Images malgré tout est un ouvrage de Georges Didi-Huberman, paru en aux Éditions de minuit.

Contexte alt=280|vignette|Cliché 280 de la série des photographies dites du Sonderkommando (détail). La photographie est prise en depuis l'intérieur de la chambre à gaz du d'Auschwitz.

La première partie de l'ouvrage, Images malgré tout, est un texte rédigé par Didi-Huberman à l'occasion de l'exposition Mémoire des camps. Photographies des camps de concentration et d'extermination nazis (), en , à l'hôtel de Sully. Il paraît la même année dans le catalogue collectif de l'exposition, dirigé par l'historien Clément Chéroux.. Le texte porte sur les quatre photographies du Sonderkommando d'Auschwitz, prises clandestinement au par des détenus affectés au Sonderkommando, et extraites du camp par la résistance polonaise.

Pour l'auteur, ces rares images, , sont les seules qui, prises par des hommes voués à la mort – les membres des Sonderkommandos étaient systématiquement éliminés parce qu'ils en savaient trop – laissent apercevoir ce qui s'accomplit là : .. Didi-Huberman .

L'exposition reçoit un bon accueil critique., mais suscite rapidement une controverse à laquelle prend part dès le Claude Lanzmann., puis Gérard Wajcman et Élisabeth Pagnoux pour Les Temps modernes (dont Claude Lanzmann est le directeur depuis ). L'ouvrage de Didi-Huberman qui paraît en reprend son texte de , complété par un essai intitulé Malgré l'image toute, et qui entend répondre aux attaques formulées par ces détracteurs.

Thèse

Lecture des photographies du Sonderkommando L'auteur propose d'abord une lecture phénoménologique de quatre photographies clandestines, prises par des détenus affectés au Sonderkommando à Auschwitz en .. Ainsi,

Pour l'auteur, certains membres du Sonderkommando ont tout fait pour abriter leurs témoignages, pour lutter contre l'effacement, l'invisibilité, la disparition « finale » et contre l'ignorance. Devant la certitude d'une fin prochaine, et devant l'impossibilité future d'imaginer la réalité concrète du processus génocidaire, c'est donc .

Controverse La critique de Claude Lanzmann est d'abord dirigée contre l'ensemble de l'exposition de : il dénonce alors que l'exposition explore en trois parties chronologiques la période des camps (), puis l'heure de la libération (), et enfin le temps de la mémoire (). Il reproche au texte de Didi-Huberman une , et lui prête l'intention de faire de ces quatre images des fétiches. Plus généralement, en indiquant sa propre méfiance, voire défiance envers l'archive historique, il indique que le véritable problème reste celui du statut de la photographie, incapable d'attester de la vérité.

L'article de Gérard Wajcman dans Temps modernes est intitulé « De la croyance photographique »... Il fait suite à une controverse qui opposait déjà, en , l'auteur à Jean-Luc Godard sur la question de la représentation de la Shoah... Élisabeth Pagnoux, dans le même numéro, livre une analyse intitulée Reporter photographe à Auschwitz. Pour Le Monde, il s'agit de deux articles violents.

Didi-Huberman s'emploie, dans la seconde partie de l'ouvrage à réfuter ces critiques. Selon lui, Wajcman, Pagnoux comme Lanzmann s'appuient sur l'argument de l'indicible et de l'infigurable : si ce qui s'est passé dans les camps d'extermination dépasse tout entendement, alors aucune image ni aucun mot ne peut rendre compte d'une telle horreur. Dans cette opposition qui porte à la fois sur l'archive et son statut, mais aussi sur le rapport entre image, savoir et histoire, l'image doit cependant être regardée pour ce quelle est, une archive qui montre une parcelle de réalité. L'image est ainsi toujours dans « un travail dialectique » entre montrer et voiler : elle ne montre pas tout et elle ne voile pas tout. Ainsi, .

La controverse se poursuit à nouveau en , lorsque Jacques Henric pour Art Press prend la défense du travail de Didi-Huberman, dont il estime qu'en prenant appui, mais en la dépassant, sur la polémique de , l'auteur développe dans son livre une réflexion sur la nature et les pouvoirs de l'image.. Élisabeth Pagnoux publie dans la même revue un droit de réponse..

La controverse devient elle-même objet d'étude en ..

Postérité Georges Didi-Huberman publie en Écorces : comme dans Images malgré tout, il y revient sur la question de l'histoire, de la mémoire et des images. Sa façon de réinterroger ces images est cependant très différente, puisque le registre et la forme sont ceux du « récit-photo » d'une déambulation contemporaine..

En , l'ouvrage de Didi-Huberman est évoqué comme un de la réflexion philosophique et historique.. En , Jacques Munier pour France culture indique : dans Images malgré tout..

En , Images malgré tout est traduit en hébreu et publié en Israël avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

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Catégorie:Photographie de la Shoah Catégorie:Auschwitz Catégorie:Essai français paru en 2004