Pierre Fournera, né le à Perpignan et mort le , fusillé par les nazis au camp de Souge à Martignas-sur-Jalle (Gironde)., en tant qu'otage déporté du train fantômeSelon l'historien a l'origine de l'affaire Maurice Papon, Pierre Fournera sera alors fusillé au côté de 47 autres résistants le , à la suite d'un communiqué de presse allemand du 28 juillet 1944 indiquant que les allemands se réclamaient alors de la légitime défense pour passer par les armes 2 jours après cette mise en garde, les quarante-huit patriotes. SLITINSKY Michel, 3 Filles 20 Garçons la Résistance en Gironde, , p. 208. est Commissaire de police judiciaire à Toulouse et résistant françaisMonique Delattre Attia, Françoise Martin et Mireille Dannadieu-Tartas, Le regard des pupilles 39-45, Toulouse, Association départementale de Haute Garonne les Filles et Fils tués Morts pour la France Orphelins de guerre, 2021, membre des services de renseignement militaire français SSMF-TR17P Dossier SR des SSMF-TR situé dans le carton du SHD de Vincennes, cote 17 P FFC 221. (Service de sécurité militaire français - Travaux rurauxSelon Pierre Nord, cette section était la plus secrète et la plus active dans le Service de Renseignement de l'Armée d'armistice; Pierre Nord (ill. Hubert Decaux), La guerre du renseignement : Mes camarades sont morts, Paris, Culture Arts Loisirs, coll. « Bibliothèque de Culture Historique », 1966, 288 p.).
Responsable du Service de Renseignement Seigle du réseau Andalousie de la Confrérie Notre-Dame Castille., il permet d'éliminer le traitre Senac à la demande du réseau Morhange., dont il est également le chef du SR Police et l’émissaire au Commissariat « rempart Saint-Étienne » de Toulouse. Il organise par ailleurs avec Marcel Taillandier et Achille Viadieu,ainsi que notamment les gendarmes Botet et Abadie (Lieutenant Colonel Alexandre ABADIE), l'évasion en Espagne de Monique Giraud et Madame de Lattre de Tassigny. Il prévient également, des attaques et "descentes de police" certains Maquis, comme ceux de la Grésigne et de la Montagne (forêt) noiredossier GR17P221-2 RESEAU ssmftr/morhange, mais aussi le Maquis Bir-Hakeim et le Maquis de Saint-Lys de Jean Chaubet qui sera attaqué par la 2e division SS Das Reich. Il lutte enfin contre la Gestapo grâce aux rapports qui lui sont personnellement adressés par le réseau morhange au Commissariat principal. archives classifiées GR 1 k545, dit fond paillolle, consultables sur dérogation ; conservé au SHD de Vincennes : Réseau MORHANGE : 506 - Rapport sur une action contre la Gestapo, rédigé par le groupe MORHANGE (1er janvier 1944), 2 p. dact. ; enquête sur le quadruple assassinat de DEYNE, adressée au commissaire principal, chef de la brigade régionale de police de sûreté à Toulouse (2 janvier 1944), 13 p. dact. + P.V. de renseignements : audition de témoins sur le quadruple meurtre de Deyne, 49 p..
Vraisemblablement dénoncé par un milicien, il fait l'objet d'une opération d'envergure, qualifiée d'arrestation fabuleuse, organisée par la Gestapo qui l'intercepte sur la route, avec son chauffeur, à l'issue d'une course poursuite.
Alors qu'il a été arrêté, déporté et fusillé par les allemands, il est accusé par un autre policier, à la Libération, d'avoir trahi le réseau Morhange. Mis en cause dans une grave affaire judiciaire, en 1946, on s’aperçoit que cet autre policier a été décoré par la Gestapo pendant qu'il était incarcéré, avec Fournera, à la prison Saint-Michel de Toulouse ; prison dont cet autre policier parvient à « s'évader » après avoir été décoré par les Allemands en Luc Rudolph, Policiers rebelles, ed. SPE militaria, Le Groupe Morhange. Toute cette affaire ne fut réellement mise a jour qu'à la fin des années 70, lorsque la direction de la Surveillance du territoire et le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage découvrent qu'après avoir dénoncé Fournera, un policier collaborateur qui est parvenu à se faire passer pour un résistant du réseau Morhange, grâce à l'attestation d un membre de ce réseau au passé trouble, nomme ce dernier à un poste à responsabilité d'outre-mer; nomination qui déclenchera l'enquête sur ce faux membre du réseau morhange qui grâce au Parti communiste français est parvenu à faire croire aux autorités de l'époque qu'il s'est évadé du train fantôme après avoir, en réalité, dénoncé Pierre Fournera. vignette|droite|Activité de l'organisation (Morhange) depuis Juin 1943. Direction des affaires: Marcel (Marcel Taillandier). Adjoints:André (Capitaine André Fontes), Jacky (Inspecteur Jacques Combatalade), Leo ( Inspecteur Léo Hamard). Police S.R. (Service de Renseignement): Pierre F ( Commissaire Pierre Fournera), Henri ( Inspecteur Henri Descuns), André ( Inspecteur André Berenguier), Rieut (Inspecteur Rieutord). Bureau: Espi (Commissaire Espalier), Pierre(I Pierre Rous), Simone (Simone Vignes)
Biographie Orphelin de père, Pierre Fournera est né le à Perpignan où il grandit avec sa mère chez son beau-père René Beille.
Après des études de droit à l'université de Montpellier, il obtient son diplôme d'avocat. Il exerce alors la profession d'avoué à Perpignan, où il noue les premiers contacts avec la Résistance et les filières d'évasion vers l'EspagneEscape Through the Pyrenees; Livre de Lisa Fittko, 1991.
Dans l'armée, le , il devient élève officier des Services de Renseignement (SR) jusqu'en 1941. Affecté à la Compagnie Radio 75 du Génie de la région méridionale (Toulouse, Perpignan, Montpellier)Dossier Archives Nationales n. 13621 de Pierre FOURNERA. ; il rejoint Toulouse en 1940 (selon E. Leroy)Pierre Fournera ; E. Leroy, Le Maitron, dictionnaire du mouvement ouvrier..
Toulouse Malgré son physique chétif (1m75/ 69 kg, santé fragile) ; en , il est nommé commissaire de police stagiaire à la huitième brigade régionale de police mobile de Toulouse, poste auquel il a candidaté, en 1939, au début de la guerre.. Il fera toute sa carrière de policier au sein de cette brigade régionale mobile, qui sont rendues célèbres par la série télévisée Les Brigades du Tigre, créées par Georges Clemenceau et considérées comme l’ancêtre de l'actuelle police judiciaire françaiseSous l occupation, les "mobilards" de la police judiciaire de Vichy doivent alors faire face à une nouvelle génération de malfaiteurs, dont bon nombre font leurs armes au service de la gestapo.
La PJ sous Vichy; le monde PUBLIÉ LE 19 JANVIER 2007 PAR G.MORÉAS https://www.lemonde.fr/blog/moreas/2007/01/19/la-pj-sous-vichy/. vignette|redresse=0.8 |droite|Demande d’intégration de Fournera dans la police. Refus du ministère en 1939 .
Les Menées Anti-nationales, la zone libre (1941)
Le commissaire Fournera exerce ses fonctions de policier, dans un premier temps, au sein des services des menées antinationales avec Lucien CezeraColonel Rémy, Morhange : les chasseurs de traîtres, Paris, Flammarion, 1975, p.67. .. Le concept de "Menées Anti-Nationales" est familier à cette époque. Il existe depuis longtemps. Et vise à défendre les intérêts de la France contre les ingérences des autres Nations.
Ces services spéciaux de la Zone libre avaient pour particularité de lutter à la fois contre les espions allemands de l'Abwehr et la RésistanceLe Service MA, accepté par les Allemands et les Italiens après de longues tractations, fut officiellement créé le 25 août 1940 ; Polices des temps noirs: France 1939-1945, livre de Jean-Marc Berlière. Dans le cadre de ses fonctions, le commissaire Fournera est ainsi amené à arrêter, en 1942, à Toulouse, Charles Leoni, un des agents travaillant pour les Nazis et des Résistants comme Vincent AuriolRapport de Pierre Fournera, 14 mai 1942, Box 32, Series 552AP, AN..
Dans l'armée, Le Service des Menées Antinationales (MA) est placé directement sous l'autorité du ministère de la Guerre avec la mise en place d'un bureau MA au sein du cabinet du ministreGeorges Vidal, •L'armée française et le communisme ; Guerre-révolution, insurrection et enjeu soviétique, 1939-1945 ; 2023.
L'Armée En 1940, la convention d'armistice stipule la dissolution des services de renseignement et de contre-espionnage, connus sous le nom de Deuxième (et cinquième) Bureau. Le général Weygand (ministre de La Défense) veille cependant, avec Louis Baril, à ce que ces services poursuivent leurs activités. En 1941, la section militaire de centralisation du renseignement devient ainsi service des menées antinationales (MA) et les BCR deviennent Bureaux des menées antinationales (BMA) qui tiennent à jour la liste des arrestations et des condamnationsEn 1945 ces archives seront récupérées par le service de renseignement de l’Armée soviétique cf. fonds de Moscou, SHD Vincennes des agents à la solde de l’étranger, le plus souvent travaillant pour le compte de l’AxeLes tribunaux militaires n'hésitent pas à condamner les agents allemands. Si les arrestations prennent évidemment fin en novembre 1942, avec l'invasion de la zone libre, les procès continueront jusqu'en décembre 1943 devant des « sections spéciales »; Vichy et la chasse aux espions nazis (1940-1942); Simon Kitson; https://www.lesechos.fr/2005/03/les-compromis-de-vichy-601946 Pour expliquer ces archives auxquelles il a eu l'autorisation d'accéder, l'auteur britannique considère, dans une analyse qui lui est propre, que tout en étant favorable à l'idéologie nazie, ces fonctionnaires de Vichy luttaient contre l'occupant allemand. (637 agents allemands sont arrêtés en zone libre et en Afrique du Nord, donnant lieu à 119 condamnations à mort prononcées par les tribunaux militaires de la zone libre), mais également des Gaullistes et surtout des Communistes contre lesquels ils luttent plus intensément depuis le pacte germano-soviétiqueLe gouvernement Daladier avait mis en place un dispositif juridique important en 1939 contre les diverses « menées antinationales », notamment des Communistes. En 1940, très peu de temps après l'Occupation, les Allemands font libérer les prisonniers communistes, pour la plupart détenus à titre politique..
Le gouvernement Daladier interdit ainsi la presse communiste dès le , puis dissout le Parti communiste le suivant, à la suite du pacte germano-soviétique. Dès l'automne 1940, la police française se charge alors de la répression des militants communistes, considérés, depuis leur alliance avec les nazis (issue du pacte germano-soviétique d') comme des « traîtres » à la patrie. L'Internationale communiste est bien présente à Toulouse à cette époque. Ses membres entretiennent des relations avec la Gestapo géorgienne. Son chef, un dénommé "Henri" fera l'objet d'une enquête de Fournera qui ne parviendra pas à l'arrêter.
Ainsi, selon le résistant Pierre Bertaux, arrêté, en 1941, par la surveillance du territoire, la moitié des personnes incarcérées, à la prison militaire Furgole de Toulouse, à cette époque, étaient des résistants (comme Jean Cassou ou Francesco Fausto Nitti) ; tandis que l'autre étaient des collaborateursMémoires interrompus; Pierre BERTAUX, Presses Sorbonne Nouvelle, 2018.. thumb|220x124px | right | Le journal communiste français L'humanité appelle à pactiser avec l'Allemagne nazie.Les pouvoirs des Bureaux des Menées Antinationales (BMA) sont considérables. Dirigés par le colonel d'Alès, sous l'autorité de Louis Rivet, ces services de Contre Espionnage (CE) défensifs combattent les sabotages, les propagandes de tous bords en délivrant aux policiers des demandes d’enquête. Spécialiste du Renseignement, Fournera est alors membre des services spéciaux de l’Armée d’armistice (SSA), dont les membres se sont retirés dans la région toulousaine après la défaite.
La Police