L'anti-écologisme (ou anti-environnementalisme) est une tendance du conservatisme et du libéralisme économique qui s'oppose aux politiques qui prônent une réglementation environnementale. Tout en déniant ou minorant le changement climatique, les extinctions massives ou la pollution, les anti-écologistes souhaitent convaincre le public que ces politiques ont un impact négatif sur la société., et persuader les décideurs de ne pas augmenter les réglementations environnementales. La préoccupation essentielle des tenants de cette mouvance est la crainte de la décroissance.

Certains tenants de cette doctrine considèrent que les humains n'ont pas besoin d'interférer avec les processus naturels de la Terre (notamment parce qu'ils soutiennent que les écosystèmes ne sont pas aussi fragiles que prétendu par les écologistes, et qu'ils peuvent se restaurer naturellement) et que, par conséquent, aucune réglementation environnementale n'est nécessaire..

Anti-écologisme au Selon une rhétorique analysée par l'université de Cambridge en 2020, quatre grandes familles de discours ayant pour effet de retarder les actions en matière de lutte contre le changement climatique sont à l’œuvre. Suivant le cas, le discours revient à dire, de façon schématique, que « c'est déjà trop tard », c'est la « faute des autres » ou que les mesures de luttes contre le changement climatique seraient plus dommageables pour la société que ne l'est le changement climatique lui-même. D'ailleurs, selon la Fondation Jean-Jaurès, la transition automobile, en l'absence d'engagement clair de la part des progressistes, serait un angle d'attaque favori des populistes et conservateurs pour qui le statu quo constituerait une .. Une dernière famille, technosolutionniste, met en avant les techniques sans évoquer les changements de mode de vie.. Il s'agirait, en quelque sorte, de

L'historien des sciences, Jean-Baptiste Fressoz, tempère l'optimisme que peut susciter le développement des énergies renouvelablesJean-Baptiste Fressoz, Sans transition, Seuil, janvier 2024 , . :

Selon George Monbiot, ou bien les industries des sont réglementées au point de les faire disparaître, ou bien l’humanité trépasse. Les industries disparaîtraient elles aussi avec l'humanité, mais à une échéance qui dépasserait leurs stratégies.. Selon l’économiste Maxime Combes, les entreprises pétrolières sont devenues , ou encore .. Le doute instillé par les industriels freine toute réglementation, selon Jean-Robert Viallet et Fressoz, pour imposer l'adaptation. au dépend de atténuation.

Inversion du blâme On accuse les écologistes des effets..., là où ils dénoncent les causes. On accuse les scientifiques d'idéologie quand ils énoncent des faits..

En Espagne, le parti Vox a transformé le slogan du président socialiste par son propre slogan  . Aux États-Unis, selon le Président, la lutte contre les incendies serait freinée par le zèle déployé par les écologistes à protéger une espèce menacée de poisson. En France, le Rassemblement national (RN) raille l', opposée à la réalisation de pare-feux, pour contrer les incendies, et à la climatisation..

Dans le monde (hors France) Nations unies vignette|redresse=1.35|alt=Graphes représentant les scénarios d'émissions éstimés jusqu'en 2100. L'accord de Paris limite entre 2,5 et le réchauffement global. |Scénarios d'émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si tous les pays respectent leurs engagements actuels dans le cadre de l'accord de Paris, le réchauffement moyen d'ici 2100 dépasserait toujours l'objectif maximal de fixé par l'accord.

D'après Malo Jan, l'Accord de Paris sur le climat constituait un grand succès, truffé de déclarations d'intention diplomatiques éthérées en matière de climat. Mais il laissait à chaque État la liberté de définir la trajectoire aboutissant à la réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Dès lors le backlash écologique était inévitable selon lui, en ce que la politique à l'échelle nationale est propice à la conflictualité..

Selon la Surfrider Foundation, l'échec des négociations sur la pollution plastique montre que la , critiquée en autres par la Suisse, atteint ses limites : il conviendrait de changer les processus de décisions..

Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies, constate que partout dans le monde, la L'écologue Franck Courchamp déplore la criminalisation des .. On observe un recours à la législation sur la criminalité organisée..

Canada Stephen Harper, premier ministre canadien de 2006 à 2015 critique l'ancienne politique environnementale du Canada pour les restrictions élevées qu'elle imposait à l'industrie, alors qu'il cherchait à industrialiser le pays. En , Harper et le Parti conservateur du Canada remportent les élections fédérales canadiennes avec un gouvernement majoritaire, ce qui leur permet d'apporter des changements significatifs à la politique environnementale du Canada. Un projet de loi est adopté en , intitulé « ».. Le gouvernement Harper s'est concentré sur la croissance économique, comme l'industrie pétrolière en Alberta. Le nord de l'Alberta possède du pétrole dans ses sables bitumineux et son extraction est considérée par les écologistes comme une destruction de l'environnement et une source d'émissions de gaz à effet de serre. Le gouvernement Harper s'est concentré sur l'expansion de l'économie au détriment des intérêts écologiques..

En 2013, les groupes environnementaux sont jugés « extrémistes » par le gouvernement Harper, qui les a inscrits sur la liste de la stratégie antiterroriste en tant que menace pour la sécurité nationale. Dans les années qui suivent, l'administration Harper fait en sorte qu'il soit difficile pour les groupes environnementaux basés à l'étranger d'entraver la croissance économique du Canada, et les organismes de bienfaisance environnementaux font l'objet d'audits fréquents de la part du gouvernement fédéral, entraînant une baisse de leur productivité et le risque de perdre leur statut d'organisme de bienfaisance.

Le gouvernement de Harper, bien qu'il se soit engagé à réduire les émissions à long terme, a désapprouvé la limitation des émissions de pétrole et de gaz à mesure que le prix du pétrole augmentait., en cohérence avec la décision de Harper de retirer le Canada du Protocole de Kyoto en 2011.. La principale raison invoquée par Harper était que le Canada ne parvenait pas à atteindre les objectifs du protocole.

États-Unis L’opposition aux politiques de protection de l’environnement est devenue au cours des années 2000 un pivot de la pensée des conservateurs radicaux américains. Sans avoir une volonté de nuire délibérément à l'environnement, ils s'opposent à toutes les politiques publiques qui ont pour but de le protéger, dans une sorte de croisade contre l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis et l'atténuation du changement climatique. Il est au carrefour des conservatismes américains, mêlant « méfiance populiste envers les élites intellectuelles et scientifiques, confiance absolue en la destinée providentielle du peuple américain, défense des prérogatives des États contre Washington, de la souveraineté nationale contre la menace d’un gouvernement mondial, des droits de l’individu contre le Big Government, de la liberté d’entreprendre contre le « socialisme » »..

Avec l'arrivée de l'administration de Donald Trump au pouvoir de 2017 en 2021, celui-ci a ouvertement fait part de son intention de modifier ou de se retirer complètement de nombreux accords sur le changement climatique et l'environnement auxquels les États-Unis participent, comme l'accord de Paris.. Trump a déclaré que L'administration de Trump a également demandé à l'Agence de protection de l'environnement de supprimer la page sur le changement climatique de son site internet..

Union européenne

Pour Marie Toussaint, les élections américaines marquent un backlash environnemental en Europe. Suivant la voie trumpiste, la droite et l’extrême droite européennes, qui oscillent entre climatorelativisme et climatodénialisme, manœuvrent pour obtenir ..

En France Historique Le néologisme politique , apparue en France vers 2007, permet à certains politiques de déplacer le débat sur le terrain social, qui défendent les citoyens , au risque de rendre impossible une transition pourtant nécessaire.. Pour les partis écologistes, la progressions des idées anti-écologistes provient des discours culpabilisants rejetant sur eux la hausse du chômage ou la crise agricoleVoir sur sudouest.fr..

La journaliste Élisabeth Schneiter, dans une tribune de Reporterre, souligne l'importance des pensées de Luc Ferry sur l'anti-écologisme en France, en induisant suspicions sur les réflexions sur la nature s'opposant à sa visionÉlisabeth Schneiter, « Luc Ferry ressasse l’anti-écologisme », reporterre.net, 19 novembre 2011.. Celui-ci dénonce une et défend la croissance face aux marchés chinois ou indiens. Élisabeth Schneiter condamne également l'initiative de « l’anti écologiste notoire » Claude Allègre, de créer en 2010 la Fondation pour l'écologie productive avec Alstom (alors impliquée dans les centrales thermiques, Limagrain (agroalimentaire spécialisée dans les OGM), PSA Peugeot et Schlumberger (entreprise pétrolière). Le professeur en science politique, Patrick Chastenet, parle lui d'« écolophobie » et en critique la position idéologiqueVoir sur cairn.info. et le chercheur Daniel Boy considère qu'il s'agit françaisVoir sur 20minutes.fr.. L'historien Rémi Luglia observe une forte inflexion illibérale à partir de 2023 : sous prétexte de simplification, ..

En 2025, les agences de l’eau, les parcs nationaux, l’Office français de la biodiversité, l'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique ou encore l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) font l'objet de critiques de plus en plus virulentes, en particulier de la droite françaiseVoir sur radiofrance.fr. jusqu'au niveau ministériel, déclaré centriste.Voir sur sudouest.fr.. Dans le cadre des discussions sur le budget 2025, plusieurs des Républicains (Laurent Wauquiez, Gérard Larcher et Valérie Pécresse notamment) critiquent ouvertement l'existence de l'ADEME, considérant que ces et qu'

Portages de la mouvance dans les cercles politiques L'extrême droite française, en particulier le Rassemblement national (RN) est souvent décrite comme incompatible avec l'écologieVoir sur actu-environnement.com.Voir sur lemonde.fr., voire anti-écologiqueVoir sur alternatives-economiques.fr.Voir sur humanite.fr.. Cependant, la préoccupation écologique est telle qu'aucun parti ne peut ignorer ses enjeux : même les partis d'extrême droite, longtemps rétifs aux idées de l'écologisme, sont obligés d'intégrer par opportunisme un discours sur la protection de l'environnement.. Stéphane François, professeur de sciences politiques à l’université de Mons en Belgique, relève en 2024, au sein du RN, une ; quand elle est abordée, ce n'est que sous le prisme de l'identité.. Selon le sociologue et politicologue, Erwan Lecœur, spécialiste de l’extrême droite, ces discours politiques se veulent un rapprochement vers la ruralité et , en particulier sur les questions agricolesVoir sur francetvinfo.fr.. Le discours anti-écologiste déborde de l'extrême droite, et la droite républicaine, en particulier représentée par Laurent Wauquiez, est gratifiée des mêmes qualificatifs de la part de journalistes, à la fois dans les discours et les actes (notamment au travers de la baisse des subventions aux associations environnementales et une augmentation et un soutien aux gros projets d'urbanisation)Voir sur atlantico.fr.Voir sur reporterre.net..

L'enjeu pour les partis en Europe n'est plus de défendre une politique environnementale, mais de déterminer quelles parties de la population bénéficieront le plus ou seront pénalisées à court terme par cette politique..