Henri de Plauen, burgrave de Meissen, né à Hartenstejn le et mort à Stadtsteinach le , est un noble allemand au service de Ferdinand . Il est grand-chancelier de Bohême de 1542 à 1554.

Il est également seigneur de Plauen, Gera, Greiz, Schleiz et Lobenstein, ainsi que de Touzim, Hartenstejn, Engelsbourg, Luditz, Königswart et Petschau en Bohême.

Biographie Origines familiales Henri de Plauen est né au château d'Hartenstejn en Bohême, probablement le . Il est le deuxième fils Henri de Plauen (1453-1519) et de sa seconde épouse, Barbara d'Anhalt-Köthen (1483-1533).

Il a deux demi-sœurs issues du premier mariage de son père avec Mechthild de Schwarzbourg (1457-1492) : Margarete (1480-1531), mariée à Jaroslav de Lobkowicz (1483-1529) ; et Ludmilla (1482-1541), religieuse à abbaye Saint-Georges de Leipzig.

Il a deux sœurs qui parviennent à l'âge adulte et deux frères qui meurent jeunes : Anna (1506-1548), abbesse de Gernrode ; Henri (1508-1515) ; Henri (1512-1518) ; et Margarete (1514-1555), mariée à Bohuslav Felix de Lobkowicz (1517-1583).

Il a également un frère bâtard, Henri (1500-1550), issu de la liaison de son père avec Margarete Pigkler.

Jeunesse Henri n'a que lorsque son père meurt en 1519. C'est d'abord sa mère qui assure sa garde, mais après le remariage de cette dernière en 1521, il est confié à un tuteur, Zdenek de Rosenthal, grand-burgrave de Bohême. Il demeure au château d'Hartenstejn, qui lui est expressément donné par son père dans son testament du .

En 1528, sa mère divorce de Jean de Kolowrat et reprend le titre de burgravine de Meissen. Elle quitte son château de Schönhof et s'installe dans celui de Stiedra en , malgré la proposition d'Henri de le rejoindre à Hartenstejn.

Cour de Prague Son tuteur l'emmène à la cour de Prague. Le , Ferdinand réaffirme que le burgraviat de Meissen est un fief d'Henri , malgré l'occupation par la Saxe depuis la mort du dernier Meinheringer en 1426 et la renonciation opérée par son père en 1482 au profit d'Ernest de Wettin. Henri cherche à maintenir son statut, car la renonciation de 1482, sanctionnée par Frédéric , prévoit qu'Henri conserve non seulement le droit pour lui et ses descendants d'utiliser le titre de burgrave de Meissen, mais aussi et surtout la voix à la Diète d'Empire attachée à ce titre.

En 1530, Henri accompagne Ferdinand en tant qu'échanson à la Diète d'Augsbourg. Le , Charles Quint confirme son fief et son siège à la Diète. À l'été 1532, Henri épouse Marguerite de Salm-Neubourg. Le jeune couple s'installe au château d'Engelsbourg. Il convainc sa mère de les rejoindre, mais cette dernière meurt peu de temps après son retour.

Le domaine d'Henri se compose alors de quatre seigneuries : Touzim, Hartenstejn, Engelsbourg et Stiedra. En 1537, il achète la seigneurie de Luditz, qui constitue une enclave au sein de ses possessions. En juillet, il entame des négociations à Torgau avec les Reuss. Présidées par Jean-Frédéric de Saxe, ces négociations aboutissent à un contrat d'héritage grâce auquel Henri doit hériter des seigneuries de Gera, Schleiz et Lobenstein si Henri de Gera meurt sans enfant. C'est ce qui arrive le , permettant à Henri d'hériter de tous les biens de la branche de Gera. Dès lors, Henri possède une grande partie du Vogtland. Sa position est cependant contestée par les Reuss et son demi-frère bâtard, Henri.

Le , Ferdinand nomme Henri grand-chancelier de Bohême, conseiller du roi et trésorier.

Guerre schmalkaldique Henri joue un rôle clé dans le traité de Prague conclu le entre Charles Quint et Maurice de Saxe. En tant que grand-chancelier de Bohême, Henri prend part à la bataille de Muehlberg le et à la capitulation de Wittemberg le , aux côtés de Ferdinand et de son frère, Charles Quint, qui met fin à la guerre de Smalkalde. Il est également présent à Prague fin , pour la tenue de la Diète de Bohême, durant laquelle Ferdinand impose son pouvoir absolu à la noblesse tchèque.

Henri profite des confiscations : il récupère la seigneurie de Petschau, que son arrière-grand-père avait achetée en 1410 et que son père avait vendue en 1495 à Hans Pflugk de Rabenstein. Cependant, Ferdinand ordonne la restitution de la seigneurie peu de temps après. En , les troupes d'Henri occupent le château de Greiz et chassent les Reuss.

Par un document de Charles Quint daté du , Henri est confirmé dans son titre de burgrave de Meissen. Le , Ferdinand accorde à Henri la souveraineté des seigneuries de Greiz et de Gera. Le , il rachète les amts de Plauen, Voigtsberg et Pausa, qui avaient été gagés. À l'été 1551, Henri se retire dans le Vogtland pour se consacrer à l'administration de ses terres. Il convoque les représentants des états qui se réunissent à Schleiz le . Il établit un statthalter à Plauen qui est chargé du gouvernement du Vogtland. Le , un tribunal ainsi qu'un corps de police sont installés à Greiz. Il réforme la fiscalité en mettant en place une taxe sur l'alcool.

En , il quitte le Vogtland pour se rendre d'abord à Prague puis à Vienne. Bien que catholique, il se montre tolérant envers les protestants. Il promeut l'Église évangélique et va même jusqu'à accepter la création d'une église de cette confession à Plauen en 1552.

Guerre des Margraves vignette|Henri de Plauen au siège d'Hof, gravure sur bois, Hans Glaser, 1553.

Le , Henri rencontre Maurice de Saxe à Leipzig pour préparer sa rencontre avec Ferdinand à Linz, qui a lieu le . Les points qui y sont négociés forment la base de la paix de Passau conclue le . Henri est chargé par Ferdinand de convaincre Charles Quint, qui appose sa signature le à Munich.

Au cours de la campagne contre les Turcs, Henri reste à Gyor jusqu'à la fin novembre. En tant que grand-chancelier de Bohême, il participe activement à l'instauration d'une paix durable pour le Saint-Empire. Le , il parvient à unir les ligues d'Heidelberg et d'Egra.

Le , Henri et Maurice se rencontrent à Nordhausen et discutent des derniers détails de leur alliance contre Albert de Brandebourg-Kulmbach. Peu de temps après, le , Maurice est mortellement blessé à la bataille de Sievershausen, laissant à Henri le rôle de chef des alliés contre Albert . Le , il commence le siège d'Hof, qui est prise le mais reprise le par les troupes d'Albert . Le , les alliés réussissent à reprendre Hof. Henri nomme Georg Wolf de Kotzau gouverneur de la ville. Commence alors le siège de Plassenbourg, près de Kulmbach, au cours duquel Henri meurt à Stadtsteinach, le matin du .

Il est enterré le en l'église Saint-Jean de Plauen.

Mariage et descendance Henri de Plauen épouse le Marguerite de Salm-Neubourg (1517-1573), fille de Nicolas de Salm-Neubourg (1459-1530) et d'Élisabeth de Rogendorf (1480-1550). Ils ont eu deux fils : Henri (1533-1568), burgrave de Meissen, marié en 1555 à Dorothée de Brandebourg-Ansbach (1538-1604), sans descendance ; Henri (1536-1572), burgrave de Meissen, marié en 1564 à Catherine de Brunswick-Lunebourg (1548-1565), puis en 1566 à Anne de Poméranie-Stettin (1531-1592), sans descendance.

Notes et références

Liens externes

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