La cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Aire est un édifice religieux catholique situé sur la commune d'Aire-sur-l'Adour, dans le département français des Landes. Construite à partir de la fin du , elle est classée aux Monuments historiques par arrêté du .

La cathédrale, dédiée à saint Jean-Baptiste, se situe dans la basse ville, où résidaient les évêques de ce diocèse créé au , et qui a fonctionné jusqu'en 1802. Le diocèse est rattaché à celui de Bayonne de 1802 à 1823 et il forme aujourd'hui, avec Dax, le diocèse d'Aire et Dax. L'ancien palais épiscopal est quant à lui de nos jours l'hôtel de ville d'Aire-sur-l'Adour.

Contexte Aire-sur-l'Adour fait partie des plus anciennes villes de l'actuel département des Landes. Elle est successivement occupée par les Celtes, les Romains et les Wisigoths, qui y établissent leur résidence royale.

Il est dit que Quitterie, une jeune noble de sang wisigoth, a subi le martyre au niveau du quartier du Mas en 480, mais c'est fictif. Par ailleurs, Alaric II est le roi des Wisigoths entre 484 et 507. Il promulgue son bréviaire d'Alaric depuis son château situé à Aire-sur-l'Adour.

Historique de la cathédrale L'existence de l'évêché d'Aire remonte à 506, date à laquelle est connu son premier évêque, Marcellus. La construction de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste est entreprise à la fin du . À l'origine, la nef est beaucoup plus longue. Elle est raccourcie au début du .

L'édifice est à l'origine de style roman mais il subsiste peu d'éléments de cette époque. En effet, de nombreuses réfections ont eu lieu, principalement entre le , qui rendent le plan de l'édifice très complexe. Les archives de l'évêché d'Aire ayant été détruites au cours des guerres de Religion du Voir les guerres de Religion dans les Landes., l'histoire de la cathédrale est peu connue. Elle est évoquée pour la première fois dans une bulle de Clément V en 1309 : on y apprend qu'elle a été endommagée pendant les luttes entre la France et l'Angleterre.

La façade, à l'ouest, date des . Elle est flanquée d'une tourelle percée de meurtrières qui se rattache dans le haut au clocher carré construit au . L'entrée est au pied de cette façade.

Des travaux sont réalisés à la fin du et au début du : la voûte romane, détruite lors les guerres de Religion, est reconstruite en style gothique. Le chœur est pourvu d'une boiserie par l'évêque Jean-Louis de Fromentières (1673-1684). Des restaurations sont également menées au : l'abside, flanquée de deux absidioles, est coiffée d'un toit en dôme couvert d'ardoises. Le chœur est tapissé de belles boiseries du . La sacristie, ancienne salle capitulaire, conserve des voûtes d'ogives reposant sur un pilier central. Les deux collatéraux proches de la nef datent de 1835 et 1837 et celui du nord date de 1861. Ils sont reliés à la nef par des arcades.

Entre 1860 et 1867, les chapelles absidiales sont transformées et un second collatéral, aujourd'hui fermé au public, est ajouté au nord de la nef. Un projet de façade à deux tours, trois portails et une rose est élaboré mais n'est pas exécuté. Les peintures intérieures datent de cette époque. Au sud de la cathédrale se trouve l'ancien palais épiscopal, rebâti au après les ravages causés au monuments ecclésiastiques par les troupes protestantes de Gabriel de Montgomery en 1569.

L'évêché d'Aire est supprimé à la Révolution française, puis rétabli en 1822. Réuni avec l'ancien évêché de Dax, il couvre alors le département des Landes. Depuis 1857, la titulature officielle est « évêché d'Aire et de Dax », dont le siège est transféré en 1933 d'Aire à Dax. La cathédrale d'Aire porte depuis le titre de cocathédrale.

Patrimonialité La cathédrale est une cocathédrale.. Elle est classée aux Monuments historiquesVoir la liste des monuments historiques des Landes et la liste de cathédrales protégées aux monuments historiques de France. par arrêté du . Consulté le 22 août 2009..

Architecture Dotée, avant l'époque moderne, d'une nef unique et d'un sanctuaire assez développé, la cathédrale a un plan conforme à celui des églises romanes de Gascogne. Il peut être rattaché à des édifices cisterciens d'Aquitaine et d'Espagne.

L'abside et la grande rotonde du chevet ont été construits au en réutilisant certains matériaux plus anciens.

La sévère façade du , surélevée d'une tour à toit d'ardoise, a pour portail une simple voussure en arc brisé. Elle ressemble à un simple mur fermant la nef, dépourvue d'ornement, peut-être par manque de moyens financiers.

La façade de la cathédrale

L'ancienne salle capitulaire date du . Elle est dotée d'un pilier octogonal central sur lequel reposent quatre voûtes d'ogives de style gothique, de facture toulousaine évoquant les « palmiers » des Jacobins. Au mur, des consoles engagées sont chargées de monstres et de personnages. Au , cette salle est mise en communication avec la cathédrale et à l'Est, la chapelle Sainte-Anne est construite. A l'Ouest, se trouvent les anciennes ouvertures du cloître des chanoines. La salle capitulaire accueille le trésor de la cathédrale. L'accès se fait par un cour de l'ancien palais épiscopalDécouvrez la cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Aire-sur-l'Adour, panneau de présentation réalisé par les Monuments historiques, consulté sur site le 2 mai 2026.

La nef est voûtée d'ogives au . Les chapiteaux romans des piliers proches du transept sont ornées de figures de monstres avec peut-être une représentation de Daniel dans la fosse aux lions.

Le chœur est pourvu de boiseries du . La table sainte en marbre autour du sanctuaire date de 1684. Le sanctuaire est entouré d'une balustrade en marbre datant de 1864 et le maître-autel en marbre polychrome a été réalisé par les frères Mazzetti vers 1770. À l'arrière, des stalles et boiseries de la fin du sont installées dans une absidiole reconstruite au .. Sur le mur nord du chœur se trouvent des restes d'anciennes arcatures aveugles romanes. La coupole du chœur représente le couronnement de la Vierge dans un style d'inspiration romane.

Quatre chapelles absidiales donnent sur le transept. Elles sont consacrées, de gauche à droite, à saint Joseph, à la Sainte Vierge (transept nord), au Très-Saint-Sacrement et aux Saintes Reliques..

Les vitraux ont été posés dans les années 1860 par l'atelier Didron, de Paris. Les peintures de la nef, du transept et des collatéraux datent de la même période.

Dans le prolongement de l'abside vers le parc, l'orangerie de pierre, du , abrite des expositions temporaires.

Les parties les plus anciennes sont construites en moyen appareil calcaire. On retrouve des marques de tâcherons dans les parties orientales. Les restaurations ont été effectuées en pierre de taille alternant avec quatre rangs de briques, notamment sur la façade, puis, après le , en brique seule ; au , on a utilisé un moyen appareil régulier ou des moellons.

Longueur , largeur de la nef , hauteur sous voûte .

Le patrimoine mobilier de la cathédrale

Décorations Il n'existe pas de trace d'ornementation antérieure au , hormis dans le chœur.

Les chapelles Les chapelles sont peintes une première fois entre 1828 et 1832 par Arthaud, architecte du département. De 1859 à 1878, Sibien, architecte diocésain, fait disparaître ces peintures des chapelles absidiales pour en créer de nouvelles. La réalisation des peintures murales du chœur, de la nef et des bas-côtés est confiée au décorateur gersois Labedan. La nef, le transept et les chapelles des extrémités sud et nord reçoivent un soubassement de drapés qui semblent moirés, couronné d'un fin bandeau d'écriture sur fond bleu et surmonté d'un décor en faux appareil de pierres orné au centre d'un décor floral. Les voûtes sont décorées de motifs géométriques ou floraux.

Chapelle Saint-Joseph Cette chapelle absidiale à fond plat abrite la sépulture de l'évêque Monseigneur Savy, démissionnaire en 1839, mort le .

Chapelle de la Vierge Les peintures représentent l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, la présentation de Jésus au Temple, la fuite en Égypte. L'autel en marbre porte le sceau de l'atelier qui a réalisé les autels des quatre chapelles latérales : « Jabouin de Bordeaux ».

Chapelle du Très-Saint-Sacrement Les peintures représentent les patriarches de l'Ancien Testament.

Chapelle des Saintes Reliques Cette chapelle, située à l'entrée de la sacristie, est initialement vouée à saint Vincent de Paul, comment en attestent les initiales sur les colonnes. Elle est transformée en 1900 par Monseigneur Delannoy en chapelle des Saintes Reliques pour accueillir le reliquaire en bois d'ébène offert par Monseigneur de Quélen, archevêque de Paris de 1821 à 1839, contenant des reliques de la Vraie Croix et de la Sainte Épine. Le certificat d'authenticité est encadré. Au sol gît la tombe de l'évêque Monseigneur Hiraboure, mort le .

Fonts baptismaux La piscine en marbre date de la fin du . Elle est installée à l'endroit qu'elle occupe actuellement en 1843. Des éléments de l'ancienne chapelle Saint-Vincent-de-Paul sont transférés à cet endroit en 1900.

Balcon de l'évêque Ce mirador donnait sur la chapelle privée de l'évêque depuis le palais épiscopal adjacent.

Tableau de Jésus au Jardin d'Agonie En 1850, le gouvernement de Napoléon III offre à la cathédrale d'Aire ce tableau représentant l'agonie de Jésus-Christ au Jardin des Oliviers. Au sol, à l'entrée de la salle capitulaire, gît la tombe de l'évêque Monseigneur LannelucVoir la liste des évêques d'Aire., mort le .

L'orgue L'orgue a été construit entre et par des compagnons de Dom Bédos de Celles, facteur et expert en facture d'orgues. ou par son élève Labruguière. Composition Positif de dos50 notes Montre 8' Bourdon 8' Prestant 4' Nasard 2' 2/3 Doublette 2' Tierce 1' 3/5 Larigot 1' 1/3 Plein-jeu V Cromorne 8' Grand-Orgue50 notes Bourdon 16' Montre 8' Bourdon 8' Prestant 4' Nasard 2' 2/3 Doublette 2' Tierce 1' 3/5 Cornet V Plein-jeu VII Trompette 8' Voix humaine 8' Clairon 4' Récit32 notes Cornet V Hautbois 8' Écho42 notes Bourdon 8' Prestant 4' Cornet III Cromorne 8' Pédale31 notes Flûte 8' Flûte 4' Trompette 8' Clairon 4'

Les vitraux Ils sont posés de 1860 à 1867 par l'atelier Didron, de Paris. L'un d'eux représente la nativité de Marie et un autre, la présentation de Marie au Temple.

Les statues

Pèlerinage vignette|upright=0.3|Coquillage et bâton de pèlerins sur la façade de la cathédrale.

La cathédrale Saint-Jean-Baptiste marque une étape sur la Via Podiensis, un des chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui va du Puy-en-Velay jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle en passant par le col de Roncevaux..

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Aire-sur-l'Adour, sur ac-bordeaux.fr/ Aire-sur-Adour, Cathédrale Saint-Jean-Baptiste, actuellement église, sur agorha.inha.fr/

Voir aussi

Liste des cathédrales catholiques romaines de France Liste des églises des Landes Église Sainte-Quitterie d'Aire

Liens externes

Orgue d'Aire-sur-l'Adour, Cathédrale Saint Jean-Baptiste - L'orgue en Aquitaine

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