L’ (mot mahorais pris dans le sens de (en main)) est une opération policière française en cours à Mayotte depuis le , visant à expulser les étrangers en situation irrégulière, à détruire les bidonvilles et à lutter contre la criminalité dans l'archipel..

L'opération est révélée le par l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné. et son déclenchement est confirmé par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, le lors d'un entretien avec Le Figaro..

Plusieurs mois après le début de l'opération, celle-ci est décrite par la presse comme ayant échoué à atteindre ses objectifs de réduction des bidonvilles et de l'immigration, et plus encore de faire baisser l'insécurité qui n'a cessé d'augmenter depuis l'opération.

Contexte vignette|Carte de l'Archipel des Comores, avec Mayotte au sud-est. Immigration clandestine à Mayotte

Le secrétariat d'État à l'outre-mer estime en 2007 que sur les , un peu moins d'un tiers sont des immigrés clandestins. ; en 2022, selon l'INSEE, la population atteint dont la moitié sont des étrangers.. Depuis 2019, le gouvernement français augmente ses moyens de lutte contre l'immigration clandestine persistante sur l'île, avec notamment la présence continue en mer de bateaux intercepteurs et une surveillance aérienne.. En visite en à Mayotte, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin exprime une nouvelle fois sa volonté de renforcer la lutte.. Les personnes sans titre de séjour représenteraient 30 % de la population sur l’île..

Délinquance et criminalité à Mayotte

Mayotte est confronté à , comme l'indique l'INSEE en 2021 relevant notamment un taux trois fois plus élevé de vols et de recours à la violence ou aux menaces que dans l'Hexagone.. En 2018 ou 2019, 18 % des ménages déclarent avoir été victimes d’un cambriolage ou d’un vol sans effraction, soit quatre fois plus qu’en France métropolitaine. Une personne sur dix déclare avoir subi une violence physique au cours des deux dernières années. En 2021, un adolescent de est retrouvé assassiné sur Petite-Terre, un autre adolescent de est tué à l’arme blanche par une bande de jeunes.. En , un car scolaire piégé dans une embuscade violente fait la une partout en France, notamment en métropole.., suivi quelques semaines plus tard par une visite de Gérald Darmanin en Mayotte, visite au cours de laquelle il promet des ..

Selon de Libération, « l’insécurité est depuis des années un sujet de préoccupation majeur à Mayotte »..

Décasages et expulsion En 2021, selon la préfecture de Mayotte, plus de en tôle ont été détruites et près de ont été expulsées. En 2022, ces chiffres s'élèvent à près de détruites et . Au cours de cette même année 2022, le juge des référés prononce plus de 1000 suspensions d’OQTF avec injonction d’organiser le retour des personnes concernées, principalement pour des parents qui ont à charge des enfants possédant la nationalité française.

En 2023, l'objectif initial est de procéder à en deux mois. Elles sont en partie empêchées par l’Union des Comores qui ferme ses frontières maritimes. Certaines expulsions, exécutées en urgence, avant même que le tribunal administratif ne se soit prononcé sur un recours, sont annulées par le juge des référés.

Le tribunal suspend aussi les expulsions et les démolitions irrégulières dans le bidonville de Talus 2, mais cette décision est annulée le en appel.

Objectifs vignette|Case en tôle dans un bidonville de Mamoudzou, à Mayotte. Approuvée en par le président de la République Emmanuel Macron et orchestrée par Gérald Darmanin, à la fois ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, cette opération de grande envergure a pour objectif de déloger une majorité d'étrangers en situation irrégulière, provenant essentiellement des Comores voisines, et de raser de nombreuses cases en tôle exposées à des risques naturels ...

Forces engagées À l'origine, ont été déployés en renfort sur l'île, dont 71 venus de métropole, 3 de La Réunion et des CRS. Depuis le , sont déjà arrivés sur le territoire.. Un total de et gendarmes sont mobilisés pour l'opération, un dispositif inédit dans l'histoire de la République selon les propos du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin...

La de Bièvres, créée en 2021 et spécialisée dans les violences urbaines, a été déployée sur place.. Plusieurs blindés VBRG de la Gendarmerie nationale ont également été transportés..

Déroulement

Avril 2023 L'opération débute dans la matinée du par des contrôles d’identité sur différents axes routiers. Des affrontements contre une centaine d'assaillants armés de machettes ont eu lieu dans la commune de Mamoudzou. Certains policiers ont fait usage de leurs armes pour se dégager. Les forces de l'ordre sont aussi appelées dans la journée à lever un barrage routier constitué d'arbres coupés à Tsingoni, située sur la côte ouest de l'île.

L'opération à Mamoudzou dans le village de Tsoundzou 2 aboutit à l'interpellation de douze assaillants et à un bilan de 19 policiers blessés. Une passagère d'un véhicule a été blessée par les assaillants.

Arrivé sur l'île comorienne d'Anjouan, le bateau Maria Galanta, transportant à son bord plusieurs voyageurs et clandestins, a été refoulé par les autorités comoriennes, le commandant du port de Mutsamudu invoquant une fermeture du port « pour travaux » https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/Le%20port%20de%20Mutsamudu%20%C3%A0%20Anjouan%20est%20r%C3%A9ouvert . Le préfet de Mayotte, Thierry Suquet, a indiqué et espérer pouvoir reprendre rapidement les rotations.

Vers 22 heures, à Bouéni, dans le sud de l'île, une dizaine de jeunes cagoulés équipés de machettes et de marteaux attaquent des véhicules de particuliers, blessant une conductrice. Les gendarmes procèdent à l'interpellation de trois assaillants.

Dans la nuit du 24 au , la caserne de pompiers de Kawéni, à proximité de Mamoudzou est attaquée par une quinzaine d'individus, provoquant de multiples dégradations. L'intervention des forces de l'ordre aboutit à l'interpellation d'une personne.

Le tribunal judiciaire de Mamoudzou a suspendu l’évacuation d’un bidonville appelé « Talus 2 » et situé à Koungou, à proximité de Mamoudzou, initialement prévue le à 6 heures du matin. Dans sa décision, le tribunal constate « l'existence d’une voie de fait », tenant aux conditions d'expulsion jugées « irrégulières » par les personnes s'y opposant, le juge relevant aussi que . Le préfet de Mayotte, Thierry Suquet, a indiqué prendre acte de la décision et prévoit d'interjeter appel.

Interrogée le matin même au micro de Franceinfo, la députée LIOT de l'île, Estelle Youssouffa, s'est dite par cette décision, jugeant qu'. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a pour sa part indiqué que , qu'il s'agit d', confirmant que le préfet ferait bien appel de la décision.

Des affrontements éclatent durant la journée jusque tard dans la nuit, entre les forces de l'ordre et des bandes de jeunes, qui bloquaient l'axe principal de la commune de Koungou, à l'aide de barricades improvisées. Plusieurs scènes de cambriolages, de pillages et de rackets sont rapportées. Un hélicoptère et plusieurs véhicules blindés ont été mobilisés, les gendarmes sont parvenus à l'interpellation d'une personne armée d'une machette. Des affrontements ont aussi lieu à Ouangani dans le village de Kahani, situé à l'ouest de l'île.

Le collectif des femmes leaders reproche au maire de Dembeni de ne pas soutenir l'opération Wuambushu et manifeste devant la mairie, dans laquelle le maire s'est retranché.

Dans la nuit, un homme est interpellé par les policiers alors qu'il tente de saboter une station essence à Mamoudzou.

Sous la pression de différents collectifs, les maires de Dembeni, de Mtsamboro, de Bouéni et de M'Tsangamouji annoncent soutenir l'opération.

Au matin du , les gendarmes appuyés par le peloton d'intervention de la garde républicaine interpellent deux assaillants impliqués dans les événements de la veille.

Un tract à l'origine encore floue, circule sur les réseaux sociaux, dans lequel un groupe comorien dénommé Le Patriot, réclame le départ de tous les Français installés aux Comores et menace d'« égorger les résidents français en Union des Comores comme des moutons » en réaction à l'opération Wuambushu .

Le commandant du port de Mutsamudu situé sur l'île comorienne d'Anjouan annonce la réouverture du port. La compagnie maritime SGTM, qui effectue les rotations entre Mayotte et Anjouan, annonce reprendre ses activités le .

Dans la soirée du , la Défenseure des droits, Claire Hédon, dit être « particulièrement attentive au respect inconditionnel des droits fondamentaux des personnes » dans le cadre de l’opération sécuritaire Wuambushu menée à Mayotte, et annonce l’envoi d’une délégation de juristes sur l’île. Elle rappelle par ailleurs que « la nécessité de garantir l’ordre public et la sécurité ne peut, en aucun cas, autoriser des atteintes aux droits et libertés fondamentales des personnes ».

Par ailleurs, l'Assemblée de l'union des Comores adopte une résolution condamnant l'opération Wuambushu à l'unanimité.

Vers 22h30, des affrontements opposent les forces de l'ordre et des bandes, plusieurs bâtiments et véhicules sont brûlés à Mamoudzou dans le quartier de Doujani. Les gendarmes parviennent à interpeller deux individus. Un policier est pris à partie, et fait usage de son arme, blessant deux assaillants.

thumb|Manifestation de soutien à l'opération Wuambushu à Chirongui le .

Le calme est revenu à Doujani dans la matinée après près de dix heures d'affrontements. Neuf policiers sont blessés.

Dans la matinée, le préfet de Mayotte, Thierry Suquet, se rend dans le village de Longoni, où la destruction d'un « petit bidonville » a eu lieu, pour y permettre la construction d'un lycée.

À l'appel du collectif des femmes leaders, une large manifestation avec près de 1 000 participants a lieu à Chirongui, en soutien à l'opération Wuambushu.

Le directeur du port comorien d'Anjouan, annonce que « ne débarqueront demain que des passagers qui seront pourvus de leur carte d’identité nationale ». Alors même que de nombreux clandestins comoriens à Mayotte se débarrassent volontairement de leur carte d'identité, pour éviter l'expulsion ou se faire passer pour mineur.

Les élus de Mayotte demandent au gouvernement la mise en place de l'état d'urgence à Mayotte face à une situation jugée « insoutenable »

Des affrontements ont lieu entre les forces de l'ordre et une bande qui agresse les automobilistes et déclenche des incendies dans la commune de Bandrélé. Au moins deux civils sont blessés. Ces affrontements interviennent alors même que le maire de Bandrélé venait d'annoncer son soutien à l'opération Wuambushu. Dans la matinée, la gendarmerie interpelle trois personnes soupçonnées d'avoir participé à des violences en début de semaine à Bandrélé, dans le village Hamouro.

La police interpelle un individu soupçonné d'être un des leaders des assaillants lors des affrontements du à Mamoudzou.

Mai 2023 Dans la commune de Koungou, quatre gendarmes sont blessés alors qu'ils sont pris à partie par plusieurs dizaines de délinquants, certains déguisés en femmes, armés de machettes et de pierres. La gendarmerie mobilise , deux véhicules blindés et un hélicoptère pour sécuriser la zone.

Le mardi , au lendemain de la rentrée scolaire à Mayotte, plusieurs faits de caillassages scolaires se déroulent : d'abord à Dembeni, puis à Chiconi où un agent est blessé..

Le , depuis plusieurs jours, plusieurs collectifs mahorais bloquent l'accès de différents centres de soin, où une large population clandestine vient se faire soigner.

Le , l'hôpital périphérique de Dzoumogné est attaqué par une quinzaine d'individus vêtus de blouses blanches, armés de machettes et de barres de fer, pour en découdre avec les collectifs bloquant l'accès aux soins depuis plusieurs jours. Au moins deux membres de collectifs ont été blessés..