre de Liszt » (en ), comme on l'appelait parfois, était principalement le reflet des attitudes des Berlinois et des Allemands du Nord et que les villes du sud de l'Allemagne n'auraient pas de tels épisodes de lisztomanie en raison de la différence de constitutions de la population. Comme un rapport l'a déclaré dans un journal de Munich en 1843 :
Causes Il n'y avait aucune cause connue pour lisztomanie, mais il y avait des tentatives pour expliquer le phénomène. Heine a tenté d'expliquer la cause de la lisztomanie de la manière suivante :
Dana Gooley soutient que différentes personnes ont attribué la cause de la lisztomanie au public berlinois d'une manière différente en fonction de leurs tendances politiques de l'époque ; celles qui avaient une vision progressiste des choses pensaient que l'effusion d'émotions par le public berlinois était en grande partie un effet secondaire de l'État répressif et censeur et que l'enthousiasme pour Liszt était . La vision opposée de la lisztomanie était qu'il s'agissait d'une réponse à la grande bienveillance et à la charité de Liszt. Ce point de vue a été expliqué comme suit :
On suppose également qu'un facteur contributif à la lisztomanie était que Liszt, dans sa jeunesse, était connu pour être un bel hommeBBC Culture – "Forget The Beatles – Liszt was music's first 'superstar.'" August 17, 2016. Read May 4, 2019..
Postérité culturelle Le groupe de rock français Phoenix a intitulé une de ses chansons Lisztomania en 2009 dans son album Wolfgang Amadeus Phoenix.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Syndrome de Stendhal Beatlemania Lisztomania (film) (chanson)
Liens externes
Festival Lisztomania 2011, Burgenland, Autriche Lisztomania 2011, festival de sept concerts au New England Conservatory, Boston "Comment Franz Liszt est devenu la première rock star du monde", histoire NPR sur Lisztomania
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