Les Visiteurs est un film français réalisé par Jean-Marie Poiré, sorti en 1993.

Il rassemble Jean Reno dans le rôle de Godefroy de Montmirail, Christian Clavier dans le double rôle de Jacquouille la Fripouille et de son descendant Jacquart, Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel, Christian Bujeau, Isabelle Nanty, Didier Bénureau.

Pour un budget de cinquante millions de francs (sept millions et demi d'euros)., le film a attiré quatorze millions de spectateurs au cinéma et fut classé à la première place du box-office français en 1993.

Le film a été nommé huit fois à la des César mais ne remporte que le César de la Meilleure actrice dans un second rôle, qui a été décerné à Valérie Lemercier.

Le succès du film et sa fin ouverte engendrent une suite, Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 (1998), elle-même suivie par un troisième épisode, Les Visiteurs : La Révolution (2016). Cette trilogie a été réalisée exclusivement par Jean-Marie Poiré. Le film a connu un remake américain, Les Visiteurs en Amérique (2001).

Les Visiteurs est une des comédies les plus populaires du cinéma français, et le français ayant engrangé le plus d'entrées, derrière Bienvenue chez les Ch'tis, Intouchables, La Grande Vadrouille et Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre.

Synopsis

En 1123, le roi des Francs est , surnommé . Le monarque Franc a un rendez-vous à la fois galant et clandestin avec une nièce du roi d'Angleterre de l'époque, Henri Ier Beauclerc, dans une cahute située dans la campagne actuelle française (qui se trouvait encore sous domination anglaise à l'époque). Un vassal de Louis VI, le Comte Godefroy de Montmirail, dit , surveille les abords avec fébrilité, de même que la dame de compagnie de la nièce. Surviennent les ennemis anglais qui cravachent sur leurs montures droit vers la cahute, dont le roi Henri Ier lui-même. Louis VI est extirpé des lieux par le Comte et les deux s'enfuient juste avant d'être assaillis. Les deux dames restent dans la cahute. Henri Ier est furieux du comportement de sa nièce et la frappe d'un coup de poing au visage avec son gantelet de métal. Puisque la dame de compagnie affirmait que la nièce était seule et a donc osé mentir à son propre monarque, elle se fait assassiner d'un carreau d'arbalète. Les hommes de main d'Henri Ier pourchassent . Ce dernier fait face à un soldat anglais gigantesque, dont la tête semble repousser car il l'a rentrée dans son armure au moment où le roi en faisait sauter le casque. Le comte sauve la vie de son suzerain en (tranchant) définitivement la tête de l' (l’abominable Anglais)

En récompense de cet acte de bravoure, Louis VI décide que Godefroy pourra, comme il le désire, épouser celle qu'il aime avec passion : Frénégonde de Pouille, la fille du duc Fulbert de Pouille. Le Comte est laissé à ses préparatifs d'épousailles. Il est accompagné de ses hommes dont son écuyer Jacquouille la Fripouille et ils se rendent dans le château du Comte où doit se dérouler le mariage.

Pour arriver plus rapidement chez lui, Godefroy souhaite passer par la forêt de Malcombe, un lieu qui effraie ses hommes. Ils lui déclarent qu'elle y abrite une sorcière réputée pour être une experte en malédictions et sortilèges. Godefroy ne peut pas faire attendre sa promise. Ils passent ainsi devant la hutte de la sorcière afin de tenter une attaque surprise. Ils y découvrent à l'intérieur une ambiance de messe noire où la sorcière fait rajeunir une vieille dame grâce à un sombre rituel. Ils capturent la sorcière et l'emprisonnent dans une cage ambulante. Les hommes de Godefroy se demandent par quel moyen lent et sordide ils vont la tuer. Le comte déclare : .

Godefroy met ses plus beaux atours et sa plus belle « coquille ». Au château, on festoie en l'attendant et les trompettes annoncent le comte en vue. Frénégonde, follement amoureuse, court hors du château pour le rejoindre, poursuivie par son père, qui veut l'arrêter car .

Profitant d'un moment d'inattention, la sorcière allonge un bras démesuré et verse une potion hallucinogène dans la gourde de Godefroy. Le comte en boit et voit le château se déformer sans comprendre pourquoi. Ses hommes ont aussi des faces de porc et de rat. Il aperçoit sa promise courant vers lui, mais il la voit poursuivie par son père qu'il prend pour un ours du fait du sortilège. Pour protéger Frénégonde contre l'animal menaçant, il prend son arbalète et sans avoir conscience de l’altération de la perception qui le fait halluciner, c'est son futur beau-père qu'il abat d'un carreau en plein front.

Les occupants du château se recueillent dans sa chapelle auprès de la dépouille du duc. Frénégonde annonce se retirer au couvent : elle ne peut épouser l'homme qui a tué son père. Godefroy ne peut qu'accepter cette volonté douloureuse de la duchesse qui le prive de descendance. Jacquouille profite de ce que les lieux se vident pour s'emparer des bijoux du duc, bagues et collier d'or serti de pierres précieuses. Il les cache dans la tête creuse d'une statue de la chapelle.

Godefroy va consulter le mage Eusæbius, qui lui propose une potion pour remonter un peu le temps afin d'en changer le cours et éviter la mort du duc. Le comte fait tester la potion à son écuyer, puis voyant que ce dernier n'en meurt pas sur le champ, la boit. Le mage Eusæbius récite alors une formule magique latine . Le comte devient statue de cristal, son serviteur excréments, puis tous deux se volatilisent. Eusæbius annonce : Mais il s'aperçoit qu'il a oublié un ingrédient dans la potion, les œufs de caille, ce qui est catastrophique car ils sont en réalité envoyés au . vignette|RépliqueL'originale du film comporte uniquement le logo sur sa portière, sans le libellé « La Poste ». de la Renault 4L de La Poste du , défoncée par les deux médiévaux, exposée lors du Mondial de l'automobile de Paris 2016. Jacquouille et Godefroy se réveillent dans un bois qu'ils ne reconnaissent pas. Godefroy tombe sur des détritus inconnus et Jacquouille découvre une route goudronnée. Une Renault 4L de La Poste arrive et freine brutalement devant Jacquouille stupéfait qui ne s'est pas écarté de la route. L'écuyer tape la voiture. Un postier noir en sort. Jacquouille, effrayé, court au bois avertir son maître de la présence d'un dans une . Le postier voit arriver vers lui les deux médiévaux, l'air menaçant. Godefroy jette sa masse d'armes sur la voiture avec une certaine habileté. Le facteur s'enfuit et les deux voyageurs s'acharnent sur le véhicule.

Godefroy, maintenant à cheval, et son écuyer, toujours à pied, découvrent leur propre terre au . Ils volent de la nourriture aux abords d'un restaurant. Ginette Sarcley, une SDF extravertie les aborde, ce qui les gêne pour se cacher. Ils veulent la chasser avec quelques pièces, mais croyant avoir affaire à des acteurs, elle leur montre son savoir-faire et chante à tue-tête une chanson de Patrick Bruel. Le gérant du restaurant sort un fusil et tire sur eux. Godefroy s'enfuit à cheval et Jacquouille part avec Ginette.

Le comte, affolé galope éperdument dans un décor moderne qui lui est inconnu et agressif : avions, trains, pylônes électriques. Il entre à cheval dans une église, se jette au sol et implore, devant le prêtre stupéfait, le droit d'asile. Celui-ci téléphone à une dame de sa paroisse, Béatrice de Montmirail et l'informe qu'un homme se présente comme le comte de Montmirail, arborant les armes de sa famille sur sa tunique. Godefroy découvre stupéfait un calendrier portant la date du .

Quand Béatrice arrive, Godefroy la prend pour sa promise Frénégonde, car elle lui ressemble énormément. Puis il réalise qu’elle n'est que sa lointaine descendante car comtesse et non duchesse. Il lui dit venir du mais elle ne le croit évidemment pas. La gendarmerie est appelée. Godefroy brutalise le Maréchal des Logis et le docteur venus se rendre compte de la situation. Le médecin se fait balancer par la fenêtre, et le Comte sort affronter tout un escadron de CRS, en hurlant et devise de sa famille. Ayant conscience de la portée de ces mots-là dans sa famille, Béatrice perçoit qu'il peut être possible que Godefroy soit un parent. Le comte est maîtrisé par les CRS, bourré de barbituriques, puis envoyé à l’hôpital psychiatrique.

Jacquouille, pendant ce temps, fait connaissance avec Ginette. Elle le voit comme un homme de sa condition et lui parle « dru ». Elle se méprend sur ce qu'il lui confie, mais comprend que Godefroy est de la famille de Béatrice de Montmirail. Ginette connaît la comtesse, qui habite à côté. Elle guide Jacquouille chez celle-ci, afin de parler de Godefroy, que la SDF croit être un . Béatrice se méprend sur Godefroy et pense qu'il est son cousin Hubert, effectivement un descendant de Godefroy par une tante paternelle et pilote de rallye disparu depuis plusieurs années. Il serait donc revenu amnésique après un accident à Bornéo, durant le Raid Gauloises. Elle réalise qu'elle a envoyé par erreur cet homme à l'asile et se rend sur place avec son mari, Jean-Pierre, pour le faire libérer.

Béatrice emmène les deux voyageurs temporels chez elle. Ils découvrent stupéfaits l'électricité, confondent lavabo et WC, vident une bouteille de parfum dans la baignoire, inondent le salon… Godefroy s'étonne qu'en tant que Montmirail, elle ne vive pas au château du même nom. Elle lui apprend que sa famille n'y vit plus depuis longtemps. La bâtisse a été rachetée par Jacques-Henri Jacquart, un . Dans la soirée, Jacquart arrive en urgence, accompagné de , président d'un groupe bancaire, en symposium au château, et qui souffre d'une rage de dents; or le mari de Béatrice est dentiste. Pendant que Jean-Pierre s'occupe de Berney, Jacquart, descendant direct de Jacquouille, et qui lui ressemble comme un frère, fait la connaissance des deux médiévaux. Godefroy lui propose de racheter le château, n'admettant pas qu'un gueux puisse en être propriétaire, mais Jacquart refuse et s'en va, outré que Béatrice le prenne pour le frère de Jacquouille. vignette|gauche|La Renault Safrane des Goulard, au toit troué par l'explosion de la bague, exposée lors du Mondial de l'automobile de Paris 2016. Godefroy demande à Béatrice de lui raconter l'histoire de France depuis le Gros. Alors qu'elle lui présente l'encyclopédie Larousse, qu'il n'apprécie guère car il n'y est pas mentionné, Beatrice remarque à sa main une chevalière portant le sceau du Hardi. Elle pense que son cousin Hubert l'a volée au château. Le lendemain, elle part à Montmirail accompagnée de Godefroy et de Jacquouille pour y restituer la bague. Le comte soutient que cette bague est la sienne, mais Béatrice sait qu'il n'y en a qu'une et qu'elle ne peut être à la fois avec lui et au château. Cette incohérence déchaîne les éléments. Le ciel devient menaçant. Au même moment, la bague du Hardi chauffe à blanc, grésille dans une vitrine du château, perturbant la réunion du président Berney. Plus la voiture se rapproche du château, plus la situation empire : les deux bagues se rejoignent en passant l’une par la fenêtre du château, l’autre par le toit de la voiture. Au contact, elles implosent, le ciel redevient normal, et des retombées brûlantes finissent sur la voiture de Jacquart, la détruisant. Des cendres salissent celle de M. Berney. Jacquart, sous les menaces de procès de Fabienne Morlot, la secrétaire du président, essaie de nettoyer en disant que « c'est OK ! ». Jacquouille semble apprécier cette expression et l'adopte dans son vocabulaire. vignette|Le château de Montmirail à l'époque contemporaine, en réalité le château d'Ermenonville.