vignette|Article « Verra-t-on la république de Monaco » publié à la une du Cri de Marseille avec un photomontage (les princes Louis II et Pierre et le palais de Monaco), le , dans le cadre de la crise princière. Le républicanisme à Monaco est un ensemble de mouvements visant à changer le statut actuel de la principauté de Monaco d'une monarchie (constitutionnelle après 1910) en une république. Divers épisodes républicains ont traversé l'histoire de l'État, allant d'inquiétudes à des proclamations, notamment par l'instauration d'une république en 1793 durant la Révolution française avant son annexion à la France jusqu'en 1814, ou bien durant le bref « moment communiste » en 1944.
Histoire
Long Dans la Principauté, un bouleversement politique intervient durant la Révolution française lorsque ses manifestations , entraînant les trois municipalités dans un processus analogue de Monaco, Menton et Roquebrune. Dans ce contexte, une organisation politique nouvelle se met en place et se manifeste par une démarche officielle adressée aux autorités françaises. L'adresse émanant de la formule explicitement des trois communes, présenté comme . En outre, , ce même peuple demande . Dans le même mouvement, il est indiqué que et qu'elles expriment le souhait que rien ne leur importe davantage que . Cette demande est transmise à la Convention nationale, laquelle, , prononce la décision : . Honoré IV reprend possession de la Principauté, en vertu du traité de Paris de 1814, en .
À la suite du Printemps des peuples monégasque qui voit la proclamation des villes libres de Menton et Roquebrune, un groupe mentonnais se serait mis en marche en 1849 vers le Rocher pour proclamer la république au palais même du prince, mais devant les canons monégasques, il fait demi-tour. Dans son ouvrage Les Institutions et les Lois de la principauté de Monaco paru en 1875, Paul Schoeffer réagit aux épisodes historiques : .
Par la suite, durant révolution monégasque en 1910, le prince héréditaire Louis est envoyé par son père le prince Albert pour discuter les bases d'une constitution et n'infirme pas, à cette occasion, l'hypothèse républicaine, d'après un envoyé spécial du Petit Journal. Le , une rumeur fait entendre que le Conseil communal de Monaco aurait proclamé la république : elle se révèle être sans fondement, démentie par l'agence Havas. Elle semble être le fait d'agitateurs alors que la population monégasque attend l'élaboration de la constitution.
D'autres velléités républicaines sont manifestées dans la principauté durant la crise princière de 1929. À la mi-, sept cents électeurs monégasques se rassemblent alors et, après de longues discussions, l'assemblée formée décide de réclamer l'abdication du prince Louis II en faveur du prince Pierre, son gendre. Ils proposent de le faire monter sur le trône pour une période d'essai de six mois, à l'issue de laquelle, en cas d'insatisfaction, ils proposent de jouer la , , soit une transformation de Monaco en république. Se rendant aux funérailles du maréchal Foch le , d'après des bruits circulant parmi les Monégasques, le prince se serait entretenu avec le ministre français des Affaires étrangères, Aristide Briand, qui aurait signifié que la .. Cette entrevue aurait probablement contribué au changement d'attitude du prince pour sortir de la crise.
À la Libération, les communistes monégasques sont divisés sur la question du sort de Monaco, en . Une est désirée. Une assemblée extraordinaire de la section monégasque du Parti communiste français est organisée au château Malet de Cap-d'Ail, , afin de débattre d'un projet présenté comme solennel et . Réunissant et présidée par Louis Gallis, secrétaire général de l'Union des syndicats CGT de la Principauté, la séance est marquée par la présentation d'un projet de proclamation de la . Celui-ci est explicitement fondé sur le et invoque . Gallis expose cette résolution devant l'assemblée et conclut son intervention . La discussion qui s'engage oppose les partisans de cette proclamation à ses adversaires. Tandis que les premiers soutiennent l'établissement d'une , les seconds, , défendent une autre option politique, à savoir , au motif que ce . L'intervention opposée au projet rappelle néanmoins que la Principauté constitue et souligne que , dans un contexte où . Il est également précisé que . La volonté de proclamation républicaine, bien que formulée de manière explicite et soutenue par une partie de l'assemblée, ne se traduit pas par une décision effective. Lors du vote final, , dans une assemblée dont la composition était .
En , une délégation française de passage dans la principauté offre l'occasion d'une visite secrète du ministre d'État Pierre de Witasse auprès de hauts fonctionnaires à Paris et des audiences du Conseil national tenues à huis clos, le tout dans un contexte d'inquiétudes financières : la situation laisse présager un climat de tensions envers les Grimaldi et d'après le journal Concorde, des membres du Conseil se seraient à cette période prononcés en faveur de l'instauration d'une République monégasque. Début 1950, Georges de Bellegarde, descendant de l'une des branches de la maison Grimaldi, revendiquant le trône de Monaco, adresse une lettre à Vincent Auriol, président de la République française : se présentant comme le , il lui demande de procéder à un plébiscite avec lequel les Monégasques se débarrasseraient de la (celle du nouveau prince Rainier III, alors en exercice) et le proclameraient Georges , .
La question républicaine est aussi prolongée à l'occasion du célibat prolongé de Rainier III dans les années 1950. D'après La Presse (France), : Louis Aureglia-Cima, ancien maire de la commune de Monaco, alors président du Conseil national et à la tête d'un groupe de nationalistes monégasques qui rêvent, depuis la Libération, de . À l'occasion de la crise parlementaire de 1955 et alors que le célibat de Rainier III se prolonge, le journaliste de La Stampa estime que si la dynastie en venait à être dans une impasse, une république monégasque ne résisterait pas longtemps à une absorption française. Cependant, dans les deux années suivant le mariage du prince à Grace Kelly en 1956, le climat politique s'apaise et les partis sentent plus de liberté d'expression, notamment pour défendre leur intérêts. Bien que des voix se font entendre pour une réforme constitutionnelle et notamment l'introduction d'une cour des comptes, la journaliste Rosette Hargrove note qu'une révolution de palais et la proclamation d'une république n'est pas prêt d'arriver, tout le monde s'accordant à dire que l'État y perdrait énormément.
À l'occasion d'une interview durant son règne, le prince commente ainsi une éventuelle république :
Au , il existe une petite catégorie de qui entretiennent , selon le journaliste Renaud Lecadre. Ces aspirations seraient toutefois contraires aux intérêts de la France puisque celle-ci préserve un contrôle sur Monaco à travers son régime princier : en témoignent les archives du ministère français des Affaires étrangères, qui indiquent que et que .
Références
Annexes
Articles connexes Révolution monégasque Politique à Monaco Histoire de Monaco
Liens externes
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