Farah Pahlavi , née Diba le à Téhéran (Iran), est la troisième et dernière épouse de Mohammad Reza Pahlavi, chah d'Iran. D'abord reine (maleke) à partir de 1959, elle porte ensuite le titre d'impératrice (chahbanou) à partir de 1967, jusqu'au renversement de la monarchie en 1979.

En tant que reine puis impératrice, ses centres d'intérêt ont tourné autour du travail social, de l'émancipation des femmes, du sport et de l'art. La majeure partie de son temps était consacré à la promotion de la culture iranienne et à la protection sociale ; elle était la patronne de nombreuses organisations éducatives, culturelles, sanitaires et charitables. En plus de superviser le travail de ces organisations à Téhéran, la reine effectua des visites fréquentes dans les régions les plus reculées d'Iran pour obtenir une connaissance directe de la vie et des aspirations des agriculteurs et des personnes ordinaires. Elle accompagna, en outre, son mari le chah lors de visites officielles et semi-officielles à l'étranger, en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie.

À la mort de son époux, survenue en exil au Caire, c'est elle qui assure la régence de jure à partir du (jour des funérailles) jusqu'au , jour du vingtième anniversaire du prince héritier Reza, soit l'âge légal pour prêter serment en tant que souverain (de jure), selon la législation en vigueur avant l'instauration de la république islamique d'Iran.

En exil depuis le , l'ex-impératrice d'Iran partage sa vie entre les États-Unis, la France et l'Égypte.

En 2003, la publication de ses mémoires fait l'objet d'une importante médiatisation.

Biographie Famille, jeunesse et études Farah Diba est l’unique enfant du capitaine Sohrab Diba et de son épouse Farideh Ghotbi New York Times: A Life in Exile Consulté le Farah Pahlavi, Interview avec Ricardo Karam Consulté le . Son grand-père paternel a été ambassadeur de Perse à la cour de Russie. Les Diba sont une famille d’origine azérie, tandis que la famille Ghotbi est de souche guilanie (dite également ), originaire de la province de Guilan sur la côte caspienne Iranian personalities : Farah Pahlavi Consulté le . vignette|Farah Diba (à l'extrême-gauche), cheftaine des boyscouts iraniens à Paris, en 1956. Son père, Sohrab Diba, commença une formation militaire à l'école des cadets de Saint-Pétersbourg, mais quitta l'établissement après la révolution d'octobre 1917 et s'enfuit en France. Il fut diplômé de l'école secondaire et commença une formation de juriste jusqu'à ce qu'il soit admis à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion 1925-1927 Maroc et Syrie). À son retour en Iran, en 1936, il atteint le grade de capitaine dans l’armée impériale iranienne, en cours de restructuration sous Reza Chah.

Sa mère, Tadji Ghotbi, plus connue sous le nom de Farideh Ghotbi ou Farideh Diba, est issue d'une famille bourgeoise de la ville de Lahidjan. Elle venait de quitter la province de Guilan avec sa famille, pour s'installer à Téhéran, quand elle rencontra Sohrab Diba, fraîchement rentré au pays, qu'elle épousa en 1937. Farah naquit l'année suivante.

Lorsque Sohrab Diba meurt en 1948 à la suite d'une opération, mère et fille s'installent, pour des raisons de convenance sociale, chez un oncle, Mohammad Ali Ghotbi, ingénieur et entrepreneur de travaux publics.. Farah Diba fréquente jusqu'à l'âge de six ans l'école italienne de Téhéran, mais ensuite étudie à l'école française Jeanne d'Arc tenue par les sœurs de Saint Vincent de Paul, au lycée français de Téhéran, puis à l’École spéciale d'architecture du boulevard Raspail à Paris, où elle est notamment l'une des étudiantes du professeur Albert Besson.. Dans l'équipe de basket-ball de l'école, elle devient capitaine d'équipe et remporta le championnat de Téhéran pendant trois années consécutives. En 1953, Farah Diba devint championne iranienne de la jeunesse au saut en hauteur. À l'école Jeanne d'Arc, elle rejoignit les scouts et devint cheftaine. Avec les scouts, elle entreprend en 1956 son premier voyage à l'étranger, qui l'amène en France.

Après avoir obtenu son diplôme d'études secondaires, Farah part étudier l'architecture à Paris. Pendant ses études à Paris, elle habite au Collège néerlandais, une des résidences de la Cité internationale universitaire (CIU). C’est lors d’une rencontre entre la délégation d’étudiants iraniens dont elle fait partie et le chef de l’État iranien, venu rendre visite au général de Gaulle à Paris, qu’elle fait la connaissance de son futur époux. C'est le gendre de celui-ci, Ardeshir Zahedi, qui les présente l'un à l'autre..

Mariage royal vignette|250x250px|Mariage de Mohammad Reza Pahlavi et Farah Diba, 21 décembre 1959. Le chah avait déjà été marié avec la princesse Faouzia d'Égypte (de 1939 à 1948), fille du roi Fouad , puis avec Soraya Esfandiari Bakhtiari (de 1951 à 1958), fille de l'ambassadeur Khalil Esfandiari-Bakhtiari, deux unions terminées chacune par un divorce. De son premier mariage, il a eu une fille, la princesse Shahnaz Pahlavi, qui a épousé en 1957 Ardeshir Zahedi, fils du général Fazlollah Zahedi, et personnage de haut rang à la cour, intime du souverain. gauche|vignette|217x217px|Farah en 1959.La rencontre de Farah et du Shah à Paris ne devait pas être la seule : quelques mois plus tard, alors que de nombreuses prétendantes étaient approchées de la Cour pour devenir la nouvelle reine, place vacante depuis le départ de Soraya Esfandiari, un des oncles de Farah saisit l'occasion d'une demande de bourses d'études pour que sa nièce rencontre Ardeshir Zahedi, alors également responsable des bourses d'études. Ce dernier reconnut la jeune fille, qu'il invita à rencontrer son épouse, la princesse Shahnaz. Farah fut reçue par Shahnaz au palais de Sa'dabad ; les deux femmes sympathisèrent et lors de leur deuxième rencontre, le Chah arriva « par hasard » pour rendre visite à sa fille. C'est ainsi qu'il rencontra plus intimement Farah. Les deux futurs époux ne s'étaient pas oubliés depuis Paris ; après plusieurs rencontres privées, le couple annonce ses fiançailles le . Le mariage royal est célébré le 21 du même mois, faisant de Farah la nouvelle reine d’Iran.

Sa position à la cour est fragile comme celle de ses prédécesseuses, jusqu'à ce que la reine se retrouve enceinte quelques mois après le mariage. Le 31 octobre 1960, la reine accouche dans un hôpital public dont elle a la présidence, dans le sud de TéhéranBien que l’organisme date de Reza Chah. : elle a insisté pour marquer la proximité avec le reste de la population, cet hôpital étant ouvert à toutes les femmes, même les plus démunies. C’est un garçon, Reza, désormais héritier du trône, qui consolide la position de la dynastie fondée en 1925. La famille s'agrandira vite et accueillera trois autres enfants : la princesse Farahnaz Pahlavi, née en 1963, le prince Ali-Reza Pahlavi, né en 1966 et la princesse Leila Pahlavi, née en 1970.

S'occupant d’associations caritatives, elle favorise la création de grands centres de soins comme des léproseries et plusieurs hôpitaux. Elle sera un des moteurs de la révolution blanche, un programme social du chah des années 1960. Dans les années 1970, cependant, les relations entre le shah et la shahbanou se refroidirent ; le shah, grand consommateur de femmes, entretint de nombreuses relations extra-conjugales, bien qu'elles soient généralement sans lendemain. Farah en souffrit secrètement et voua une certaine détestation à Asadollah Alam, ministre de la cour, grand ami du shah et arrangeur des aventures de ce dernier. Une aventure trop ébruitée du chah manqua de focaliser l'attention publique sur l'une des maîtresses du monarque, ce qui se termina en un rapprochement du roi et de la reine, même si, à en croire les mémoires d'Alam, les aventures du shah continuèrent.

Fonctions officielles Le rôle exact que la nouvelle reine jouerait, le cas échéant, dans les affaires publiques ou gouvernementales, était incertain, son rôle principal étant simplement de donner au Shah un héritier mâle. Au sein de la maison impériale, sa fonction publique était secondaire à la question bien plus urgente de la succession. gauche|vignette|275x275px|L'impératrice Farah à son bureau du palais de Niavaran dans les années 1970.Néanmoins, après la naissance du prince héritier, la nouvelle reine était libre de consacrer plus de temps à d'autres activités officielles, essentiellement pour assister aux inaugurations de diverses institutions d'éducation et de soins de santé, sans trop se risquer à des questions controversées. Cependant, au fil du temps, cette posture évolua.

La reine s'impliqua beaucoup plus activement dans les affaires du gouvernement, s'occupant de questions et de causes qui l'intéressaient. Elle utilisa ainsi sa proximité et son influence avec son mari, le Shah, pour obtenir des fonds et attirer l'attention sur certaines causes, en particulier dans les domaines des droits des femmes et du développement culturel. Ses préoccupations étaient les « domaines de l'éducation, de la santé, de la culture et des questions sociales », la politique étant exclue de son champ d'application. Cependant, la sœur jumelle politiquement puissante de Mohammad Reza, la princesse Ashraf, finit par voir en Farah une rivale ; cette rivalité conduisit Farah à pousser son mari à réduire l'influence d'Ashraf à la Cour.

Farah Pahlavi eut donc de nombreuses fonctions officielles ; ses principales responsabilités comprenaient les systèmes de soins, l'éducation, le travail social et la culture des traditions culturelles et historiques, mais il s'agissait avant tout de superviser de nombreux complexes médicaux, éducatifs et sociaux, ainsi que des clubs culturels et sportifs. Elle s'occupa également des questions environnementales et du développement de l'artisanat traditionnel ou de petites industries rurales. Outre le parrainage d'organisations et d'associations individuelles, Farah Pahlavi exerçait la présidence de plusieurs fondations et entreprises d'État.

Farah Pahlavi possédait son propre cabinet, qui comptait 40 employés vers la fin du règne de son époux, et était divisé en quatre départements : médecine et santé, éducation, art et culture, affaires sociales. Le financement de chaque projet provenait principalement de la Fondation Pahlavi, et donc plus ou moins directement de son mari le Shah Mohammad Reza Pahlavi, mais aussi de sa propre Fondation Farah Pahlavi, de la National Iranian Oil Company (NIOC) et des dons de l'industrie et du secteur privé.

Farah Pahlavi eut également un rôle non négligeable dans la planification du 2500 anniversaire de la monarchie iranienne, lors duquel la dynastie Pahlavi atteignit son apogée politique en 1971. vignette|Conférence des directeurs de toutes les associations placées sous le patronage de Farah Pahlavi (assise, à droite), 1975.

Système de santé L'une de ses premières activités dans l'engagement sanitaire concerne le domaine de la léproserie, avec la fondation du village , en 1961, autour d'une léproserie centrale pour permettre aux lépreux d'Iran de mener une vie décente et de bénéficier de soins médicaux adéquats. Jusque-là, les malades de la lèpre menaient une vie complètement isolée et étaient insuffisamment soignés par les services décentralisés. La recommandation des experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de renvoyer les malades guéris de la lèpre dans leur village n'était jusque là pas appliquée, et la déclaration d'un cas de lèpre entraînait l'expulsion de toute la famille de la communauté villageoiseFarah Pahlavi, Mémoires, 2004, page 158.. À Behkadeh Raji, ils furent en mesure de reconstruire une nouvelle vie avec leurs familles, après avoir survécu à la maladie. La poétesse Forough Farrokhzad a tourné dans ce village de lépreux un film émouvant intitulé Chaneh siah ast (« La maison est noire »), lequel a reçu le Grand Prix du festival international du court-métrage d'Oberhausen en 1963. vignette|La Shahbanou Farah ouvrant le congrès médical à Ramsar, en 1971.