Belle Squire, ou Viola Belle Squire, ( - ) est une suffragiste blanche de l'Illinois qui milite au sein du mouvement pour le suffrage de Chicago et cofonde l'Alpha Suffrage Club avec Ida B. Wells, une militante afro-américaine. Elle est surtout connue pour son opposition au paiement des impôts tant que les femmes n'ont pas le droit de voter.
Choquée par l'obligation des femmes de changer de titre selon leur état civil, elle se présente comme « Madame Belle Squire » sans être mariée.
Pour rendre plus accessible aux lecteurs la lutte pour le droit de vote des femmes, elle publie un ouvrage dans lequel elle associe textes et illustrations. Au cours de sa campagne pour obtenir ce droit, elle signe un télégramme collectif destiné au président Woodrow Wilson, lui demandant d'abroger l'ordre d'expulsion d'Emmeline Pankhurst.
Elle accompagne l'afro-américaine Ida B. Wells en tête du défilé pour le suffrage féminin de 1913 malgré l'interdiction des organisatrices qui prônent la ségrégation. Elle porte à cette occasion une écharpe proclamant « No Vote, No Tax League », au nom du mouvement de résistance fiscale qu'elle mène et qui incite au moins femmes du comté de Cook à refuser de payer leurs impôts.
L'historienne du féminisme et du mouvement LGBT Wendy Rouse la rapproche des personnalités LGBT connues de cette époque.
Biographie alt=Affiche sépia de promotion pour du suffrage|vignette|175x175px| .|gauche Belle Squire naît le dans la ville de Lima, Ohio. Bien qu'elle ne soit pas mariée, elle insiste pour qu'on l'appelle et qu'on la considère avec le même respect qu'une femme mariée. En 1913, de nombreux journaux rendent compte de sa protestation politique originale, en notant qu'elle déclare cette année-là : .
Pédagogue et essayiste Belle Squire exerce la profession de professeure de musique.
Elle publie en . Son objectif est pédagogique. Elle veut présenter le sujet complexe de la lutte pour le droit de vote des femmes, en utilisant des images pour illustrer le texte et en faciliter la compréhension pour un lecteur non averti. Dans la préface, elle écrit : .
Participation à l'Alpha Suffrage Club et au mouvement pour le suffrage de Chicago vignette|236x236px| Télégramme de 1913 des suffragettes de Chicago protestant contre l'expulsion de la suffragette britannique Emmeline Pankhurst. Belle Squire est une militante active de l'Alpha Suffrage Club avec la célèbre suffragette afro-américaine Ida B. Wells. Ce club est fondé en et c'est la première organisation militant pour le droit de vote des femmes crée par les femmes afro-américaines. Tout comme Ida B. Wells, Bella Squire fait activement campagne pour le droit de vote des Afro-Américaines et est politiquement liées au mouvement pour le suffrage national. Le , elle signe un télégramme adressé au président Woodrow Wilson, lui demandant de mettre fin à l'ordre d'expulsion de l'activiste britannique Emmeline Pankhurst. Des dizaines de femmes et d'associations de Chicago signent cette pétition, dont Jane Addams et Grace Wilbur Trout. Les femmes demandent un recours au président pour .
Marche de 1913 pour le suffrage féminin à Washington En , Ida B. Wells est désignée pour participer au défilé pour le suffrage féminin de 1913 à Washington, organisé par la National American Women's Suffrage Association (NAWSA) et notamment les suffragettes Alice Paul et Lucy Burns. Une des organisatrices du défilé donne l'ordre à Ida B. Wells de marcher à l'arrière avec les autres femmes noires, malgré une décision de la NAWSA selon laquelle celles-ci pouvaient marcher où elles le souhaitaient. Ida B. Wells refuse de le faire. Ida B. Wells va finalement marcher en tête de cortège avec Belle Squire et les autres femmes blanches de la délégation de l'Illinois et Squire est photographiée dans le Chicago Daily Tribune portant une écharpe . Elle reprend un slogan datant de la déclaration d'indépendance des États-Unis.
Après le défilé, Ida Wells est honorée pour son courage politique lors d'un rassemblement au dans l'Utah, où Squire prend la parole lors d'une réception en soirée.
Son refus du paiement des taxes, comme enjeu pour le suffrage vignette|350x350px|alt=Photographie noir et blanc publiée dans un journal d'Ida B. Wells et Belle Squire en tête de manifestatio|Ida B. Wells & Belle Squire lors de la marche de Washington en 1913.
Avant l'adoption du dix-neuvième amendement Belle Squire proteste publiquement contre l'imposition injuste des femmes alors qu'elles sont privées de leurs droits civiques. Une résistance fiscale qui est bien documentée de son vivant. Après Sarah E. Walls en et Susan B. Anthony dans sa plaidoirie de et Ellen Clark Sargent lors d'un procès contre l'État de Californie en 1901, elle fait valoir qu'exiger des femmes de payer des impôts alors qu'elles ne sont pas émancipées est une . En , elle refuse de payer les de l'Illinois. C'est également en 1910 qu'elle dirige la () qui incite au moins femmes du comté de Cook à refuser de payer leurs impôts.
En , elle est à la tête de la de l'Illinois. Elle travaille également avec Margaret Haley, une féministe de Chicago, pour organiser ce mouvement de résistance à l'impôt. Cette année-là, elle aurait déclaré : . Les journaux de l'époque relatent également comment Belle Squire prend l'habitude de se barricader chez elle pour échapper à ses créanciers.
Les limites de l'argumentaire Juliana Tutt, une des rares universitaires à avoir étudié le phénomène de la résistance fiscale américaine chez les féministes, note que Belle Squire fait partie des quelques suffragettes refusant de régler ses impôts fonciers dont on a gardé la trace. Le mouvement américain de résistance à l'impôt n'a jamais réussi à être aussi organisé que son homologue de Grande-Bretagne.
Jusqu'en , le paiement de l'impôt n'intéresse que les milieux les plus favorisés et les femmes américaines pouvant disposer librement de leur patrimoine. Ceci n'est pas représentatif de la population féminine de l'époque, où la plupart des femmes mariées sont sous le régime de la coverture. Pour obtenir un suffrage universel féminin, et non un suffrage censitaire, ou restreint, le paiement (ou non) de l'impôt n'est pas un argument vendeur. Le lien logique entre le paiement de l'impôt et le droit de vote qui pouvait motiver les colons lors de la déclaration d'indépendance, n'existe pas et il est rejeté par une majorité de suffragettes. A l'adoption du amendement qui marque la création de l'impôt fédéral sur le revenu, le slogan revient un temps à la mode, mais il est rapidement remplacé par l'expression plus rassembleuse de .
La mobilisation contre la fiscalité ne devient un thème récurrent du débat politique américain qu'après la grande dépression lorsque de plus en plus de femmes du Sud, contraintes de payer un impôt par tête, appelé poll tax, pour exercer le droit de vote qui leur a été octroyé par le XIX amendement ne sont plus en mesure de faire face à leur obligation fiscale et que la Première Dame s'empare du sujet.
Dernières années En , Belle Squire s'installe en France et y vit pendant une décennie. Elle meurt à l'âge de , en . Elle est enterrée à Forest Park, Illinois.
Personnalité queer L'historienne du féminisme Wendy Rouse, en se basant sur la théorie queer présentent Belle Squire comme une personnalité queer, aux côtés de Margaret Chung, Jane Addams, Sophonisba Breckinridge, Annie Rensselaer Tinker et Anna Howard Shaw. C'est, selon elle, leur refus de se laisser enfermer dans le rôle social dévolu aux femmes qui leur a permis de revendiquer de nouveaux droits civiques.
Publications
Références
Annexes Bibliographie
Articles connexes Women's Tax Resistance League
Théorie Queer
Liens externes
Sur le site web du Belmont-Paul Women's Equality National Monument
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