Jean-ArmandPrénom donné en l'honneur de son auguste oncle et parrain, le (futur) cardinal de Richelieu ; on trouve parfois aussi, Armand-Jean. de Maillé, né le à Milly-le-Meugon et mort le à la bataille d'Orbetello, duc de Fronsac, marquis de Brézé, était un célèbre marin français du , disparu prématurément à l'âge de 26 ans. Colonel à 15 ans, général des galères à 20 ans, grand-maître de la navigation à 24 ans, Maillé-Brézé participa à huit campagnes de guerre maritime, au cours desquelles il remporta un nombre impressionnant de victoires, qui assurèrent, pour un temps, à la marine de Louis XIII la maîtrise de la Méditerranée occidentale.

Biographie thumb|right|Le Grand Saint-Louis, vaisseau utilisé par Maillé-Brézé lors de ses campagnes et sur lequel il trouve la mort à Orbetello. Fils d'Urbain de Maillé, marquis de Brézé et maréchal de France, Jean-Armand de Maillé, neveu de Richelieu par sa mère, Nicole du Plessis-Richelieu, sœur cadette du cardinal, fut élevé par l'abbé d'Aubignac sous la surveillance et la protection de son oncle, et commença à servir dans l'armée avec son père dès l'âge de 15 ans. Comme le lui permettaient les revenus de sa puissante famille, il leva un régiment d'infanterie (régiment de Brezé) à ses frais pour débuter dans la guerre de Trente AnsD’après Michaud (Biographie universelle ancienne et moderne) : «... il commença, en 1638, à se distinguer dans la guerre de Flandre » (vol. 26, )., entrant ainsi directement dans l'armée au grade de mestre de camp ou colonel.

En 1636, Richelieu lui fit donner la survivance de sa charge de Grand-maître de la navigation, créée pour le cardinal et qu'il recevra donc pleinement à sa mort en 1642. Il remplaça, l'année suivante, le vice-amiral de Sourdis, relevé de son commandement, à la tête de la flotte du Ponant. Nommé en 1639 Général des galères, il opéra alors en Méditerranée, alla battre le , à la bataille de Cadix, la flotte espagnoleD’après Michaud (op. cit.) : « ... il battit en 1640 les Espagnols devant Cadix » (ibid.)., s'empara de Villafranca del Bierzo et neutralisa les Génois.

L'année suivante, Maillé-Brézé est envoyé en ambassade au Portugal, alors en révolte contre l’Espagne.

En 1642, il reprit la mer avec 20 vaisseaux armés à Brest. Le , il arriva à Barcelone, où il concentra une escadre de 41 vaisseaux, 17 galères et treize brûlots. Le , il rejoignit la flotte espagnole et engagea alors devant Barcelone une bataille terrible de quatre jours (du au ), au terme de laquelle il força l'ennemi à la retraite. Il contribua ainsi au succès de l'armée française en Catalogne et permit la prise de Perpignan et la conquête du Roussillon.

Devenu en , à la mort de Richelieu, intendant et Grand-maître de la navigation, gouverneur de l'Aunis et de La Rochelle, il hérita du cardinal le duché-pairie de Fronsac.

Le , il remporte un nouvel et éclatant succès en infligeant un véritable désastre à une flotte espagnole, lors de la bataille de Carthagène, au cap de Gate, près de Carthagène et assura ainsi à la France, la maîtrise de la Méditerranée occidentale. Durant cette bataille, les Espagnols perdent douze vaisseaux, dont le vaisseau Amiral de Naples, et espagnols meurent.

Cette même année 1643, Jean Armand de Maillé rendit à la reine sa charge de grand-maître, mais en conservant le commandement de la flotte.

Deux médailles furent frappées en l'honneur de ces succès.

En 1646, après une campagne à Tarragone, il reprit la mer. La guerre s'étant transportée en Italie, d'où Mazarin cherchait à chasser les Espagnols, Maillé-Brézé était sur le point de remporter une brillante victoire au large d'Orbetello, le , lorsqu'il fut coupé en deux par un bouletD’après Michaud (op. cit.) : « ... il fut ensuite chargé de combiner ses opérations avec celles de notre armée en Italie, vint mettre le siège devant Orbitello et fut tué d'un coup de canon sur son bord » (ibid.)..

Il eut sous ses ordres le très-controversé Saint-Germain Beaupré, dont il était, selon Tallemant, tout à fait entiché.

Son corps fut rapporté à l'église de Milly. Le , un service solennel est célébré à Saint-Maurice d'Angers, et son éloge funèbre prononcé par le père Bonichon, de l'Oratoire.

Par sa sœur Claire-Clémence, le duc de Fronsac était lié au premier prince du sang, qui hérita les qualités, titres et biens des Maillé-Brézé à la mort de son épouse.

Maillé-Brézé était parfois appelé, de son vivant, duc de BrézéPar Tallemant, notamment., bien qu'il semble que Brézé soit resté marquisat.

Hommages Jean-Armand de Maillé, marquis de Brézé figure peint sur toile dans une salle du château de Jalesne (commune de Vernantes), ainsi que dans la salle des amiraux au château de Versailles, où trois toiles de Théodore Gudin représentent les combats du cap Saint-Vincent, de Carthagène et d'Orbitello.

Trois bâtiments de guerre ont déjà porté le nom de Maillé-Brézé, Un vaisseau au , Un contre-torpilleur de lancé en 1930 et détruit accidentellement en 1940 Un escorteur d'escadre (voir ses caractéristiques) admis au service actif le , désarmé en 1988. Remorqué jusqu'à Nantes, il y est devenu le premier musée naval à flot de France.

Jugement et postérité Son précepteur, M. Hédelin, l'abbé d’Aubignac, écrira plus tard:

Notes et références

Annexes Articles connexes Histoire de la marine française Milly-le-Meugon

Bibliographie Tallemant des Réaux, Les Historiettes : mémoires pour servir à l'histoire du XVIIe siècle, Volume 2 1834-1836, page 50 et suivantes , vol. 26 René La Bruyère, La Marine de Richelieu; Maillé-Brézé, général des Galères, grand amiral (1619-1646), Plon, Paris, 1945

Liens externes

Catégorie:Personnalité de l'Ancien Régime Catégorie:Duc français du XVIIe siècle Catégorie:Militaire français du XVIIe siècle Catégorie:Amiral de France Catégorie:Navigateur français du XVIIe siècle Catégorie:Histoire de la Marine française Catégorie:Ambassadeur français Catégorie:Personnalité liée à La Rochelle Catégorie:Personnalité de l'Anjou Jean Catégorie:Duc de Fronsac Catégorie:Naissance en octobre 1619 Catégorie:Décès en juin 1646 Catégorie:Décès à 26 ans Catégorie:Militaire français mort au combat