Les Soulèvements de la Terre (SDT ou SLT) sont un collectif écologiste radical et contestataire français. Fondé en , ce mouvement est opposé à l'accaparement des terres et lutte contre certains projets d'aménagement, notamment les « méga-bassines », des autoroutes, ou encore le projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin. Le mouvement est l'un des principaux organisateurs de la manifestation du 25 mars de Sainte-Soline contre les méga-bassines.

Il exprime ses revendications par des manifestations et mène des actions de désobéissance civile massives et de sabotage d'infrastructures industrielles qu'il considère comme polluantes. Il rassemble une centaine d'associations ou de collectifs et revendique en rassembler plus de , qui manifestent leur appartenance au mouvement.

Le , le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce la dissolution du mouvement, provoquant de vives réactions, notamment de la part d'Amnesty International, de la Ligue des droits de l'homme et de personnalités publiques comme Greta Thunberg, Marion Cotillard, Annie Ernaux ou Ken Loach. Cette dissolution est suspendue en référé le , puis annulée le par le Conseil d'État.

Création Les Soulèvements de la Terre sont un collectif fondé en à Notre-Dame-des-Landes., en France, par d'anciens membres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes... Il se décrit dans un communiqué comme une . Socialter le décrit comme une , tandis que certains membres insistent sur le fait que Les Soulèvements de la Terre sont avant tout une . Il regroupe des militants du mouvement climat, de la mouvance autonome et des paysans.

Le premier appel des Soulèvements de la Terre est signé par des chercheurs en histoire et sciences sociales (Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz, Anselm Jappe, François Jarrige, Kristin Ross, Sophie Wahnich), des écrivains (Alain Damasio, Baptiste Morizot, Alessandro Pignocchi, Nathalie Quintane) et des figures politiques écologistes (José Bové, Corinne Morel Darleux)..

Il apparait dans un contexte de diversification du mouvement pour le climat en France et à l'international, avec de nombreux groupes comme Scientifiques en Rébellion, Dernière Rénovation. ou Terres de Luttes., qui s'ajoutent aux mouvements citoyens proches de la désobéissance civile comme Youth for Climate, Fridays for Future ou Extinction Rebellion. Ces mouvements ont en commun une critique des projets d'aménagement, appelés , et remettent en cause le productivisme. Les Soulèvements de la Terre, pour Nicolas Celnik et Fabien Benoit, s'inscrivent ainsi dans les ..

En , le mouvement déclare regrouper une centaine d'associations et collectifs et plus de revendiquent leur appartenance aux Soulèvements de la Terre.

Le logotype utilisé comme symbole visuel du collectif est ⏚, utilisé en électricité pour représenter la mise à terre, soit de connecter un circuit électrique à la terre pour se protéger des risques d'électrocution...

Organisation et principes d'action Protagonistes Les Soulèvements de la Terre sont rapidement rejoints par des militants issus d'autres organisations écologistes, comme Extinction Rebellion ou Youth for Climate.. Plusieurs associations, syndicats et collectifs écologistes, notamment la Confédération paysanne, l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (ATTAC), Alternatiba, ou encore l'Union syndicale Solidaires, s'y agrègent.

Une note des renseignements, publiée par la revue Lundi matin fin , précise que

Les policiers reconnaissent aux activistes leur , leur et du collectif qui a su devenir et s'attacher la sympathie d'intellectuels, d'associations et syndicats pour créer un véritable mouvement.

Alors qu'à leurs débuts, Les Soulèvements de la Terre sont principalement composés de militants issus de , les renseignements indiquent qu'ils sont rejoints par des activistes d'organisations écologistes comme Youth For Climate et Extinction Rebellion, , passant de la désobéissance civile à la .

C'est dans ce contexte, et après la première manifestation contre la « méga-bassine » de Sainte-Soline en ., que le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin accuse les organisateurs d'...

Revendications alt=Texte peint en rouge sur un mur en majuscules, "Nous sommes les Soulèvements de la Terre".|vignette|Graffiti à Nantes, « Nous sommes les Soulèvements de la Terre en colère », début avril 2023. Les Soulèvements de la Terre s'opposent à .. Ils luttent contre l'agro-industrie, veulent défendre l'eau comme un bien commun et revendiquent dans leur texte fondateur lutter La question de la terre et du foncier est centrale dans l'ensemble des mobilisations et actions organisées. Ils dénoncent certaines infrastructures (comme les centrales à béton ou les « méga-bassines ») comme étant des .

Des manifestations et actions de protestations contre des projets liés notamment à l'agro-industrie et à l'artificialisation des sols sont organisées ou relayées par Les Soulèvements de la Terre... Les Soulèvements de la Terre s'opposent ainsi aux « méga-bassines » dans l'ouest de la France, avec d'autres organisations comme Bassines non merci ou la Confédération paysanne.

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement, pointe dans Le Point la responsabilité politique d'Emmanuel Macron. La prise de position du président avec son slogan et la débâcle de la Convention citoyenne pour le climat illustrent une posture de greenwashing auprès de certains militants. Face à l'état d'urgence climatique et critiquant l'inaction climatique du gouvernement français, malgré la condamnation de l'État., certains militants désertent. et se radicalisent pour tenter de se faire entendre....

En , lors de la Fête des Lumières à Lyon, le collectif écologiste radical revendique des messages dénonçant les violences policières et anti-RN.. Ces propos contre la police sont condamnés tant par Grégory Doucet, Jean-Michel Aulas, que par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez«"La violence policière est partout" : des messages politiques projetés à la Fête des lumières de Lyon par les Soulèvements de la Terre », liberation.fr, 7 décembre 2025.« Messages anti police projetés à la Fête des Lumières, à Lyon : Les Soulèvements de la Terre revendiquent l’action », leparisien.fr, 7 décembre 2025.. Les SLT revendiquent par ce geste une lutte

Modes d'action Le collectif cherche à faire converger les luttes des zadistes, des militants écologistes et des paysans, en s'appuyant sur les luttes locales. Cette stratégie diffère des modes d'action du mouvement pour le climat, qui organise généralement des manifestations dans les grandes villes, érige la non-violence comme principe fondamental, et est jugée par plusieurs militants des Soulèvements. Les Soulèvements de la Terre justifient leurs méthodes par l'urgence d'agir face à la crise écologique, et estiment que les autres modes d'action du mouvement climat ont échoué..

Les SDT ont recours à une , parmi lesquelles la désobéissance civile, la résistance. et l'action directe.. Les manifestations et actions collectives de blocage ou de sabotage font partie de leurs modes d'action.. Ils revendiquent la radicalité dans leurs modes d'actions. La question du sabotage fait néanmoins l'objet de débats parmi les militants aux sensibilités différentes. Appelé , le sabotage est présenté comme une méthode de défense face à un système qui détruit le vivant., une manière de légitimer ce mode d'action.

En , une note des services de renseignement français décrit le mouvement comme et indique que des activistes écologistes s'y réapproprient les techniques du black bloc, notamment lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Principales actions et manifestations

vignette|Graffiti reprenant le symbole des Soulèvements de la Terre, avec la date du 25 mars 2023 en référence à la manifestation contre les « méga-bassines » à Sainte-Soline. Entre et , une vingtaine d'actions sont organisées par le mouvement, dont la majorité durant l'année 2023...

En .., des manifestations sont organisées pour lutter contre la destruction de bocages par une carrière de sable à Saint-Colomban en Loire-Atlantique. et de jardins populaires à Besançon, contre la construction d'une route à Le Pertuis ou le projet de technopole du plateau de Saclay.

Durant l'automne 2021 et l'hiver 2022., des protestations contre la bétonisation des terres agricoles d'Île-de-France, des occupations dans les centrales à béton du port de Gennevilliers et la société Monsanto à Lyon ont lieu.

Des actions sont ensuite menées contre une retenue d'eau à La Clusaz et l'artificialisation de terres agricoles à Pertuis dans le Vaucluse.

Le , une centaine d'activistes masqués et vêtus de combinaisons blanches pénètrent dans l'usine du cimentier Lafarge à Bouc-Bel-Air dans les Bouches-du-Rhône. L'action dure moins d'une heure, pour des dégâts estimés à .

À l'automne 2022, une lutte contre la « méga-bassine » de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, rassemble plusieurs milliers de personnes.

Une autre manifestation a lieu à Sainte-Soline le , réunissant plusieurs dizaines de milliers de participants, dont Les Soulèvements de la Terre est co-organisateur avec la Confédération paysanne et le collectif Bassines non merci. Elle est réprimée par la gendarmerie et la confrontation entre manifestants et forces de l'ordre entraîne 200 blessés dont plusieurs gravement. Elle donne ensuite lieu à un procès à l'encontre de neufs militants issus du mouvement Bassines non merci, du collectif Les Soulèvements de la Terre, de la Confédération paysanne, de la Confédération générale du travail (CGT) et de Solidaires 79, pour organisation de manifestation interdite par la préfecture.. Le tribunal correctionnel de Niort rend sa décision le . Trois manifestants (l'un appartenant au collectif Bassines non merci et les deux autres au collectif Les Soulèvements de la Terre) sont condamnés à des peines comprises entre 6 et 12 mois d’emprisonnement avec sursis.

En avril 2023, les Soulèvements de la Terre mènent une action contre le projet d'autoroute A69, le 22 avril, 8 000 personnes manifestent dans le Tarn pour lutter contre ce projet en cours, et construisent un mur en parpaing sur la nationale, symbolisant le slogan "on va dans le mur".

En , lors d'une marche itinérante en Loire-Atlantique, à l'initiative de collectifs militants tels que Les Soulèvements de la Terre, pour dénoncer l'utilisation intensive de sable dans les cultures ainsi que le maraîchage industriel, mètres carrés de parcelles de terres expérimentales appartenant à la Fédération des maraîchers nantais sont vandalisées. Il s'agit de terrains où, selon le président du syndicat agricole, depuis trois ans, des ingénieurs engagés sur les thématiques environnementales qui pourtant mènent des essais. Le préjudice est estimé à . L'action suscite de nombreuses réactions politiques négatives.. Le collectif rétorque qu'il s'agit de et dénonce les de la Fédération des maraîchers nantais. Les Soulèvements de la Terre dénoncent à travers cette action l'accaparement des terres par le maraîchage industriel ainsi que des ressources en eau, au détriment des petites installations paysannes. Plusieurs paysans bio participent à cette action.