Guowang (en ; litt. « réseau national ») ou Zhongguo XingWang (en ; litt. « réseau satellite chinois ») est une constellation de satellites de télécommunication chinoise qui doit fournir notamment des prestations internet à l'image de la constellation Starlink de SpaceX. La constellation devrait comprendre . Le projet dont les prémices remontent à 2016 a été remanié à plusieurs reprises mais semble en 2024 stabilisé. On dispose de très peu d'informations sur ses caractéristiques techniques et le planning de déploiement de cette constellation dont le développement est étroitement contrôlé par l'État chinois. Guowang répond plus à des objectifs stratégiques que commerciaux. Le lancement des premiers satellites est planifié en 2024 et le déploiement comprendra deux phases.

On assiste en parallèle en Chine au début du déploiement d'autres constellations de satellites soutenues par des intérêts privés, dont la plus importante est G60 (). Pour permettre le lancement des satellites de toutes ces constellations, le gouvernement chinois a libéralisé le marché du lancement spatial en permettant à des intérêts privés de développer des lanceurs puissants qui viennent directement concurrencer les fusées Longue Marche développées par les entreprises directement contrôlées par l’État (CASC et CASIC).

Contexte

En 2019, Elon Musk, dirigeant de la société SpaceX, décide de déployer une constellation de satellites géante positionnée en orbite basse destinée à fournir un service internet à haut débit à l'ensemble de la planète en particulier dans les régions mal desservies par les réseaux terrestres. Starlink rencontre un succès commercial avant même son complet déploiement, poussant l'Europe et la Chine à lancer leur propre constellation. Si l'Europe, à travers son projet de constellation IRIS² (déploiement à compter de 2024), cherche surtout à ne pas dépendre de SpaceX pour ce type de prestation, la Chine a des objectifs différents. Les dirigeants chinois considèrent que le service offert par SpaceX constitue une menace militaire (elle a interdit l'utilisation de Starlink sur son territoire). La guerre en Ukraine et la répression meurtrière contre les manifestations en Iran (2022/2023) ont en effet démontré que Starlink pouvait constituer une arme géopolitique au service de la défense des libertés. Aussi, si officiellement la Chine prévoit de développer une constellation destinée à fournir à ses citoyens des services de communication et internet aux Chinois ainsi qu'aux citoyens de pays amis, la constellation devrait également embarquer des contre-mesures destinées à limiter et même annuler les capacités des constellations de satellites occidentales. Les contre-mesures, énoncées dans un rapport de l'Université chinoise d'ingénierie spatiale, comprennent l'occupation des positions orbitales de manière à limiter le survol de la Chine ou des pays amis par les satellites Starlink. Les satellites chinois pourraient également embarquer des armes (lasers ou émetteurs de micro-ondes) destinées à endommager les satellites occidentaux.

Historique

Suivant une démarche initiée dans les pays occidentaux par les sociétés SpaceX et OneWeb, la Chine commence à envisager vers 2016 le déploiement de constellations de satellites de télécommunications en orbite basse fournissant une prestation internet. Cette année là, le conglomérat CASC annonce le développement de la constellation Hongyan qui doit comprendre dans une première phase circulant à une altitude de . En , un satellite prototype est placé en orbite. CASC projette à l'époque de déployer d'ici 2022. En 2017, l'autre grand conglomérat aérospatial chinois, CASIC, annonce le développement de sa constellation Hongyun qui doit comprendre dans une première phase spatiaux. Un prototype est placé en orbite en . Mais ces deux projets sont finalement abandonnés et le gouvernement chinois communique en son intention de déployer une méga-constellation Guowang qui doit comporter . Celle-ci doit être gérée par la société créée dans ce but et basée dans la ville de Xiong'an.

Peu d'informations filtrent sur le projet Guowang qui est étroitement contrôlé par l’État chinois et dont l'objectif principal n'est manifestement pas commercial mais stratégique. Le déploiement de la constellation devrait débuter en 2024.

Autres constellations de satellites chinoises

Plusieurs autres grandes constellations de satellites chinoises sont sur le point d'être déployées. La plus importante est G60 (baptisée plus récemment Qianfen) qui comprendrait de télécommunications. Ce projet est piloté par la société SSST dont le siège se situe à Shanghai. Celle-ci a obtenu un financement d'environ euros qui rend ce projet très crédible. Contrairement à Guowang, ce projet n'est pas directement contrôlé par le gouvernement chinois mais il a le soutien du gouvernement régional de Shanghai et de l'Académie chinoise des sciences. Le déploiement doit débuter en 2024 avec le lancement des satellites. D'autres constellations de moindre taille, financés par différentes entreprises, sont également en projet. Le constructeur automobile chinois Geely a commencé à déployer les satellites GeeSAT de dont 20 sont déjà placés en orbite (). Pour répondre à ses besoins, elle a créé une usine à Taizhou capable de construire par an et conclu un accord avec la société iSpace pour la mise en orbite par des fusées Hyperbola. La société GalaxySpace dont le siège se situe à Pékin compte déployer de son côté un millier de satellites d'une masse comprise entre 225 et et circulant sur une orbite de . La société a inauguré en 2020 à Nantong une usine capable de fabriquer 300 à par an et un prototype Lingxi-03 a été placé en orbite en . Le géant chinois des télécommunications Huawei a exprimé le souhait de disposer de sa propre constellation de satellites.

Caractéristiques techniques

Construction et déploiement

Construction des satellites

La réalisation et la maintenance de constellation comportant plusieurs milliers de satellites circulant en orbite basse nécessite de disposer d'un secteur industriel capable de construire chaque année un grand nombre de satellites. Les capacités industrielles des constructeurs de satellites chinois ont connu une croissance rapide. On estime que le pays dispose en 2023 d'une capacité de construction annuelle supérieure à même si le nombre de satellites effectivement construits cette année sera sans doute inférieur. Trois nouvelles implantations industrielles ont été créés en 2022/2023 et celles-ci ont été manifestement réalisées dans la perspective du développement des constellations de satellites de télécommunication : Le géant aérospatial CASIC a inauguré fin 2022 un établissement situé à Wuhan qui selon une source officielle peut construire de moins d'une tonne par an. Le constructeur de satellites Commsat a achevé fin 2022 la construction d'un site de production à Tangshan (non loin de Pékin) qui, dans une première phase, peut fabriquer chaque année aux caractéristiques standards et aux spécifications non standards. À Nantong, la société GalaxySpace a pratiquement achevé début 2023 une méga usine capable de fabriquer par an.

Ces capacités viennent s'ajouter à celles d'établissements existants : CAST qui dispose d'un site de construction de satellites à Tianjin. Le centre d'ingénierie pour microsatellites de Shanghai de l'Académie chinoise des sciences construit plusieurs dizaines de satellites chaque année. SAST à Shangaï est capable de construire plusieurs dizaines de satellites chaque année.

Déploiement et impact sur le développement des lanceurs

Selon les informations disponibles début 2024, le déploiement de la constellation devrait débuter cette année. Il se fera en deux temps : la première phase prévoit le lancement de tandis que la deuxième phase porte sur . Du point de vue des réservations des fréquences, ces deux sous-ensembles sont déclarés comme des constellations distinctes.

Le déploiement d'une constellation de cette taille nécessite également de disposer de moyens de lancement de grande capacité. La Chine a annoncé fin 2022 le développement d'une version de son lanceur Longue Marche 5B (le lanceur le plus puissant disponible avec une capacité de en orbite basse) équipée d'un étage supérieur (cette fusée ne comporte normalement qu'un seul étage avec des propulseurs d'appoint) précisément conçu pour le déploiement d'un grand nombre de satellites par la même fusée. De manière plus générale et pour faire face au déploiement de l'ensemble des constellations de satellites en cours de développement, le gouvernement chinois a libéralisé le marché du lancement spatial en permettant à des intérêts privés de développer des lanceurs à forte capacité (Zhuque-3 de la société LandSpace capable de placer en orbite basse, de Space Pioneer d'une capacité de , Lijian-2 de CAS Space d'une capacité de , Pallas-1 de Galactic Energy d'une capacité de , Gravity-2 d'OrienSpace d'une capacité de et Hyperbola-3 d'iSpace d'une capacité de . Celles-ci viennent directement concurrencer les fusées Longue Marche développées par les entreprises directement contrôlées par l’État (CASC et CASIC).

Liste des lancements +Mise à jour : février 2025 Numéro vol Date de lancement Base de lancement Lanceur Nombre satellites Référence COSPAR Commentaire 1 Wenchang, LC-1 Longue Marche 5B 10 2 . Wenchang, LC-2 Longue Marche 8A 9

Notes et références

Articles connexes Constellation de satellites G60 Starlink, autre méga constellation de satellites chinoise Programme spatial chinois Starlink

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