Le canton de Lugny est une ancienne division administrative française située dans le département de Saône-et-Loire et la région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie Ce canton de l'arrondissement de Mâcon était organisé autour de Lugny, son chef-lieu, petite capitale du Haut-Mâconnais. Son altitude variait de 168 mètres (à Saint-Albain) à 550 mètres (à Azé) pour une altitude moyenne de 235 mètres.

Il était borné par les cantons suivants : le canton de Tournus au nord, le canton de Pont-de-Vaux (Ain) à l'est, le canton de Mâcon-Nord au sud, le canton de Cluny et le canton de Saint-Gengoux-le-National à l'ouest.

Du point de vue du relief, le canton de Lugny était caractérisé à l'ouest par une longue vallée sèche longitudinale inclinée vers le sud, au terrain marneux couvert de vignes (Cruzille, Bissy-la-Mâconnaise, Saint-Gengoux-de-Scissé et Azé). Son centre correspondait, quant à lui, à une zone compartimentée dont l'exposition était, elle aussi, des plus favorables à la culture de la vigne, notamment dans les secteurs de Lugny et de Viré. L'est du canton (Montbellet, Fleurville, Saint-Albain, La Salle) prenait la forme d'une terrasse qui, bordée par la Saône, était le lieu de passage de plusieurs grands axes de communication : la route nationale 6 (aujourd'hui départementalisée), l'autoroute A6 et la ligne ferroviaire Paris-Lyon-Méditerranée.

Histoire thumb|150px|right|La brochure éditée dans les années 70 pour promouvoir les seize communes du canton de Lugny. thumb|150px|right|Le monument élevé à Lugny en 1909 à la mémoire des soldats du canton morts en 1870 et 1871. Pendant toute l'époque révolutionnaire, le canton de Lugny ne totalisa que douze communes : Azé, Bissy-la-Mâconnaise, Burgy, Clessé, Cruzille, Lugny (son chef-lieu), Péronne, Saint-Albain, Saint-Gengoux-de-Scissé, Saint-Maurice-des-Prés, Vérizet et Viré.

Les communes de Chardonnay, de Grevilly et de Montbellet appartenaient alors au canton de Tournus, La Salle à celui de Charnay-lès-Mâcon et Satonnay (dénommée « Saint-Maurice-de-Satonnay » depuis , à la suite de la réunion par décret des communes de Saint-Maurice-des-Prés et de Satonnay) à celui de Saint-Sorlin.

La commune de Bray, du canton de Salornay-sur-Guye de 1790 à 1801, entrée à cette date dans celui de Lugny, est passé dans celui de Cluny en 1839.

Camille Ragut, dans sa Statistique du département de Saône-et-Loire publiée à Mâcon en 1838, présente le canton de Lugny comme suit : « Il compte une population de 12676 hab. (1831, 12465 hab.), 3210 maisons, et se compose de dix-huit communes [...]. Sa superficie, cadastrée en 1808 et 1809, est de 15434 hect., dont 5205 en terres labourables, 3974 en bois, 2776 en vignes, 1973 en prés, 820 en friches, etc. Ce canton compte en outre 38 usines, 360 patentables, 6200 propriétaires et 87052 parcelles de propriétés. »

Un demi-siècle plus tard, en 1892, le canton de Lugny, dans sa configuration définitive à seize communes, totalisait 9152 habitants, pour une superficie de 14452 hectares.

Le canton de Lugny a cessé d'exister en 2015, à la suite du redécoupage des cantons français défini par la loi du (décrets d'application publiés en février et ). En partie démembré (les communes de Chardonnay et de Grevilly ayant été rattachées au canton de Tournus), il a fusionné avec le canton d'Hurigny.

À la fin du mois de , la plupart des communes composant ce canton furent l'objet des exactions des « Brigands », paysans révoltés qui, pendant la Grande Peur, se révoltèrent en Mâconnais, s'adonnant à des brigandages contre les châteaux et les propriétés ecclésiastiques, symboles de l'Ancien Régime. Le château de Lugny, propriété de Florent-Alexandre-Melchior de La Baume (1736-1794), comte de Montrevel et dernier seigneur de Lugny, fut ainsi le premier du Mâconnais à être incendié par ces « Brigands » (nuit du lundi 27 au mardi ).

Les communes du canton, cadastrées en 1808 et 1809, figurent parmi les premières de France à avoir été cadastrées. La superficie du canton fut alors évaluée à quinze mille quatre cent trente-quatre hectares – quatre-vingt-sept mille cinquante-deux parcelles de propriété – dont cinq mille deux cent cinq hectares de terres labourables, trois mille neuf cent soixante-quatorze hectares de bois, deux mille sept cent soixante-seize hectares de vignes, mille neuf cent soixante-treize hectares de prés et huit cent vingt hectares de friches.

Mai 1972 : création du Syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) du canton de Lugny (siège en mairie de Lugny), regroupant les communes d'Azé, Bissy-la-Mâconnaise, Burgy, Chardonnay, Clessé, Cruzille, Fleurville, Grevilly, Lugny, Montbellet, Péronne, Saint-Gengoux-de-Scissé, Saint-Maurice-de-Satonnay et Viré, avec pour objet : la couverture des dépenses d'investissement et de fonctionnement du collège de Lugny, la réalisation d'une maison de retraite, la création et le fonctionnement de tous services sociaux (tels que dispensaire, aide à domicile par exemple), la réalisation de travaux d'assainissement, le ramassage d'ordures ménagères et l'entretien de la voirie communalePar arrêté préfectoral du 19 mai 1972. Adhèrent également au SIVOM pour la vocation scolaire (couverture des dépenses d'investissement et de fonctionnement du CEG de Lugny) les communes de La Salle et de Saint-Albain (canton de Lugny) et celles de Charbonnières, Laizé et Senozan (canton de Mâcon-Nord)..

7 et : les communes du canton, de même que de nombreuses communes viticoles de l'arrondissement de Mâcon, prennent part à l'inauguration de la route des Vins Mâconnais-Beaujolais, créée à l'initiative de François Bucchianeri (huit circuits sillonnant le vignoble du Mâconnais sur quelque 400 kilomètres).

Disparition Conséquence du décret du « portant délimitation des cantons dans le département de Saône-et-Loire » résultant de l'application des lois du (loi organique 2013-402 et loi 2013-403), le canton de Lugny, après 225 années d'existence, a cessé d'exister, la quasi-totalité de ses communes ayant été rattachées au canton voisin d'Hurigny (à l'exception notable des communes de Grevilly et de Chardonnay qui, elles, ont été rattachées au canton de Tournus).

Représentation Conseillers généraux Ont successivement été conseillers généraux du canton de Lugny de 1833 à 2015 :

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les conseillers généraux, renommés conseillers départementaux, furent nommés par le Gouvernement de Vichy.

Conseillers d'arrondissement Ont successivement été conseillers d'arrondissement, au titre du canton de Lugny, de 1833 à 1940 :

Composition Le canton de Lugny groupait seize communes et comptait 8 267 habitants en 2007 (sans doubles comptes). Ces communes étaient les suivantes : Azé, Bissy-la-Mâconnaise, Burgy, Chardonnay, Clessé, Cruzille, Fleurville, Grevilly, Lugny (chef-lieu du canton), Montbellet, Péronne, Saint-Albain, Saint-Gengoux-de-Scissé, Saint-Maurice-de-Satonnay, La Salle et Viré.

| Azé || align="right" | 940 || align="right" | 71260 || align="right" | 71016 |- | Bissy-la-Mâconnaise || align="right" | 177 || align="right" | 71260 || align="right" | 71035 |- | Burgy || align="right" | 90 || align="right" | 71260 || align="right" | 71066 |- | Chardonnay || align="right" | 162 || align="right" | 71700 || align="right" | 71100 |- | Clessé || align="right" | 700 || align="right" | 71260 || align="right" | 71135 |- | Cruzille || align="right" | 231 || align="right" | 71260 || align="right" | 71156 |- | Grevilly || align="right" | 37 || align="right" | 71700 || align="right" | 71226 |- | Lugny (chef-lieu) || align="right" | 798 || align="right" | 71260 || align="right" | 71267 |- | Montbellet || align="right" | 654 || align="right" | 71260 || align="right" | 71305 |- | Péronne || align="right" | 454 || align="right" | 71260 || align="right" | 71345 |- | Saint-Albain || align="right" | 435 || align="right" | 71260 || align="right" | 71383 |- | Saint-Gengoux-de-Scissé || align="right" | 531 || align="right" | 71260 || align="right" | 71416 |- | Saint-Maurice-de-Satonnay || align="right" | 346 || align="right" | 71260 || align="right" | 71460 |- | La Salle || align="right" | 440 || align="right" | 71260 || align="right" | 71494 |- | Viré || align="right" | 954 || align="right" | 71260 || align="right" | 71584 |- | Fleurville || align="right" | 471 || align="right" | 71260 || align="right" | 71591

Démographie Depuis 1962, les données statistiques relatives à la population du canton de Lugny sont les suivantes :

Personnalités liées aux communes appartenant au canton Parmi les personnalités attachées au canton de Lugny figurent entre autres l'as de la Première Guerre mondiale Bernard Barny de Romanet, Eugène Blanc, Henri Boulay, le baron Benoît-Marie-Louis-Alceste Chapuys de Montlaville, le pionnier de l'aviation Louis Janoir, monseigneur Joseph Robert et l'écrivain Emile Violet.

200px|vignette|Bernard de Romanet près de son biplan Spad, en 1920. Bernard Barny de Romanet, né le à Saint-Maurice-de-Satonnay, fut l'un des plus glorieux as français de la Première Guerre mondiale avec dix-huit victoires officielles remportées entre et Frédéric Lafarge, Un as mâconnais : Bernard Barny de Romanet, revue trimestrielle « Images de Saône-et-Loire » (publiée par l'association Groupe Patrimoines 71), n° 209 de , pages 2 à 5.. Eugène Blanc, né le à Lugny et décédé le à Lugny, maire de Lugny et conseiller général du canton de Lugny pendant une trentaine d'années, joua dans les années 1920 et 1930 un rôle de premier plan dans la création et le développement du mouvement coopératif vinicole en Mâconnais. Henri Boulay, né le à Saint-Gengoux-de-Scissé et décédé le à Mâcon, est un homme politique français qui fut élu député S.F.I.O. de Saône-et-Loire dans les années 1930. Le baron Benoît-Marie-Louis-Alceste Chapuys de Montlaville, né le à Tournus et décédé le à Chardonnay, fut maire de Chardonnay et par ailleurs conseiller général du canton de Lugny (1855-1868). Surtout, après avoir été député de Saône-et-Loire (1833-1848), il fut nommé préfet de l'Isère puis de la Haute-Garonne, et entra au Sénat par décret impérial du , chambre où il siégea jusqu'à sa mort. Historien, il était officier d'académie et grand-officier de la Légion d'honneur.

200px|vignette|Monseigneur Joseph Robert à Rome, sur la place Saint-Pierre, en 1979. Monseigneur Joseph Robert, né le à Besançon, prêtre formé à Rome (au séminaire pontifical français, où il fut séminariste de 1920 à 1927), fut nommé curé de Lugny en 1935 (après l’avoir été quelques années à Briant). Il y fonda cette même année la « communauté de prêtres de Lugny », communauté qui, créée au cœur du Mâconnais, dans une région particulièrement déchristianisée, fut le premier groupe communautaire de prêtres du diocèse d’Autun (groupe qui devait notamment déboucher, après guerre, sur la création d’une école puis d’un collège, ainsi que sur l'ouverture d'un centre d'organisation de pèlerinages). Curé-archiprêtre de Lugny, auteur d’un catéchisme (« Mon premier catéchisme » publié peu avant la guerre et plusieurs fois réédité), Joseph Robert, qui avait été fait chanoine honoraire de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun par monseigneur Lucien-Sidroine Lebrun en 1946, mourut le à l'hôpital de Chambéry. Il repose au cimetière de DigoinFrédéric Lafarge, Monseigneur Joseph Robert (1898-1987), Une communauté missionnaire en Mâconnais : Lugny, Les Foyers communautaires et l'Amicale des anciens élèves de l'école « La Source », Lugny, 2019 .. Louis Janoir, né le à Lugny et décédé en 1968, fut un pionnier de l'aviation. Breveté pilote en 1911, il participa à de nombreuses compétitions aériennes. Après un séjour en Russie (1914-1916), cet ingénieur diplômé de l'Ecole nationale des arts et métiers de Châlons-sur-Marne (1901) intégra la société de construction d'avions SPAD, Il fonda en 1917 les ateliers d’aviation Janoir (construction de chasseurs Spad), puis les chantiers aéro-maritimes de la Seine.