Les forces terrestres roumaines (en ) sont la composante principale des forces armées roumaines, les deux autres étant les Forces navales et les Forces aériennes . Comme ailleurs les gendarmes et les garde-frontières sont rattachés aux forces terrestres.

Missions Les forces terrestres représentent la composante la plus importante des forces armées roumaines et sont chargées de l'exécution de diverses actions militaires, à caractère terrestre ou aéromobile, dans n'importe quelle zone ou direction. Les forces terrestres doivent, indépendamment ou avec d'autres branches militaires roumaines, mener des opérations et des batailles défensives ou offensives, pour la capture ou la destruction d'un ennemi, faisant partie de structures militaires nationales ou multinationales. Une partie des unités qui composent la structure opérationnelle actuelle des Forces terrestres doit être en mesure de mener des opérations militaires hors du territoire national, en collaboration avec les forces militaires internationales.

Histoire vignette|200x200px|Gheorghe Magheru. L'histoire des forces armées roumaines est celle des États qu'elles ont eu à défendre (voir histoire de la Roumanie) : Valachie, Dobrogée, Moldavie, Royaume de Roumanie, Roumanie communiste et Roumanie démocratique. Ces forces terrestres ont eu à combattre, pendant toute la période ancienne, contre les Ottomans et les Tatars : leurs actions ont permis de sauvegarder l'autonomie des Principautés roumaines, qui, contrairement à ce que montrent par erreur beaucoup d'atlas historiques occidentaux, n'ont jamais été des provinces turques, mais des États pourvus de leurs propres institutions, lois, princes et forces armées, seulement tributaires de l'Empire ottoman. Ces anciennes forces militaires étaient traditionnellement organisées en arcaşi (archers), călărași (cavalerie régulière), roșiori (chevau-légers), dorobanți (infanterie régulière), panduri (pandoures, franc-tireurs irréguliers), pușcași (mousquetaires réguliers), et tunari (artillerie régulière) ; on y trouvait aussi des auxiliaires irréguliers, les arnaoutes (mercenaires) et les răzeși (engagés volontaires). À partir du , ces forces ont été engagées dans les , tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, les premières créations d'armées roumaines indépendantes ayant été faite par Tudor Vladimirescu lors de la révolution valaque de 1821 et par Gheorghe Magheru lors de la révolution roumaine de 1848. Cependant, Magheru a ordonné à ses troupes de se dissoudre lorsque les forces ottomanes ont envahi Bucarest pour arrêter la révolution.

Les forces terrestres roumaines ont été fondées le par l'unificaton des forces armées des principautés danubiennes de Moldavie et Valachie. C'est lors de la dixième , celle de 1877-1878, que l'action militaire de l'armée roumaine contre l'Empire ottoman a abouti à la reconnaissance, par la communauté internationale, de l'indépendance de la Roumanie et c'est pourquoi cette guerre est appelée en Roumanie la « guerre d'indépendance ». Les campagnes suivantes furent une participation à la deuxième guerre des Balkanique contre la Bulgarie (qui brisa l'amitié bulgaro-roumaine née des renaissances culturelles bulgare et roumaine), à la Première Guerre mondiale contre les puissances centrales (dans laquelle l'armée roumaine remporta les batailles décisives de Mărăști et Mărășești, évitant ainsi une occupation totale du pays), à la coalition antibolchevique de 1919 contre la Hongrie communiste (qui valut à la Roumanie des tracés frontaliers avantageux au traité de Trianon), à la Seconde Guerre mondiale (dans l'Axe contre l'URSS jusqu'en 1944, puis aux côtés des Alliés contre l'Axe en 1944-45, ce qui valut au pays de recouvrer la Transylvanie du Nord qu'un arbitrage de Hitler avait, en 1940, attribuée à la Hongrie). Lorsque le Parti communiste roumain prit le pouvoir le , il procéda à une sévère épuration de l'armée qui fut soviétisée par un remplacement quasi-intégral des gradés, qui n'épargna que les deux divisions roumaines Alliées « Tudor Vladimirescu » et « Horia-Cloșca-Crișan » ayant combattu en URSS durant toute la guerre aux côtés de l'Armée rouge. Alors que la Roumanie était occupée par l'URSS, l'armée roumaine fut placée sous commandement soviétique et intégrée le au pacte de Varsovie. Avec la dislocation de l'URSS et la chute des régimes communistes en Europe, le pacte de Varsovie se trouva de facto dissous.

Depuis la fin des années 1990, le retour à de nouvelles formes de guerre froide a incité la Roumanie à rejoindre l'OTAN le . La conscription a été abolie, la professionnalisation achevée et une modernisation des équipements est en cours.

Guerre d'indépendance roumaine droite|vignette|200x200px|Troupes roumaines prenant la redoute de Grivitsa. Les forces terrestres roumaines actuelles ont été formées en 1859, immédiatement après l'union de la Valachie et de la Moldavie, et ont été commandées par Alexandru Ioan Cuza, Domnitor de Roumanie jusqu'à son abdication en 1866. En 1877, à la demande du Nicolas Constantinovitch de Russie l'armée roumaine se plaça sous commandement intégré russe et, dirigée de jure par le roi , combattit dans ce qui allait devenir la guerre d'indépendance roumaine. Ils ont participé au siège de Pleven et à plusieurs autres batailles Télégramme de Nicolas Constantinovitch de Russie au roi roumain Carol I : A venit vremea să interveniți deoarece Turcii, îngrămădind cele mai mari trupe la Plevna, ne nimicesc (« Il est temps que vous interveniez car les Turcs, massant les plus grandes troupes à Pleven, nous anéantissent »)..

Seconde Guerre des Balkans L'armée roumaine est entrée dans la Deuxième guerre balkanique contre la Bulgarie, à laquelle elle arracha la Dobroudja du Sud (à la population surtout turque, mais aussi bulgare, et presque pas roumaine). Bien que quelque ont été mobilisés, les Roumains n'ont rencontré que très peu de résistance en Bulgarie car ce pays était alors en train d'affronter ses autres ennemis dans le sud, et c'est pourquoi l'historiographie bulgare parle de . Au cours de cette guerre, l'armée roumaine a subi une épidémie de choléra qui fit ..

Première Guerre mondiale gauche|vignette| Maréchal Alexandru Averescu. Le , le Royaume de Roumanie déclare la guerre à l'Empire allemand et à l'Autriche-Hongrie et entre ainsi dans la Première Guerre mondiale à la suite du succès initial de l'offensive Broussilov (offensive russe majeure contre les puissances centrales sur le front de l'Est). Les armées roumaines entrent en Transylvanie austro-hongroise tandis que les forces russes entrent en Bucovine et en Galicie. Cependant, les forces allemandes sous le commandement du général Erich von Falkenhayn bloquent l'attaque en et repoussent les forces russo-roumaines. Dans le même temps, les forces austro-hongroises, bulgares et ottomanes envahissent le sud de la Roumanie, anéantissent les forces roumaines à Tutrakan et conquièrent fin 1916 la partie sud du pays (la Valachie, avec la capitale Bucarest). Les forces roumaines, dirigées par le maréchal Constantin Prezan, se replient dans la partie nord-est de la Roumanie (Moldavie) et transfèrent la capitale à Iași. À l'été 1917, alors que la toute jeune république russe voit son armée se débander, Prezan défend avec succès les territoires roumains restants contre les forces allemandes et austro-hongroises dirigées par le maréchal August von MackensenVincent Esposito, Atlas of American Wars, Vol 2, carte n° 40. Le général Alexandru Averescu mène la deuxième armée lors de la victoire à la bataille de Mărăști ( au ), tandis que les généraux Constantin Cristescu et Eremia Grigorescu, logistiquement soutenus par la mission française Berthelot, mènent la armée à la victoire à la bataille de Mărășești ( au ).

Toutefois, à la suite de la révolution russe, la Roumanie, isolée, à bout de munitions et incapable de poursuivre la guerre, est forcée de signer le traité de Bucarest avec les puissances centralesJohn Keegan, World War I, pg. 308.. Plus tard, en 1919, l'Allemagne renonça, dans l'article 259 du traité de Versailles, à tous les avantages qu'elle avait obtenus au Traité de Bucarest en 1918. Après l'offensive réussie sur le front de Thessalonique, qui mit la Bulgarie hors de combat, la Roumanie rentra dans la guerre le , veille de l'armistice en Occident.

Guerre antibolchévique en Hongrie Alors que l'Autriche-Hongrie se disloque, en , la proclame l'. Plus tard, en , la République soviétique hongroise tente d'essaimer à travers des républiques communistes-sœursJózsef Breit, « Hungarian Revolutionary Movements of 1918-19 and the History of the Red War », Vol. I of Main Events of the Károlyi Era, Budapest 1929, . au BanatJean-Paul Bled, art. « Le Banat : panorama historique » dans Études germaniques , vol. 3, 2012, , doi=10.3917 - eger.267.0415, . et en Slovaquie.. Cela débouche sur la formation, le , d'une coalition franco-roumaine, franco-serbe, tchéco-slovaque et hongroise conservatrice de Gyula Peidl et Miklos HorthyJózsef Breit : Hungarian Revolutionary Movements of 1918-19 and the History of the Red War, : Main Events of the Károlyi Era, Budapest 1929, . : cette coalition antibolchévique de l'été 1919 balaie, sous le commandement des généraux Gheorghe Mărdărescu et Traian Moșoiu, la République des Conseils qui aura duré . L'armée roumaine victorieuse occupe Budapest en et permet ainsi à Miklós Horthy de prendre le pouvoirRobert O. Paxton, Le fascisme en action, Seuil, 2004, )..

La Seconde Guerre mondiale Avec les puissances de l'Axe droite|vignette|200x200px|Infanterie roumaine en marche en 1943 vers le Front de l'Est. En , l'occupation soviétique de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord affaiblit le régime carliste et favorise en l'accession au pouvoir du maréchal) Ion Antonescu autoproclamé « Pétain roumain »Mihai Pelin, Antonescu, le Pétain roumain et ses guerres, Ed. Iosif Constantin Drăgan, Venise 1988. et Conducător (« Guide »). Un état fasciste se met en place et signe le pacte tripartite avec les puissances de l'Axe, participant ensuite à l'attaque contre l'URSS en 1941 aux côtés de la Wehrmacht. Le « Groupe d'armées Antonescu » était composé le de la armée, de la armée, du corps d'armée et de la division d'infanterie. La armée comprenait le corps d'armée ( et divisions d'infanterie), le corps de cavalerie, le corps de chasseurs alpins, deux bataillons d'artillerie distincts, une unité d'assistance technique et le commandement de coopération de l'armée de l'air. La armée se composait du corps d'armée, du corps d'armée, du corps d'armée (deux brigades de forteresse) et du commandement de la coopération de l'armée. Le corps d'armée au niveau du groupe d'armées, dirigé par le général de division Nicolae Macici, contrôlait les et divisions d'infanterie et la brigade de cavalerie. De plus, la division blindée a été formée pour servir sur le front de l'Est. La première offensive du groupe d'armées, en collaboration avec la armée, l'opération München, a permis à la Roumanie de reprendre le territoire immédiatement à l'est du Dnister, ancienne partie de la Moldavie. Les armées roumaines ont vu leurs premières grandes batailles à Odessa et Sébastopol, et en 1942, elles ont avancé avec d'autres forces de l'Axe plus profondément dans le territoire soviétique lors de l'opération Fall Blau. Début novembre, les troupes de montagne roumaines sous le commandement du général de brigade Ioan Dumitrache prennent Naltchik, le point le plus éloigné de l'avancée de l'Axe dans le Caucase.