vignette|240px|Les armoiries de la ville de Boulogne-sur-Mer se blasonnent ainsi :D'or à l'écusson de gueules chargé d'un cygne d'argent, accompagné de trois tourteaux de gueules..Ce blason fut adopté par la commune de Boulogne-sur-Mer, en 1830.Le cygne figurait déjà sur un sceau communal de 1286, les tourteaux sont issus des armes des comtes de Boulogne. Ornements extérieurs :Croix de chevalier de la Légion d'honneur.Croix de guerre 1914-1918.Croix de guerre 1939-1945, avec palme de bronze. vignette|240px|Château de Boulogne-sur-Mer

Le nom d'un lieu qui devint Boulogne est attesté sous les formes Portus Itius en 54 , Gesoriacum, Portus Morinorum Britannicus au et Gesoriacum quod nunc Bononia au . Née durant l'Antiquité gallo-romaine, la ville s'est développée au Moyen Âge grâce à son port, principal point de passage du continent vers l'Angleterre. En relatif déclin à l'époque moderne, Boulogne-sur-Mer connaît un renouveau économique et démographique aux . La désindustrialisation et le tunnel sous la Manche ont contribué au marasme économique que connaît la ville depuis la fin du .

Protohistoire Après une probable occupation préhistorique, le site est habité par les Morins, peuple celte.

Antiquité Boulogne antique : Portus Itius ?

Le site de l'actuelle ville de Boulogne serait celui qui avait été choisi par Jules César, en Voir Commentaires sur la guerre des Gaules (livre VI, 7, 1)La configuration du littoral de l'époque avec une vaste baie abritée des vents dominants est une indication cohérente avec cette hypothèse. César aurait alors profité d'installations portuaires locales favorablement installées et de marins connaissant les routes maritimes locales, vers la Bretagne, l'actuelle Angleterre et connues des celtes depuis plusieurs siècles. Remarque : une erreur a été colportée par certains chroniqueurs ou historiens concernant la date des deux expéditions de César (), à imputer notamment à Orose qui a décalé de deux ans les dates du consulat de César et de Bibulus ; erreur par exemple redoublée par Bède (ou sa source directe) dans son Histoire ecclésiastique., pour préparer sa flotte à envahir la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), expédition décrite dans la Guerre des GaulesDe bello gallico, livre IV, 20 à 38 et livre V, 1 à 23.. César aurait pu installer son camp à l'emplacement actuel de la vieille ville. Des vestiges pouvant être ceux d'un quartier général romain y ont été identifiés par des archéologues en 1980.

Certains historiens pensent que l'actuelle basse-ville a pu être Portus Itius, le port cité par Jules César comme lieu d'embarquement de son armée sur les galères lancées vers les côtes du Kent pour tenter de conquérir la Bretagne. D'autres hypothèses placent ce point d'embarquement des troupes romaines sur une plage aujourd'hui ensablée située à douze miles au nord de Boulogne, sur le site actuel de Wissant (identifiée dans la chanson de Roland sous son nom saxon Wit-sand « sable blanc »), ou encore à Saint-Omer profitant de la transgression marine entre Calais/Dunkerque/Saint-Omer pour y laisser sa flotte en attente de bons vents. Les modifications importantes du littoral dans ce secteur (remblaiement) ont recouvert les sites portuaires de l'époque.

Gesoriacum, Bononia

Sous l'empereur Claude, le lieu fut d'abord nommée en latin Gesoriacum , puis Bononia ou Bolonia (nom d'origine celtique) vers le ; l'étymologie de ce nom fait l'objet d'une hypothèseJean Baptiste Bullet, dans ses Mémoires sur la langue celtique, propose d'y voir le latin bonus (bon), à moins que Bon ne signifie embouchure et on, rivière..

Gesoriacum fut pendant l'Antiquité romaine, l'une des villes les plus importantes du nord de la Gaule. Elle était le point d'aboutissement de la via Agrippa de l'Océan qui reliait Lugdunum (Lyon) au littoral du nord de la Gaule en passant par Samarobriva (Amiens). Un autre itinéraire passait par Taruenna (Thérouanne), Nemetacum (Arras), Augusta Viromanduorum (Saint-Quentin), Durocortorum (Reims), Andemantunnum (Langres).

C'est à Gesoriacum que les Romains, sous l'ordre même de Caligula selon Suétone (Vie de Caligula, chap. XLVI), construisirent vers l'an 39 une tour en vue d'une campagne contre les Celtes du pays de Galles, les Silures. Cette construction témoigne de l'importance que les Romains attachaient à ce site portuaire. Boulogne resta célèbre jusqu'au Moyen Âge pour ce phare romain, la tour d'Ordre, placé sur la haute falaise près de la plage, qui consistait en une tour de maçonnerie avec des étages se rétrécissant et au sommet de laquelle brûlait un feu.

En 43, la flotte militaire de l'empereur Claude, la Classis Britannica, dont les casernements étaient installés au nord de la ville fortifiée (à l'emplacement actuel du parking de l'Enclos de l’Évêché)Exposition de la crypte de la basilique Notre-Dame de Boulogne, 2015., conquiert définitivement et entièrement l'île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne).

À la fin du , le préfet Carausius, d'origine ménapienne, commandant de la flotte de Gesoriacum s'allia aux Francs, fit sécession de l'empire et prit le contrôle de la Bretagne et du Nord de la Gaule. Le nouveau tétrarque, Constance Chlore, ne parvint à reprendre la ville de Gesoriacum qu'après bien des difficultés en 294, et il lui fallut encore deux ans pour éliminer de Gaule le reste des troupes révoltées et préparer une invasion de la Bretagne. Sa flotte partit de Gesoriacum en 296 divisée en deux groupes, l'un dirigé par Constance en personne, l'autre par son préfet du prétoire, Julius Asclepiodotus. Un brouillard épais contraignit la flotte de Constance Chlore à revenir en Gaule, mais permit à la flotte d'Asclepiodotus de débarquer sans être repéré et de reconquérir la Bretagne.

Gesoriacum changea de nom à la charnière des , comme la plupart des cités de la Gaule romaine. Elle devint Bononia puis Civitas Bononiensium, puis Bolonia pour devenir Boulogne au .

Au , Zosime les mentionna comme germaniquesZosime, Historia Nova, livre VI, 5, 2-3., ce qui indiquerait un apport local de populations franques, de parler germanique, installés soit comme fédérés entre 250 et 350 par les Romains, soit au moment des grandes invasions du .

Moyen Âge Le pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne

La tradition catholique rapporte qu'en 636Suivant les sources, il est parfois question de 633, 638, 639..., alors que Boulogne faisait partie du royaume franc de Dagobert Ier, les habitants furent témoins de l'accostage, à l'embouchure de la Liane, d'une nacelleBarque sans voile . poussée par des anges, barque sur laquelle se trouvait une statue en bois de la Vierge Marie tenant l’Enfant Jésus sur son bras gauche. Devant la foule assemblée, la voix de la Vierge résonna et dit, avant que la manifestation ne cesse :

À partir de cette apparition relatée dans des manuscrits de la fin du Moyen Âge, se développa un pèlerinage animé par la piété et la ferveur populaire. Les premières traces du culte à la Vierge de Boulogne remontent à la fin du quand Ide de Boulogne, mère de Godefroy de Bouillon, fit bâtir une église à sa gloire ; c'est aujourd'hui la basilique de l'Immaculée Conception.

Durant tout le temps des croisades, les chevaliers avant de prendre le chemin de Jérusalem, viennent à Boulogne-sur-Mer faire bénir leurs épées auprès de la Vierge.

La puissance des comtes de Boulogne

Au Moyen Âge, Boulogne fut le siège du comté de Boulogne. Un de des comtes, as grenons (« aux belles moustaches »), participa à la conquête de l'Angleterre aux côtés du duc de Normandie Guillaume. Il avait épousé Ide de Boulogne et leur fils était Godefroy de Bouillon. Le comte Étienne de Blois fut roi d'Angleterre au . Le roi de Portugal, Alphonse III, épousa la comtesse de Boulogne Mathilde de Dammartin. Baudouin du Bourg, comte de Boulogne, frère de Godefroy de Bouillon, fut le premier roi chrétien de Jérusalem. La demeure des comtes était située dans l'ancien castrum romain (haute ville de Boulogne), de cette demeure subsiste aujourd'hui la partie basse du beffroi. vignette|redresse=0.7|Le beffroi (1191-1214).

En 1203, la ville de Boulogne obtint du comte l'octroi d'une charte communale. En 1231, Philippe Hurepel prit possession du nouveau château comtal à l’angle oriental de l’enceinte urbaine, il céda alors à la commune le donjon à la commune qui en fit son beffroihttps://www.ville-boulogne-sur-mer.fr/images/decouvrir-et-sortir/culture/monuments/beffroi/focus-beffroi.pdf.

En 1268, les bourgeois boulonnais refusèrent de payer les impôts levés pour financer la croisade. Le roi Louis IX (Saint Louis) supprima la commune, fit briser le sceau et ordonna la démolition du beffroi qui ne fut que partiellement détruit. En 1249 (pas logique cette date dans l'article ?), les libertés communales et le beffroi furent restaurées.

Le , Isabelle de France, fille du roi Philippe le Bel, épousa le roi d'Angleterre, Édouard II dans l'église abbatiale de Boulogne située dans la haute ville. En 1339, au début de la guerre de Cent Ans, les marins des « Cinq-Ports » anglais saccagèrent la ville de Boulogne..

Des architectes boulonnais Au , des architectes originaires de Boulogne s'illustrèrent en Allemagne : Henri Arter, né à Boulogne en 1321, a été maître des œuvres de sa ville natale en 1350. Mort en 1381, on lui attribue les plans de la cathédrale d'Ulm. Il aurait également travaillé à la Cathédrale Saint-Guy de Prague avec Pierre Arter, probablement son fils. Pierre Arter aurait succédé à Mathieu d'Arras ou à son successeur comme maître d'œuvre de la dite cathédrale qu'il termina en 1386, de même que le château de Karlstein également commencé par Mathieu d'ArrasM. Prevost, « Arter ou Arler, architectes », dans Dictionnaire de biographie française, Tome 3, Paris, 1939, Letouzey et Ané..

Boulogne rattachée au royaume de France En 1477, le roi Louis XI vainqueur de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, tenta de s'emparer d'une partie de l'État bourguignon :Bourgogne, Picardie, Artois... le comté de Boulogne étant tenu en fief par le comté d'Artois. Le mariage de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire et de Maximilien de Habsbourg contraria ses projets, Louis XI dut renoncer à l'Artois mais parvint à garder le comté de Boulogne en le plaçant sous la suzeraineté de la Vierge Marie. Une telle suzeraineté ne devait guère contrarier la politique des rois de FranceJean Lestocquoy, Histoire de la Picardie et du Boulonnais, , Paris, Presses universitaires de France, 1962.. En avril 1478, il rendit hommage à la Vierge dans l'église abbatiale Notre-Dame de Boulogne, tous ses successeurs firent de même jusqu'à la Révolution française.

En outre, avait échangé avec Bertrand VI de La Tour d'Auvergne la jugerie de Lauraguais contre le comté de Boulogne.Publiée par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de , tome VI, , Librairie Renouard, Paris 1898.Lettres patentes de , Tours, le 11 novembre 1479.. Jusque 1789, la sénéchaussée de Boulogne fut intégrée à la généralité d'Amiens.

Sur un sceau en cire rouge de la Sénéchaussée du Boulonnais, fabriqué en 1477, lors de la réunion de Boulogne à la France figurent : en haut, un ange déployant ses ailes au-dessus d’un écu aux armes de France ; en bas un cygne tenant dans son bec l’écu des comtes de Boulogne, signifiant que le comté de Boulogne est placé désormais sous l'autorité du roi de France. Une inscription circulaire : Sigillum Senescallii Bouloignensis y est lisible..

à la tête d'un corps expéditionnaire de commença à assiéger la ville de Boulogne-sur-Mer à partir du . Après quinze jours de siège, Français et Anglais signèrent le Traité d'Étaples, le .

Époque moderne Boulogne, enjeu stratégique entre la France et l'Angleterre au