Emilio Barrera Luyando (Burgos, 1869 - ibid., 1943) était un militaire et homme politique espagnol, impliqué durant les années 1930 dans plusieurs complots et coups d’État anti-républicains.

Après une carrière militaire dans des unités combattantes (dans la guerre hispano-américaine de 1898 et dans la guerre du Rif), il occupa, sous la dictature de Primo de Rivera, le poste de capitaine général de Catalogne (où il lutta avec efficacité contre le terrorisme catalan), tout en siégeant parallèlement à l’Assemblée nationale consultative. Hostile à la Seconde République nouvellement proclamée (1931), il s’impliqua dans plusieurs complots militaires, dont celui (avorté) de la Sanjurjada et celui ayant conduit à l’insurrection de juillet 1936, amorce de la guerre civile.

Biographie Entré en à l’Académie générale militaire, Emilio Barrera en sortit diplômé en avec le grade de sous-lieutenant et rejoignit en 1891 le corps d’état-major. En 1898, à l’éclatement de la guerre hispano-américaine, il sollicita d’être affecté à Cuba, mais, empêché par le blocus de s’incorporer dans les troupes sur l’île même, il rallia les unités combattantes à Porto Rico. Toutes ses promotions, depuis le rang de lieutenant-colonel jusqu’à celui de général de division, lui seront accordées pour mérites de guerre.

Il exerça par ailleurs comme sous-secrétaire du ministère de la Guerre en 1922 et comme aide de camp du roi Alphonse XIII.

Maroc En , il s’incorpora dans l’armée du Maroc, et devait y rester pendant . Il prit part ainsi à la guerre du Rif en tant que commandant général de Larache et fut amené à ce titre à diriger toutes les opérations militaires dans la partie occidentale du Protectorat. Du au , lors de la campagne de Melilla (février à ), il fut le premier à faire mouvement depuis Larache vers Tétouan par la forteresse du Fondak d’Aïn Yédida. Il prépara, alors promu au rang de lieutenant-colonel, le débarquement de Larache de ... Au titre de membre de l’état-major, il siégea dans la commission chargée d’étudier le débarquement d'Al Hoceïma de 1924.

Dictature de Primo de Rivera Nommé gouverneur militaire de Tarragone, il occupa ensuite, sous la dictature de Primo de Rivera, du jusqu’à 1930, le poste de capitaine général de Catalogne, en remplacement de Miguel Primo de Rivera, fonction dont il sera relevé après l’accession à la présidence du général Berenguer. Tout au long de son mandat, il s’attacha, et parvint, à juguler le terrorisme en Catalogne.

En , sur désignation directe de Primo de Rivera, Emilio Barrera devint membre, à titre de représentant pour compte propre (por derecho propio), de l’Assemblée nationale consultative, organe mis en place par la dictature primorivériste, et y siégea du (date de la première session dudit organe) jusqu’à son ultime séance, tenue le . Note : Emilio Barrera était membre de l’Assemblée consultative, et non du Congrès des députés, en dépit de ce qu’il est recensé dans les archives des membres historiques du Congrès, sans doute en raison de ce que l’Assemblée se trouvait hébergée dans le même édifice..

Il exerçait comme chef de l’état-major central (1930-1931) lorsqu’éclata le soulèvement de Jaca et allait tenir ce poste jusqu’à la proclamation de la Seconde République en .

Seconde République Après la proclamation de la Seconde République (), Emilio Barrera prit la tête des conjurations anti-républicaines les plus précoces tramées au sein du milieu militaire, aux côtés notamment des généraux José Cavalcanti et Miguel Ponte. En 1931, il apporta son concours à la constitution des décuries carlistes. En , il eut, en sa qualité de président par ancienneté d’un comité putschiste, un entretien avec l’ambassadeur d’Italie Ercole Durini di Monza.

Complot monarchiste (juin 1932)

À la fin de l’année 1931 se tramait un double complot : celui du général Sanjurjo (la Sanjurjada) et celui, monarchiste, de Barrera.. Le , le nom du général Barrera surgit dans la presse comme chef d’une conspiration monarchiste. Concomitamment à Barrera furent alors mis en détention au domicile du colonel Fuensanta, son beau-frère, puis écroués à Barcelone, le commandant Carlos Merino et l’ordonnance du ci-devant baron de Mora. ; le lendemain, le général Orgaz fut détenu aux Canaries., et deux jours plus tard fut appréhendé à Bilbao le capitaine Sabatel, en possession de à canon long et plus de ..

Sanjurjada (août 1932) Le , il s’engagea dans la Sanjurjada depuis Madrid.

Contraint à l’exil, il revint en Espagne en 1934. Dès mars de la même année, il entreprit un voyage à Rome, en représentation de l’Union militaire espagnole, et eut, en compagnie d’Antonio Goicoechea, de Renovación Española, et d’Antonio Lizarza et de Rafael de Olazábal, de la Communion traditionaliste, deux rencontres, l’une avec Italo Balbo, le , et l’autre avec Benito Mussolini, le 31, en vue d’obtenir une aide en armes (, à main et ) et de l’argent en espèces (un million et demi de pesetas) pour renverser la République. À noter que deux ans auparavant, les mêmes Barrera et Goicoechea avaient obtenu de Rome, pour le coup d’État d’, des armes qui toutefois n’étaient pas arrivées à temps.

En acceptant l’amnistie accordée aux conjurés de la Sanjurjada et en se rendant aux autorités espagnoles, Barrera avait pu se soustraire dans un premier temps à l’action de la justice, mais ne réussit pas ensuite à se dérober à la procédure judiciaire à long terme : en en effet, le Tribunal suprême prononça, comme résolution au procès relatif aux événements du , la condamnation à mort de Barrera, en tant que meneur le plus important de la rébellion, encore qu’il se soit vu aussitôt appliquer les bénéfices de l’amnistie...

Guerre civile Le , Emilio Barrera fut arrêté à Barcelone et emmené à la prison de Guadalajara, d’où il parvint cependant à s’évader pour se réfugier à l’ambassade de France, en se prévalant de sa condition de chevalier de la Légion d’honneur. Il se rendit ensuite à Burgos, où il fut nommé président du Tribunal supérieur de justice militaire d’Espagne, occupant ce poste jusqu’en , date à laquelle il alla, à l’âge de , rejoindre le cadre de réserve..

Décorations Grand Croix de l’ordre du Mérite militaire. Chevalier du Collier de l’ordre de Charles III. Ordre de la couronne de l’Annunziata (Italie). Croix et plaque de l’ordre de Saint-Herménégilde.

Références

Bibliographie . .

Catégorie:Personnalité politique espagnole du XXe siècle Catégorie:Militaire espagnol du XXe siècle Catégorie:Militaire espagnol du XIXe siècle Catégorie:Général espagnol Catégorie:Militaire de la guerre civile espagnole du camp nationaliste Catégorie:Capitaine général de Catalogne Catégorie:Militaire espagnol de la guerre du Rif Catégorie:Grand-croix avec collier de l'ordre de Charles III d'Espagne Catégorie:Naissance en janvier 1869 Catégorie:Naissance à Burgos Catégorie:Décès en mai 1943 Catégorie:Décès à Burgos Catégorie:Décès à 74 ans