La Semaine sanglante est une chanson révolutionnaire de Jean Baptiste Clément, écrite en 1871 à Paris où il combattait pour la Commune de Paris, et chantée sur l'air du Chant des Paysans de Pierre Dupont.

Elle dénonce le massacre des communards par les Versaillais (armée régulière répondant aux ordres du gouvernement légal du pays, dirigé par Adolphe Thiers et qui siégeait à Versailles) durant la Semaine sanglante, derniers jours de la Commune.

Historique Écrite en à Paris juste après les événements de la Semaine sanglante (21 au ), Jean Baptiste Clément publie sa chanson seulement quatorze ans plus tard, en 1885, dans un ouvrage édité par souscription intitulé Chansons de J.-B. Clément. Ce recueil de chansons est d'ailleurs dédié .

Interprètes La chanson a été reprise par différents artistes et groupes : Germaine Montero Marc Ogeret en 1969, réédition sur l'album CD Autour de la Commune en 1994, compilation, Florilège de la chanson populaire française, Disques Vogue. Serge Kerval en 1970, Complaintes et ballades de France, n°5. Les Quatre Barbus, La Commune de Paris (1970). Francesca Solleville en 1971, réédition sur l'album CD La Commune en chantant en 1988, Disc AZ. Rosalie Dubois, Chants de révolte (1978). Zap en 1989. Michèle Bernard en 1973 sur Le temps des crises. L’histoire de France à travers les chansons Les Amis d'ta femme, Noir... et rouge aussi un peu, 2003. La Compagnie Jolie Môme

Musique Elle est composée par Pierre Dupont pour l'air du Chant des PaysansMémoire de la chanson - 1100 chansons du Moyen Âge à 1919, réunies par Martin Pénet. Éditions Omnibus, 1998. .

Paroles

La Semaine Sanglante Sauf des mouchards et des gendarmes, On ne voit plus par les chemins, Que des vieillards tristes en larmes, Des veuves et des orphelins. Paris suinte la misère, Les heureux mêmes sont tremblants. La mode est aux conseils de guerre, Et les pavés sont tout sanglants.

Oui mais ! Ça branle dans le manche, Les mauvais jours finiront. Et gare ! à la revanche Quand tous les pauvres s’y mettront. Quand tous les pauvres s’y mettront.

Les journaux de l'ex-préfecture Les flibustiers, les gens tarés, Les parvenus par l'aventure, Les complaisants, les décorés Gens de Bourse et de coin de rues, Amants de filles au rebut, Grouillent comme un tas de verrues, Sur les cadavres des vaincus.

On traque, on enchaîne, on fusille Tous ceux qu’on ramasse au hasard. La mère à côté de sa fille, L'enfant dans les bras du vieillard. Les châtiments du drapeau rouge Sont remplacés par la terreur De tous les chenapans de bouges, Valets de rois et d'empereurs.

Nous voilà rendus aux jésuites Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup. Il va pleuvoir des eaux bénites, Les troncs vont faire un argent fou. Dès demain, en réjouissance Et Saint-Eustache et l’Opéra Vont se refaire concurrence, Et le bagne se peuplera.

Demain les manons, les lorettes Et les dames des beaux faubourgs Porteront sur leurs collerettes Des chassepots et des tambours On mettra tout au tricolore, Les plats du jour et les rubans, Pendant que le héros Pandore Fera fusiller nos enfants.

Demain les gens de la police Refleuriront sur le trottoir, Fiers de leurs états de service, Et le pistolet en sautoir. Sans pain, sans travail et sans armes, Nous allons être gouvernés Par des mouchards et des gendarmes, Des sabre-peuple et des curés.

Le peuple au collier de misère Sera-t-il donc toujours rivé ? Jusques à quand les gens de guerre Tiendront-ils le haut du pavé ? Jusques à quand la Sainte Clique Nous croira-t-elle un vil bétail ? À quand enfin la République De la Justice et du Travail ?

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie . .

Liens externes Les chansons de Jean Baptiste Clément

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