vignette|Manifestation pour les droits des personnes transgenre à l'Université de Cardiff. La notion de génocide transgenre (en anglais : ou ), et plus précisément de génocide des personnes transgenres, est un concept forgé par les personnes transgenres, qui désigne les discriminations systémiques et les violences transphobes organisées au niveau étatique, quels que soient les pays, conduisant à la mort ou la disparition des personnes trans.
Reconnaissance de la transidentité
Alors que le sexe biologique (mâle, femelle, intersexe) désigne l'anatomie du système reproducteur d'une personne et les caractéristiques sexuelles secondaires, le genre fait référence au rôle social d'une personne (appelé « rôle de genre ») en fonction de son sexe biologique ; ainsi l'identité de genre d'une personne (homme, femme, non binaire…) peut ne pas correspondre à son genre assigné à la naissance..
Dans l'histoire de l'humanité, il n'existe pas de consensus universel sur la distinction entre sexe biologique et genre. En Occident, à partir de l'Antiquité tardive, la conception majoritaire fut cisnormative. Cette approche évolue à partir de la fin du : des pays commencent à reconnaître la diversité des identités de genres, faisant progressivement la distinction entre sexe et genre...
Hors Occident, de nombreuses cultures connaissent des identités de genre multiples et fluides. Jusqu'à la colonisation européenne des Amériques à partir du , un troisième genre (tel que la bispiritualité) était accepté et reconnu par plusieurs groupes autochtones.. On trouve également des personnes à la frontière du masculin et du féminin en Polynésie.
Dans l'Arabie préislamique et dans les premières années du monde arabo-musulman, les mukhannaths étaient une catégorie d'hommes efféminés désirant changer de sexe. Leur intégration dans la société oscillait entre des périodes de persécutions et des moments de paix, principalement parce que ces personnes pratiquaient le plus souvent la musique et le chant, activités suspectées de corrompre les bonnes mœurs...
La théorie sociologique contemporaine de la colonialité du genre attribue les persécutions des personnes LGBT+ dans de nombreux pays à l'adoption de la vision cisnormative et hétéronormative européenne lors de la colonisation, avec la destruction des anciennes catégories de genre pour les faire correspondre à la binarité stricte homme/femme occidentale. (Mais dans le monde arabo-musulman, les mukhannaths ont été persécutés avant toute colonisation européenne et les individus LGBT le sont encore en raison des prescriptions religieuses du Coran).
Déroulé
Réactions Droit international Plusieurs spécialistes du droit désirent l'élargissement de la définition de génocide pour protéger les minorités de genre, faisant valoir que les discriminations, persécutions et violences institutionnalisées en raison du genre correspondent aux caractéristiques du génocide, tel que le terme est défini par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide..... D'autres voix se sont élevées pour élargir la définition de crime contre l'humanité afin d'inclure les personnes transgenres, ainsi que pour la promotion et la préservation des droits des personnes trans et intersexes.., afin que les lois y portant atteinte soient reconnues comme .
Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, signé en 1998, inclut les condamnations pour persécutions fondées sur le , mais il ne fait référence aux et aux que dans le sens mâles et femelles ; de fait, il va théoriquement exclure les personnes transgenres en cas de plaintes déposée à la Cour pénale internationale.. Valerie Oosterveld attribue cette définition étroite à la pression exercée par plusieurs États arabes, le Saint-Siège et différentes organisations non gouvernementales.
Bioéthique vignette|, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de 2010 à 2016. La stérilisation forcée des personnes transgenres, afin d'obtenir une reconnaissance légale, est qualifiée par divers chercheurs, dont la théoricienne politique Anna Carastathis, de violation des droits reproductifs, d'eugénique et de génocidaire.. Sur l'ampleur de cette pratique dans les pays européens, elle cite un rapport de 2013 du rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.. Une étude menée en 2021 a révélé que beaucoup de personnes interrogées pensent que la recherche génétique pourrait aboutir à une sorte d’« eugénisme » qui, de fait, « éliminerait » les personnes transgenres, tandis que certains répondants craignent que, dans les régions plus transphobes, la recherche génétique et la recherche médicale sur les personnes transgenres ne conduise à un « génocide médical »....
Recherche universitaire Des spécialistes dans l'étude des génocides font remarquer que les lois discriminatoires et les violences envers les personnes transgenres restent largement tolérées par rapport aux autres minorités... La est très critiquée, et ils pointent aussi que l'importante violence envers les femmes trans est dans une logique génocidaire, allant jusqu'à essayer de détruire leurs cadavres..
La philosophe politique Anna Carastathis estime que la stérilisation obligatoire des personnes trans par de nombreux États, afin de finaliser la procédure légale, est déjà une pratique eugéniste et génocidaire, violant les droits reproductifs.
En , des experts en génocide sonnent l'alarme en ce qu'ils voient les signes d'un début de génocide transgenre aux États-Unis. Selon eux, l'administration Trump souhaite , accusant la communauté transgenre de corrompre les valeurs traditionnelles et familiales ; elle les marginalise économiquement et socialement, en partie pour les pousser au suicide, et donne tacitement l'autorisation aux forces de l'ordre d'utiliser la violence spécifiquement contre eux. Les experts en génocide Gregory Stanton et Haley Brown expliquent que ces tactiques sont à l'idéologie nazie.. En , le a émis une « alerte rouge » citant des augmentations record de la législation anti-trans et a déclaré que
Milieux militants vignette|. Message de la militante @lucy.thinks.aloud dans une vidéo TikTok de . sont les premiers à parler d'un « génocide transgenre », afin de décrire les discriminations et la violence auxquelles les personnes trans doivent faire face, au niveau national comme au niveau mondial....
Laura McQuade, présidente du Planned Parenthood de New York, a dénoncé les propositions de Donald Trump, durant sa première présidence, pour mettre fin à la reconnaissance légale des personnes trans au niveau fédéral comme pouvant conduire à un génocide..
Recevabilité et critique de la notion La notion de ne répond pas actuellement aux critères de génocide tels qu’établis par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide ; en effet les groupes protégés par le traité ne sont que les groupes à caractère .
Ainsi, en 2015, Bernie Farber, expert en génocides et ancien président du Congrès juif canadien, reconnaît qu'il existe de envers les personnes trans, mais il conteste l'utilisation de la notion de « génocide », estimant que cela est le . Il rejette le fait que lesdits crimes pourraient entrer dans les caractéristiques du génocide, estimant qu'il s'agit de crimes haineux comme ceux dont sont victimes les migrants..
Toutefois des militants LGBT et des spécialistes du droit souhaitent élargir cette définition pour y inclure les personnes trans.
Références
Articles connexes
Transidentité et transphobie Génocide
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