2001, l'Odyssée de l'espaceIl existe plusieurs variantes du titre en français. Celle retenue résulte de la consultation des . () est un film britannico-américain de science-fiction réalisé par Stanley Kubrick, sorti en 1968.
Le scénario du film, coécrit par Kubrick et le romancier Arthur C. Clarke, s'inspire de deux nouvelles de Clarke, À l'aube de l'histoire et La Sentinelle. Parallèlement au tournage du film, Clarke rédige le roman 2001 : L'Odyssée de l'espace, qui sera publié peu après la sortie du long-métrageEn 1982, Clarke publie un nouveau roman intitulé 2010 : Odyssée deux () qui sera adapté au cinéma en 1984 par Peter Hyams sous le titre 2010 : L'Année du premier contact (2010)..
L'intrigue principale du film traite de plusieurs rencontres entre les êtres humains et de mystérieux monolithes noirs, censés influencer l'évolution humaine, et comprend un voyage vers la planète Jupiter puis « au-delà de l'infini », à la suite d'un signal radio émis par un monolithe découvert sur la Lune.
Produit et distribué par le studio américain Metro-Goldwyn-Mayer, le film est presque entièrement tourné au Royaume-Uni, dans les studios (il est, d'ailleurs, l'un des derniers films à utiliser ces locaux) ainsi qu'à Shepperton, du fait des plateaux de tournage plus vastes que ceux des studios américains. Le long-métrage est coproduit par la société de production de Stanley Kubrick. Ce dernier, ayant déjà tourné deux films au Royaume-Uni, décide d'y résider de manière permanente pendant le tournage du film. Les sources diffèrent concernant le pays de provenance de 2001, l'Odyssée de l'espace : bien qu'il ait paru aux États-Unis un mois avant sa distribution au Royaume-Uni et que l’Encyclopædia Britannica le considère comme américain, plusieurs commentateurs le qualifient de film britannique, américain ou encore anglo-américain.
2001, l'Odyssée de l'espace est fréquemment qualifié de « film épique » en raison de sa longueur inhabituelle et de sa similitude de construction avec d'autres films épiques classiques. Il est empreint de plusieurs thèmes, notamment l'évolution humaine, la technologie et l'intelligence artificielle ou encore la perspective d'une vie extraterrestre.
Le film est resté célèbre pour sa précision scientifique, ses effets spéciaux révolutionnaires pour l'époque, ses scènes ambiguës, son usage d'œuvres musicales au lieu d'une narration traditionnelle, et pour le rôle secondaire qu'occupent les dialogues dans l'intrigue. Sa bande-son mémorable est conçue par Kubrick lui-même, afin d'épouser au mieux les scènes du film. Ainsi, le réalisateur use de la suite de valses du Beau Danube bleu de Johann Strauss pour rappeler le mouvement des danseurs de valse lors du mouvement de rotation des satellites, ou encore du poème symphonique de Richard Strauss, Ainsi parlait Zarathoustra, afin d'aborder le concept philosophique nietzschéen du Surhomme, mentionné dans le poème philosophique du même nom.
À sa sortie en salles en 1968, 2001, l'Odyssée de l'espace est reçu de manière partagée, tant par la critique que le public ; mais, au fil du temps, il acquiert un statut de film culte et connaît un énorme succès au box-office. Quelques années après sa sortie, il devient le plus gros succès du box-office nord-américain de l'année 1968. Par la suite, et notamment à partir du , le film est acclamé par la critique, le milieu du cinéma et le public. Nommé à quatre reprises aux Oscars du cinéma, le film ne reçoit en définitive que le prix des meilleurs effets visuels. En 1991, il est sélectionné par le National Film Registry pour conservation à la bibliothèque du Congrès des États-Unis, en raison de son « importance culturelle, historique ou esthétique ». La place primordiale qu'il occupe dans l'histoire du cinéma mondial, et à plus forte raison dans celle du cinéma de science-fiction, en fait l'un des plus grands films de tous les temps.
Structure Le film retrace, à travers différentes époques de l'histoire humaine, le rôle joué par une intelligence inconnue dans l'évolution de l'humanité.
Après un écran noir de quelques minutes, sur fond de la musique , une œuvre pour orchestre de György Ligeti, puis du logo de la MGM, le film s'ouvre sur le générique avec le poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss.
Le film est divisé en quatre actes distincts : dans le premier acte, qui se déroule , on suit des hominidés bipèdes qui découvrent l'usage de l'outil et de l'arme après avoir touché un monolithe noir mystérieux ; dans le second acte, qui se déroule en 1999, on suit le docteur Heywood R. Floyd lors de son voyage sur la Lune après qu'un monolithe identique y a été découvert ; dans le troisième acte, qui se déroule en 2001, deux astronautes, les docteurs David Bowman et Frank Poole, entreprennent un voyage vers la planète Jupiter à bord du vaisseau spatial Discovery One à la suite du signal radio émis par le monolithe de la Lune vers Jupiter ; dans le dernier acte, on suit le périple final de l'astronaute David Bowman « au-delà de l'infini ».
Synopsis Note : les titres des sections suivantes sont des retranscriptions des intertitres du film pour chacune de ses parties..
Première partie « L'aube de l'humanité » (« The Dawn of Man ») vignette|redresse=0.6|Une représentation du du film.
Il y a quatre millions d'années en Afrique, une tribu d'australopithèques. à la merci des prédateurs et qui est chassée de son point d'eau par un groupe rival, est en voie de disparition.
Un matin, les primates découvrent devant la caverne qui leur sert d'abri un imposant monolithe parallélépipédique de couleur noire. Peu après l'avoir touché, l'un des australopithèques a soudain l'idée de se servir d'un os comme d'un outil puis, très vite (en reconnaissant sa puissance) comme d'une arme avec laquelle on peut tuer, notamment les animaux, ce qui transforme le groupe en carnivores. Ce premier acte de violence est suivi par une attaque du groupe des australopithèques rivaux pour leur reprendre le point d'eau, accomplie par le meurtre du chef adverse grâce à leur nouvelle arme.
Cette séquence s'achève par le raccord plastique (resté célèbre) associant le jet de l'os tournoyant en l'air à la procession d'un satellite artificiel .
Deuxième partie « Des vaisseaux dans l'espace » (« Tycho Magnetic Anomaly One », « TMA-1 »)
Cet acte débute dans l'espace par un ballet de vaisseaux spatiaux, illustré par la valse viennoise Le Beau Danube bleu de Johann Strauss.
vignette|Maquette de la navette spatiale lunaire Orion III du film.
En 1999, le docteur Heywood Floyd, un scientifique américain membre du « Conseil national d'astronautique », se rend en navette spatiale sur la Lune pour enquêter sur une extraordinaire découverte, gardée secrète par les Américains : les équipes de la base lunaire Clavius ont relevé, à proximité du cratère lunaire Tycho, une forte anomalie magnétique conduisant à l'excavation d'un monolithe noir de forme parallélépipédique, source de cette perturbation.
Lors d'une escale sur la station spatiale internationale 5, Floyd y rencontre des scientifiques russes qui s'inquiètent, apparemment de manière innocente, de l'interruption des communications vers Clavius depuis 10 jours, d'une interdiction d'alunissage là-bas et de rumeurs d'une épidémie dans cette base. Floyd ne dément pas la rumeur, se disant astreint au secret.
Arrivé à la base Clavius, Floyd anime une réunion du personnel dans laquelle il souligne la nécessité de garder le secret sur leur découverte. Sa mission consiste à enquêter pour rédiger un rapport sur cet artefact récemment découvert, le monolithe ayant été enterré près du cratère Tycho quatre millions d'années plus tôt.
Après un court voyage en navette lunaire, Floyd approche du cratère Tycho où se trouve le monolithe (illustré par le chœur musical Lux æterna de Ligeti). Tandis que lui et d'autres scientifiques l'examinent et en prennent des photos, le monolithe, au moment où il est éclairé par le soleil, émet une puissante onde radio en direction de la planète Jupiter.
L'objet, manifestement d'origine extraterrestre, aurait été volontairement enfoui dans le sous-sol lunaire quatre millions d'années plus tôt comme si les mystérieux extraterrestres, étant apparemment à l'instigation de l'évolution des australopithèques vers l'intelligence, avaient attendu que la technologie humaine permette à ceux-ci de voyager dans l'espace.
Troisième partie « La mission Jupiter, 18 mois plus tard » (« Jupiter mission, 18 month later »)
vignette|redresse=1.2|Image du vaisseau spatial Discovery One extraite de la bande-annonce du film. vignette|redresse=0.4|Réplique du panneau de .
En 2001, le vaisseau spatial Discovery One (« Explorateur 1 » en ), parti de la Terre trois semaines plus tôt, se dirige dans l'espace vers Jupiter au cours d'un voyage long de 750 millions de kilomètres.
L'équipage du Discovery One se compose de deux astronautes, David Bowman et Frank Poole, plus trois scientifiques qui dorment en biostase le temps du trajet. Les deux astronautes sont assistés par HAL 9000 (« CARL 500 » en , pour « Cerveau Analytique de Recherche et de Liaison »), un ordinateur de bord doté d'une intelligence artificielle.
Un jour, après une série de questions énigmatiques et insistantes de HAL au sujet du but de leur mission, l'ordinateur signale à Bowman qu'un élément du système de communication externe du vaisseau est sur le point de tomber en panne ; Bowman et Poole vont inspecter cet élément, une manœuvre périlleuse, mais ne trouvent aucune anomalie. L'ordinateur étant réputé infaillible, les deux astronautes s'inquiètent alors des conséquences de cette découverte sur le bon déroulement de la mission.
S'enfermant dans une capsule destinée aux sorties extravéhiculaires en pensant échapper à la surveillance de HAL, Bowman et Poole décident de déconnecter l'ordinateur pour parer à tout incident ultérieur. Mais HAL parvient à suivre leur conversation en lisant sur leurs lèvres ; interprétant leurs propos comme une menace pour son intégrité, et s'estimant en outre indispensable à la mission, HAL entreprend alors de se débarrasser de ses partenaires humains. Lors d'une nouvelle sortie dans l'espace de Poole, HAL prend le contrôle de sa capsule et le projette au loin dans l'espace, occasionnant à sa combinaison spatiale une avarie qui le prive d'air et le tue peu après. HAL profite ensuite de l'absence de Bowman, parti au secours de Poole à bord d'une autre capsule, pour désactiver les modules de biostase maintenant en vie les trois scientifiques du vaisseau, ce qui les tue.
vignette|gauche|Image tirée du film quand Bowman tente de récupérer Poole après sa mort.
Lorsque Bowman revient vers le vaisseau après avoir récupéré le cadavre de Poole, HAL refuse de le laisser entrer, lui expliquant qu'il met en péril la mission. Bowman réplique qu'il compte entrer par un accès de secours, mais HAL lui indique que sans casque , la chose est impossible. Conscient du risque, Bowman ouvre alors l'écoutille de sa capsule et utilise le système d'éjection pour se propulser dans le vaisseau, rétablissant la pressurisation et échappant de peu à l'hypoxie.
Bowman se dirige ensuite vers le « centre nerveux » de HAL et désactive un à un ses blocs mémoires pour le neutraliser, ne laissant activé que ses fonctions de base. Il découvre à cette occasion un message vidéo préenregistré du docteur Floyd, qui ne devait être diffusé qu'à la fin du voyage, relatant l'épisode du monolithe sur la Lune (les astronautes étaient maintenus dans l'ignorance de ce contexte, contrairement à HAL) et précisant que la mystérieuse onde radioélectrique d'origine extra-terrestre était pointée vers Jupiter.
Quatrième partie « Jupiter et au-delà de l'infini » (« Jupiter And Beyond The Infinite »)
Cet acte débute dans l'espace avec le requiem pour soprano de György Ligeti.