L'affaire Gérard Depardieu est un dossier judiciaire ouvert contre l'acteur Gérard Depardieu, accusé par plusieurs plaignantes de viols et d'agressions sexuelles.

En , la comédienne Charlotte Arnould accuse l'acteur de viol et de harcèlement sexuel et porte plainte. Gérard Depardieu est mis en examen pour viol et agressions sexuelles en . En , le parquet de Paris requiert un procès à son encontre pour viols de Charlotte Arnould.

En , Mediapart publie les récits de treize femmes accusant Gérard Depardieu de violences sexuelles lors de tournages de films entre 2004 et 2022. Trois d'entre elles apportent leurs témoignages à la justice, en soutien à Charlotte Arnould. En , France Inter rapporte trois autres récits. En , l'actrice Hélène Darras dépose une plainte pour agression sexuelle restée sans suite pour prescription. En , la journaliste espagnole Ruth Baza dépose plainte pour viol.

En , la diffusion d'un reportage du magazine Complément d'enquête le concernant provoque une vive polémique. Des répercussions, prises de positions, une tribune de soutien puis plusieurs contre-tribunes divisent le monde du cinéma français et plus largement de la culture. L'affaire Depardieu prend également une dimension politique, avec l'intervention du président de la République, Emmanuel Macron.

En janvier et , deux autres plaintes sont déposées contre Gérard Depardieu, pour des faits d’agression sexuelle lors du tournage du film Les Volets verts en 2021. En , le procureur décide d'un procès qui se déroule en . En , il est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 18 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles, une peine d'inéligibilité de deux ans et son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

Gérard Depardieu conteste les accusations relevant du pénal. Chronologie des évènements

Antériorité à l'affaire

En 1978., Gérard Depardieu, évoquant son adolescence à Châteauroux dans les années 1950, lors d'un entretien pour le magazine américain spécialisé , mentionne des viols collectifs auxquels il aurait participé.. Le magazine y rapporte notamment le propos suivant : se référant à une époque où il avait 9 ans. Dans ce même entretien cependant, le magazine rapporte que Gérard Depardieu aurait également dit : « Après ça, j'ai eu plein de viols, trop pour les compter (…) Mais il n'y avait rien de mal à cela». Le magazine cite également les propos suivants : « Les filles voulaient être violées. Enfin, il ne s'agit pas vraiment de viol. C'est juste l'histoire d'une fille qui se met dans une situation qui lui plaît». L'enregistrement intégral de l'époque n'a pas été retrouvé..

Ces propos passent alors inaperçus en France. En 1991, ils sont exhumés par le magazine américain Time. Dans une nouvelle entrevue réalisée en , Gérard Depardieu confirme au journaliste du Time les propos rapportés en 1978 par Film Comment, à savoir qu'il a participé à son premier viol à 9 ans et qu'il y a eu de nombreux viols après celui-ci. Il y déclare également que cela « [faisait] partie de son enfancePropos exact dans l'article du Time : "That was part of my childhood" » et que par ailleurs « c'était absolument normal dans ces circonstancesPropos exact dans l'article du Time : "But it was absolutely normal in those circumstances" »..

En , Gérard Depardieu prétend qu'il n'a jamais tenu les propos qui lui sont imputés et affirme qu'il est « peut-être exact qu'il a eu des relations sexuelles à un jeune âge » mais qu'il n'a pas commis de violTexte exact en anglais dans l'article du Time d'avril 1991 : " “It is perhaps accurate to say that I had sexual experiences at an early age,” the actor said in a statement. “But rape — never. I respect women too much.”. Il accuse le Time d'avoir mal traduit ses propos et demande au magazine de retirer ce passage de l'article sous peine de poursuites judiciaires ; il aurait seulement et non à des viols. Le Time ne donne pas suite à sa requête.

Les médias français s'indignent quant à eux du traitement réservé à Depardieu aux États-Unis, alors qu'approche la cérémonie des Oscars pour lesquels Depardieu espère obtenir le trophée du meilleur acteur pour Cyrano de Bergerac.. Pour Raphaëlle Bacqué et Samuel Blumenfeld, Gérard Depardieu était favori mais la polémique lui coûta la statuette ainsi que l'Oscar du meilleur film étranger pour le long-métrage.

Mediapart et Arrêt sur images, en , mettent en avant que Gérard Depardieu aurait tenu depuis au moins 1978 des propos choquants, dérangeants ou violents sur le viol, le sexe et les femmes, sans que, selon eux, les médias français ne lui en tiennent rigueur ...

Première plainte (2018) et mise en examen pour viol (2020) En , Gérard Depardieu est accusé de viol et de harcèlement sexuel par une comédienne rapportant que ce dernier a abusé d'elle quelques semaines auparavant au domicile parisien de l'acteur, le 7 et le , alors qu’elle était âgée de . L'enquête est finalement classée sans suite neuf mois plus tard.... En , la plaignante dépose une plainte avec constitution de partie civile, procédure entraînant généralement l'ouverture d'une information judiciaire, ce qui est fait en , avec la nomination d'un juge d'instruction.. Gérard Depardieu est mis en examen le .. La plaignante révèle l’année suivante être l'actrice Charlotte Arnould.. En , la chambre d’instruction de la cour d'appel de Paris rejette la requête en nullité de la mise en examen de Gérard Depardieu, considérant que les indices apportés par l’actrice sont .. Gérard Depardieu, défendu par Hervé Temime, affirme : ..

En , le parquet de Paris demande un procès devant la cour criminelle départementale pour viols et agressions sexuelles sur Charlotte Arnould.. En , le juge d'instruction rend son ordonnance de mise en accusation, ce qui confirme ce renvoi. L'avocat de Gérard Depardieu, Jérémie Assous, annonce faire appel. Le même mois, Charlotte Arnould porte plainte contre ce dernier auprès de l'Ordre des avocats. Elle déclare notamment : « Depuis un an, il n'a cessé dans les médias de mentir à mon sujet, de déformer, d'étaler ma vie privée en brisant le secret de l'instruction ». Assous, via l'AFP, rappelle que, selon lui « Les représentants du bâtonnier ainsi que la présidente Isabelle Prévost-Desprez (responsable du pôle pénal du tribunal judiciaire de Paris, qui venait tous les jours à l'audience […]) ont considéré [qu'il] respectait l'ensemble des règles déontologiques et légales ». En , Anouk Grinberg dépose plainte à son tour à l’ordre des avocats de Paris contre Assous, dénonçant notamment des propos tenus le par ce dernier sur BFMTV.

Témoignages et récits de femmes pour des violences sexuelles Emmanuelle Debever en 2019 En sur Facebook, après avoir appris le classement sans suite d’une enquête pour viol visant Gérard Depardieu, l'actrice Emmanuelle Debever met en cause l'acteur pour des comportements inappropriés à son encontre, qui se seraient déroulés en 1982, lors du tournage du film Danton d'Andrzej Wajda... Le , Libération rapporte qu'une figurante du film, témoin de la scène, corrobore le témoignage d'Emmanuelle Debever, affirmant que l'acteur a bien passé sa main sous la jupe de la jeune femme. Libération note que, sur Facebook, Emmanuelle Debever a indiqué avoir raconté la scène à l'époque à son entourage, et qu'elle écrit : « Je n’ai pas été offusquée par ses gestes déplacés, je savais, je le sentais, mon instinct, que ce ne serait pas facile de tourner avec lui. Je m’attendais à tout. Donc, je l’ai remis à sa place. Il l’a très mal pris évidemment. ».

Emmanuelle Debever est signalée disparue par sa famille le , après avoir laissé une lettre inquiétante.. Elle meurt le à la suite d'une noyade suicidaire dans la Seine. Le , une enquête du parquet de Paris est ouverte pour savoir si son suicide a un lien ou non avec la diffusion le du reportage Complément d'enquête consacré à l'affaire Gérard Depardieu et aux agressions sexuelles dont elle accuse l'acteur..

Récits de treize femmes en avril 2023 alt=La journaliste Marine Turchi|vignette|175x175px|La journaliste Marine Turchi en 2019. En , la journaliste Marine Turchi de Mediapart publie les récits de treize femmes (comédiennes, maquilleuses ou techniciennes) accusant Gérard Depardieu de violences sexuelles lors de onze tournages de films entre 2004 et 2022 ou dans des lieux extérieurs ainsi que l'observation de certains témoins des agressions.. À travers les récits, un même « mode opératoire » se fait jour. Les victimes alléguées indiquent avoir subi une .

Trois de ces femmes décident d'apporter leurs témoignages à la justice, mais sans porter plainte essentiellement par peur des conséquences sur leur carrière dans le milieu du cinéma... Mediapart mentionne ..

Gérard Depardieu nie toute culpabilité pénale et se décrit comme un homme qui « aime courtiser »..

Récits ultérieurs En , France Inter publie trois nouveaux récits. Le premier est celui de la victime alléguée d'une agression sexuelle lors d'un tournage en 2015. Outre des , , elle accuse l'acteur d'une agression sexuelle où il lui a montré son sexe. Néanmoins elle n'a jamais envisagé de porter plainte considérant Gérard Depardieu comme « intouchable »..

Le deuxième récit évoque des agressions d'autres femmes de l'équipe avant qu'il s'en prenne à elle : Enfin un technicien, ayant travaillé sur le tournage du film Vidocq en 2000, rapporte les agressions dont il affirme avoir été témoin. Quand la maquilleuse s'approchait de Gérard Depardieu, il lui . Les autres membres de l'équipe n'intervenaient jamais. Sinon c'était des blagues et une . Le technicien dit à l'époque se plier à l'« omertà » sur ces agressions pour pouvoir, selon lui, continuer à travailler dans le cinéma. À la suite de ces récits, les avocats de l'acteur n'ont pas souhaité s'exprimer auprès de France Inter..

Le , dans L'Humanité, Chantal Austruy, cheffe du protocole du Grand Lyon en 2008, raconte une soirée d’une avant-première d’Astérix aux Jeux olympiques. Elle accuse Gérard Depardieu d'avoir harcelé sexuellement les jeunes hôtesses de la soirée, dont plusieurs finissent en larmes. Il lui déclare notamment en les montrant : .. Elle n'a pu obtenir aucun soutien de l'équipe du film, qui a seulement déclaré : .

Le , l'actrice Vahina Giocante accuse Gérard Depardieu d’avoir agressé sexuellement une figurante sur un plateau de tournage .. Elle indique aussi l’avoir vu ..

Deuxième plainte (septembre 2023), classée pour fait prescrit Le , l'actrice Hélène Darras dépose une plainte pour agression sexuelle contre Gérard Depardieu. Elle l'accuse de l'avoir « pelotée » en 2007 sur le tournage du film Disco de Fabien Onteniente alors qu'elle était figurante dans le film. Il lui aurait puis invitée à monter dans sa loge. Malgré son refus, « ça ne change rien » : il aurait continué à la peloter. Le parquet de Paris indique à l'AFP que du fait que la plainte porte a priori sur des faits prescrits, elle est en « cours d'analyse » pour en déterminer l'orientation : classement ou lancement d'investigations.... En , le parquet de Paris classe l'affaire sans suite pour prescription..

Lettre ouverte de Gérard Depardieu dans Le Figaro (octobre 2023) Le , Gérard Depardieu réagit aux accusations par le biais d'une lettre ouverte publiée dans Le Figaro, .. Il évoque, sans la nommer directement, Charlotte Arnould.. Il y affirme n’être « ni un violeur ni un prédateur » et indique n'avoir jamais abusé d'une femme. Par ailleurs il décide de ne plus participer à des projets dans le « contexte » de ces allégations.