La brigade présidentielle, de son nom complet la brigade séparée présidentielle nommée d'après l'hetman Bogdan Khmelnytsky (en , abrégé en ; numéro d'unité militaire A0222), est une grande unité d'infanterie mécanisée de l'Armée de terre ukrainienne.

Ancienne unité de la Garde nationale à partir de , elle passe dans l'Armée de terre en . Elle a le rôle de garde d'honneur du président de l'Ukraine (qui a le titre de commandant suprême des Forces armées de l'Ukraine), assurant sa protection, celle de sa famille, des résidences présidentielles et des différentes installations dépendant directement de la présidence ; la guerre russo-ukrainienne et notamment l'invasion de l'Ukraine par la Russie en a fait une unité de combat de la taille d'une brigade.

Historique À la suite de la déclaration d'indépendance de l'Ukraine le (confirmée par le référendum du ) et à la disparition de l'URSS le , la Garde nationale de l'Ukraine est fondée en récupérant les troupes internes soviétiques présentes sur le territoire ukrainien. Au sein de la nouvelle , est créée dès le une unité avec une fonction particulière, appelé le « » (en ), qui doit servir de garde d'honneur au nouveau chef de l'État.

Ex En , les hommes de l'unité provenaient du de fusiliers motorisés, de son nom complet le Novorossiïskaïa de l'ordre du Drapeau rouge nommé d'après le régiment opérationnel Leninskoro Komsomola des troupes internes du ministère des Affaires intérieures de l'URSS (en ), qui venait d'être dissous.

Cette unité était l'héritière du du NKVD de l'URSS (en ). Ce régiment, créé en , a servi pendant la bataille du Caucase à la surveillance des routes en Géorgie, puis en Tchétchénie-Ingouchie (patrouilles et unités de barrage). Il a ensuite été engagé au combat pour la reprise de Novorossiïsk en . Retirée de l'Armée rouge, l'unité reste d'abord en garnison dans le port. Puis il retourne en Ciscaucasie participer à la déportation des Tchétchènes et des Ingouches (à partir du ) et des Balkars (à partir du ) vers le Kazakhstan. En , il est envoyé à Simferopol pour participer à la déportation des Tatars de Crimée vers l'Ouzbékistan, ainsi qu'à la chasse des personnes considérées comme anti-soviétiques. En , il fait partie du service de protection de la conférence de Yalta..

À partir du , le du NKVD est caserné à Kiev, fournissant des postes de garde pour la protection des institutions de la RSS d'Ukraine (Comité central du Parti, Conseil des ministres, Soviet suprême, etc.). De à , des détachements du régiment sont chargés d'éliminer les derniers groupes de membres de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (appelés les Bandéristes).

Le , il passe sous le contrôle du MGB (le ministère de la Sécurité d'État). Le , il est renommé des troupes internes du MGB ; le , détachement motorisé ; le , détachement de fusiliers motorisés (théoriquement, de l'infanterie mécanisée). À partir du , il dépend désormais du ministère des Affaires intérieures de la RSS d'Ukraine, recevant le l'ordre du Drapeau rouge (pour le des troupes internes). L'unité reprend le nom de le . Le régiment est déployé à Odessa en lors de l'épidémie de choléra (une compagnie à l'hôpital au début d', puis mise sous quarantaine de la ville jusqu'à ), dans Kiev en lors des Jeux olympiques (pour les épreuves de foot, au Stade républicain), autour de Tchernobyl du à , ainsi qu'un détachement en mission de maintien de la paix en Transcaucasie de à . Le statut de « régiment opérationnel » lui est donné le . Par le décret de la Rada du , le devient ukrainien, pour être dissous le .

Régiment ukrainien En , le participe avec ce qui reste d'autres unités à la formation de la de la Garde nationale (dépendant du ministère des Affaires intérieures), avec cinq bataillons à Jytomyr, Kiev et dans les environs, leur mission étant le maintien de l'ordre. Le , l'unité est renommée . Le , la brigade rajoute à son nom le titre «Київська» (Kyivska, « de Kyiv »)..

Le , un oukase présidentiel transfère l'unité au ministère de la Défense, juste avant la dissolution de la Garde nationale par la loi du : un bataillon passe aux troupes internes, tandis que les autres servent à la formation du « régiment des forces spéciales du président d'Ukraine » (qui conserve dans sa titulature les titres de l'ex : de Novorossiïsk-Kyiv et de l'ordre du Drapeau rouge). Le , juste avant les célébrations des dix ans de l'indépendance ukrainienne, la garde d'honneur du ministère de la Défense (ex compagnie d'honneur du district militaire de Kiev) est intégrée au régiment, formant le « bataillon de Kyiv de garde d'honneur du président » . L'unité, qui défile au pas de l'oie à (hérité de l'Armée rouge, qui le tenait de l'Armée impériale, copié sur l'Armée prussienne), compte trois compagnies et une fanfare ; les candidats pour ce bataillon doivent parler ukrainien, faire au moins et n'avoir aucun défaut physique ou mental.

En -, la guerre du Donbass a comme conséquence la décommunisation en Ukraine (pour contrer la russification et à la soviétisation) : la garde présidentielle perd ses titres soviétiques en ., elle change d'uniforme en , avec désormais une coupe d'inspiration britannique, y compris la casquette modifiée à partir d'un modèle polonais, le tout avec des insignes faisant références aux cosaques ou à l'Armée populaire ukrainienne. Le cérémonial tend lui-aussi à se démarquer de son homologue russe.. L'arme portée lors des cérémonies est encore la carabine SKS 45, mais les officiers portent depuis un sabre inspiré d'un modèle cosaque du , avec des symboles ukrainiens..

Depuis le , le régiment porte le nom de Bogdan Khmelnytsky.. Khmelnitsky fut un des chefs des cosaques zaporogues au , initiateur du soulèvement de Khmelnytsky contre les Polono-lituaniens, donc héros du nationalisme ukrainien. C'est aussi une référence au de Kiev nommé d'après Bogdan Khmelnitsky, du (ex de l'Armée impériale russe) qui a existé d' à , a désarmé les gardes rouges de Kiev en (au moment de la révolution d'Octobre), puis a été remplacé par l'Armée populaire ukrainienne.

Brigade ukrainienne En , trente ans après sa création et surtout durant une période de vives tensions avec le voisin russe, le régiment augmente ses effectifs avec le rajout de deux nouveaux bataillons, passant à une organisation en brigade.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie concerne dès le premier jour, le , la brigade présidentielle, d'abord à cause des tentatives d'assassinat de Volodymyr Zelensky, ensuite à cause des combats se rapprochant de l'agglomération de Kiev. À partir d', des unités de la brigade sont envoyées se battre près de Kharkiv, de Bakhmout et d'Avdiïvka.

Si en temps de paix ses fonctions principales sont de tenir les postes de garde devant les résidences présidentielles (office présidentiel, palais Mariinsky, maison aux Chimères, datcha de Kontcha-Zaspa, etc.) et de fournir les escortes lors des déplacements (les gardes du corps sont fournis par l'Administration de la sécurité de l'État), en temps de guerre ses missions sont devenues plus nombreuses : surveillance d'installations essentielles telles que les centrales électriques et transformateurs, mais aussi l'engagement de ses bataillons sur le front, notamment durant la bataille de Bakhmout.

Structure

État-major de la brigade, avec la compagnie de protection du ; 25px () ;

mécanisé (sur BTR-80) ;

25px à but spécial () ; 25px à but spécial ; 25px à but spécial ; 25px à but spécial « Légion D ». ; 25px : 25px ; d'artillerie automotrice (). ;

25px groupe de tireurs d'élite « Fantôme » ; bataillon de transmissions ; 25px compagnie d'opérations spéciales ; compagnie de police militaire ; compagnie du génie ; peloton de soutien..

Commandants Colonel Pavlo Hora (depuis ) Ihor Plakhouta de 2005 à 2008.

Notes et références

Voir aussi

Liens externes . . .

Articles connexes 101e brigade de protection de l'état-major général

P Catégorie:Unité d'honneur Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1992 Brigade