L’étude scientifique de l’Histoire des prisons est assez récente. Les informations au sujet des systèmes carcéraux sur le continent asiatique sont limitées. La grande majorité des systèmes carcéraux dans le monde, ont initialement été établis dans l’intérêt d’enfermer les condamnés et de leur faire subir des châtiments dans le but de les punir. La naissance des institutions pénitentiaires dans le monde découle d’une influence de nature religieuse. Le système carcéral devient une institution à caractère répressif au cours du temps. L’intérêt de cette répression est d’ordre social. La population pénitentiaire dans le monde évolue au cours de l’Histoire. L’Histoire des systèmes carcéraux dans le monde s’accompagne de diverses réformes mais aussi de révoltes.

En Afrique, le système carcéral du Burundi entretient un lien avec son passé colonial. L’occupation allemande ainsi que celle belge ont un impact sur le système carcéral burundais. L’établissement de l’enfermement punitif au Burundi est récent. Il existe diverses sanctions au sein du système carcéral burundais avant l’établissement de l’emprisonnement.

En France, la visée de l’enfermement punitif et le taux de criminalité connaissent des évolutions au fil des siècles.

Les prisons ont une place importante au sein du continent Américain. Le taux de détenus et de prisons est élevé. Le système carcéral américain est jugé comme étant l’un des systèmes carcéraux les plus répressifs et violents. Les détenus américains vivent dans des conditions déplorables. Les discriminations sexuelles et raciales sont présentes au sein du système carcéral américain.

En Chine, au , la Réforme par le Travail (en chinois mandarin : Lao Dong Gai Zao ou Lao Gai) est instaurée. Le principe de rééducation est au centre du système carcéral chinois. Trois campagnes de suppression des contre-révolutionnaires ont lieu durant les années 1950.Les délits moraux sont sévèrement condamnés en Chine. La Réforme par le Travail s’appuie sur des stratégies visant à augmenter la productivité des condamnés aux travaux forcés.

Afrique

Burundi L’histoire des prisons burundaises est liée au passé colonial de ce pays. L’enfermement punitif au Burundi débute au . Cette nouvelle forme de sanction prend son origine à la période de l’occupation allemande, entre le . La première prison du Burundi est construite en 1926 à Gitega. À partir du , l’enfermement punitif au Burundi est banalisé.

Avant l’occupation allemande, les personnes chargées de s’occuper des sanctions sont connues sous le nom de « bashingantahe ». Les différentes sanctions utilisées au Burundi avant l’époque coloniale sont les suivantes : exclusion sociale des coupables, exécutions, confiscation de biens matériels ou fonciers, éloignement géographique ou encore vengeances dans les cas les plus graves. La seule exception dans laquelle le recours à l’enfermement est utilisé à la période pré-coloniale est celle des rois et chefs.

La colonisation allemande a lieu entre 1896 et 1916. Pendant cette période, la détention est le mode de punition officiel. Les Allemands établissent cette nouvelle sanction non pas pour réformer le système carcéral burundais mais pour des raisons politiques. Les châtiments corporels, les déportations et les exécutions font partie du système punitif du Burundi sous l’occupation allemande.

L’Afrique belge débute en 1916. L’occupation belge a un impact considérablement plus fort sur le système carcéral burundais. La discrimination entre les indigènes et les non indigènes au niveau des juridictions qui conduisent à la ségrégation raciale est la principale conséquence de l’occupation belge.

Europe

France

Contexte Initialement, les valeurs du système carcéral français reposent sur l’obligation ferme d’infliger des peines uniquement si elles sont nécessaires. La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 souligne l’importance de la légitimité des peines qui se doivent d’être « strictement et évidemment nécessaires ». Les principes du code pénal de 1810 entrent en contradiction avec les idées défendues par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Le code pénal de 1810 met en avant les principes de souffrance et d’intimidation au détriment de celui d’amendement. L’objectif premier du système carcéral français devient la répression des crimes et des délits. Dans les alentours du , l’objectif principal du système carcéral français est la réinsertion sociale des détenus.

La hausse du taux de criminalité au est en corrélation avec l’augmentation de l’usage et le trafic de stupéfiants. Le taux de suicide des détenus est un enjeu majeur du système carcéral français. En 1992, le taux de suicide des prisonniers français augmente de 40 % en l’espace d’un an.

Population carcérale La population carcérale française diminue au début du . Elle connaît une hausse inédite à la suite de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, l’estimation du nombre de personnes incarcérées s’élève au-dessus de . À partir de 1949, le taux de prisonniers est de nouveau en baisse. Entre 1954 et 1956 les détenus sont au nombre de . Entre 1968 et 1976 les effectifs des prisons se stabilisent à environ prisonniers.

Règles pénitentiaires L’obligation du port du béret prend fin en 1968. L’interdiction de fumer pour les femmes est levée en 1971. Les restrictions au sujet de la rédaction de lettres prennent fin à la suite des mutineries de 1971 à 1974. À partir de 1987, le travail dans les prisons n’est plus une obligation.

Réformes Entre 1854 et 1938 une loi est érigée dans l’objectif de rendre possible la transportation des détenus hors de la France métropolitaine. Cette législation est mise en place dans le cadre de la condamnation aux travaux forcés. Législation qui donne lieu à la transportation de condamnés. À partir de 1885, cette transportation concerne également les détenus ayant effectué plusieurs récidives à l’époque de la République. Durant cette même année, la loi du permet la naissance de la libération conditionnelle. L’intérêt de cette réformation est d’éviter les risques éventuels de récidive. La création du régime du sursis a lieu en 1891.

Le bagne disparaît à partir du . En 1926, la suppression des tribunaux d’arrondissement occasionne la disparition de 218 maisons d’arrêt ou de correction. La réforme de 1945 est responsable de la « renaissance pénitentiaire » car elle remet au centre des préoccupations des administrations pénitentiaires l’intérêt de l’amendement et le souci du « reclassement social » des détenus. Cette renaissance s’accompagne d’une amélioration au niveau du traitement des détenus. Cette période de l’histoire voit également l’apparition de systèmes, tels que les établissements à régimes ouverts et les régimes de semi-liberté, plus à même de reconnaître la dignité humaine des personnes incarcérées.

Le code de procédure pénale de 1958 met un frein à ce qui a été qualifié de « renaissance pénitentiaire » en mettant au second plan les principes établis par l’ancienne réforme. Les réformes de 1972 et 1975 contribuent à la suppression de certaines règles carcérale. La généralisation des parloirs a lieu en 1983. La réforme de 1985 sur l’autorisation de la télévision au sein des cellules, confèrent une ouverture des prisons vers l’extérieur. Après la fin du Second Empire, le système carcéral français opte pour le système philadelphien, qui consiste en un emprisonnement cellulaire permanent. Pour des raisons économiques, l’isolement permanent s’applique uniquement aux peines inférieures à un an. Les mutineries de 1971 à 1974 participent à l’assouplissement de certaines règles pénitentiaires.

La guerre d’Algérie est un évènement considéré comme étant particulièrement bouleversant pour la France sur le plan carcéral. Cette guerre se caractérise par la quantité colossale d’arrestations qu’elle occasionne. Ce bouleversement marque le jusqu’à l’an 1968. Depuis, l’évasion est considérée comme un manquement au devoir des administrations pénitentiaires. Néanmoins, ce point de vue sur l’évasion ne perdure que jusqu’en 1975.

Amérique Les prisons ont une place colossale au sein du continent Américain. La population pénitentiaire américaine augmente au cours de l’histoire. En 2010, les États-Unis représentent 5 % de la population mondiale, néanmoins, ils représentent 25 % de la population carcérale mondiale. En 2012, il y a cinq fois plus de prisonniers que vingt-cinq ans auparavant. Entre la fin du et le début du , le nombre de prisons américaines connaît une augmentation. En 2012, la Californie possède trente-trois prisons.

L'augmentation des prisons américaines entretient un rapport cohérent avec l’évolution croissante de la part de la population globale au sein de la population carcérale. Cette augmentation ne présente pas de corrélation avec l’évolution du taux de criminalité en Amérique. En 2012, environ 39 % de la population pénale américaine sont condamnées pour acte délictueux sans violence.

Les détenus des prisons connues sous le nom de custodial institutions (en français : établissements pénitentiaires) vivent dans des conditions qualifiées de déplorables. Le manque d’hygiène, les travaux forcés et l’enfermement en psychiatrie font partie des conditions dans lesquelles les prisonniers vivent. Les prisons jouent un rôle important au niveau de l’aspect économique du pays. La plupart des États américains ne pourraient vivre sans l’apport économique non négligeable des prisons. L’économie de l’État de Pennsylvanie, qui possède l’un des taux d’incarcération les plus élevés, dépend majoritairement du système carcéral. Cet État met également en évidence le fait que le système carcéral américain n’a pas d’influence sur le niveau de sécurité. La surpopulation et la mortalité sont des conséquences à prendre en compte au sujet du système carcéral américain.

Un projet de loi est établi par dans l’intérêt de réformer le système carcéral américain. L’intention de Wagner est de réduire de 50 % le taux de prisonniers condamnés sans avoir commis d’acte de nature criminelle. Ce projet de loi mentionne la mise en place des libérations sur parole afin de diminuer le taux d’incarcération. Wagner propose une réduction des dépenses budgétaires associées à l’institution carcérale.

La législation « War on Drugs » est mise en place sous le gouvernement Reagan, en 1982. Cette législation s’avère pénalisante pour les femmes noires car elle consiste à rendre plus stricte les règles concernant les délits de stupéfaction. Une seule condamnation pour délit de stupéfaction suffit pour endurer une peine lourde et « incompressible ».

En Amérique, aucun système pénitentiaire propre aux femmes n’existe avant le . À l’origine, les femmes sont détenues au sein des prisons dans lesquelles les hommes sont aussi enfermés ce qui engendre des conditions affligeantes pour les femmes (abus sexuels, violence physique, personnel uniquement masculin). Les premières prisons américaines pour femmes sont fondées dans les alentours du et du , au moment de la guerre de Sécession qui débute en 1862 et prend fin en 1865. Cette époque est marquée par l’accroissement exponentiel du nombre de prisons pour femmes au sein du continent. La première prison pour femmes est établie en 1874, en Indiana, à la suite des mouvements féministes. Cette élaboration est initialement un moyen d’éviter les abus sexuels que les prisonnières endurent au sein des prisons mixtes. En 1940, une vingtaine d’États américains possèdent des prisons de femmes. En matière de politique pénitentiaire, l’un des objectifs des États-Unis est de mettre un frein à la potentielle indépendance économique et politique que les femmes ouvrières peuvent proclamer. Des sanctions spécifiques aux femmes sont mises en place. À cette période, la population carcérale connaît une augmentation de la part des femmes. Le taux d’emprisonnement des femmes en Amérique augmente de 244 % entre 1980 et 1988.