Seignelay Colbert de Castlehill, né le à Inverness (Écosse) et mort le à Londres, est un homme d'Église et homme politique français, d'origine écossaise, des .
Le prénom Charles est une invention tardive du dictionnaire de biographie française. Dans les très nombreuses lettres qu'il a écrites dans sa vie, Colbert de Castlehill a toujours signé Seignelay, un prénom que sa famille écossaise lui avait donné pour signifier leur parenté avec les Colbert de France.
Biographie
Originaire de Castle hill, c'est-à-dire le quartier autour de la colline de la fortification d'Inverness Histoire de la Colline du château, Spirit Spiorad., le jeune écossais fut envoyé en France dès son jeune âge. Il appartient à la famille écossaise des . Cette famille était de confession presbytérienne. Des généalogistes avaient fait croire à Jean-Baptiste Colbert qu'il descendait de cette famille, ce qu'avaient confirmé les Cuthbert, soucieux de se rapprocher du grand ministre de , établissant ainsi des liens entre ces deux familles largement mythiques. Il entra dans les ordres et fut nommé vicaire général du diocèse de Toulouse par Loménie de Brienne. Il devint abbé commendataire de l'abbaye du Val-Richer, et tardivement de celle de Sorèze,
Le , il succéda à Champion de Cicé, comme évêque de Rodez. Il fonda dans cette ville des conférences d'agriculture, une école d'ingénieurs, un cours d'accouchement, améliora les routes, dota Villefranche d'un quai et d'une promenade, Millau d'une esplanade et d'un lavoir, se fit remarquer par son goût pour les sciences, et devint membre de l'académie de Montauban.
Président de l'assemblée provinciale de la Haute-Guienne, réunie à Villefranche, il fut appelé par aux deux assemblées des notables.
Le , il fut élu par la sénéchaussée de Rodez député du clergé aux États généraux. Tout d'abord, il inclina du côté du tiers état, se prononça pour la réunion des trois ordres, et fut un des sept évêques qui, dans la séance du , vinrent déposer leurs pouvoirs sur le bureau de l'Assemblée nationale.
Il fut nommé commissaire de la salle des séances (questeur), et fit partie des comités du règlement et de l'extinction de la mendicité. Dans la discussion relative aux dîmes ecclésiastiques, il se prononça pour le maintien du . D'autre part, au nom du comité des recherches, il opina favorablement à une demande de la commune de Paris, tendant à obtenir l'autorisation de pénétrer dans le palais de Versailles pour l'instruction relative aux événements des 5 et 6 octobre. Colbert-Seignelay parla encore sur l'organisation communale et départementale, et appuya l'institution des cantons.
Le projet de constitution civile du clergé le rejeta parmi les partisans de l'Ancien Régime : il refusa le serment, s'associa dès lors à toutes les protestations de la droite, et, après la session de la Constituante. Son clergé en Aveyron sera aussi particulièrement réfractaire : sur , seulement 120 seront jureurs après la condamnation du serment par le pape en 1792.
Il se décida à émigrer. Il se rendit à Londres, où il passa le reste de ses jours, refusant de rentrer en France en 1802, résistant aux propositions du pape qui demandait aux évêques de se démettre de leur siège afin de pouvoir traiter avec le gouvernement français. Colbert refuse le Concordat signé entre et le pape . Il provoque alors un schisme qui aboutit à la création de la Petite Église. Plusieurs communautés de l'Aveyron, du Lot et du Cantal se joignent à celle-ci.
Seignelay Colbert de Castle-Hill serait devenu secrétaire de , ce qui parait très improbable compte tenu que ne se réfugia en Angleterre qu'en .
Armoiries
Lignée épiscopale Seignelay Colbert de Castle Hill (1781) Étienne-Charles de Loménie de Brienne (1761) Paul d'Albert de Luynes (1729) l'archevêque Louis de La Vergne-Montenard de Tressan (archevêque de Rouen) (1718) Olivier Jégou de Kervilio (1694) l'archevêque Jean-Baptiste-Michel Colbert de Saint-Pouange (1675) l'archevêque Charles-Maurice Le Tellier (1668) Antonio Barberini (Jr.), O.S.Io.Hieros. (1655) l'archevêque Giovanni Battista Scanaroli (1630) Luigi Caetani (1622) Ludovico Ludovisi (1621) l'archevêque Galeazzo Sanvitale (1604) Girolamo Bernerio, O.P. (1586) Giulio Antonio Santorio (1566) Scipione Rebiba
Notes et références
Annexes Bibliographie
Articles connexes Liste des évêques de Rodez ; Histoire de l'Aveyron ; Petite Église ; Abbaye du Val-Richer ; Liste des députés des États généraux de 1789, par ordre, bailliage et sénéchaussée ; Liste alphabétique des membres de l'Assemblée constituante de 1789 ; Liens externes
Colbert de Castlehill en son temps, Recherches et débats sur la vie de l’évêque de Rodez
Seignelay 1735 Catégorie:Naissance en août 1735 Catégorie:Naissance à Inverness (Écosse) Catégorie:Évêque de Rodez Catégorie:Député français du clergé en 1789-1791 Catégorie:Émigré sous la Révolution française Catégorie:Décès en juillet 1811 Catégorie:Personnalité morte en exil Catégorie:Décès à 76 ans