L'Association générale des travailleurs algériens (AGTA), parfois appelée l'Amicale générale des travailleurs algériens, est une organisation syndicale fondée par Safi Boudissa, ancien ministre du travail à l'époque d'Ahmed Ben Bella. L'organisation a été dissoute en 1969.

Aboubakr Belkaid était fondateur aussi et membre du Secrétariat Général.

Histoire L'Union générale des syndicats algériens a été fondée en , mais ce n'est encore qu'un comité de coordination de différentes structures où chacun est libre d'adhérer ou pas. Plus tard, l'UGTA est "fondée en par des militants du FLN, dont certains, comme Aissat Idir, sont des militants cégétistes", à l'issue d'un processus qui a pris près d'une décennie"Mouvement ouvrier, mouvement syndical en Algérie (1919-1954) essai d'histoire sociale", thèse soutenue en 1990 par Nora Benallègue Chaouia, sous la direction de Claude Liauzu . Les Algériens et la croissance de l'industrie française Dans les années 1950, le recrutement des Algériens dans l'automobile s'« est fortement accentué, tout particulièrement en région parisienne. Renault à Boulogne-Billancourt, mais aussi Simca à Nanterre, Citroën quai de Javel ou Panhard porte de Choisy à Paris »"La main-d'œuvre algérienne dans l'industrie automobile (1945-1962), ou les oubliés de l'histoire", article par l'universitaire Laure Pitti, dans la revue Hommes & Migrations, 2006: au milieu des années 1950, ils sont près de à Citroën et à Renault-Billancourt, soit 10 % des ouvriers de la plus grande usine, et même 12 % en 1954, les cadences de production de la 4CV y passant de 340 à 600 par jour entre et . Cependant, chez Renault, dans l'usine de Billancourt, la principale du groupe, après un pic en 1952 l'effectif des Algériens, parmi lesquels les Kabyles sont les plus nombreux, régresse et en ils ne sont plus que Alain Viguier. Renault Billancourt, 1950-1992 : le parti communiste et les ouvriers. Identités ouvrières et identité de parti : identités ouvrières et identité de parti. Histoire. Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2017. F .

Chez Renault, la CGT fait ses plus gros scores dans les ateliers où les Algériens sont massivement affectés et devient pour eux « une école militante », par exemple pour Larbi Bendaoud, délégué CGT depuis 1949, aux fonderies de 1946 à 1957 et futur cofondateur de la Fédération de France du FLN en 1955Biographie Le Maitron de Larbi Bendaoud , ou encore Omar Ouhadj au Comité d'établissement en 1952 et qui deviendra « l'un des dirigeants de l'AGTA » en 1961. La grève du leur permet de faire valoir leurs revendications « de libération nationale et sociale » et une « section MTLD de chez Renault » voit le jour, animée par Larbi Bendaoud, comme le rappelle l'hebdo La Vie Ouvrière début 1953"Les travailleurs nord-africains ne confondent pas les paroles et les actes", article dans Le Métallo de chez Renault, supplément au n° 446 de La Vie Ouvrière, hebdomadaire de la CGT, 18 mars 1953, cité par l'universitaire Laure Pitti dans "La main-d'œuvre algérienne dans l'industrie automobile (1945-1962), ou les oubliés de l'histoire", Hommes & Migrations, Année 2006, 1263, pp. 47-57. La CGT est une « courroie de transmission se faisant presque à l'envers » chez Renault, selon Claude Poperen, car elle y joue, plus que la section PCF de l'usine, un « rôle dirigeant » dans les orientations politiques et de l'action. Cette tendance s'exprime aussi dans les numéro de et du journal de la Commission nord-africaine de la CGT-Renault, « Le travailleur nord-africain de la Régie Renault ».

Le début des années 1950 est la période où les syndicats, "plus particulièrement la CGT", se mobilisent sur leur promotion professionnelle et où un article est titré "Le problème des Nord-Africains dans les usines Renault" dans L'usine nouvelle, dès le . La IVe Conférence régionale des travailleurs nord-africains, préparée de concert par le MTLD et la CGT qui réunit plus de 1000 délégués le à Paris, dont deux élus du personnel célèbres chez Renault, Said Oucaki et Larbi Bendaoud. Une commission nord-africaine CGT de Renault est créée en 1950, sur le modèle d'autres dans la métallurgie, et publie un mensuel de quatre pages, Le Nord-Africain de la Régie Renault, créé en 1950, qui deviendra L’ouvrier Nord-Africain en 1954Pitti, Laure. « Chapitre VI. Contester l’ordre colonial, résister à l’ordre usinier ». Algériens au travail, une histoire (post)coloniale, Presses universitaires de Rennes, 2025, . En , le journal de la CGT nationale a demandé à ses syndicats de « se pencher sur les revendications particulières des travailleurs nord-africains […], de les aider, de leur donner toute leur place dans le mouvement syndical, de les unir toujours plus étroitement à la classe ouvrière française »Le Peuple, journal de la CGT, 29 septembre-6 octobre 1949, cité dans Pitti, Laure. « Chapitre VI. Contester l’ordre colonial, résister à l’ordre usinier ». Algériens au travail, une histoire (post)coloniale, Presses universitaires de Rennes, 2025, . Les syndicats participent ensuite à la grève de mars 1950 dans la métallurgie.

Dans la plupart des congrès de la métallurgie, la CGT Renault donne la parole à un orateur algérien en plus d'un autre représentant. En 1948, c'est Saïd Oukaci, qui dénonce des injustices subies par les travailleurs algériens : absence ou insuffisance de logements, subies par des dizaines de milliers d’entre eux à Paris mais aussi répression et brimades policières"La CGT dans les années 1950 - Les syndicats de l’automobile aux congrès fédéraux : un modèle renouvelé (1948-1963)" par Nicolas Hatzfeld, en 2005 aux - Presses universitaires de Rennes . Au passage, il fustige les manœuvres d’un parti algérien qui tente de séparer les Algériens de la CGT. En 1952, Ben Daoud insiste sur le slogan : « à travail égal, salaire égal. Classification réelle et complète avec les travailleurs français » .

La CGT dénonce dès le début de la décennie 1950 des dispositifs d'encadrement particulier de ouvriers algériens, avec notamment en 1950 campagne contre les "services spéciaux pour les ouvriers nord-africains" de Renault, tandis que les différenciations en matière d'allocations familiales" sont dénoncées aussi par la CFTC, FO et le SIR (Syndicat indépendant Renault) à compter de 1953, de manière intersyndicale, alors que la littérature interne de Renault transpire "stéréotype colonial de l'indigène, arriéré et inadapté", selon l'universitaire Laure PittiSelon elle, l'Union des industries métallurgiques et minières tentera de dissimuler dans le courant des années soixante-dix et a fortiori des années quatre-vingt, que ce recrutement date des années 1950, notamment lors des premières restructurations du secteur automobile en 1983-1984, pour tenter d'accréditer qu'il ait freiné l'innovation et l'investissement technologique , dans une décennie "scindée par la guerre d'Algérie", dont le début coïncide avec "une césure" dans les rapports entre ouvriers algériens et syndicats, et qui s'aggrave en , avec le vote des pouvoirs spéciaux par le PCF, alors qu'au "début des années cinquante, la proximité est grande entre les ouvriers algériens et la CGT", quand les ouvriers algériens se syndiquent massivement à la CGT, première à inclure "la revendication d'indépendance nationale algérienne" dans sa lutte "contre l'impérialisme, pour la paix et des conditions de vie meilleures", revendications d'ordre politique mises en valeur lors des défilés populaires du et du et des mobilisations "tout particulièrement entre 1947 et 1952".

Les tensions au tournant de la décennie La CGT s'est investie contre le colonialisme, via les dockers algérois et oranais lançant en le boycott de chargements vers l’Indochine, suivis le des dockers marseillais, L'Humanité titrant sur « L’exemple de Marseille » "Refus de charger des armes vers Israël : l’engagement des dockers marseillais ne date pas d’hier, par l'historien Alain Ruscio, le 1er juillet 2025 , mais d' à , la CGT n'a même plus de bureau à Marseille, tous les dirigeants ayant été licenciés, et y subit des violences : en , après le retour forcé d'un navire attribué à un sabotage, un groupe de soldats saccagea des locaux communistesMichel Bodin, « Le Pasteur. Un rouage essentiel du transport des troupes dans la guerre d’Indochine, 1945-1956 », Revue Guerres mondiales & Conflits contemporains, n° 216, 4/2004., FO et la CIA y ayant organisé la création, en , d’un "Comité méditerranéen des gens de mer" Jean Philippe Demory, « Les relations entre le syndicat FO des municipaux et la ville de Marseille de Gaston Defferre à Jean-Claude Gaudin », Master en sciences sociales, Recherches comparatives en anthropologie, histoire et sociologie, EHESS, Marseille, 2016.. Dès le PCF écarte Charles Tillon de la direction du Mouvement de la Paix et dès l'automne 1951, il retire à André Marty, l'animateur du mouvement anticolonialiste la responsabilité du secteur "Jeunesse", mais en appelant parfois à a riposte violente, comme mai, dans un réflexe de « panique » et de « fuite en avant »"La mémoire ouverte" par Paul Noirot . "

Dans sa thèse de doctorat de 2002, Laure Pitti a décrit « l'épisode emblématique des mobilisations à Renault contre la répression en Tunisie ou l'assignation à résidence de Messali Hadj », au début de 1952 (pages 385 à 389). Celle d'Alain Viguier"Renault Billancourt, 1950 – 1992. Le parti communiste et les ouvriers. Identités ouvrières et identité de parti". Thèse de doctorat d'histoire d'Alain Viguier octobre 2017 rappelle aussi que PCF et CGT ont soutenu la journée d’action du MLTD pour la libération de Messali Hadj et pour l’indépendance algérienne le , avec un tract commun des travailleurs algériens et vietnamiens, dénonçant toutes les exactions commises en Algérie, au Maroc et en Tunisie et au Vietnam, après s’être déjà appuyés sur l’expression du sentiment anticolonialiste pour appeler les ouvriers algériens et le MTLD à s’associer à la grève générale du . Billancourt emploie "peu de Tunisiens", mais la "plupart des travailleurs arabes se reconnaissent dans le soulèvement national tunisien" et le , dans "plusieurs ateliers débrayent, soutenus parfois par des travailleurs français" puis exiger "vainement des syndicats un appel à un débrayage de toute l’usine". Les délégués algériens de la CGT, de la CFTC et du SIR convoquent ensuite une réunion pour le au cours de laquelle une pétition commune sera rédigée. Selon L'Humanité du , PCF, MLTD, CFTC, CGT et SIR appuient une résolution contre la répression sanglante en Tunisie adoptée par 1200 salariés de Renault.

L’Humanité titre, en première page le que « les ouvriers de chez Renault ont raison », pensant à tort que le prestige de Billancourt pourra soulever toute la classe ouvrière. Discussions, prise de position et approbations par des travailleurs "d’appartenances variées" se sont multipliées les jours qui ont précédé le , des ingénieurs et de cadres écrivant, sans succès, au Préfet de police de Paris pour protester contre l’interdiction de la manifestation et dès le matin des forces de police sont déjà massées aux abords de l’usine, puis vont y pénétrer, le déroulement de la journée étant couvert par plusieurs éditions du quotidien communiste Ce Soir.

La grève du contre l’assignation à résidence de Messali Hadj est beaucoup moins suivie : 16 % de grévistes parmi les ouvriers « nord-africains » selon la Direction du personnel de Renault, un comité de solidarité aux sanctionnés de février s'étant mobilisé contre les licenciements massifs qui avaient suivi la 1ère grève et ce sera suivi par "la crise qui secoue le MTLD en 1953-1954", qui voit la section MTLD de chez Renault entrer "en sommeil" puis disparaître car elle est divisée, Larbi Bendaoud prend parti pour les centralistes, Slimane Ben Rahou pour Messali et Abdelkader Zellouf pour les activistes.

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