Djaafar Khemdoudi (en ) ou Jean Djaafar Khemdoudi, né le à Aumale (aujourd'hui Sour El Ghozlane dans la wilaya de Bouira) et mort le à Lyon, est un résistant français d'origine algérienne de la Seconde Guerre mondiale.
Par son action, il sauve de nombreux réfractaires au STO ainsi que des Juifs de Saint-Fons et Vénissieux.
Déporté au camp de concentration de Neuengamme, à celui de Malchow et enfin à Ravensbrück, il parvient à survivre et à rentrer en France.
Djaafar Khemdoudi s'éteint en 2011 à Lyon.
Biographie
Naissance et jeunesse Il naît à Sour El-Ghozlane le .. Les Khemdoudi sont une famille de la ville, où ils possèdent quelques terres. ; l'un d'entre eux, Louakal ben Laggoun Khemdoudi est brigadier dans le de spahis algériens pendant dix-sept ans., où il cumule 10 campagnes et reçoit la médaille militaire en 1930. avant d'être pensionné comme ancien combattant..
En 1931, il est diplômé de l'.., un type d'écoles coloniales françaises enseignant la langue française et les rudiments de l'éducation française à certains indigènes en Algérie française. et en Nouvelle-Calédonie.
Son père est tailleur. À ses 17 ans, en 1934, il quitte le domicile familial après une dispute avec son père. pour se rendre à Marseille, puis en Moselle, où il trouve un emploi. En 1936, il publie dans L'Écho d'Alger une déclaration en soutien à Jacques Duroux, sénateur socialiste de l'Algérie et propriétaire du journal, qui s'était engagé à soutenir la représentation des indigènes algériens au Parlement, il le remercie de ses efforts pour les ..
Après une affaire personnelle, il quitte la Moselle pour se rendre à Lyon. Il s'installe au 133 rue Bugeaud, dans le de Lyon.
Engagement dans la Résistance et déportation Mobilisé en 1939 à l'âge de 22 ans, il dirige un bataillon de soldats maghrébins grâce à sa maîtrise de la langue française.
Après la capitulation de la France, il rejoint la Résistance le .
Il est poussé à rejoindre le Service de travail obligatoire allemand en qualité d'interprète par l'Armée Secrète, ce qu'il fait avec zèle.
Là, il délivre des faux certificats. pour les réfractaires ; il aide des Juifs à préparer leur évasion et leur clandestinité et alerte les autres résistants qu'il sait surveillés.. Dans ce cadre là, il est en contact avec Georges Durand, surnommé ou , l'un des responsables de Combat et des maquis du Grésivaudan, déporté plus tard à Buchenwald, qui cache notamment les jeunes réfractaires dans des fermes..vignette|Témoignage de Georges Durand, alias Doris.Par ailleurs, il vient en aide aux enfants juifs de Saint-Fons et Vénissieux. Il est probable qu'il se soit coordonné avec Bel Hadj El Maafi, l'un des responsables de la résistance algérienne de Lyon, aussi connu pour être intervenu à Saint-Fons en faveur de la communauté juive.
Dénoncé, il est arrêté le à Lyon. Lors de son arrestation, son commerce lyonnais est pillé.
Il est incarcéré à la prison Montluc avant d'être déporté au camp de Neuengamme le .
Face à l'avancée des troupes soviétiques, il est déplacé au camp de Malchow puis à Ravensbrück, où l'armée soviétique le libère finalement.
Vie après la guerre et mort Il revient en France le mais son passage dans les camps de concentration le rend invalide à 100 pour cent.. Il refuse de prendre la parole sur son passage dans la Résistance, préférant conserver cela pour lui sans en parler..
vignette|gauche|Certificat d'appartenance à la Résistance par Pierre Marche-Lacour Après la guerre, Djaafar Khemdoudi voit son œuvre dans la Résistance être reconnue par les autorités françaises ; ainsi, Georges Durand, surnommé dans la Résistance., témoigne le qu'il a été infiltré auprès des autorités allemandes sous ordres de la Résistance, que son commerce a été pillé lors de son arrestation, qu'il a obtenu le grade de sous-lieutenant pour ses actions et que . vignette|Témoignage de l'imam Bel Hadj El Maafi
Lors d'une lettre au gouverneur militaire de Lyon, Bel Hadj El Maafi, déclare qu'il.:
Le , le capitaine Pierre Marche-Lacour, résistant, certifie qu'il a bien participé à la Résistance, et qu'il a été déporté pour son activité. Enfin, le , il reçoit son certificat de résistant de la part du lieutenant-colonel Jacques Le Belin de Dionne, résistant. Il est homologué résistant avec la côte GR 16 P 319554Liste des résistants avec leur côte par le Service historique de la Défense : https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2020-01/GR16P_A_Z.pdf. Djaafar Khemdoudi reçoit la Légion d'Honneur, dont il est officier ainsi que la médaille militaire et la médaille de la Résistance.
Il meurt à Lyon. le ..
Postérité Comme d'autres résistants, principalement d'origine étrangère, il est oublié après la guerre.. L'auteur Kamel Mouellef contribue à la mémoire de Djaafar Khemdoudi en publiant des ouvrages à son sujet. Une plaque en son honneur est apposée dans son ancienne cellule, dans la prison Montluc, mais cela provoque une polémique au sein de l'Association des Résistants de Montluc (ARM), pour qui ses origines algériennes posent problème.
En , il figure dans l'exposition à Saint-Chamond.. Les Archives Arolsen, spécialisées dans les persécutions nazies et la Shoah, confirment qu'il a sauvé de nombreux Juifs et réfractaires au STO.
Décorations
Médaille militaire
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
Bel Hadj El Maafi Georges Durand Abdelkader Mesli Kaddour Benghabrit
Liens externes
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