Les peuples iraniens sont un groupe qui se définit premièrement selon son usage des langues iraniennes en plus d'autres traits« », par Carole A. O’Leary — , 6, (décembre 2002). (Consulté le 4 juin 2006.)« » — . (Consulté le 4 juin 2006.)« » — . (Consulté le 4 juin 2006.).
Les peuples iraniens vivent principalement au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le Caucase ainsi que dans une partie de l'Asie du Sud. Ils parlent différentes langues iraniennes, qui au cours de l'histoire furent en usage dans une zone géographique bien plus large qu'aujourd'hui : dans toute la zone sud de l'Eurasie, des Balkans jusqu'à l'ouest de la Chine.
Le terme de peuples iraniens est à différencier de celui d'Iranien, au sens d'habitant de l'Iran. Les habitants de l'Iran pouvant être rattachés ethniquement aux peuples iraniens (ex: perses, kurdes, baloutches) ou à d'autres peuples (ex: peuples turciques, arabes).
Étymologie et usage Le terme Iranien est dérivé du terme étymologique Iran ( Terre des Aryens)« Farsi-Persian language » — www.farsinet.com. (Consulté le 4 juin 2006.)« Iran » — . (Consulté le 4 juin 2006.). On pense que le terme proto-indo-iranien Arya fait référence à une série de dénominations utilisées par les Aryens, une branche des Proto-Indo-Européens, pour se démarquer par leur noblesse (le terme Aryen semble avoir pour sens « noble »), au moins dans les zones peuplées par des Aryens ayant migré vers le sud de l'Asie centrale et le sud de la Russie. Leur territoire d'origine est désigné par le terme Ariana et varie dans sa zone couverte de la simple province de Fars et le point central est un village dans sud-est de la ville d’Hérat (d'après Ératosthène) ou du territoire autour de Hérat Afghanistan d’aujourd’hui (selon Pline) jusqu'à englober la totalité du plateau iranien (point de vue du géographe grec Strabon)Ibid..
D'un point de vue linguistique, l'expression iranien ou peuples iraniens est proche, dans son emploi, de termes comme germanique, qui inclut différents peuples qui partagent des langues germaniques telles que l'allemand, l'anglais, ou le néerlandais. Ainsi, les peuples iraniens incluent non seulement les Perses ou les Tadjiks d'Iran, d'Afghanistan, et du Tadjikistan, mais aussi les Hazaras, Kurdes, Ossètes, Baloutches, et d'autres minorités. L'usage académique de l'expression iranien ou peuples iraniens est ainsi distinct de l'État d'Iran et de ses citoyens qui sont tous Iraniens de nationalité (et se considèrent ainsi comme Iraniens), mais ne sont pas nécessairement membres des peuples iraniens au sens ci-dessus.
Comme les peuples iraniens ne sont pas confinés dans les limites de l'État d'Iran, l'adjectif iranic est parfois utilisé dans le monde anglophone pour éviter la confusion avec les citoyens de l'Iran moderne.
Racine et classification
thumb|200px|L’extension du complexe archéologique de Bactrie-Margiane (d’après l’encyclopédie de la culture indo-européenne).
La langue iranienne forme une ramification des langues dites indo-iraniennes, qui sont une branche de la famille des langues indo-européennes« » — . (Consulté le 4 juin 2006.). La souche des peuples iraniens est un groupe connu spécialement sous le nom de « Proto-Iraniens », qui sont eux-mêmes une branche des Indo-Iraniens qui s'est divisée en deux rames, l'une vers l'Asie centrale, l'autre vers l'Afghanistan, autour du avant notre ère, dont on a trace dans le complexe archéologique de Bactrie-Margiane. La zone entre le nord de l'Afghanistan et la mer d'Aral est supposée être la région d'où les Proto-Iraniens ont émergé pour la première fois, suivant la séparation indo-iranienne. Les tribus saka ou Saces (scythes) stagnèrent principalement en Asie Centrale et se répartirent aussi bien vers l'ouest dans les steppes ponto-caspiennes et jusqu'aux Balkans, que vers l'Est jusqu'à la région du Xinjiang. Les ramifications postérieures reliées aux Scythes incluent les Sarmates disparus à la suite des invasions slaves notamment en Russie méridionale, Ukraine, et dans les Balkans, vraisemblablement assimilés par d'autres tribus« » — Iranologie. (Consulté le 4 juin 2006.).
Des écrits les plus vieux, on n'a retrouvé que des références limitées des anciens Assyriens et Babyloniens, concernant ces premiers envahisseurs Proto-Iraniens. Deux des premières ramifications du proto-iranien sont connues : l'avestique parlé en Afghanistan et le vieux perse parlé dans le sud de l'Iran. L'avestique et les textes reconnus comme tels sont liés à Zoroastre, le fondateur du zoroastrisme, tandis que le vieux perse se révèle avoir été établi par écrit à la suite de l'adoption de l'écriture cunéiforme.
C'est à partir de vieilles inscriptions que l'on entend parler pour la première fois, venant d'une tribu iranienne, d'une lignée « aryenne ». Ainsi, la déclaration de Darius, connue sous le nom d'« inscription de Behistun », proclamait qu'il était de lignée aryenne, et que sa langue (ici écrite en cunéiforme) était une langue aryenne (C'est la plus ancienne liaison entre les langues iraniennes et l'utilisation du terme Arya dans les premiers textes indo-iraniens). Les anciens Perses utilisaient trois langues officielles : l'élamite et le babylonien, non indo-iraniennes, et le vieux perse, langue de la branche indo-iranienne, cette multiplicité étant signe d'une société multiculturelle. On ne sait pas dans quelle mesure d'autres tribus proto-iraniennes se considèrent comme des peuples aryens, ni si ce terme d'Aryen avait la même signification dans d'autres langues iraniennes. Alors que les tribus iraniennes du sud (Mèdes, Perses, Parthes) sont mieux connues à travers leurs pendants modernes, les tribus restées pour majeure partie dans l'étendue eurasienne sont essentiellement connues grâce à leurs rapports avec les Grecs anciens aussi bien que par les recherches archéologiques. Hérodote fait référence à une peuplade nomade qu’il désigne comme les Scythes, et qui aurait migré vers ce qui est aujourd'hui le sud de la Russie. Il est certain que ces Scythes ont été conquis au avant notre ère par leur cousins de l’Est, les Sarmates, considérés par Strabon comme étant la tribu dominante contrôlant les steppes du sud de la Russie au millénaire Ces Sarmates étaient aussi connus des Romains, qui avaient conquis leurs tribus des Balkans, et avaient de là envoyé des auxiliaires de ces mêmes tribus, incorporés dans la légion romaine, vers des territoires aussi éloignés que la Bretagne romaine. On identifie aussi certaines de ces tribus comme les Amazones des légendes grecques, des femmes guerrières vivant suivant un système matriarcal dans lequel hommes et femmes prenaient part à la guerre, et dont l’existence est aujourd'hui appuyée par de récentes découvertes archéologiques et génétiques. Les Sarmates du nord du Caucase l’Est devinrent les Alains dont la dispersion s’étend jusqu'à l’Europe de l’Ouest et l’Afrique du Nord, alors qu’ils se joignirent aux Germains Vandales durant leur migration. On pense que les Ossètes actuels sont les descendants directs des Alains, le reste de ce peuple ayant disparu à la suite des invasions germaniques, hunniques, et finalement slavesA History of Russia by Nicholas Riasanovsky, pp. 11-18, , (consulté le 4 juin 2006). Quelques-unes des tribus dites « saka » (« scythes ») de l’Asie centrale se déplacèrent plus tard vers le sud et envahirent le plateau iranien et le nord de l’Inde. Les Parthes, issus d'une dynastie qui gouverna la Perse durant les premiers siècles de l’ère chrétienne, devinrent les plus grands adversaires à l’est de l’Empire romain. On peut conjecturer que beaucoup de tribus iraniennes, Khwarezmiens, Massagètes et Sogdiens inclus, furent soit assimilées soit repoussées d’Asie centrale par les migrations turques en provenance de Sibérie« » — Thirteen WNET New York. (Consulté le 4 juin 2006.).
Histoire
thumb|left|Extension géographique de l’influence iranienne au : l’empire parthe et les régions dominées par les Scythes.
Ayant pour ascendants les Aryens (Proto-Indo-Iraniens), les anciens Iraniens se sont séparés des Nouristanis et des Dardes, des peuples indo-aryens, au début du . Ils peuplèrent le plateau iranien (par exemple, les Mèdes, les Perses, les Bactriens et les Parthes), et au premier millénaire les steppes au nord de la mer Noire (par exemple, les Scythes, les Sarmates, et les Alains).
Les anciens Perses s’établirent dans la portion ouest du plateau Iranien et ont manifestement échangé de manière considérable avec les Elamites et les Babyloniens, tandis qu'une partie des Mèdes s'est mélangée à l’ouest avec les peuples sémites locaux. Les restes de la langue mède et du vieux persan montrent leurs racines proto-iraniennes communes, soulignés par les analyses de Strabon et d’Hérodote, révélant une similitude certaine avec les langues parlées par les Bactriens et les Sogdiens de l’Est« » — . (Consulté le 4 juin 2006.). À la suite de la fondation de l’empire achéménide, la langue persane se répandit jusqu’à la province de Fars et à d’autres régions de l’empire. Les dialectes modernes farsi, dari, et tadjik descendent du vieux perse.
thumb|125px|Cavalier scythe, 300
L’impact principal de l’avestique fut surtout religieux et liturgique, les premiers habitants de l’empire perse ayant adopté le zoroastrisme. Les autres peuples importants tels les Kurdes sont supposés être de souche iranienne, mélangés avec des peuples caucasiens comme les Hourrites, vu les quelques uniques aspects trouvés dans la langue kurde, reflétant ceux des langues caucasiennes« » • Par Siamak Rezaei Durroei — , . (Consulté le 4 juin 2006.). Les Iraniens orientaux contemporains les plus importants sont représentés par les Pashtouns ou Pachtounes, qui auraient pour origine le sud de l’Afghanistan d’où ils commencèrent à se répandre jusqu’à Hérat à l’ouest, et l’Indus à l’est. Le pashtoun a des similitudes avec le bactrien, et on pense que les deux langues sont originaires du centre de l’Iran. Le baloutchi est lié à une tradition orale, en considération de sa migration depuis "Aleppo" (Alep, en Syrie) autour de l’an mille , alors que les preuves linguistiques lient les Baloutches aux Kurdes et aux Zazaki. Les Ossètes modernes prétendent être les descendants des Alano-Sarmates, fait appuyé par leur langue, originaire du nord de l’Iran, alors que leur culture les lie plutôt à leurs voisins caucasiens, les Kabardiens, les Circassiens et les Géorgiens. Différents peuples iraniens aujourd’hui éteints vivaient dans le Caucase oriental, alors que d’autres restèrent dans la région, ainsi que les Talyches« » — . (Consulté le 4 juin 2006.) et les Tatis« » — . (Consulté le 4 juin 2006.) (et les Judéo-Tatis« » — . (Consulté le 4 juin 2006.) largement émigrés en Israël) dont retrouve la trace en Azerbaïdjan et au Daghestan.
Dans les temps anciens, la majorité des peuples du sud de l’Iran adhérèrent au zoroastrisme, au bouddhisme (dans certaines parties de l’Afghanistan et de l’Asie centrale), au judaïsme et au christianisme (principalement parmi les Kurdes et les Perses vivant en Irak)The Prophet and the Age of the Caliphates by Hugh Kennedy, pp. 12-13, (consulté le 4 juin 2006). Les Ossètes ont adopté le christianisme plus tardivement, l’orthodoxie russe devenant dominante à la suite de leur annexion par l’empire russe. D'autres ont préféré se tourner vers l’islam, suivant l’influence ottomane.
left|thumb|125px|Le sultan kurde Saladin, représenté dans un codex arabe du .