Marie-Antoinette (マリー・アントワネット) est une comédie musicale de Sylvester Levay et Michael Kunze. Il s'agit d'une œuvre romancée sur la vie de Marie-Antoinette d'Autriche, laquelle est mise en parallèle avec le destin d'une jeune fille du peuple, Margrid Arnaud. Le spectacle, produit par la Tōhō, a été créé pour la scène japonaise.

Résumé détaillé

Ouverture 1793.

Le spectacle s'ouvre sur le logo du spectacle, un M et A rouges sur un écusson doré, symboles de la reine de France Marie-Antoinette. Un brouhaha d'acclamations révolutionnaires, de plus en plus entêtant et agressif, se fait entendre. Des flammes sont projetées sur le rideau et dévorent les initiales. L'ombre d'une guillotine apparaît et la lame s'abat dans un bruissement funeste, plongeant d'un coup la scène dans le noir (プロローグ - Prologue).

Axel de Fersen entre en scène. Le comte suédois apprend par courrier le trépas de Marie-Antoinette. Avec émotion, il se remémore le parcours de la souveraine : son engagement marital à quatorze ans, son départ de l'Autriche, le rite de passage qu'elle subit où elle est mise à nue puis parée à la mode française ; leur rencontre lors du Bal de l'Opéra, alors qu'ils sont encore adolescents, et la passion immédiate qui en découle ; enfin, son emprisonnement, son procès expéditif et son exécution. Tout en reconnaissant le manque de discernement de Marie-Antoinette, Fersen loue la candeur, la générosité, la beauté et le romantisme absolu de la seule femme qu'il ait jamais aimée. Il se remémore alors les évènements survenus près d'une décennie en arrière (マリーアントワネット - Marie-Antoinette)...

Acte I 1784.

A Paris, lors d'un magnifique bal organisé au Palais-Royal par le duc d'Orléans, Marie-Antoinette fait une apparition remarquée : d'une beauté irrésistible, elle captive les invités et suscite l'admiration, voire l'envie, de ses pairs (なんという王妃 - Quelle reine !). Durant la soirée, elle retrouve avec joie son amant, le comte de Fersen, revenu de la guerre d'indépendance américaine.

En parallèle, la jeune mendiante Margrid Arnaud, une forte tête issue du Tiers état étrangement érudite, parvient à se glisser au Palais-Royal . Elle prend à partie la noblesse en leur exposant les souffrances du peuple. Lorsque Marie-Antoinette tente d'apaiser les tensions en lui proposant une coupe de champagne, Margrid prend cette offre comme une insulte et lui jette le vin au visage. Alors qu'elle devrait être punie pour cette offense, Marie-Antoinette en appelle à la clémence et affirme pardonner à la roturière. Cette dernière, piquée au vif, rétorque que le pardon n'est pas réciproque. Quelques invités, dont le coiffeur Léonard et la couturière Rose Bertin, jettent alors dédaigneusement des gâteaux à Margrid, l'humiliant encore davantage. Affamée, la jeune fille s'empare malgré tout des pâtisseries avant d'être mise à la porte (ケーキをお食べ - Mangez du gâteau).

Marie-Antoinette s'échappe un instant sur le balcon en compagnie de Fersen. Ce dernier la met en garde : il perçoit dans le royaume les prémices d'une révolution, similaire à celle qui a agité les États-Unis ; il lui explique que les mots et les idées sont bien plus dangereux que les armes. Mais Marie-Antoinette, toute à sa joie de le retrouver, refuse d'aborder des sujets si pénibles (あなたに続く道 - Le chemin qui me mène à vous). De leurs côtés, les invités oublient bien vite l'incident avec Margrid et préfèrent cancaner au sujet de Marie-Antoinette et Fersen (なんという王妃 , リプライズ - Quelle reine !, reprise).

Cet échec exacerbe la haine de Margrid, révulsée par l'arrogance et le dédain de la cour, envieuse de leur train de vie luxueux et insouciant. Elle finit par s'éloigner sous le regard songeur du duc d'Orléans. En chemin, la jeune fille décide de se battre pour une société libre, où chacun pourrait s'exprimer sans peur et où la pauvreté n'existerait plus, un monde de justice et d'égalité. Une fois arrivée dans son quartier misérable, après avoir hésité, elle partage les gâteaux avec ses voisins les plus démunis (100万のキャンドル - Un million de bougies). Dans les rues, la précarité est omniprésente et la Révolution gronde déjà. gauche|vignette|L'affaire du collier de la reine est l'un des faits historiques majeurs retranscrits dans la comédie musicale. De retour à Versailles, Marie-Antoinette reprend son train de vie dispendieux. Soucieux de la satisfaire et de s'enrichir, Léonard et Rose Bertin déploient tout leur art (王妃は最先端 - La reine est au sommet). La reine révolutionne ainsi la mode et impose les tendances, imitée par tous les nobles. Grâce à elle, la cour scintille de tous ses feux ; au cœur des dorures et des raffinements, les courtisans mènent une existence oisive, où le paraître et le divertissement règnent en maîtres absolus. La reine aime l'élégance, l'extravagance, la beauté et le luxe (輝ける王妃 - La reine radieuse). Tout le contraire de son époux : Louis XVI apprécie la discrétion, la solitude, le travail manuel et la chasse, il se rêve forgeron. D'une nature distraite et mélancolique, il se désespère de son statut de monarque et regrette de ne pas pouvoir vivre plus humblement, ce qui ne manque pas d'agacer sa femme (もしも鍛冶屋なら - Si j'étais forgeron). Soucieux, il demande à Marie-Antoinette de limiter ses dépenses, les caisses de l'état accusant de sérieux déficits. La reine y consent, un peu inquiète par le ton alarmiste du monarque. Le joaillier Böhmer se présente peu après. Il propose à Marie-Antoinette un superbe collier serti d'innombrables diamants, dont la souveraine s'entiche aussitôt. Se rappelant in extremis la précarité qui menace le royaume, elle finit par décliner, la mort dans l'âme (首飾り - Le collier). Dévasté par ce refus, Böhmer quémande l'appui de Léonard et Rose Bertin pour convaincre Marie-Antoinette de lui accorder un autre entretien. Or, ces derniers savent que les commandes risquent d'être moins nombreuses à l'avenir et préfèrent s'assurer que la reine privilégiera les perruques et les robes plutôt que cet onéreux bijou... Ils refusent de lui venir en aide.

De son côté, pour assurer sa survie et celle de ses semblables, Margrid dérobe du pain aux boulangers. Ces vols l'érigent en héroïne des bas-fonds (今夜から - A partir de ce soir). C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de l'écrivain Jacques Hébert. Celui-ci lui fait découvrir ses poèmes contre l'Autrichienne ; Margrid se met aussitôt à fredonner ses vers, ravie de dénigrer celle qui l'a ouvertement méprisée, et sa chanson est repris en cœur par les démunis (オーストリア女 - La femme autrichienne). Conquis par la jeune fille, Hébert lui suggère de venir avec lui, à la rencontre du duc d'Orléans. Margrid se montre surprise et méfiante mais l'auteur la rassure : le duc déteste la reine et est prêt à tout pour la faire chuter. Avant que Margrid ne puisse partir avec Hébert, elle est arrêtée par des soldats pour vol. Elle ne doit son salut qu'à l'intervention miraculeuse de Fersen. Ce dernier a reconnu la jeune fille intrépide du bal et n'a pas à cœur de la laisser finir à la Bastille. Elle lui promet de lui rendre la pareille un jour. Alors que la discussion se passe relativement bien, il laisse échapper que la jeune femme ressemble à la reine, ce qui engendre l'ire de Margrid. Elle lui rétorque qu'elle a grandi dans la misère, à Strasbourg : elle a passé sa jeunesse à récurer les demeures des riches pour un revenu dérisoire tout en subissant les coups et les brimades. Elle évoque la haine qu'elle a ressenti envers la souveraine en voyant cette dernière passer en carrosse, couverte de gerbes de fleurs et des plus belles étoffes, alors qu'elle-même n'avait rien. Sa vie et celle de Marie-Antoinette se sauraient être plus opposées (なぜ違うの なぜ - Pourquoi sommes-nous différentes, pourquoi ?)... Sentant la colère des mendiants monter, Fersen bat en retraite.

Marie-Antoinette, pour sa part, poursuit naïvement sa vie au palais. Un soir, alors qu'elle rend visite à son époux, elle le trouve en compagnie du docteur Guillotin, occupé à peaufiner un appareil d'exécution. La vue de la machine provoque une violente crise de panique chez Marie-Antoinette. Louis parvient à l'apaiser tant bien que mal. Ils sont rejoints par leurs enfants, Marie-Thérèse et Louis-Charles, ainsi que leur amie dévouée, la Duchesse de Lamballe. Marie-Antoinette partage alors un doux moment en famille en entonnant la berceuse que lui chantait son propre père, François Ier (明日は幸せ - Le bonheur viendra demain).

Dans un même temps, le duc d'Orléans et Hébert poursuivent leurs conspirations pour renverser le couple royal. Obnubilée par sa haine envers Marie-Antoinette, Margrid rejoint leur cause et prend part à leurs affaires en distribuant la presse et en chantant des airs paillards contre la reine (オーストリア女 , リプライズ - La femme autrichienne, reprise). Soucieux de s'enrichir, Hébert continue d'écrire ses pamphlets vulgaires sur la reine contre de l'argent versé par le duc ; Orléans, quant à lui, ambitionne de devenir roi (私こそがふさわしい - Je suis le plus qualifié). Soutenus par Madame de La Motte, le duc d'Orléans et ses complices lancent alors la fameuse « affaire du collier »... vignette|Le hameau de la Reine apparaît dans la comédie musicale durant deux chansons : il sert de cadre lors du rendez-vous galant entre Marie-Antoinette et Axel de Fersen puis à l'introspection de la souveraine suite à leur dispute. Ignorant le complot qui pèse sur elle, Marie-Antoinette convie Fersen dans son hameau. Ce dernier comprend que la reine s'est totalement enfermée dans un monde idyllique, loin de toute réalité. Leurs retrouvailles romantiques se soldent par une dispute : la souveraine refuse toujours d'écouter ses avertissements et le comte finit par partir, furieux (遠い稲妻 - Un éclair au loin). Restée seule, Marie-Antoinette se désespère de sa solitude et du fait que, jamais, elle n'a pu vivre selon ses choix et son cœur (孤独のドレス - Robe de solitude).

De son côté, le duc d'Orléans met son plan à exécution : il demande à Rose Bertin et Léonard de créer une toilette digne d'une reine pour Margrid, ces derniers ignorant totalement les manigances derrière cette commande (見た目が一番 - L'apparence compte plus que tout).

Quelques temps plus tard, lors de la mascarade féerique du Bal de l'Eté, le duc d'Orléans apparaît avec Margrid, magnifiquement vêtue et coiffée. Le subterfuge fonctionne : Margrid ressemble à s'y méprendre à la souveraine. Fersen et Marie-Antoinette, ignorant le drame qui se joue, se réconcilient et réitèrent leurs vœux amoureux (もしも - Si...). Au fil de la soirée, Margrid et ses acolytes parviennent à berner le cardinal de Rohan, lequel souhaite ardemment rentrer dans les petits papiers de la reine. Ils réussissent finalement à dérober le magnifique collier de Böhmer (首飾り 庭園で - Le collier dans le jardin).