Talloires est une ancienne commune française située dans le département de la Haute-Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes. Située sur la rive est du lac d'Annecy, elle est particulièrement connue pour son abbaye de Talloires, ancienne abbaye royale.

Au , la commune fusionne avec celle de Montmin pour former la commune nouvelle de Talloires-Montmin.. Depuis la dissolution de la communauté de communes de la Tournette en 2017, la commune de Talloires-Montmin a rejoint l'intercommunalité du Grand Annecy et elle a créé un SIVOM avec les communes de Menthon-Saint-Bernard et de Veyrier-du-Lac.

Géographie Situation vignette|left|Talloires et les communes voisines. Talloires se situe sur la rive est du lac d'Annecy, à d'altitude, à d'Annecy, au pied des dents de Lanfon () et de la Tournette () point culminant du massif entourant le lac.

La commune est délimitée d'un côté par le lac et de l'autre par les montagnes.

Sa superficie est de et si on ajoute la partie du lac incluse dans la commune d'environ .

Climat vignette|Vue depuis les rives de Talloires sur le lac et le sud. Le climat y est de type montagnard, mais adouci en période hivernale par la présence du lac d'Annecy. Globalement, la commune est exposée à l'Ouest et au Sud et protégée du vent du Nord par les montagnes et le Roc de Chère. Le plateau du bas avec une altitude d'environ était couvert de vignes au début du .

Voies de communication et transports La commune de Talloires est située sur la départementale , longeant le lac d'Annecy sur sa rive Est. L'autoroute A41 pour Chambéry, Grenoble, Lyon ou Genève est située à (en allant vers Annecy) et l'autoroute A43 pour la vallée de la Maurienne, l'Italie, Grenoble est joignable à une quarantaine de kilomètres (en direction d'Albertville).

Talloires est à presque équidistance des tunnels routiers du Mont-Blanc et du Fréjus pour accéder à l'Italie.

La commune est reliée au reste du département par un service d'autocar journalier assurant la liaison Annecy-Talloiresexploité par Groupe Transdev), membre du réseau Lihsa (lignes interurbaines de Haute-Savoie). Il s'agit de la desservent en direction d'Annecy les arrêts "Angon, Écoles, Les Granges et Echarvines".

Pendant l'été, une ligne nautique par bateau relie Annecy à Talloires, et une « éco-navette » gratuite relie les différents hameaux de la commune au bourg.

À partir d'Annecy, on peut se connecter au réseau ferré de la gare d'Annecy, y compris pour se rendre à Genève en train. Les aéroports les plus proches sont l'aéroport Genève Cointrin en Suisse () et l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry (). L'aéroport d'Annecy Haute-Savoie Mont-Blanc () situé sur la commune de Meythet est tourné vers l'aviation d'affaires et de loisirs uniquement.

Urbanisme vignette|Vue des hameaux des Granges et d'Echarvines. L'occupation humaine de l'espace communal se répartit sur le bourg et dix hameaux, près du lac et sur les deux plateaux alpins : le plateau du bas avec Le Bourg, Balmette et Angon ; le plateau du milieu avec Les Granges, Perroix et Écharvines ; le plateau du haut avec Verel, la Sauffaz, la Piraz, Rovagny et Ponnay.

Le reste du territoire est constitué d'alpages et de montagne.

Toponymie Talloires est un toponyme d'origine inconnue..

Les premières mentions remontent au . On trouve ainsi en 867, dans une charte du roi où il fait une donation à sa femme ThietebergeRégeste genevois, , acte du , côte REG 0/0/1/095, sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org. (lire en ligne)., puis en 879, où le roi Boson de Provence donne à l'abbaye de Tournus le lieu-dit TalgeriaRégeste genevois, , acte du , côte REG 0/0/1/101, sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org.. La donation est confirmée en 916 par Charles-le Simple, avec la forme Régeste genevois, , acte du , côte REG 0/0/1/118, sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org..

Au , les documents utilisent les étymons entre 1016-1018, en 1031-1032. L'église paroissiale est mentionnée sous la forme en 1108 et le prieur, , vers 1344.

La forme Tallueriis attestée vers l’an mille pourrait être composée des deux étymons gaulois tala et ueru. Tala est une racine qui signifie « soutien ». Elle appartient au registre militaire du vocabulaire celte. Elle a servi à former des mots désignant les troupes auxiliaires, les troupes de soutien. Ueru signifie « large ». La forme Tallueriis pourrait être la traduction en latin vulgaire du nom d’une personne qui signifiait « celui qui a de larges soutiens », « celui qui a beaucoup de troupes auxiliaires ».

La justification de la racine tala pourrait se trouver à sept kilomètres de Talloires, à la limite entre les communes de Veyrier-du-Lac et d’Annecy-le-Vieux, avec la colline du Talabar dont l'étymologie est inconnue. D’après les travaux de Xavier Delamarre, Talabar signifie la « colline de soutien » (la colline où se trouvent les troupes auxiliaires de soutien). Bar est un mot gaulois signifiant « colline » ou "sommet". La colline du Talabar surplombe une étroite bande de terre entre le lac d’Annecy et le rocher du Biclop. C’était un lieu stratégique pour contrôler l’accès à la rive orientale du lac d’Annecy. De plus ce lieu est lié à un toponyme qui est caractéristique d’une frontière de l’époque celte.

En gaulois un des mots désignant la frontière est « morga ». À travers son travail, Xavier Delamarre a montré que ce mot s’est transformé au cours du temps pour devenir par exemple la Morge, les Marches, Margerie, Marguerite (composé de morga et ritu : le passage de la frontière). Ces noms de lieux constituent des indices de l’existence de limites de territoires celtes. Sous le Talabar, sur la limite actuelle entre les communes de Veyrier-du-Lac et d’Annecy-le-Vieux, le rocher détaché de la falaise du Biclop se nomme « Pierre de Margeria ».

La racine tala est plutôt rare dans la toponymie savoyarde. Pourtant à quelques kilomètres au-dessus de Talloires, dans la montagne, on trouve un autre exemple de toponyme contenant la racine tala. C’est la pointe de Talamarche. Elle est située sur la limite entre les communes de Talloires et de Thônes. Talamarche est donc « Le soutien à la frontière », «les troupes auxiliaires de la frontière ». C’est un lieu stratégique pour contrôler le passage à la vallée de Thônes.

À de Talloires, Thônes n’a pas non plus d’étymologie clairement établie. Au , la forme Tolno est attestée pour Thônes. Jusqu’à présent les toponymistes ont exploité la racine celte talu pour tenter d’expliquer les formes anciennes de Thônes. Tolno serait un mot désignant un village installé sur une pente. Cependant, d’une part, les toponymes celtes sont très rarement descriptifs, en particulier quand il s’agit de lieux peuplés. Les travaux de Xavier Delamarre ont montré que les toponymes celtes sont soit issus de noms propres, soit des noms de lieux qui ont une fonction économique, politique, militaire ou religieuse. D’autre part, le suffixe no indique que c’est un mot désignant une fonction. La racine tala semble donc plus adaptée que la racine talu pour expliquer Tolno. Et Tolno signifierait donc : « Celui qui fait fonction de soutien », « celui qui remplit la fonction de troupe auxiliaire ».

Au bout du compte, on remarque de nombreux indices de territoire celte (frontières) autour de Talloires. Dans la même zone, la toponymie suggère l’existence d’un dispositif militaire Celte destiné à conquérir ou contrôler le territoire (présence de la racine tala). De plus les indices de dispositif militaire sont cohérents avec les indices de frontière.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Talouère (graphie de Conflans) ou Talouères (ORB).

Histoire vignette|Vue plongeante sur le village et la rive ouest du lac, le château de Duingt, le sommet du Semnoz Périodes préhistorique et antique Les archéologues ont observé une présence de populations dès le Néolithique sur les bords du lac et dans quelques grottes situées sur les rives.

Le territoire se trouve en territoire des Allobroges qui contrôlent l'avant-pays plat, entre le Rhône et les Alpes..

Les Romains interviennent dans les environs à partir du Une fois le territoire pacifié, ils construisent des routes afin de commercer et notamment la route secondaire reliant Turin à Genève, passant par le village de Verthier en provenance de la (village de Viuz sur la commune de Faverges), qui se développe au , sur la rive droite du lac..

Nous pouvons attester que le village a été habité à l’époque romaine grâce aux fouilles archéologiques, bien que peu nombreuses. Parmi les découvertes archéologiques, trois inscriptions latines ont été découvertes à Talloires. Le mystère de ses inscriptions c'est qu'on ne connaît ni leur origine ni la raison de leur présence à Talloires. De plus, l'une de ces inscriptions a disparu.

L'inscription lapidaire perdue se trouvait encastrée dans un mur de la maison Vautier. Ce que nous avons retrouvé d'elle sont seulement des fragments avec les lettres suivantes: «...O SACR...», les chercheurs supposent être ce qu'il reste de la formulation « MERCURIO SACRUM... » ce qui veut dire en français « Consacré à mercure...».

La seconde inscription est une épitaphe dont le nom est Rutilius Rutilio. Elle mesure sur sur et pèse plus de deux tonnes. Une partie du texte a été effacée lors de sa découverte au XVII siècle, l'écriture daterait du II siècle. Cette épitaphe dit: « Aux dieux Manes, à … Rutilius Rutilio, fils de Celto, de la tribu Voltinia, mort à quarante ans, père de cinq enfants, Titus Rutilius Celto à son fils très cher et très respectueux » De plus, cette inscription a une histoire particulière car nous la croyions perdue depuis un siècle jusqu'à peu lorsqu'elle été retrouvée par Jean-Loup Bertez et Nicole Mathis auteurs de «Talloires, intime» paru en 2018. En effet, ils l'ont retrouvée en préparant leur ouvrage. C’était un certain Jaques Daviet, propriétaire de l'abbaye qui en avait fait don au musée d’Annecy dans la première partie du XX siècle. La réalité est tout autre, cette inscription n'est jamais sortie de Talloires, elle était simplement dissimulée derrière une pierre.

La troisième inscription lapidaire était quant à elle enchâssée dans la mur d'une maison bordant un chemin. C'est l'historienne Emmanuelle-Philibert de Pingon qui l'a découverte dans les fondations de l'abbaye. Elle mesure sur et taillée dans un bloc de granite. Cette inscription parle d'une horloge dont aucune trace n'a jamais été retrouvée à Talloires : « HOROLOGIUM CUM SUO AEDIFICIO ET SIGNIS OMNIBUS **ET**CLATRIS C.BLAESIUS C.FILS VOLTINIA GRATUS EX HS N ET. EO. AMPLIUS AD ID HOROLOGIUM ADMINIS TRANDUM SERUM HS N IIII D.S.P » ce qui veut dire en français : «Cette horloge avec son bâti et toutes ses statues et ses grilles, Caius Blaeius Gratus, fils de Caius, de la tribu Voltinia, l'a offerte à ses frais pour un montant de dix mille sesterces et, en plus, pour s'occuper de cette horloge, un esclave de quatre mille sesterces».

Nous remarquerons que Rutilius Rutilio et Caius Blaeius Gratus faisaient partie de la même tribu, Voltinia. Cette tribu est ralliée aux Romains, parmi ses membres la plupart étaient des habitants de la Gaule Narbonnaise, dont les Allobroges. Ce qui fait écho à la première inscription lapidaire car les Allobroges honoraient fréquemment Mercure.

Période médiévale Talloires est mentionné dès le , lorsque la villa est donnée en 867 par le roi Lothaire à son épouse Thiedberge. La donation de l'église faite à l'abbaye de Tournus par le roi Boson en est confirmée en 916 par le roi Charles-le Simple et en 941 par Louis-d'Outremer.