Avigdor Liberman (en ; nom et prénom de naissance, en , Evik Lvovitch Liberman), né le à Kichinev (RSSM, URSS), est un homme politique israélien.

Originaire de Moldavie, Avigdor Liberman immigre en Israël à l'âge de 20 ans, en 1978, puis réside depuis les années 1990 dans la colonie de Nokdim, en Cisjordanie.

Après avoir été membre du Likoud, il crée et dirige le parti d’extrême droite Israel Beytenou, dont il est la tête de liste aux des élections législatives de 2006, de 2009 et de 2015.

À partir de 2001, dans les gouvernements d’Ariel Sharon, d’Ehud Olmert et de Benyamin Netanyahou, il est plusieurs fois ministre (Infrastructures, Transports, vice-Premier ministre et Affaires stratégiques, Affaires étrangères, Défense). Sa rupture avec Netanyahou met celui-ci en difficulté et permet la formation du gouvernement Bennett, dans lequel Avigdor Liberman devient ministre des Finances.

Personnalité ultranationalistehttps://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/05/30/israel-le-leader-d-extreme-droite-lieberman-devient-ministre-de-la-defense_4929272_3218.html, il est controversé en raison de ses positions anti-arabes et belliqueusesAvigdor Lieberman, populiste, belliqueux et anti-arabe, L'Écho, 14 novembre 2018.Quand l’extrême-droite défend la laïcité en Israël, Le Monde, 26 mai 2019.Israël : le centriste Benny Gantz échoue à former un gouvernement, France Culture, 21 novembre 2019.Ces hommes qui tiennent le sort d’Israël, Le Temps, 29 février 2020..

Biographie Situation personnelle Avigdor Liberman naît sous le nom d'Evik (ou Evit) Lvovitch Liberman à Kichinev, dans une famille juive russophone de Moldavie soviétiqueCyrille Louis, « Avigdor Liberman, le glaive d'Israël », Le Figaro Magazine, semaine du 6 janvier 2017, page 24. ; il s'appelle Evik en l'honneur d'Eva, une de ses grand-mères.

Sa mère est Esther Markovna et son père Lev Yankelevitch Liberman. Comme Juif de Bessarabie, Lev Liberman est, jusqu'en 1940, citoyen roumain et membre de l'organisation sioniste de jeunesse Betar. Envoyé au front dans les rangs de l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier par les Allemands. On ignore comment Lev survécut à sa captivité, mais cela lui vaut d'être déporté par le NKVD en Sibérie pour s'être laissé capturer par l'ennemi (ce qui, à l'époque stalinienne, est considéré comme une « trahison »). À son retour de déportation, Lev se marie et devient le père d'Evit.

En Moldavie soviétique, le jeune Evit étudie à l'Institut agronomique de Kichinev et travaille pour une courte période à Bakou (Azerbaïdjan), avant de partir pour Israël en 1978http://www.knesset.gov.il/mk/eng/mk_eng.asp?mk_individual_id_t=214. Après avoir fait son service militaire comme caporal de Tsahal, il est diplômé d'un baccalauréat universitaire en arts, en relations internationales et en sciences politiques à l'université hébraïque de Jérusalem. Au cours de ces études, il se bat deux fois avec les membres d’un groupe d’étudiants arabes. Durant ses premières années en Israël, il exerce plusieurs métiers, notamment à l'aéroport Ben Gourion et comme videur dans une boîte de nuitGoogle.com.

Marié, père de trois enfants et habitant la petite colonie de peuplement de Nokdim, en Cisjordanie, Avigdor Liberman parle l'hébreu, le yiddish, le russe, le roumain et l'anglais.

À partir de 1999, il est rédacteur en chef d'une revue intitulée Yoman Yisraeli.

Parcours politique Départ du Likoud Il occupe un poste à la direction du Likoud de 1993 à 1996, puis la fonction de directeur de cabinet du Premier ministre Benyamin Netanyahou de 1996 à 1997, rompant avec lui cette année là, jugeant sa politique trop conciliante vis-à-vis des Palestiniens.

Dans les années 1990, il se fait le porte-parole des juifs russophones arrivés en Israël. Il devient ainsi une personnalité éminente pour les Israéliens d'origine russe.

En 1999, il fonde le parti russophone Israel Beytenou et est élu député à la Knesset. Il reproche au Premier ministre travailliste Ehud Barak de négliger diplomatiquement la Russie, dont il espère influencer la politique étrangère en la soutenant « dans sa lutte contre le terrorisme islamiste en Tchétchénie », sans succès toutefois.

Gouvernements Sharon thumb|left|Avigdor Liberman et Condoleezza Rice en 2006. En , il fait entrer son parti dans la coalition gouvernementale menée par le Likoud d'Ariel Sharon : il est nommé ministre des Infrastructures nationales. Il en démissionne en . Lors de la seconde Intifada, en 2002, il appelle au bombardement des stations d'essence, banques et centres commerciaux palestiniens. En , il devient ministre des Transports. Il déclare peu après à propos des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes : ..

Il s'oppose au plan de désengagement des territoires occupés et propose, en , un plan alternatif prévoyant une séparation entre Juifs et Arabes pour créer deux États ethniquement homogènes.. Il soutient la solution à deux États avec échange de territoires (certaines villes israéliennes à majorité arabe seraient données à l’État palestinien alors que certaines implantations juives seraient données à Israël). Peter Beinart écrit, dans son essai critique de l'establishment juif américain : « Il n’y a pas besoin d’être paranoïaque pour voir le lien entre l’idéologie actuelle d’A. Liberman et ses anciennes positions. Plus vous dépouillez les Arabes israéliens de protection légale, plus vous les accusez de trahison, plus une politique d’expulsion devient alors justifiable ». Ce point de vue est condamné par Ariel Sharon et les adversaires d'Avigdor Liberman lui reprochent d'être populiste et démagogue.. Le , alors que la tension monte autour du plan de désengagement de la bande de Gaza, Ariel Sharon limoge Liberman du gouvernement.

Gouvernement Olmert Aux élections législatives de 2006, son parti profite de l'effondrement du Likoud de Benyamin Netanyahou et remporte 11 sièges à la Knesset. En , Avigdor Liberman s'exprime en faveur d'une action israélienne contre l'Iran, dont le programme nucléaire et les discours de son président, Mahmoud Ahmadinejad, sont considérés comme des menaces pour l'existence de l'État d'Israël.

Le , son parti signe un accord avec Kadima et entre dans la coalition au pouvoir. Avigdor Liberman est nommé ministre des Affaires stratégiques, avec rang de sixième vice-Premier ministre dans le gouvernement Olmert. Le , Avigdor Liberman quitte le gouvernement afin de s'opposer aux négociations de paix avec les Palestiniens, lancées le à la conférence d'AnnapolisYisrael Beïteinu quitte le gouvernement d'Ehud Olmert Le Monde 16 janvier 2008. Il rompt également la coalition entre Kadima et son parti, Israel Beytenou. En 2009, il critique l'opération Plomb Durci pour l'insuffisance des moyens employés pour vaincre le Hamas.

Gouvernements Netanyahou thumb|gauche|upright|Avigdor Liberman et Sebastian Kurz en 2014. Après les élections législatives de février 2009, en obtenant 15 sièges, son parti devient le troisième parti de la Knesset, devançant le Parti travailliste (13 sièges). Il devient alors un interlocuteur indispensable des deux grandes formations, le Likoud et Kadima, en vue de former une coalition qui sera à même de mener le pays. Il apporte son soutien à Benyamin Netanyahou et est coopté avec son parti dans le gouvernement de coalition du centre et de la droite. Il devient ministre des Affaires étrangères, son activité provoquant des tensions avec les pays voisins, notamment l'ÉgypteIsraël et l'Égypte luttent pour le Nil, Infos Eau, mis en ligne le 11 septembre 2009.

Le , la police israélienne recommande au procureur général de l'État, Menahem Mazouz, d'inculper Avigdor Liberman pour « blanchiment d'argent », « corruption », « fraude », « subornation de témoins » et « entrave à la justice » dans le cadre d'une enquête, ouverte une dizaine d'années auparavant, sur le financement de certaines de ses campagnes électorales« La police recommande d'inculper Avigdor Lieberman », NouvelObs.com, mis en ligne et consulté le 2 août 2009.. Inculpé le , il démissionne quelques jours plus tard du gouvernement.. Il est finalement acquitté des charges de corruption pesant sur lui le William Booth, « Israeli politician Avigdor Lieberman acquitted of corruption charges », in washingtonpost.com, 6 novembre 2013., et retrouve son poste de ministre des Affaires étrangères le à la suite d'un vote à la Knesset, 62 députés votant pour, 17 contre« Avigdor Lieberman redevient ministre israélien des affaires étrangères », in france24.com, 11 novembre 2013.. En désaccord avec ce verdict, la procureure chargée du dossier, Avia Alef, démissionne du parquet. Elle affirme que Liberman avait des au sein de l'enquête, ce qui lui a permis d'être acquitté..

Avigdor Liberman met fin à la coalition entre le Likoud et son parti le .. La même année, il propose un plan de paix jugé réaliste par la gauche et les États-Unis ; pour certains observateurs, il tente ainsi de s'attirer le soutien d'électeurs centristes. En 2015, selon plusieurs sources israéliennes et palestiniennes, il aurait rencontré secrètement Mohammed Dahlan, ancien homme fort du Fatah évincé en raison de sa rivalité avec le président Mahmoud Abbas.

Le , au cours d’un meeting électoral se tenant dans la ville d'Herzliya, Avigdor Lieberman déclare que les Arabes israéliens qui ne sont pas fidèles à Israël doivent être décapités : « Ceux qui sont de notre côté méritent beaucoup, mais ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache ». Il estime en outre que tous ceux qui dénoncent la politique d'Israël menée contre les Palestiniens méritent d'être condamnés à mortAvigdor Lieberman veut décapiter à la hache les Arabes israéliens infidèles à la patrie.. À la suite de ces déclarations, l'Autorité palestinienne demande à la Cour pénale internationale d'émettre un mandat d'arrêt contre lui.. Le , le Jerusalem Post reprend la déclaration suivante d'Avigdor Lieberman, faite à l'université Bar-IIan de Tel Aviv : « Nous devons continuer à combattre le Hamas exactement comme les États-Unis ont combattu le Japon lors de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, l'occupation du pays n'a pas été nécessaire ».. Il a également déclaré que les Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes devraient ..

thumb|Avigdor Liberman en 2017. Il est nommé ministre de la Défense le , à la suite de la démission de Moshe Ya'alon bien qu'il ait affirmé que Netanyahou était et un peu auparavantLieberman, un va-t-en-guerre à la Défense, Libération, 22 mai 2016.Israël: Netanyahou donne encore un coup de barre à droite, Le Soir, 19 mai 2016.. Il conditionne sa participation au gouvernement à l'instauration de la peine de mort pour les « terroristes » et à la réforme des retraites. Sa nomination suscite des critiques en raison de son inexpérience militaire et de ses propos controversés. Michel Abitbol, historien d'Israël, déclare ainsi à son propos : . C'est la première fois qu'un russophone occupe une fonction aussi élevée au sein d'un gouvernement israélien.

Il qualifie en une conférence internationale sur le Proche-Orient organisée par la France de et estime qu’. Ces propos sont dénoncés par le Conseil représentatif des institutions juives de France. Il apporte son soutien en 2017 à Elor Azaria, un soldat condamné pour avoir exécuté d'une balle tête d’un Palestinien blessé gisant au sol qui avait attaqué des soldats israéliens, et assiste au début de son procès.

Le , il estime qu' et que le soldat israélien ayant tué le caméraman , qui couvrait la Marche du retour, devrait recevoir une promotion pour son acte..

Dans l'opposition à Netanyahou Le , il démissionne de son poste de ministre après la conclusion d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Il qualifie l'accord de . Israel Beytenou se retire alors de la coalition gouvernementale« Israël : Avigdor Lieberman, le ministre de la Défense, démissionne après le cessez-le-feu à Gaza », 20minutes.fr, 14 novembre 2018..