La famille de Monteynard (anciennement Aynard) est une famille subsistante de la noblesse française originaire du Dauphiné où elle donne son nom à la terre de Monteynard.
Elle appartient à la noblesse d'extraction chevaleresque sur preuves d'une filiation probable de 1336 ou à la noblesse d'ancienne extraction sur une preuve certaine vers 1415. Elle donna plusieurs branches et subsiste à travers une branche fixée en Languedoc au , titrée marquis de Montfrin en 1652.
Plusieurs historiens et généalogistes donnent les Aynard de Domène comme les ancêtres des Monteynard en donnant une filiation suivie à partir de Rodolphe de Domène vivant en 965.
Histoire Origines
Aynard de Domène Jacques Cellard et Eric Vial écrivent qu'
Selon les travaux du juriste Pierre Maurice (2013), le nom d'Aynard aurait été adopté par cette famille au après la canonisation par acclamation du célèbre ermite saint Aynard (ou Eynard). Ce dernier, probablement originaire d'Allemagne, vécut et mourut en odeur de sainteté dans la vire située au pied de la falaise sommitale de la montagne qui porte actuellement son nom. Voulant rendre hommage à ce saint personnage, qui s'était installé sur ses terres, elle instaura la tradition de donner aux fils ainés le prénom d'Aynard, à une époque où les membres d'une famille ne portaient qu'un nom individuel., et où nul n'avait le droit de porter un nom, s'il n'avait pas été porté par ses ancêtres en ligne directe. À la fin du un de leurs châteaux tombant en ruine, une des branches décide de s'installer dans la région de La Motte-d'Aveillans. Ils deviennent seigneur d'une paroisse appelée "Mont", d'où le nom qu'il leur est donné alors d'Eynard du Mont. Le village devient rapidement le Mons Aynardi (Mont appartenant aux Aynard), puis Monteynard.
Félix Bernard (1949) nous présente les Aynard plus d'un siècle avant la défaite sarrasine dès la seconde moitié du où ils se distinguent parmi les grands vassaux du Lyonnais et du Mâconnais. Au , on les aperçoit sûrement en Graisivaudan, où ils fondent plus tard le prieuré de Domène qui nous renseigne sur leur puissance au début du . L'auteur présente aussi les différentes possessions et les branches des Aynard en passant également par leurs alliances avec la maison de Savoie. D'après ses recherches, les Aynard de Domène seraient à l'origine des familles de Clermont, d'Arvillard, de Miribel, de Bocsozel. Félix Bernard précise que les Aynard ont pris plus tard, le nom de Monteynard.. Il émet l'hypothèse selon laquelle le carolingien Éginhard pourrait être un ancêtre..
L'historien du Dauphiné Jean-Pierre Moret de Bourchenu, dit Monsieur de Valbonnais, dans son Histoire de Dauphiné (1721), écrit que cette famille remonte par titres jusqu'au milieu du et en donne les premiers degrés, d'après les cartulaires de Saint-Hugues et du prieuré de Domène, à partir de Rodolphe, qui reçut diverses donations d'Isarn, évêque de Grenoble en 960 jusqu'à Guigues Aynard, seigneur de Domène, vivant en 1155 (lire en ligne).. La filiation donnée par Monsieur de Valbonnais a été reprise par d'autres auteurs. Gustave de Rivoire de La Bâtie (1867) écrit que c'est vers le commencement du que le nom d'Aynard devient le nom patronymique de cette maison.
Cette installation, vers le , repose notamment sur la tradition selon laquelle l'évêque Isarn ait fait appel à des nobles d'origines étrangères à la région afin de repeupler voire protéger le diocèse de Grenoble. Rodolphe serait le représentant de ces Aynard, dont Nicolas Chorier dit qu'il serait originaire d'Allemagne, et que l'on qualifie dans le Cartulaire de Grenoble (XLVI) de filleul de l'évêque ()..
Pierre-Louis Lainé, dans sa généalogie de la maison de Monteynard (1840) indique que l'évêque fait appel à des grands personnages des régions voisines notamment de la Savoie ou de la Provence et que parmi eux se trouve Rodolphe et qu'en récompense de ses exploit il obtient toutes les terres situées entre le lieu appelé la coche de They jusqu'au ruisseau de Domène, précisant les environs de Domène, moins le château et le bourg, et uniquement le château de Theys, sans la juridiction (lire en ligne).. II précise également que le nom d'Aynard est fréquemment adopté par plusieurs familles considérables "soit par suite d'alliances soit à raison du lustre attaché à l'origine de ce nom". Celle de Clermont-Tonnerre le porte depuis 1070 et le porte encore aujourd'hui.
Selon certains auteurs, avant que les Aynard de Domène ne s'installent au dans un château sur la rive gauche de l'Isère dans un lieu qui prit le nom de Monteynard, ils donnent leur nom au Mont Eynard, sur la rive droite de l'Isère à deux lieues de Grenoble, cité vers 1027, où se trouve leur premier château tombé en ruine (lire en ligne).. Selon d'autres auteurs, le Mont Eynard (Mons Aynardus, vers 1047, Cartulaire de Domène), proche de Grenoble, appelée désormais Mont Saint-Eynard, tiendrait son nom de l'ermitage du Saint-Eynard..
Auguste Prudhomme (1888) indique que la famille revendique Aynard/Ainard, seigneur de Domène et fondateur du prieuré de Domène, selon un acte estimé vers 1027.. Ce personnage dit dominus est considéré comme le fondateur du prieuré de Domène, vers 1027Chartes de l'abbaye de Cluny, , , (années 1027-1028) et M. de Monteynard Cartulare monasterii beatorum Petri et Pauli de Domina, Lyon, éd. Charles de Monteynard, 1859 [publié anonymement], , (année 1027).. Il est mentionné auprès de son épouse, Fecenna, et à ses frères Rodolphe, futur évêque de Gap, Gention, Vuigon et AténulfeCartulare monasterii beatorum Petri et Pauli de Domina, , dans , Tome 1, Fascicules 1-3 Acte (lire en ligne)..
Querelle avec les Alleman (1335-1340) En 1335, débute un affrontement opposant les Alleman aux Aynard, à laquelle participe presque toute la noblesse du Dauphiné. Guy Allard indique que
Les deux familles se disputent les égards du Dauphin du Viennois. Les changements de Dauphin et les différentes faveurs accordées mènent les deux familles à un conflit. Aux côtés des Aynard, on retrouve, dans un premier temps, le dauphin Humbert II, ainsi que les chefs de famille des Varces, des Commiers, des Châteauneuf ou encore des Bardonenche. Du côté des Alleman, ce sont seize chefs de famille, dont les Sassenage, les Arces, les Grezieu ou encore les Seyssel de la Savoie voisine. Malgré l'interdiction des passes d'armes, les deux familles s'affrontent donnant lieu à des meurtres et des incendies.
Le dauphin Humbert II cherche à apaiser la région et à apporter la paix. Après cinq années, les deux familles font la paix lors d'une assemblée solennelle à Grenoble tenu par la dauphin en présence de la magistrature et de la noblesse de la province.
Histoire de la noblesse du comté-Venaissin (1750) précise que cette querelle par ces troubles engendrés durait encore en 1348, car les seigneurs de la Tour et de Châteauneuf qui avait eu part à cette Guerre étaient encore brouillés en ce temps-là. L’avènement du dauphin Charles mit entièrement fin à ces mouvements, par un traité du .
Famille de Monteynard Les auteurs Guy Allard (1684), Moréri (1759) ou encore Givodan (1852) indiquent que les Aynard de Domène prennent le surnom de Montainard, alias Monteynard au . La Chesnay des Bois (1775), La Roque (1860), Rivoire de La Bâtie (1867) (lire en ligne). donnent au . Albert Révérend (1905). donne le .
Là encore les différents auteurs ne s'accordent pas sur une filiation suivie prouvée.
La famille de Monteynard prouve sa noblesse (entre 1654 et 1674) devant Claude Bezons depuis Raymond de Montenard vivant au .
Louis Chasot de Nantigny, dans Tablette historiques, généalogiques et chronologiques (1751), écrit
Aux Honneurs de la Cour, filiation présumée de 980 preuves de 1336François Bluche, Les Honneurs de la Cour, ICC, 1958, page 73..
André Borel d'Hauterive, dans l'annuaire de la pairie et de la noblesse de France (1844) indique que
Dayre de Maihol, dans le Dictionnaire historique et héraldique de la noblesse française (1895) écrit
Le Rex, Annuaire généalogique de la noblesse de France (1910), indique que .
Henri Jougla de Morenas et Raoul de Warren, dans leur Grand armorial de France (1948,) écrivent ..
L'Armorial du Trièves-symbolisme et vieilles familles, par François Roche (1962) donne 960 comme date d'ancienneté.
Régis Valette, dans le Catalogue de la noblesse française au siècle (2007), indique que la famille de Monteynard est de noblesse d'ancienne extraction sur preuves de filiation noble vers 1415Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au , Robert Laffont, 2002, page 142..
L'ouvrage de Tallandier, Le Dictionnaire de la vraie noblesse (2008), indique que la famille de Monteynard est d'extraction chevaleresque sur une preuve de 1336.
Personnalités issues des Aynard de Domène (filiation non prouvée) Rodolphe I, seigneur de Domène, il prit part à la lutte menée en 965 par l'évêque Isarn pour chasser les Sarrasins de son diocèse et reçut de l'évêque toutes les terres situées entre le lieu appelé la coche de They jusqu'au ruisseau de Domène (lire en ligne).. Aynard de Domène I, né vers la fin du , fondateur avec son père et ses frères du prieuré de Domène, selon la charte du cartulaire de Domène, estimé vers 1027.vignette|200x200px|Prieuré de Domène Rodolphe, frère d'Aynard, évêque de Gap (v.1040-1050). Pons Aynard , seigneur de Domène, de la Pierre, de Gière, de Mont-Aymon, mort vers la fin du ou au début du . Hugues Aynard, seigneur de Domène, croisé en 1147. Ses armes figurent dans la salle des croisades à Versailles.vignette|150x150px|Armes Monteynard, salle des croisades Lantelme Aynard I, seigneur de Monteynard, de They, de Domène, de La Pierre (vers 1170), participe avec ses frères, ses fils et son neveux à la fondation de la chartreuse de Saint-Hugon. Pierre Isnard, chanoine d'Arles (1141), évêque de Toulon (1168), archevêque d'Arles (1183-1190). Guy Allard le rattache à cette famille. Les frères de Sainte-Marthe lui donnent pour armoiries un fretté au lieu du vair. Pierre Aynard, participe à la Troisième croisade (1189). En , Pierre Aynard et Martin de Virieu par un acte passé à st Jean d'Acre avec un marchand génois lui empruntent quatre-vingt marcs d'argent.. Lantelme Aynard II, chevalier banneret, membre du conseil de régence du Dauphiné pendant la minorité de Guigues VIII, premier officier nommé auditeur de la chambre des comptes en 1331, chef du parti des Aynard pendant la presque guerre civile contre les Alleman (1335-1350) et l'un des seigneurs qui se porta garant du transport du Dauphiné à la France (lire en ligne).
Branches La famille de Monteynard donna plusieurs branches à partir des premiers auteurs de la filiation admise ou prouvée : Raymond Eynard I, seigneur de Monteynard, de Montlaur, de l'Argentière etc., qui fit foi et hommage pour les terres de sa maison le , marié à Galburce Béranger puis à Marguerite de Rochefort, dame en partie de l'Argentière, dont il eut Jean Eynard I, seigneur de Monteynard et de Montlaur (qui teste en 1415), marié à Marguerite Alleman.
Raymond de Monteynard (né vers 1415 et qui teste en 1489), fils de Jean I de Monteynard et de Marguerite Alleman, épousa Marie d'Arces puis Claude-Béranger du Gua. Son fils, Hector de Monteynard, seigneur de Montfort et de Chalençon († 1501), marié en 1487 à Marguerite Paléologue de Montferrat, eut entre autres enfants :