Les Litanies à la Vierge noire sont une œuvre de musique sacrée de Francis Poulenc composée en 1936 pour chœur de femmes ou d'enfants avec accompagnement d'orgue (ou d'orchestre), inspirée par la Vierge noire de Rocamadour.
Contexte À la mort de son père en 1917, Francis Poulenc s'éloigne de l'Église. Mais en 1936, à la suite du choc pour le compositeur de la mort soudaine et violente de son ami Pierre-Octave Ferroud, il renoue avec un certain sentiment religieux. Poulenc confie ainsi que .
C'est dans ce contexte qu'il se rend à Rocamadour, où il est impressionné par l'atmosphère du lieu de pèlerinage. Il décrit notamment dans des entretiens accordés à Claude Rostand : .
Inspiré, Poulenc commence le soir même de sa découverte du site la composition des Litanies à la Vierge noire.
Présentation L’œuvre est écrite à Uzerche en une semaine, du 22 au . Elle est destinée à l'origine à un chœur de femmes ou d'enfants à trois voix avec accompagnement d'orgue.
Plus tard, en 1947, Poulenc réalise à Noizay une orchestration (datée « ») de l'accompagnement, pour orchestre à cordes et timbales.
Les Litanies à la Vierge noire sont créées à Londres le à la BBC, sous la direction de Nadia Boulanger. En France, la première audition est donnée à Paris dans le salon de la princesse de Polignac le , toujours sous la direction de Nadia Boulanger.
Première œuvre de musique religieuse de Poulenc, cet , avec son et son , est qualifié par la musicologue Claire Delamarche d'.
Analyse Dans la partition, les voix s'inspirent du chant grégorien sans toutefois l'imiter et sont entourées de « fulgurances » à l'orgue ou à l'orchestre. La plupart du temps, le chœur de femmes ou d'enfants et l'orgue se répondent dans un tempo « calme » et des nuances douces. L'écriture de Poulenc use de « couleurs archaïsantes et mystérieuses de quintes enchaînées, de mélodies en forme de mélismes discrets, de modes hésitants, [...] dans un ambitus étroit ».
Après une introduction à l'orgue, la quiétude initiale est parfois troublée par des interventions fortissimo, notamment sur le texte « éleva le sanctuaire ». Renforçant le contraste, la ligne mélodique des sopranos culmine au sol aigu et l'harmonie se charge en dièses.
Dans le texte, le mot « France » est ensuite souligné par un lyrisme nourri qui succède au début syllabique des litanies et prélude à un changement de climat dans les versets suivants, avec l'évocation de la Vierge guerrière qui aide à gagner des batailles. Le tempo s'anime, les nuances soutenues s'affirment.
Après un point d'orgue, l'atmosphère calme du début revient, mais l'harmonie s'enrichit et l'accompagnement de l'orgue devient très contrapuntique. En revanche, le sentiment tonal est plus franc ; on note dans la partition la première armure affichée depuis l'introduction à l'orgue, sol mineur. Les tessitures grandissent, et les instruments et voix s'élèvent vers la lumière.
Enfin, .
Dans le catalogue des œuvres de Poulenc, la pièce porte le numéro FP 82. La partition est publiée par Durand.
La durée moyenne d'exécution des Litanies à la Vierge noire est de sept minutes environ.
Discographie sélective 1984, Chœurs et Orchestre national de Lyon, Serge Baudo (dir.), Harmonia Mundi 1997, Chœur de chambre Accentus, Laurence Equilbey (dir.), Universal Musidisc 2013, Orchestre de Paris, Chœur de l'Orchestre de Paris, Paavo Jarvi (dir.), Deutsche Grammophon 2023, Ensemble Aedes, Les Siècles, Mathieu Romano (dir.), Aparté
Notes et références
Annexes Bibliographie . .
Liens externes
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