James MacLachlan ( - ) est un pilote de chasse et as de l'aviation de la Royal Air Force (RAF) pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est crédité de 16 victoires aériennes remportées contre des appareils allemands et italiens.

Né dans le Cheshire et formé à la public school de Monkton Comb School dans le Somerset, MacLachlan s'engage dans la RAF à l'âge de 17 ans en . Il devient rapidement pilot officer à titre temporaire le et termine sa formation au pilotage au début de l'année 1939. Au terme de cette formation, James MacLachlan dispose d'une solide expérience dans tous les principaux appareils à disposition de la RAF au début de la Seconde Guerre mondiale.

Au commencement de la bataille de France, il fait partie du No. 88 Squadron RAF et vole sur le chasseur-bombardier Fairey Battle. Aux commandes de ce type d'appareil, il endommage deux avions allemands, ce qui lui vaut d'être décoré de la Distinguished Flying Cross. A l'été 1940, James MacLachlan est transféré dans une école d'aviation de chasse avant de rejoindre le No. 73 Squadron RAF et le , deux unités avec lesquelles il prend part à la bataille d'Angleterre aux commandes d'un Hawker Hurricane. A la fin de l'année, il est transféré sur le théâtre d'opérations méditerranéen pour rejoindre le No. 261 Squadron RAF. Il remporte alors huit victoires en deux mois avant d'être grièvement blessé au bras gauche. Ce dernier est amputé sous le coude, ce qui ne l'empêche pas d'effectuer à nouveau des missions nocturnes au-dessus de l'Europe occupée à la tête du No. 1 Squadron RAF en novembre de la même année, grâce à une prothèse.

En , il est décoré de l'Ordre du service distingué après avoir remporté cinq victoires lors de missions nocturnes effectuées aux côtés de l'as tchécoslovaque Karel Kuttelwascher. En , MacLachlan a quitté son escadron pour un poste à l' (AFDU). En , il part aux États-Unis pour une tournée de conférences. Il est de retour en Grande-Bretagne avec l'AFDU à la mi-1943 et rejoint en juin le . James MacLachlan remporte ses 3 dernières victoires au cours de missions au-dessus de la France. Il termine sa carrière avec un total de 16 victoires homologuées.

Le , son P-51 Mustang s'écrase près de Dieppe dans des circonstances floues. Les Allemands le font d'abord prisonnier de guerre mais James MacLachlan meurt de ses blessures dans un hôpital militaire de Pont-l'Évêque treize jours plus tard, à 24 ans.

Jeunesse

Éducation alt=Photo d'une chapelle|vignette|Chapelle de la Monkton Comb School. James MacLachlan naît le à , un petit village du Cheshire. Il est le deuxième des six enfants de Hugh MacLachlan et de sa femme Helen (née Orr-Ewing). Les MacLachlan vivent dans la maison familiale de Styal, où Hugh est employé dans une fabrique de pétrole et de produits chimiques jusqu'à sa mort prématurée en 1928 d'une péritonite. Après la mort du père, la famille déménage à Southampton pour se rapprocher des parents d'Helen. Son père Archibald Orr-Ewing est lié aux Frères de Plymouth, à la China Inland Mission et au monde missionnaire. Grâce à l'influence de son grand-père, James est inscrit à l'école évangélique King Edward de Southampton pendant deux ans, à la suite de quoi il intègre en la public school de Monkton Comb School.

MacLachlan est un élève peu doué, même s'il excelle en poésie. Il est également peu sportif malgré un intérêt pour le rugby et l'aviron. Il est cependant passionné par la biologie et l'ingénierie : avec des amis, il fabrique un pistolet de petit calibre.

James MacLachlan trouve sa vocation lors de vacances en Écosse, en . Il se rend aux portes ouvertes de la base aérienne de RAF Leuchars et fait son baptême de l'air, ce qui le décide à devenir pilote. Un peu moins d'un an plus tard, en , MacLachlan obtient son certificat de fin de scolarité et s'engage dans la Royal Air Force, un mois avant son 18e anniversaire.

Formation dans la Royal Air Force alt=Photo en couleur d'un avion biplan en vol|gauche|vignette|Un De Havilland DH.82 Tiger Moth, le premier avion piloté par James MacLachlan Le , James MacLachlan arrive à la No. 10 Elementary Training School and Reserve Flying Training Centre (École élémentaire de formation et centre d'entraînement au pilotage de réserve n° 10) à dans le Wiltshire. En raison de son éducation religieuse, le jeune homme n'est pas à l'aise avec l'humour de ses camarades et leurs blasphèmes. Il se plaint également à sa mère des sommes que les élèves de l'école sont obligés de débourser : par semaine pour les repas au mess et 5 shillings pour la blanchisserie, des sommes qui engloutissent la majeure partie de sa maigre solde.

Dès le lendemain de son arrivée, MacLachlan effectue son premier vol dans un avion d'entraînement Tiger Moth, ce qui lui permet d'acquérir une expérience de 45 minutes dans un cockpit ouvert. Il entretient de bon rapport avec son formateur, qui le laisse effectuer son premier vol en solo le . James MacLachlan est le plus jeune élève de sa formation, ce qui ne l'empêche pas de sortir deuxième de la No. 10 Elementary Training School le . Le mois suivant, il se rend à RAF Uxbridge et obtient le grade de pilot officer à titre temporaire le .

James MacLachlan est affecté à la No. 3 Flying Training School de Grantham, dans le Lincolnshire. Le , il pilote pour la première fois un Hawker Hart, dont il apprécie beaucoup la vitesse. Malgré des difficultés dans les exercices de navigation, MacLachlan sort diplômé de cette nouvelle école en étant qualifié de . Il choisit ensuite de se diriger vers les et et intègre pour cela la No. 3 Advanced Flying Training School (école de pilotage avancé N°3) dans le Gloucestershire. Là, il découvre le bombardement en piqué et l'appui aérien rapproché. MacLachlan apprécie particulièrement les exercices de tir qu'il pratique à la fin de son entraînement ainsi que les bombardements à munitions réelles, qu'il pratique en payant lui-même les bombes qu'il lâche.

Après avoir achevé son parcours dans une nouvelle base près de Pwllheli, au nord du Pays de Galles termine officiellement sa formation de pilote le en étant encore qualifié de pilote au-dessus de la moyenne. Il a alors 92h de vol à son actif. alt=Photo noir et blanc d'un avion en vol|vignette|Un Fairey Battle. A sa sortie de formation, James MacLachlan est affecté le au No. 88 Squadron RAF, à . Le No. 88 Squadron est alors une unité récemment recréée, dans le cadre du plan de développement de la Royal Air Force pour faire face à la Luftwaffe. L'unité reçoit peu de temps après l'arrivée de MacLachlan de nouveaux appareils : des chasseurs-bombardiers Fairey Battle.

MacLachlan pilote ce successeur du Hawker Hart pour la première fois le . Le , il est confirmé à titre permanent dans son grade de , jusqu'ici temporaire. Deux mois plus tard, en mai, il retourne en formation dans le Northumberland pour parfaire ses compétences en tir, en bombardement et en vol en formation. Pour tout cela, les pilotes du No. 88 Squadron s'exercent par des simulations d'attaque contre la division d'infanterie.

Seconde Guerre mondiale

Drôle de guerre

Le , l'Allemagne envahit la Pologne. Dès le lendemain, le No. 88 Squadron passe en France pour se rendre au sud-est de Reims. L'unité de MacLachlan est alors subordonnée à la RAF Advanced Air Striking Force (Force aérienne d'attaque avancée de la RAF), un groupement d'escadrons de bombardiers légers destinés à frapper des cibles sur le territoire allemand, et commandé par le Air vice-marshal .

Les premiers affrontements entre des pilotes du No. 88 Squadron et leurs adversaires allemands surviennent le lorsque trois Fairey Battle sont abattus près de Sarrebruck par des chasseurs Messerschmitt Bf 109 de la Jagdgeschwader 26 et qu'un autre appareil anglais est contraint à un atterrissage forcé auquel l'équipage ne survit pas. Les pertes importantes subies par les unités de Battles lors de leurs incursions en Allemagne (sans escorte) poussent le commandement du No. 88 Squadron à renforcer l'armement des avions en ajoutant une troisième mitrailleuse maniée par l'observateur.

Le , James MacLachlan est promu flying officer. Peu après, son unité prend ses quartiers d'hiver jusqu'en mars, dans la région de Perpignan. Le , il fête son 21e anniversaire en se rendant dans les Pyrénées. Le 9, cependant, l'Allemagne envahit le Danemark et la Norvège, ce qui entraîne la mise en alerte du No. 88 Squadron, qui est rapidement transféré dans le nord de la France, à Mourmelon. Le , l'Allemagne lance l'invasion du Benelux et de la France.

Bataille de France

L'aérodrome du No. 88 Squadron subit une attaque aérienne dès le premier jour de l'invasion allemande : des Junkers Ju 88 détruisent des hangars et deux avions lors d'une attaque de nuit. Le , il est à nouveau bombardé et trois Battles sont perdus lors d'une attaque de jour contre des colonnes de l'armée allemande dans les environs de Prüm. Le 14, James McLachlan effectue sa première sortie au-dessus de la tête de pont allemande de Sedan. Les unités aériennes britanniques sont alors engagées dans une offensive aérienne destinée à ralentir l'avancée des divisions blindées allemandes qui ont percé le front quelques jours plus tôt. Elles enregistrent des pertes extrêmement lourdes, de l'ordre de 50%, du fait des canons antiaériens et des avions de chasse allemands. MacLachlan, lui, réussit à regagner sa base indemne en volant à très basse altitude. Le lendemain, l'aérodrome du No. 88 Squadron est bombardé à nouveau et l'unité doit se replier vers Troyes.

Le , l'escadron effectue des opérations de nuit en raison de la supériorité aérienne allemande. MacLachlan effectue notamment un raid contre Givet. Le 21, il revient aux missions de jour, en attaquant des blindés allemands dans la Somme. Le pilotage en rase-motte de MacLachlan n'est pas du goût de son mitrailleur, qui va se plaindre auprès du commandant de l'escadron en disant qu'il . alt=Photo aérienne en noir et blanc montrant des colonnes de fumées vues de loin et, au premier plan, la queue d'un avion..|gauche|vignette|Bombardement d'un convoi hippomobile allemand par deux Fairey Battle près de Dunkerque, vu depuis la position du mitrailleur à l'arrière d'un Battle. MacLachlan frappe des cibles ferroviaires à Bingen am Rhein, en Allemagne, le , puis près de Sedan le 25. Au cours de cette dernière mission, son appareil est endommagé par un tir de DCA. Le No. 88 Squadron est ensuite déplacé plus au sud pour soutenir les forces françaises engagées dans la bataille d'Abbeville. Le , la verrière de son Battle est détruite par un tir venu du sol, dont il sort indemne. Le 13, sa formation est attaquée par des Bf 109 au retour d'une mission et MacLachlan prétend en avoir endommagé deux par ses tirs de riposte, sans que cela ne puisse être confirmé.

Le No. 88 Squadron effectue un dernier raid le et l'escadron quitte la France alors que la résistance alliée s'effondre pour gagner dans le Yorkshire. Alors qu'il survole l'Angleterre, MacLachlan fait un détour pour survoler à basse altitude son ancienne école à Monkton Combe, près de Bath, ou l'un de ses frères est scolarisé à ce moment. Le , le No. 88 Squadron est à Belfast, pour se reposer et se réorganiser après les lourdes pertes subies lors de la campagne de France. Pour ses actions lors de cette campagne, justement, James MacLachlan reçoit la Distinguished Flying Cross.

Bataille d'Angleterre