L'histoire des Juifs à Biłgoraj commence dans la seconde moitié du , avec l'octroi de privilèges par le propriétaire de la ville. La communauté va s'agrandir fortement jusqu'à représenter plus de 60 % de la population totale au début du . Plus de de ses membres vont être assassinés pendant la Shoah. Après la Seconde guerre mondiale, les survivants, principalement les Juifs qui ont réussi à fuir avec l'Armée rouge, ne retourneront pas à Biłgoraj. Il n'y a plus de communauté juive à Biłgoraj.
Biłgoraj est une ville du powiat de Biłgoraj de la voïvodie de Lublin, dans le sud-est de la Pologne. La ville compte actuellement un peu plus de .
Lors du troisième partage de la Pologne, la ville est incorporée à l'Autriche. Polonaise pendant la courte période napoléonienne, elle est attribuée à la Russie lors du congrès de Vienne en 1815. La ville redevient polonaise après l'indépendance de la Pologne en 1918. Envahie par l'Allemagne nazie dès le début de la Seconde Guerre mondiale, elle fera partie du Gouvernement général de Pologne. La ville est libérée en par l'Armée rouge.
Histoire de la communauté juive de Biłgoraj Les débuts de la communauté Dans la seconde moitié du , les Juifs ont commencé à s'installer à Biłgoraj. Ils sont mentionnés pour la première fois dans une lettre de 1597: Historia społeczności - Biłgoraj; site: Wirtualny Sztetl. Le , le propriétaire de la ville, Zbigniew Gorajski, le fils du fondateur de la ville, accorde aux Juifs un privilège leur permettant de s'installer librement en ville, ainsi que le droit d'acheter et de revendre des biens immobiliers et de construire des maisons dans tout Biłgoraj. Le privilège comprend également la permission de construire une synagogue et d'autres bâtiments communautaires dans la rue Krzeszowska, au bord de l'étang. Ces bâtiments doivent être exonérés d'impôts au profit du propriétaire de la ville. Un permis a également été délivré pour construire un cimetière à l'extérieur des limites de la ville. Conformément aux droits autonomes des Juifs de la République de Pologne, il les soustrait de la juridiction du tribunal et du conseil municipal, et nomme un juge distinct qui devra rendre des jugements avec la participation du doyen de la communauté juive. Il sera possible de faire appel de la condamnation auprès du propriétaire de la ville. Le , Gorajski confirme les droits accordés à la communauté juive.
Le développement de la communauté juive de la ville est entravé par les massacres de la période du soulèvement de Khmelnytsky en 1648–1649. En 1660, seuls douze Juifs vivent à Biłgoraj. En 1674, ils sont quarante sur de Biłgoraj. Le petit nombre d'habitants juifs retarde l'établissement d'une communauté établie. Les Juifs de Biłgoraj dépendent alors de la communauté de Szczebrzeszyn, ville distante d'une trentaine de kilomètres. Cela va changer à la suite du privilège accordé le par le nouveau propriétaire de la ville, Stanisław Antoni Szczuka. Ce privilège, destiné à empêcher les impôts excessifs perçus par les anciens du district de Chelm, abroge la juridiction de la communauté juive de Szczebrzeszyn sur les Juifs de Biłgoraj. Une communauté juive indépendante est alors établie à Biłgoraj.
En 1741, les Juifs de Frampol et de Radzięcin sont rattachés à la juridiction de la communauté juive de Biłgoraj. Cette décision est rendue possible par le propriétaire des deux villages Józef Butler.
Au , la ville contracte un prêt pour l'entretien de ses routes et de son système défensif. La population juive est réticente à prendre part à ces projets. Pour régler le problème, Jan Potocki crée un fonds qui devra être alimenté pour 1/3 par la communauté juive soit un peu plus de 100 zlotys et pour 2/3 par la population chrétienne.
Aux la plupart des habitants juifs de Biłgoraj pratique le commerce. En 1611, Zbigniew Gorajski, pour respecter les pratiques religieuses des Juifs, déplace le jour du marché du samedi au jeudi. En 1778, sur du Rynek (place du Marché), 56 appartiennent à des Juifs. Ils possèdent également des maisons rue Tarnogrodzka, rue Cerkiewna et rue Nadstawna, à côté de laquelle se trouvent le mikvé (bain rituel), une école et une synagogue. Les activités des marchands juifs suscitent l'opposition des artisans chrétiens. Ils portent plainte auprès des propriétaires de la ville contre des Juifs qui importent des marchandises qui font concurrence aux produits fabriqués par les guildes de la ville. En 1726, Stanisław Antoni Szczuka interdit l'importation à Biłgoraj de produits finis de cordonnerie d'autres villes et le commerce de ces produits. En , Eustachy Potocki punit Eliasz Nosynowicz, Berek Dawidowicz et Tedrys Bieniaszewicz pour avoir apporté des chaussures dans la ville et les avoir mises en vente. Les chaussures sont confisquées et les coupables condamnés à payer une amende de . En 1752, les autorités de la ville interdisent aux Juifs d'importer des écheveaux de laine et de les vendre.
Les Juifs de Biłgoraj sont aussi des artisans. Il y a une guilde juive de fourreurs, de tailleurs et de tisserands. Celle-ci doit payer une taxe de 8 złotys à la paroisse locale. Les juifs orthodoxes brassent également de la bière et distillent de la vodka. D'après le recensement de 1802, on dénombre parmi les Juifs, un vitrier et un tailleur, deux chapeliers, des boulangers, des bouchers et des cordonniers, ainsi que trois orfèvres.
En 1778, la ville compte , dont .
Avant la Première Guerre mondiale En 1819, sur de Biłgoraj, 616 sont juifs. Ils vivent principalement autour du Rynek (place du marché), et dans les rues Nadstawna, Cerkiewna, Tarnogrodzka, Morowa, Zatylna, Lubelska, dans le faubourg Lubelskie et sur la route Lubelskie: P. Sygowski: Żydzi w Biłgoraju w XIX wieku w świetle materiałów archiwalnych (1810–1875) (Les Juifs de Biłgoraj au à la lumière des documents d'archives (1810–1875)); in: Biłgoraj, czyli raj. Rodzina Singerów i świat, którego już nie ma (Biłgoraj, ou le paradis. La famille Singer et le monde qui n'existe plus); rédacteurs : Monica Adamczyk-Garbowska et B. Wróblewski; éditeur : Wydawnictwo Uniwersytetu Marie Curie Sklodowskiej ; 2005 ; Lublin ; page : 58 ; .
La plupart des Juifs de la première moitié du sont aubergistes, commerçants y compris dans le commerce du sel, et artisans. Les artisans sont principalement tailleurs, fabricants de tamis ou cordonniers. Il y a aussi des boulangers et des bouchers. Les Juifs les plus riches à cette période sont : Szmul El Szwerdszarf, un marchand de bois qui flotte le bois jusqu'à Dantzig; Dawid Lubliner, un entrepreneur en construction, propriétaire du plus grand immeuble en briques de Biłgoraj, qu'il louera comme hôpital de campagne au régiment de cosaques du Don; Josef Goldman, un marchand et financier; Abus Pelec, un commerçant; Herszel Szajnwald, un négociant en céréales, propriétaire d'un moulin à Rożnówka.
En 1864 Josef Goldman se voit octroyer le privilège de produire et de vendre de l'alcool. Quand huit Juifs de Biłgoraj accusent Goldman de les forcer à acheter de l'alcool de mauvaise qualité à un prix élevé, le litige est réglé par le gouverneur de Lublin qui ordonne à Goldman d'assurer une vodka de haute qualité, mais n'interdit pas à celui-ci de vendre de l'alcool.
En 1875, Szoel Gebet de la dynastie hassidique d'Izhbitza-Radzin (Izbica et Radzyń), s'installe à Biłgoraj en provenance de Szczebrzeszyn. La communauté juive de Biłgoraj se plaint auprès des autorités gouvernementales que Gebet proclame la Loi de Dieu et qu'il effectue l'abattage des animaux sans la permission du rabbin local. En réponse, le maire de la ville confisque à Gebet ses outils servant à l'abattage rituel.
En 1860, Biłgoraj compte , dont : Z. Kruszelnicka: Dzieje Biłgoraja (L'histoire de Biłgoraj); rédacteur: Jerzy Markiewicz, R. Szczygieł et W. Śladkowski; éditeur: Wydawn; Lublin; 1985; page: 107; . En 1899, la population de Biłgoraj s'élève à dont .
Le premier rabbin connu à Biłgoraj est Szmul Szmul (1740–1807). Il est remplacé par Eliahu Margules en 1805. Les rabbins suivants sont Mosze Cwi Hirsz Majzels, puis son fils Awigdor et son gendre Icchak Natan Nete Berliner. À partir de 1864, le poste est repris successivement par Nachun Palast, Szmul Engel de Galice, Jakub Mordechaj Zylberman (grand-père d'Isaac Bashevis Singer) et en 1913 par Józef Zylberman: “Bilgoraj” - Encyclopedia of Jewish Communities in Poland, Volume VII (Poland); Pinkas Hakehillot Polin: Bilgoraj; éditeur: Yad Vashem; Jérusalem. Josef Zylberman reste rabbin jusqu'en 1926, mais en raison de sa maladie, il ne peut pas accomplir toutes ses fonctions et c'est R. Chaim Hochman de la ville voisine de Krzeszów qui est chargé de le seconder.
Au début du , les juifs se sont spécialisés dans la fabrication de tamis. Sur les 377 ateliers fabricant des tamis situés à Biłgoraj, 376 appartiennent à des Juifs. Urysz Zylberberg, Mojżesz Wajsman, Icek Majer Warszawiak, M. Berger, J. Korensztajn, L. et W. Sznicer et Tuchaman sont les propriétaires des plus grandes usines de tamis de la ville. Parmi les marchands les plus riches figurent: Szmul Lajchert, commerce de marchandises coloniales; Lipa Wakszul, épicerie et grossiste; Chaskiel Kandel, Szloma Sztul, Berek Klajnminc et Szlafrok, détaillants; R. Majman, magasin de textile et Eljasz Enstein, pharmacien. La majorité des auberges et débits de boisson sont détenus par des Juifs, dont entre autres Gerszon et Fiszel Kielmanowicz, Jankiel Senders et J. Szarfman.
À cette époque, la communauté juive dispose d'une synagogue en brique construite en 1875 rue Lubelska: Rajmund Kloc: Gmina wyznaniowa i organizacje żydowskie w Biłgoraju w latach 1918-1939 (Communauté religieuse et organisations juives de Biłgoraj dans les années 1918-1939); page:33, de deux maisons d'enseignement, d'un mikvé, de deux cimetières, de quatre maisons de prière, d'une école Talmud Torah et d'un refuge pour pauvres et handicapés.
Pendant la Première Guerre mondiale, en 1916, est créée la première organisation sioniste à Biłgoraj]. Elle est dirigée par Oizerkes, un ancien officier de l'armée autrichienne, Aharon Berman; Honigboim; Leib Bramberg; Brafman; Eliyahu Groisman et d'autres. En 1917, elle célèbre avec éclat la déclaration Balfour : de nombreuses maisons sont alors décorées en bleu et blanc et affichent de grands portraits de Theodor Herzl: M. Oberhant, M. Groisman et A. Kronenberg: The Zionist Movement in Bilgoraj; traducteur de l'hébreu en anglais: Moses Milstein; site:Jewishgen.org. La vie juive à Biłgoraj
thumb|180px|right|Le rabbin Mordechai Rokeach
L'entre-deux-guerres La Pologne retrouve son indépendance en 1918, et le , les autorités polonaises créent la voïvodie de Lublin, qui à son tour est divisée en 19 districts. L'un des powiat de la voïvodie de Lublin est le powiat de Biłgoraj dont Biłgoraj devient la capitale. Cela entraîne un développement rapide de la ville. Gerson Gutwein devient le chef de la communauté juive, et le rabbin Mordechai Rokeach avec Moshe Zylberman comme rabbin associé, s'occupe des offices et des affaires religieuses. Rokeach exerce son poste de 1927 à 1939 et est le dernier rabbin de Biłgoraj. En 1921, Biłgoraj est habitée par , dont . Lors des élections au conseil municipal de Biłgoraj, le , les conseillers élus sont tous polonais. Les habitants juifs de la ville n'ont pas pu voter, car le comité électoral a annulé toutes les listes juives en argumentant leur décision que le polonais parlé par les candidats n'était pas satisfaisant. Les Juifs de Biłgoraj porte plainte au tribunal administratif de Varsovie, qui annule les élections. Les nouvelles élections se déroulent le . Les Juifs remportent en tout répartis entre: le mouvement orthodoxe Agoudat Israel – , L'organisation sioniste – ; les sionistes religieux de Mizrahi – ;, les Juifs non partisans - . Du 27 au , juifs associés à l'Union centrale des artisans juifs se mettent en grève et obtiennent l'introduction de la journée de travail de .