Hanna Czeczott, née Hanna Peretiatkowicz le à Saint-Pétersbourg et morte le à Varsovie est une géographe et botaniste polonaise.

Après des études généralistes, elle épouse qu'elle accompagne dans ses expéditions, collectant à ces occasions de nombreuses plantes et publiant les résultats de ses recherches. Après le décès prématuré de son mari, elle est embauchée par le jardin botanique de l'université Jagellonne où elle reste durant toute sa carrière. Hanna Czeczott y développe des recherches en phytogéographie, introduisant de nouvelles méthodes de recherche en Pologne. En 1947, elle découvre une flore fossile de l'ère tertiaire dans la mine de lignite « Turów », qui apporte un éclairage inédit sur la flore du Miocène en Europe. Cette étude, et la rencontre avec l'expert en ambre , l'oriente sur la voie de la paléobotanique en étudiant l'ambre de la Baltique. Figure de la paléobotanique en Pologne, on lui doit la description de nombreux taxons fossiles aujourd'hui disparus et la constitution d'une importante collection de fossiles de plantes.

Biographie Hanna Peretiatkowicz naît le à Saint-Pétersbourg, dans une famille polonaise de Volhynie. Sa mère meurt en 1903 et elle doit très vite s'occuper de ses douze frères et sœurs.

Formation Hanna Peretiatkowicz sort diplômée du gymnasium Stojunina de Saint-Pétersbourg en 1905. En 1906, la famille déménage à Varsovie et jusqu'en 1910, elle travaille comme professeure de langue russe et comme préceptrice . En parallèle, elle assiste à des cours d'histoire naturelle organisés par la Société de cours scientifiques, cours qui incluent des conférences sur l'histoire d'art, la philosophie, la chimie et la géologie . alt=Vue de petites montagnes enneigées.|vignette|Massif des Khibiny en hiver. En 1910, elle épouse , professeur à l’École des Mines de Saint-Pétersbourg, et le suit en Russie. À Saint-Pétersbourg, elle commence à étudier en 1911 au sein des cours du supérieur de sciences naturelles pour femmes et suit des enseignements de langues étrangères en anglais. Elle en développe une passion pour les polars anglais qui lui permet tout au long de sa vie d'entretenir ses connaissances dans cette langue. Mais les cours sont fermés en 1917 lors de la révolution de février. Dans les années 1917-1920 elle poursuit ses études au département de biogéographie de l'Institut de géographie. Elle soutient un mémoire en 1922, L'effondrement des pentes des montagnes Khibiny et de la montagne périodique de Mourmansk, sous la direction du biologiste Vladimir Soukatchev. Ses études sont rallongées par les interruptions lors des voyages autour du monde avec son mari, ainsi que par la guerre .

Carrière alt=Vue d'une vallée encaissée.|vignette|Vallée de Kościeliska. En 1922, son mari obtient une chaire à l’École des mines et de la métallurgie de Cracovie et le couple déménage en Pologne. De 1922 à 1931, Hanna Czeczott est employée par le jardin botanique de l'université Jagellonne, dirigé par . Elle passe l'été 1923 dans la , participant à aux recherches menées par une équipe dirigée par Szafer.

Après la mort de son mari en 1928, Hanna Czeczott s'installe définitivement à Varsovie en 1931. Indépendante financièrement grâce à la pension de son mari, elle est également indépendante scientifiquement. Elle établit une coopération avec le département de systématique végétale et de géographie de l'Université de Varsovie, dirigé par le botaniste Bolesław Hryniewiecki, avec l'institut de recherche du Ministère des forêts et, après quelques années, avec l'Institut géologique polonais. droite|vignette|223x223px|Musée de la Terre à Varsovie en Pologne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de ses notes, tapuscrits, feuilles d'herbier et articles de la bibliothèque scientifique sont détruits. À cette époque, elle gagne sa vie en enseignant les langues étrangères. En 1945, à la fin du conflit, elle commence à travailler au département d'écologie végétale de l'Institut de recherche du Ministère de l'Agriculture. En 1948, elle s'installe au Musée de la Terre de l'Académie polonaise des sciences à Varsovie.

À partir de 1946 elle organise, puis de 1948 à 1960, dirige le laboratoire de paléobotanique. Le professeur Władysław Szafer lui suggère de mener une thèse de doctorat à l'université Jagellonne, ce qu'elle refuse, préférant consacrer son temps uniquement à la recherche . En 1955, en reconnaissance de ses réalisations scientifiques, et malgré l'absence de détention d'un doctorat, elle est nommée maîtresse de conférence.

Fin de vie Après sa retraite en 1960, Hanna Czeczott continue de s'occuper du laboratoire de paléobotanique jusqu'au milieu des années 1970 . Elle meurt le à Varsovie et est inhumée au , section N-1-44.

Travaux Les recherches d'Hanna Czeczott portent sur la botanique et la répartition géographique des espèces végétales avant de s'orienter sur la flore fossile, notamment de la mine de lignite de Turów et de la flore de l'ambre baltique.

Premiers voyages, premières collectes Le couple effectue de nombreux voyages de recherche, d'abord en Asie : Altaï et Turkestan. En 1913-1914, le couple part aux États-Unis et au Canada. À cette époque, elle participe à des recherches menées dans des mines des États de Pennsylvanie, du Montana et de Californie. Puis elle se rend en Alaska et au Klondike canadien durant la Première guerre mondiale. Au cours des années suivantes, ses recherches la font partir en Asie Mineure, explorant la Turquie à dos d'âne, en 1925 aux îles Canaries et dans les pays d'Europe occidentale . Ses études portent principalement sur la phytosociologie et la dendrologie. alt=Phot en noir et blanc de Wladyslaw Szafer.|vignette|175x175px|Wladyslaw Szafer. Lors de son séjour à Cracovie dans les années 1920, et en coopération avec le Département de Systématique dirigé par , elle résume les recherches dans le domaine de la systématique et de la géographie des plantes menées au cours de ses expéditions. Elle en tire deux publications en polonais, L'élément atlantique de la flore de Pologne publié en 1926 ainsi que Sur les traces de la glaciation en Asie mineure du Nord en 1929 et réalise d'importants herbiers. À Varsovie, en coopération avec le Département de systématique et de géographie des plantes de l'Université de Varsovie, elle compile des matériaux de voyages dans les pays méditerranéens. En 1939, Hanna Czeczott publie une étude approfondie de la flore et de la végétation contemporaines de la Turquie intitulée Une contribution à la connaissance de la flore et de la végétation de la Turquie. En reconnaissance de ce travail, une espèce de pois trouvée en Turquie porte son nom : Lathyrus czeczottianus Bässler.

Étude sur la variabilité des arbres alt=Photo en noir et blanc d'un homme à lunettes rondes.|vignette|151x151px|Le botaniste polonais Bolesław Hryniewiecki. En coopération avec l'Institut de recherche du Ministère des forêts et le botaniste Bolesław Hryniewiecki Hanna Czeczott mène des recherches sur la variabilité des espèces indigènes de chêne, de charme et de hêtre. Pionnière en Pologne des méthodes biométriques et statistiques à grande échelle en systématique végétale, elle cartographie les gradients géographiques de diverses espèces de hêtres et leur répartition sous forme de cartes. Elle publie les résultats dans plusieurs articles dans les années 1932-1936. Elle analyse le passé de ces espèces d'arbres et publie son premier ouvrage de paléobotanique intitulé Qu'est-ce que Fagus feroniae Unger ? en 1934 .

Premières recherches en paléobotanique Mandatée par l'Institut géologique polonais et le professeur de géologie , Hanna Czeczott collecte en 1937 la flore du Miocène de Zaleśce en Volhynie, au nord-ouest de l'actuelle Ukraine. Ses travaux, Flore du Miocène moyen de Zalesiec près de Wiśniowiec, sont publiés en 1958 après la Seconde Guerre mondiale. Ce sujet oriente ses recherches en paléobotanique.

Étude de la flore fossile de la mine de Turów alt=Zdjęcie ubranej na jasno Hanny Czeczottowej z grupą górników|vignette| Hanna Czeczott avec des mineurs dans une mine de charbon à Turoszów en 1965.|278x278px En 1947, Hanna Czeczott découvre une flore fossile de l'ère tertiaire dans la mine de lignite « Turów » à (nommée Zatonie jusqu'en 1958). Elle organise puis dirige des recherches en équipe à grande échelle sur cette flore pour le compte du Musée de la Terre de l'Académie polonaise des sciences. L'objectif est de déterminer l'affiliation botanique des restes végétaux, de déterminer l'âge de la flore fossile et de reconstituer les communautés charbonnières. Une à deux sorties ont lieu par an, convenues en détails avec le directeur de la mine qui leur affectait un à deux mineurs comme support. Ces derniers se composent de lentilles sableuses qui contiennent des graines fossiles, de lignite et de rouleaux de sidérite avec des empreintes de feuilles. Elle réalise ces prélèvements jusqu'à un âge avancé, toujours accompagnée de sa canne. Elle forme et encourage les mineurs à lui apporter les éléments qu'ils trouvent, les récompensant d'un prime. alt=Photo d'une plante fossile de forme ronde et alvéolée.|vignette|Exemple de Cycadeoidea. Hanna Czeczott invite de nombreux scientifiques de Pologne et du monde entier à coopérer à cette recherche, dont la mycologue et les paléobotanistes et Zofia Zalewska. Les collections floristiques (restes végétaux tels que des troncs d'arbres, des feuilles, fruits, graines, mousses et champignons) recueillies dans les années 1950-1980 comptent parmi les plus importantes collections au monde. Elle s'occupe personnellement de la documentation des collections. Ses découvertes paléobotaniques comprennent un tronc de , une plante fossile rare en Pologne.

Hanna Czeczott développe une connaissance approfondie des restes fossiles de plantes et analyse personnellement les restes carpologiques et les empreintes de feuilles. Elle participe également activement à l'analyse du pollen (palynologie). Elle introduit au Laboratoire paléobotanique une méthode de recherche par analyse des cellules épithéliales qui recouvrent la surface des plantes, observée chez le paléobotaniste allemand Helmut Jähnichen, puis mise en place et poursuivie par .

Recherche sur la flore de l'ambre alt=Photo de groupe des trois botanistes.|vignette|Hanna Czeczott, Adam Chętnik et Jadwiga Chętnik en 1964. , expert en ambre employé au Musée de la Terre pour organiser les collections, l'intéresse au sujet de l'origine de l'ambre de la Baltique et de ses inclusions végétales. Son enthousiasme se communique à Hanna Czeczott et en 1958, elle entame des travaux dans ce sens et vérifie les mentions dans la littérature tout au long des . Hanna Czeczott obtient du matériel pour ses recherches botaniques et minéralogiques, entre autres, au cours de 27 voyages en Poméranie. À cette époque, elle achète des spécimens d'ambre sous forme naturelle et des produits prêts à l'emploi, principalement avec des inclusions organiques. alt=Photo d'ambre avec par transparence une racine de plante.|vignette|Ambre de la baltique avec des inclusions de plantes.