Les élections parlementaires polonaises de 2023 () se tiennent le afin d'élire les de la de la Diète et les de la du Sénat, pour un mandat de quatre ans. Un référendum est organisé le même jour.
Le gouvernement sortant, mené par Droit et justice (PiS) du président du Conseil Mateusz Morawiecki et ses alliés regroupés au sein de la coalition Droite unie, disposent depuis 2019 d'une majorité absolue des sièges à la Diète mais pas au Sénat. Comme lors du précédent scrutin, la campagne électorale est marquée par la profonde opposition entre le PiS et la Plate-forme civique (PO), principale formation d'opposition menée par Donald Tusk, à la tête de la Coalition civique.
Les élections aboutissent à la perte par Droite unie de sa majorité à la Diète, la coalition gouvernementale essuyant un recul malgré son maintien en tête. Ces résultats provoquent une alternance au profit d'une alliance de l'opposition entre Coalition civique, La Gauche et Troisième voie, qui détiennent ensemble la majorité à la Diète et au Sénat. Après une brève tentative de Morawiecki de se maintenir en formant un nouveau gouvernement dépourvu de majorité parlementaire, l'opposition forme un gouvernement mené par Donald Tusk qui obtient la confiance des députés le 12 décembre, et entre en fonction le lendemain.
Contexte Élections parlementaires de 2019
vignette|redresse=0.7|gauche|Mateusz Morawiecki. Les élections parlementaires de 2019 connaissent un taux de participation record depuis la chute du communisme, avec plus de 60 % des inscrits participant au vote. Le scrutin voit le retour au Parlement des formations de centre gauche après quatre ans d'absence, ainsi que des partis d'extrême droite, exclus des deux chambres depuis 2007..
Recueillant le plus important pourcentage jamais obtenu depuis le retour de la démocratie, les partis de droite rassemblés autour de Droit et justice (PiS) au sein de la coalition Droite unie conservent leur majorité absolue à la Diète. Majoritaire au Parlement depuis les élections d'octobre 2015, le PiS remporte ainsi une nouvelle victoire électorale qui lui permet de se maintenir, même s'il perd de peu la majorité au Sénat. Le président du PiS, Jarosław Kaczyński, voit confortée sa position d'homme fort du pays, sans pour autant occuper de poste gouvernemental. C'est la deuxième fois depuis la chute du communisme qu’une majorité sortante est reconduite. Le principal parti d'opposition, Plate-forme civique (PO), progresse néanmoins avec ses alliés réunit au sein de la Coalition civique (KO), sans pour autant obtenir à son tour la majorité au Sénat en raison de la progression de la Coalition polonaise (KP) et de La Gauche (Lewica) ainsi que de plusieurs candidats indépendants..
Un mois après le scrutin, le président du Conseil des ministres sortant, Mateusz Morawiecki, forme son second gouvernement.. La composition du cabinet montre un renforcement des de la droite au pouvoir, dont est issu le président du Conseil, et un affaiblissement des , emmenés par le ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro. Cette stratégie est principalement destinée à séduire l'électorat centriste dans l'optique de l'élection présidentielle de 2020.. Morawiecki obtient le 19 novembre la confiance de la Diète par pour et , avec trois abstentions...
Élection présidentielle de 2020
vignette|gauche|redresse=0.7|Andrzej Duda. L'élection présidentielle organisée fin juin 2020 voit la victoire du président sortant Andrzej Duda, membre de Droit et justice. Initialement prévu les et , le scrutin est fortement marqué par la Pandémie de Covid-19 qui touche alors le pays. La proposition du gouvernement de maintenir l’élection à la date prévue en l’organisant par voie postale uniquement suscite une vive polémique, l'opposition dénonçant les capacités inégales de faire campagne du président sortant et des autres candidats dans le contexte d'un confinement de la population. Le scrutin est finalement reporté à la suite d’un compromis au sein de la coalition au pouvoir puis du vote favorable de l'opposition, grâce notamment au contrôle du Sénat par cette dernière..
Le premier tour connait une forte hausse de la participation malgré la crise sanitaire. Andrzej Duda et le maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski, issu de Plate-forme civique, se qualifient pour le second tour. Duda l'emporte finalement avec un peu plus de 51 % des suffrages exprimés dans un contexte de nouvelle hausse de la participation. Cette élection présidentielle est alors la plus serrée de l'histoire de la Pologne..
La victoire de Duda permet au PiS de bénéficier de son veto présidentiel. En cas de victoire des partis d'opposition aux élections parlementaires de 2023, ceux-ci auront besoin d'une majorité qualifiée des trois cinquièmes des députés pour passer outre.
Système électoral La Pologne est dotée d'un Parlement bicaméral. Celle-ci est composée d'une chambre basse, la Diète (), et d'une chambre haute, le Sénat. Les deux chambres sont renouvelées simultanément pour des mandats de quatre ans, selon des modes de scrutin différents. La date des élections est fixée par le président de la République dans les 30 jours précédant le quatrième anniversaire du début de la convocation du Parlement sortant. Le scrutin doit par ailleurs obligatoirement se tenir un jour non ouvrable, y compris les jours fériés. Les dates possibles sont par conséquent les 15, 22 et 29 octobre ainsi que le , le 5 et le 11 novembre 2023.
La Diète est dotée de pourvus au scrutin proportionnel plurinominal dans 41 circonscriptions électorales de en fonction de leur population. Les électeurs votent pour des candidats dans leur circonscription, et un vote pour un candidat équivaut à un vote pour le parti auquel il est affilié. Une fois le décompte des voix effectué, les sièges sont répartis entre tous les partis ayant franchi le seuil électoral de 5 % des votes valides (8 % pour les coalitions) en proportion de leurs résultats en voix au niveau national, selon la méthode D'Hondt. Les partis attribuent ensuite les sièges qu'ils ont obtenus à ceux de leurs candidats ayant individuellement recueilli le plus de suffrages... La minorité allemande est exceptionnellement exemptée de seuil électoral. Par ailleurs, les listes présentées par les partis doivent obligatoirement comporter au moins 35 % de candidats de chaque sexe.
Le Sénat est quant à lui doté de pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions..
Principales forces en présence PartisPositionnement et idéologieChef de fileRésultats (Diète)en 2019Droit et justice (PiS)Droite à extrême droiteNational-conservatisme, populisme de droiteJarosław KaczyńskiPologne souveraine (SP)Droite à extrême droiteNational-conservatismeZbigniew ZiobroKukiz'15 (K'15)Centre droit à droitePopulisme de droite, démocratie directePaweł KukizMembre de la Coalition polonaise Droite unie (ZP)43,59 % des voixPlateforme civique (PO)Centre droitDémocratie chrétienne, libéral-conservatismeDonald Tusk.Moderne (N)Centre à centre droitLibéralismeAdam SzłapkaInitiative polonaise (iPL)Centre gaucheSocial-démocratie, progressismeBarbara NowackaLes Verts (Z)Centre gaucheÉcologie politique, progressismeCoalition civique (KO)27,40 % des voixNouvelle Gauche (NL)Centre gaucheSocial-démocratie, progressismeWłodzimierz CzarzastyLa Gauche ensembleLewica Razem (Razem)GaucheSocialisme démocratique, progressismeAdrian ZandbergParti socialiste polonais (PPS)GaucheSocialisme démocratiqueNouveauLa GaucheLewica (L)12,56 % des voixCoalition polonaise (dont Parti paysan polonais) (dont Polskie Stronnictwo Ludowe, PSL)Centre droitDémocratie chrétienne, agrarismeWładysław Kosiniak-Kamysz8,55 % des voixAlliance (P)DroiteLibéral-conservatismeMagdalena SrokaMembre de Droite unie Pologne 2050Polska 2050 Szymona Hołowni (PL2050)CentreDémocratie chrétienne, écologie politiqueSzymon HołowniaNouveauTroisième VoieTrzecia Droga (TD)NouveauConfédérationKonfederacja (WiN)Extrême droiteSławomir Mentzen et Krzysztof Bosak6,81 % des voix
Sondages
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Campagne électorale vignette|redresse=0.8|Donald Tusk. La campagne est dominée par la coalition Droite unie au pouvoir, menée par le parti Droit et justice (PiS) de Jarosław Kaczyński et du président du Conseil Mateusz Morawiecki, et la principale formation d'opposition, la Coalition civique, menée par le parti Plate-forme civique (PO) de l'ancien président du Conseil Donald Tusk.
L'affrontement entre les deux camps politiques se révèle d'une rare violence verbale pour une démocratie occidentale. Le gouvernement bénéficie par ailleurs du soutien de nombreux médias polonais, généralement liés au PiS, qui mènent une violente campagne de dénigrement à l'encontre de Donald Tusk. Les meetings de ce dernier sont par ailleurs constamment perturbés, voire interrompus par des intrusions de perturbateurs. Le dirigeant du PiS, Jaroslaw Kaczynski, participe à la violence des débats en affirmant notamment que , tandis que Mateusz Morawiecki, le qualifie quant à lui de . L'opposition assimile quant à elle le PiS au régime autoritaire d'obédience soviétique sous des slogans tels que , Donald Tusk appelant les électeurs à mettre en échec le gouvernement avant . Le dirigeant de la PO multiplie par ailleurs les discours dans lesquels il met en avant son opposition à l'immigration, dénonçant l’ du gouvernement qu'il accuse d'avoir fait entrer en Pologne des centaines de milliers de migrants d’Afrique et d’Asie. Il promet également de à un pouvoir qualifié de profondément corrompu et incompétent, ainsi que de dans l'appareil d'Etat, qu'il accuse d'avoir été infiltré en profondeur par le PiS. »
vignette|Manifestation de l'opposition le octobre à Varsovie. Historiquement libérale bien que désormais alliée à des partis l'ayant fait basculer vers le centre gauche, la Plate-forme civique se distance d'un programme économique qui promettait la privatisation des entreprises du secteur public, et entreprend de faire campagne via un repositionnement à gauche sur les questions de société. Son programme propose ainsi de généraliser le droit à l’avortement, de légaliser l'union civile ainsi que d'instaurer la gratuité de la médecine prénatale et de la fécondation in vitro, et de mettre en œuvre une réforme de séparation financière de l’Église et de l’État. Cultivant l'ambiguïté afin de séduire des électeurs de sensibilités diverses, la Coalition civique souffre en retour de son caractère hétéroclite, qui voit notamment concourir sur ses listes une ancienne figure de l’extrême droite comme un populiste agrarien.