Jean-Marc Petroff, né le à Toulon et mort le à Fresnes, est un tueur en série français, reconnu coupable de quatre meurtres notamment celui de Jean-Claude Poulet-Dachary, bras droit de Jean-Marie Le Chevallier, maire Front national (FN) de Toulon..
Biographie
Jeunesse Jean-Marc Petroff naît le à Toulon. Il grandit dans une famille instable, avec une mère violente physiquement et un père agressif verbalement. Durant leur enfance, Petroff et ses sœurs sont régulièrement battus par leur mère et fouettés à coups de laisses pour chiens.
En 1976, à l'âge de 14 ans, Petroff découvre qu'il est bisexuel. Ne souhaitant pas le montrer à l'école, il abandonne son parcours scolaire en classe de troisième. Il s'engage alors dans l'armée dans l'artillerie marine de Rennes. Il est décrit comme étant et n'a que peu d'amis. Lorsque Petroff est arrêté pour vol, ses parents rompent tout contact avec lui : seules ses sœurs restent proches de lui.
Selon sa soeur, Petroff est qui . Il rêve de construire un foyer avec une femme stable. Lorsqu'il rencontre sa concubine, dans les années 1980, sa joie se transforme rapidement en déception. Le fait qu'elle ne sache pas cuisiner ni faire le ménage énerve Petroff, au point qu'il la frappe régulièrement : selon lui, elle manque de savoir vivre.
Le , Petroff ne supporte plus sa compagne et la met à la porte. Déjà instable professionnellement, il sombre dans la marginalité.
Entre et , Petroff entretient une relation homosexuelle avec Jean-Claude Poulet-Dachary, le bras droit de Jean-Marie Le Chevallier, maire Front national (FN) de Toulon.
Mort de Jean-Claude Poulet-Dachary Le , Jean-Claude Poulet-Dachary, 46 ans, est retrouvé mort au pied des escaliers de son immeuble. Les constatations effectuées sur place mettent en évidence un décès dû à une chute dans les escaliers. Une résidente de l'immeuble témoigne même sur le fait qu'une vieille dame a dû déménager à cause de cela. La mort de l'homme politique s'avère rapidement complexe car celle-ci est partagée entre une mort accidentelle et un crime politique. Les médias s'emparent rapidement de l'affaire, qui suscite l'intervention de Jean-Marie Le Chevallier et de Jean-Marie Le Pen« Affaires criminelles. 4/6. Le jour où Jean-Claude Poulet-Dachary a été assassiné à Toulon en 1995 », varmatin.com..
Dans la nuit du , deux membres du service d'ordre du FN inspectent les lieux du crime. Ils tombent sur Petroff, qui gare son cyclomoteur pour rentrer dans l'immeuble. Interpellé par les deux hommes, Petroff répond également venir pour la même affaire. Face à certaines questions des deux membres, il répond ne pas l'avoir tué et se précipite sur son cyclomoteur, avant de prendre la fuite. Le lendemain, les deux hommes signalent les faits à Jean-Marie Le Chevallier, mais celui-ci refuse toute considération à cette rencontre car il désigne ce crime comme politique.
Petroff se présente au commissariat de Toulon, le , pour décrire sa relation avec Poulet-Dachary. Interrogé sur son emploi du temps la nuit de la mort, il affirme avoir passé la soirée avec deux femmes. Celles-ci sont interrogées et confirment l'alibi de Petroff, qui est relâché.
Meurtres de sans-abris Un soir de , Petroff tue Alain Doridot, un sans-abri de 39 ans, dans un squat Toulonnais, après l'avoir roué de coups de poing et de gifles. En compagnie d'autres marginaux, Petroff menace de les tuer s'ils venaient à le dénoncer. Ceux-ci prennent peur, en voyant la colère de Petroff, et décident de l'écouter. Il ordonne à l'un d'entre eux de le conduire avec le corps dans un bois, qui accepte face aux énervements de Petroff. Arrivé dans un bois isolé de Signes, il enterre sa victime. Interrogés sur ces faits, aucun des complices ne dit savoir ce qu'il est advenu du sans-abri. Tous sont relâchés et reprennent le cours de leur vie.
Dans la nuit du 30 au , Petroff invite chez-lui Aoun Amarouche, 36 ans, et Patricia Leblanc, 31 ans, deux sans-abri, au rez-de-chaussée de l'immeuble Bon Abri, situé 28 boulevard Alata à Toulon. Alors que le couple dort, Petroff frappe Amarouche et Leblanc respectivement de neuf et dix coups de hache. Ignorant si le couple est décédé, il saisit ensuite un démonte-pneu pour étouffer ses victimes, qui meurent rapidement. Après avoir commis son crime, Petroff tente s'essuyer les traces de sang, sur les murs, le sol et le plafond, mais ne parvient pas à tout enlever. Il réalise alors qu'il est piégé et appelle la police pour se dénoncer..
Arrestation, incarcération et mise en cause dans les quatre morts Le , Petroff est interpellé à sa résidence et placé en garde à vue. Les lieux sont perquisitionnés et laissent les policiers sans voix : l'habitation est insalubre et maculée de sang. Les corps d'Amarouche et Leblanc sont retrouvés défigurés et avec le crâne fracassé. Lorsqu'il est interrogé, Petroff évoque une dispute ayant mal tourné. Il apparaît directement comme et impassible car il ne montre aucun affect pour le couple assassiné. Les gendarmes sont même choqués d'apprendre que Petroff se soit plus soucié des taches de sang que de ses victimes.
A l'issue de sa garde à vue, le , Petroff est mis en examen pour meurtres, accompagnés d'actes de torture, puis placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt de Toulon. Lorsque sa photo est publiée dans le journal de Var-Matin, les deux membres du Service d'ordre du FN le reconnaissent immédiatement et en parlent à Le Chevallier, mais celui-ci refuse de nouveau d'y croire.
En , les enquêteurs se penchent sur la disparition d'Alain Doridot, en 1995, et rouvrent une information judiciaire pour . Petroff devient le suspect numéro un car il était présent le dernier soir où Doridot a été vu vivant. Les enquêteurs soupçonnent également les autres marginaux, présents le soir des faits, d'avoir joué un rôle dans la disparition.
Tous sont placés en garde à vue, le , au commissariat de Toulon. Lors de son interrogatoire, Petroff reconnaît avoir tué Doridot, après l'avoir frappé à mort, et dit l'avoir enterré dans un bois de Signes. Le lendemain, les policiers se rendent sur les lieux, désignés par Petroff, et découvrent le squelette de Doridot. A l'issue de sa garde à vue, Petroff est mis en examen pour le meurtre et reconduit à la Maison d'arrêt de Toulon.
En ce qui concerne la mort de Poulet-Dachary, l'un des deux membres du Service d'ordre du FN contacte un policier des renseignements généraux, qu'il connaît. Celui-ci écoute les déclarations de son auditeur et ouvre une enquête pour meurtre. En enquêtant sur Petroff, il relève un comportement plus que suspect de la part de celui-ci : le fait de dire qu'il n'a pas tué, le lendemain soir du meurtre, et le fait qu'il se présente six jours plus tard pour se constituer un alibi, dans lequel il affirme avoir passé la soirée avec deux femmes. Les deux jeunes femme sont ré-interrogées, mais réfutent cette fois-ci avoir passé la soirée avec Petroff, la nuit du crime. Le suspect n'a donc plus d'alibi.
Le , Petroff est placé en garde à vue pour le meurtre de Poulet-Dachary. Il nie, dans un premier temps, être à l'origine des faits mais se voit confronté aux rétractations des deux femmes. Après plusieurs auditions, Petroff reconnaît avoir fait un détour chez la victime pour la rejoindre. Il dit avoir été invité par Poulet-Dachary, mais que celui-ci lui a reproché d'avoir vu les deux lesbiennes, alors qu'ils étaient dans les escaliers. Petroff dit alors avoir poussé Poulet-Dachary par dessus la rambarde des escaliers. Interrogé sur la position de Poulet-Dachary, Petroff répond que celui-ci se trouvait à sa droite. Le lieutenant lui fait alors comprendre que la victime devait plutôt être à sa gauche, pour faire cette chute. Petroff se trouble et décide de se rétracter. Petroff est mis en examen, le , pour puis reconduit à la Maison d'arrêt de Toulon.
Procès et condamnations Les , Petroff comparaît devant la cour d'assises de Draguignan, pour le double meurtre à la hache d'Aoun Amarouche et de Patricia Leblanc. Désormais âgé de 38 ans, Petroff n'explique pas ses gestes et affirme que le crime est lié à une dispute entre alcooliques. Les psychiatres l'ayant examiné relèvent en Petroff une personnalité psychopathique, dénuée des sentiments, et qui présente un risque élevé de récidive. L'avocat général requiert une peine de réclusion criminelle à perpétuité, en confirmant la dangerosité de l'accusé..
Le , Petroff est condamné à de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté de 20 ans.
En 2001, Petroff comparaît pour le meurtre du sans-abri Alain Doridot, devant la Cour d'assises de Draguignan. Il bénéficie de circonstances atténuantes et est condamné à de réclusion criminelle.
Le , alors que Petroff est toujours mis en examen pour sur la personne de Poulet-Dachary, le chef de poursuite est requalifié en meurtre. La chambre d'accusation renvoie Petroff devant la cour d'assises, le ..
Petroff comparaît du 13 au , devant la cour d'assises de Draguignan. Par délibération du jury, il est acquitté, mais reste incarcéré pour les trois autres meurtres. Le procureur général interjette cependant appel et de renvoyer le dossier devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Petroff est finalement condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour l'homicide de Jean-Claude Poulet-Dachary, le . Cette peine ainsi que la précédente sont confondues avec la première et la plus lourde : de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté de 20 ans...
Mort Jean-Marc Petroff meurt le , à la Maison d’arrêt de Fresnes, après 13 ans et demi de détention, à l'âge de 50 ans.
Références
Voir aussi Filmographie
Liens externes
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