vignette|200px|Les armoiries de la ville de Cognac se blasonnent ainsi : De gueules au cavalier casqué d'argent, sur un cheval de même, contourné, tenant un bâton d'argent terminé par une fleur de lis d'or ; au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or.Sur un sceau de la commune de Cognac datant de la fin du XIIIe siècle, figure un cavalier portant une masse d'armes. Sur le cachet de cire figurant sur une lettre patente de Louis XIII, de 1611, on retrouve le cavalier portant une massue (bâton de commandement du maire). En 1817, les armoiries furent modifiées, le cavalier porta un casque et un bâton fleurdelisé. On ajouta le chef d'azur et les trois fleurs de lis.. Devise : Civium fides fortitudo mea. Historique :Ces armoiries dans leur forme actuelle datent de 1817...
L'histoire de Cognac commence à la préhistoire comme le montrent les vestiges du Paléolithique supérieur mis au jour à la grotte de La Trache tout à côté de Cognac et se poursuit au Néolithique comme le prouve la présence du dolmen de Séchebec dans la ville même. Des vestiges de l'Antiquité gallo-romaine retrouvés montrent la continuité de l'occupation humaine à Cognac. Le site de la ville est celui d'une confluence ce qui laisse à penser que le Condate qui figure sur la Table de Peutinger pourrait être le Cognac antique. À l'époque mérovingienne comme à l'époque carolingienne, le site a été occupé par l'homme mais c'est au XIe siècle que l'on trouve la plus ancienne mention écrite désignant le lieu Commiaco puis Conniaco qui devint par la suite Cognac. La ville se développa au Moyen Âge autour de son château et de son prieuré bénédictin. La seigneurie de Cognac fut tantôt possession française, tantôt possession anglaise jusqu'à la fin du XIVe siècle où rattachée au comté d'Angoulême, elle échut à la famille d'Orléans. Le plus illustre de ses membres naquit à Cognac et devint roi de France, en 1515, sous le nom de Fançois Ier. C'est à l'époque moderne que d'habiles Cognaçais allaient permettre à la ville - par la fabrication d'un alcool - d'acquérir une renommée mondiale. Depuis lors, le cognac fait la prospérité de la ville. L'histoire de Cognac ne saurait cependant se résumer à l'histoire du cognac...
Préhistoire
Paléolithique, la grotte de La Trache
vignette|gauche|200px|La Trache, grotte n°2 Le territoire de la commune fut habité depuis le Paléolithique. Sur le territoire de la commune de Châteaubernard, voisine de Cognac, au lieu-dit La Trache, une première grotte a été fouillée vers 1890 par Henri Germain. On y a découvert des artefacts du Paléolithique supérieur (époque du Magdalénien) ainsi qu'une dent qui aurait appartenu à l'homme de Néanderthal. Tout le matériel archéologique de cette fouille a été perdu.
En 1959 à la suite de la découverte par des apprentis spéléologues d'un squelette et d'une lance dans une seconde grotte, toujours à La Trache, Des fouilles ont été entreprises. Furent mis au jour des artefacts du Moustérien ou de l'Aurignacien. Dans la couche inférieure des os de faune paléolithique archaïque et des outils grossiers ont été retrouvés. La couche moyenne ne comportait plus qu'un squelette complet mais en aurait renfermé au moins sept. Il était accompagné d'un poignard en cuivre, d'une pointe de flèche en silex, d'un morceau de poinçon en os et de parures, dentales et perles.
Parmi les fragments osseux retrouvés, 598 ont pu être rapportés à divers animaux, des herbivores, le grand bœuf sauvage ou aurochs, le renne, le cheval (Equus caballus), l'âne ancien ou hydrontin, le rhinocéros à narines cloisonnées et des carnivores, hyène des cavernes, ours des cavernes, renard polairePoulain, Faune provenant de la grotte de La Trache 2 Bulletin de la société préhistorique française,1962, par Persée, antilope saïgaÉtienne Patte, 1941 ; Koby, 1958..
La couche supérieure renfermait des tessons de céramique campaniformeBurnez, Riquet, Poulain, La Grotte n°2 de La Trache, Bulletin de la société préhistorique française,1962, par Persée.
Néolithique, le dolmen de Séchebec
vignette|200px|Dolmen de la cité du dolmen à Cognac
Des artéfacts archéologiques datant de l'époque néolithique ont été mis au jour sur le territoire de la commune de Cognac, à Crouin, Saint-Martin et La Trache.
L'élément le plus visible de cette période est le dolmen de Séchebec situé en ville, dans cité du dolmen. Dans les environs de Cognac, se trouvent encore plusieurs autres dolmens : le dolmen de Garde-Épée à Saint-Brice, le dolmen de la Combe des Dames à Châteaubernard, le dolmen de Saint-Fort-sur-le-Né et le dolmen des Courades à Saint-Même-les-Carrières.
Des fouilles archéologiques effectuées en 1958, ont permis de mettre au jour des ossements humains correspondent à une dizaine d'adultes et quatre enfants au moinsNicholas Bayne, Claude Burnez, Timothy Gee et Raymond Riquet, « Le Dolmen de Séchebec à Cognac (Charente) » in Bulletin de la Société préhistorique française, 1966, volume 63, pages 545-564 - lire en ligne sur Persée. Le matériel lithique découvert correspond à soixante-deux outils en silex (pointes de flèches, couteaux, éclats, lames, grattoir) et un fragment de meule dormante. Deux poinçons et un fragments d'un troisième composaient l'outillage en os. Les éléments de parure retrouvés se composent d'une centaine de dentales, de coquillages (nucella lapillus... la construction du dolmen pourrait dater de ~3400 av J.C. (Culture de Peu-Richard).
Antiquité
C'est dans l'Antiquité gallo-romaine que le nom Cognac s'est formé. Il vient du latin Conniacum qui viendrait lui-même du nom d'un domaine ayant appartenu à une famille nommée Connius (nom de famille latin dérivé du gaulois Connus).
Il pourrait aussi s'agir du site Condate, mansio ou simple mutatio (sorte de relais de poste) sur l'ancienne voie romaine de Saintes à Périgueux dite « chemin Boisné » reliant Mediolanum Santonum (Saintes) à Vesunna (Périgueux), inscrit sur la table de Peutinger. Cette interprétation a été mise en doute par certains qui placeraient plus volontiers ce Condate sur le site de Merpins ou de Crouin. Le nom de Cognac, située au confluent de la Charente et de l’Antenne, pourrait cependant correspondre (Condate est un toponyme gaulois pour désigner une confluence).
vignette|gauche|120px|Antoninien de Tetricus II Les sites gallo-romains sont nombreux à Cognac et dans ses environs. Sur la rive gauche de la Charente, la villa de Chatenay qui comporte en bord de fleuve l'aménagement d'un quai. D'autre part, il subsiste plusieurs signes d'occupation humaine datant de l'époque romaine dans la ville même de Cognac, le long du canal Jean-Simon et près de la fontaine Saint-Martin. Sur la rive droite, tout un habitat romain était édifié à la confluence de la Charente et de l'Antenne.
Les vestiges les plus importants sont ceux qui ont été fouillés au lieu-dit, la Haute-Sarrasine : une villa de plus de de long, occupée du au . On y a retrouvé la trace d'une dizaine de bassins servant aux activités agricoles, viticoles ou artisanales. Y ont été mises au jour 101 monnaies, dont 21 sesterces des règnes de Trajan à Commode, et 78 antoniniens réguliers et irréguliers, des règnes de Gallien à Tetricus II. De la céramique sigillée de luxe ou de semi-luxe de la fin du IIIe siècle, ainsi que des outils en fer (deux petites serpes et deux serpettes ou guignettes) on également été retrouvées..
Moyen Âge
Haut Moyen Âge, Saint-Martin, village mérovingien et carolingien
Des traces attestent l'existence au faubourg Saint-Martin d'un petit village mérovingien puis carolingien autour d'une source, lieu de culte païen, la « fontaine Saint-Martin », près de laquelle fut édifiée une chapelle au , dédiée à saint Martin. La petite église romane actuelle date du XIe siècle. Chaque année jusqu’au XVIIe siècle, les pèlerins venaient y prier. Des fouilles pratiquées le long du flanc sud de l’église ont révélé l'existence d'une vaste nécropole et ont permis d’exhumer plusieurs couches de sépultures dont certaines remontent à l’époque mérovingienne. Cette nécropole a été utilisée du ..
Afin de protéger les rives de la Charente des raids vikings, vers le milieu du Xe siècle, Itier de Villebois, vassal de Guillaume Taillefer, comte d'Angoulême, fit construire le castrum de CognacPierre Martin-Civat, Le Château royal de Cognac, Poitiers, Imprimerie P. Oudin et E. Beaulu, 1972. Un bourg se forma alors autour du castrum.
Moyen Âge classique, Cognac sur la route de pèlerinages
On trouve les premières mentions écrites de l'existence de Cognac au XIe siècle : Commiaco vers 1075-1101 (Cart. égl. Ang.) ; Conniaco vers 1080 ; Cumniaco (Cart. St-J.-d'Ang.) ; Comprniacum 1270 (Cart. Barb.).
vignette|gauche|200px|Façade de l'église Saint-Léger de Cognac. Vers l'an 1000, Itier et Arnaud de Villebois fondateurs de la dynastie des Arnaldides, s'installèrent sur le futur site de Cognac et y construisirent un petit castrum en bois.
En 1016, ce sont les moines bénédictins venus de l'abbaye Saint-Léger d'Ébreuil qui s'installèrent sur les hauteurs de la ville. Le prieuré Saint-Léger fut fondé en 1031 par Itier II, seigneur de Cognac. Il a été partiellement détruit durant la guerre de Cent Ans puis durant les guerres de religion. L'église prieurale dédiée à saint Léger fut construite en pierre à partir de 1130, en style roman et fut modifiée au XIIIe siècle (voûtes d'ogives), aux (rose flamboyante de la façade).
Au cours du Moyen Âge, Cognac se trouvait sur un itinéraire secondaire fréquenté par les pèlerins se rendant au sanctuaire de Saint-Jacques-de-Compostelle et ceux allant vénérer les reliques de saint Eutrope à Saintes depuis le Limousin et le Périgord, itinéraire longeant de la Charente par Angoulême.
Bardon Ier, seigneur de Cognac participa à la Première croisade et à la prise de Jérusalem, en 1099. Son fils, Itier IV fonda, en 1148 l'abbaye cistercienne Notre-Dame de La Frenade. Itier V aurait fondé, vers 1170, l'aumônerie Saint-Jacques pour les pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle. Cette aumônerie était construite à l'emplacement de l'actuelle église Saint-JacquesLe nom de ce quartier évoque peut-être ce passé jacquaire. L'église Saint-Jacques fait partie des sept églises de Charente vénérant Jacques le Majeur. Les autres églises sont Saint-Jacques d'Aubeterre, de Conzac, de L'Houmeau à Angoulême, de Roussines, de Salles-de-Barbezieux et de Tusson, toutes situées sur ces chemins de pèlerinage secondaires.. Itier V fut le dernier seigneur de Cognac de la dynastie des Arnaldides, sa fille Amélie de Cognac fut placée sous la tutelle de Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, dont les Arnaldides étaient vassaux. Elle épousa Philippe de Cognac, fils illégitime du roi Richard. C'est aussi à cette période que le château fut reconstruit en pierre et qu'une première fortification encerclant le bourg fut construite.
En 1204, Philippe de Cognac vendit les trois seigneuries de Cognac, Jarnac et Merpins à son oncle, Jean sans Terre, roi d'Angleterre qui avait épousé Isabelle Taillefer, héritière du comté d'Angoulême. Jean sans Terre séjourna à Cognac en 1200, 1202 et 1214. Il accorda à la ville de Cognac une charte communale, en 1215 et détacha la seigneurie de Cognac du comté de Poitiers pour la rattacher au comté d'Angoulême, son épouse, Isabelle Taillefer était l'héritière du comté d'Angoulême. En 1226, après dix ans de conflit, leur fils, le roi Henri III d'Angleterre céda à sa mère remarié avec Hugues de Lusignan, les seigneuries de Cognac, Jarnac et Merpins. A son décès, le , les châteaux de Cognac, Archiac et Merpins ainsi que les vignobles des Borderies au nord de Cognac allèrent à son fils Guy de Lusignan.