Le musée des soieries Brochier est consacré à l'histoire de la maison de soierie lyonnaise Brochier Soieries. Il est situé au 18 quai Jules-Courmont, dans le Grand Hôtel-Dieu sur les quais du Rhône, dans le 2e arrondissement de Lyon en France.
Ouvert en 2022, il retrace l'histoire de la maison Brochier depuis sa fondation en 1890 par Jean Brochier. Le musée présente l'évolution des savoir-faire de la maison dans le domaine de la soierie ainsi que ses collaborations avec des artistes et des maisons de haute couture et ses recherches dans le domaine des textiles techniques.
Création du musée En janvier 2022, Cédric Brochier, dirigeant de la maison Brochier Soieries, entreprend la création d'un musée consacré à l'histoire de l'entreprise familiale et à son activité dans le domaine de la soierie lyonnaise.
Le projet est conçu comme un moyen de présenter l'histoire contemporaine de la soierie à partir du point de vue du fabricant, en s'appuyant sur les archives et les collections constituées par la maison Brochier au cours de son histoire.
Implantation dans Lyon vignette|Le musée des soieries Brochier est situé dans le Grand Hôtel-Dieu, sur le quai Jules-Courmont. Le musée des soieries Brochier est situé dans le Grand Hôtel-Dieu, sur le quai Jules-Courmont. Le musée ne constitue donc pas un bâtiment indépendant : son implantation s'effectue dans un ensemble architectural historique reconverti en complexe accueillant notamment des commerces, des activités culturelles, des restaurants et un hôtel.
Le Grand Hôtel-Dieu constitue l'un des ensembles architecturaux majeurs de Lyon. Sa façade donnant sur le Rhône, longue d'environ 250 mètres, appartient principalement à l'ensemble du XVIIIe siècle conçu d'après les plans de Jacques-Germain Soufflot. Le grand dôme constitue l'un des éléments emblématiques du site.
Le choix de cet emplacement permet au musée d'associer l'histoire de la soierie lyonnaise à un site patrimonial majeur de la ville.
Ouverture Le musée ouvre au public en juin 2022 mais son inauguration officielle a lieu le 29 novembre 2022. À son ouverture, le parcours présente 130 ans d'histoire de la maison Brochier et retrace l'activité de quatre générations de la famille dans la fabrication, le tissage et l'impression de tissus en soie."4 générations, 9 Brochier et plusieurs centaines de milliers de mètres de soie tissée et imprimée pour les plus grands noms de la haute couture et des arts de ce siècle."Le musée propose des visites libres ainsi que des visites guidées en différentes langues et des activités consacrées aux techniques de la soie.
Collections et fonds Le parcours du musée s'appuie principalement sur les archives et les collections de Brochier Soieries. La maison conserve un fonds de plus de 100 000 dessins textiles dont plus d'un millier sont encore exploités à ce jour dans les ateliers d'impression situés au cœur de Lyon. Ce fonds comprend des motifs issus de différentes périodes de l'histoire de l'art ainsi que des créations réalisées par le studio de dessin textile de l'entreprise.
Relations avec les artistes et les créateurs Les collections présentées permettent notamment d'évoquer les relations entretenues par la maison avec des artistes et des créateurs.
À partir des années 1950, la maison Brochier Soieries développe notamment des collaborations avec des artistes associés à la galerie Maeght. Des œuvres de Joan Miró, Georges Braque, Alberto Giacometti et Marc Chagall sont ainsi adaptées sur des carrés de soie imprimés au cadre à la lyonnaise. Les générations suivantes poursuivent ces collaborations avec d'autres artistes, parmi lesquels Daniel Buren, Yan Pei-Ming, Yayoi Kusama, Robert Combas et Jeff Koons."Les réalisations sur étoffes de soie des grands maîtres Miró, Calder et Cocteau sont autant de témoignages des liens forts qui unissent de nombreux artistes à la famille Brochier."Le musée présente également des exemples de tissus destinés à la haute couture. Le parcours évoque les relations de la maison avec Paul Poiret, Raoul Dufy, Hubert de Givenchy, Christian Dior, Yves Saint Laurent, Christian Lacroix et Valentino. Certaines pièces de haute couture réalisées à partir de tissus Brochier sont présentées au sein du musée.Découvrir "les robes de Hubert de Givenchy, Christian Lacroix, Valentino, Yves Saint Laurent, Nicolas Fafiotte créées avec les tissus des Soieries Brochier. Lamé du Poète, Taffetas Libellule, Mousseline Madona, Satin Duchesse, autant de noms de tissus d’exception qui ont fait rêver les grands couturiers en commençant par Paul Poiret accompagné du peintre et dessinateur textile Raoul Dufy."
Recherches contemporaines vignette|La société Brochier SA tisse le radôme de l'avion Concorde en fibre de verre. Premier vol effectué le 2 mars 1969.
Une autre partie du parcours est consacrée aux recherches et aux applications techniques développées par la maison. Le musée évoque notamment l'adaptation du métier Jacquard à la production de textiles techniques destinés à différents domaines, parmi lesquels l'aéronautique et l'exploration scientifique. Sont notamment mentionnés le Concorde, le Radeau des cimes et les ballons-sondes du programme spatial lié à Vénus. Le parcours présente également des recherches plus contemporaines associant la soie à des fibres optiques."Le fil de soie se tisse désormais avec la fibre optique pour la réalisation des tissus de demain."
Parcours muséal Le parcours muséographique est organisé autour de plusieurs thèmes correspondant aux principales dimensions de l'activité de Brochier Soieries : l'histoire de la maison, la fabrication et l'impression des étoffes, les relations avec les artistes, les collaborations avec la haute couture et le développement de textiles techniques.
Le musée met particulièrement en avant le rôle du fabricant de soieries, présenté comme l'intermédiaire entre les différents métiers nécessaires à la réalisation d'une étoffe. Le soyeux définit les collections, sélectionne les matières et les fils, coordonne les différentes étapes de production et assure la relation avec les maisons de couture et les autres commanditaires.
Cette approche distingue le musée d'une présentation générale de l'histoire de la soie à Lyon, visible notamment au Musée des Tissus et à la Maison des Canuts.
Place du musée dans l'histoire de Brochier Soieries Le musée s'inscrit dans l'histoire de la maison Brochier Soieries, fondée en 1890 par Jean Brochier. Son fils Joseph reprend ensuite l'entreprise et l'oriente vers les tissus de haute nouveauté. Au cours du XXe siècle, la maison développe des relations avec les grandes maisons de couture et avec le monde artistique. En 1953, Joseph Brochier commence notamment une collaboration avec le galeriste Aimé Maeght, qui conduit à la réalisation d'œuvres imprimées sur soie avec plusieurs artistes modernes.
En 1968, la direction de la maison est transmise à Jacques Brochier qui collabore notamment avec Yves Saint Laurent. À partir de 1986, Cédric Brochier développe à son tour des collections de carrés de soie réalisées avec des artistes contemporains. Le musée inscrit ces différentes périodes dans un même récit consacré à quatre générations de la famille et à l'évolution des activités de l'entreprise.
Expositions Outre son parcours permanent, le musée des soieries Brochier propose des expositions temporaires portant principalement sur la soierie, le textile mais aussi les arts décoratifs.
Une collection de velours façonnés, Brochier Soieries et Bianchini Férier À partir du 10 novembre 2023, le musée des soieries Brochier présente une exposition portée sur les velours façonnés.
Origines du projet vignette L'histoire commence en 2022 lorsque Cédric Brochier est contacté par Liliane Gaubin pour la réalisation d'un carré de soie à l'occasion du 125ème anniversaire de l'Alliance française de Chicago. Lors du premier rendez-vous, Liliane Gaubin questionne Cédric Brochier sur l'origine de quelques échantillons de tissus qu'elle a aperçus sur le grand mur recouvert de robracks du bureau lyonnais. Elle croit reconnaître des tissus Bianchini Férier que sa mère Catherine Gaubin achetait à Buenos Aires dès 1971 pour la confection de robes haute couture.
Voyage aux Etats-Unis Liliane Gaubin dispose d'une collection de plus de 1000 robes ayant appartenu à sa mère. Elle invite Cédric Brochier à parcourir cette collection à Chicago pour identifier les pièces qui auraient pu être réalisées dans les tissus de la maison. Lors de leur rencontre quelques mois plus tard à Chicago, cinq robes en velours façonné de Bianchini Férier sont authentifiées. Liliane Gaubin décide d'en faire don au musée.
Retracer l'histoire De cette rencontre exceptionnelle naît l'envie de réunir des robes confectionnées dans les velours de soie des maisons Brochier Soieries et Bianchini Férier afin de présenter au public les tissus qui firent leur renommée.
Des recherches sont lancées aux Etats-Unis pour trouver d'autres robes confectionnées dans les tissus de la maison. Onze robes sont ainsi dénichées de San Francisco à Chicago en passant par New-York, Los Angeles et San Diego : Chanel, Valentino, Michael Casey, James Galanos, Caroline Charles, Guy Laroche..."C'est ainsi que j'ai été présentée à Madame Gaubin pour la première fois en 1971 en quête d'une robe pour le mariage de sa fille. Elle est devenue ma plus chère cliente et la plus privilégiée [...] Les tissus de la maison Bianchini Férier étaient très connus et jouissaient d'une réputation sophistiquée."Interview de Mme Pila Pena, couturière argentine de Buenos Aires dont l'atelier de couture réalisa les robes de Mme Catherine Gaubin.
130 de soie, d'or et d'argent À partir du 1er octobre 2026, le musée des soieries Brochier ouvre une nouvelle exposition autour des fils de soie, d'or et d'argent.
Travail historique des fils métalliques Le travail des fils métalliques constitue l’un des savoir-faire textile associés à l’histoire de la maison Brochier Soieries. En outre, la maison développe des étoffes associant soie et fils métalliques destinés à la haute-couture et à la création artistique contemporaine. alt=Les ors d'Yves Saint Laurent|vignette|Chez Yves Saint Laurent, la soie constitue le support textile tandis que les fils d'or et d'argent apportent lumière, relief et richesse à la surface du vêtement. A Lyon, le tissage d'étoffes associant soie, or et argent appartient à une longue tradition de la Fabrique lyonnaise. Ces étoffes sont produites à Lyon dès l'époque moderne pour les cours européennes, les décors monumentaux ou les ornements liturgiques. Au cours du XXe siècle, Brochier Soieries développe des tissus intégrant des fils métalliques afin de répondre aux demandes de créateurs de mode tels que Jean Patou, Jeanne Lanvin, Gabrielle Chanel, Yves Saint Laurent, Valentino Garavani, Christian Dior, Vicky Tiel ou encore Geoffrey Beene. Ainsi, l'aspect des textiles varie en fonction de la lumière, du tissage ou de la composition des fils selon les volontés de chaque maison de haute-couture.
Lamé du poète Suite à toutes ces collaborations, Brochier Soieries développe un nouveau tissu pour Yves Saint Laurent : le lamé du poète.
Il s'agit d'un lamé or conçu pour associer l'aspect brillant des matériaux métalliques à la légèreté et la fluidité de la soie. La maison de soierie développe ainsi une construction associant des éléments métalloplastiques à une base en soie, rendant le tissu plus souple que les lamés traditionnels, favorisant des tombés fluides. Yves Saint Laurent aura recours au lamé du poète pour de nombreuses créations mais l'exemple le plus notable n'en demeure pas moins la robe "Cléopâtre" réalisée en 1990, contribuant à la notoriété de l'étoffe.
Fils métalliques et création contemporaine