Iran International est un réseau de télévision par satellite, une chaîne de radio et un site d'information persanophone fondé en à Londres.

On reproche à la chaîne un manque de transparence quant à son financement, de sorte qu'elle est soupçonnée d'être un instrument de l'Arabie saoudite, bien qu'elle s'en défende.

Elle est une chaîne populaire en Iran, malgré le brouillage du signal satellitaire et les intimidations à l'égard de ses journalistes.

Elle est d'orientation monarchiste et soutient Reza Pahlavi.

Contenu et programmes Iran International a commencé à diffuser ses programmes le , jour de la élection présidentielle iranienne. Première et unique chaîne d'information télévisée en langue persane à l'étranger, elle émet depuis un studio d'une seule pièce. La chaîne se concentre principalement sur l'actualité et les journaux télévisés, mais diffuse également des émissions et des documentaires sur la science, l'art, la technologie, le sport et la culture. Parmi ses programmes d'analyse et d'information, on retrouve notamment ۲۴ (« 24 ») avec Fardad Farahzad, Titer Aval (« titre ») avec Nyusha Saremi (anciennement Fardad Farahzad) et Cheshm andaz (« perspective »), une émission d'analyse et d'actualité.

Iran International utilise des technologies modernes et accorde une grande importance à l'esthétique. Comparée aux chaînes de télévision de la République islamique d'Iran, elle paraît plus aérée, colorée et moderne. Sa salle de rédaction est calme et son décor est d'un bleu métallique brillant. Le studio de la chaîne est luxueux et les caméras se déplacent sur des trépieds robotisés ou des rails aériens.

En 2021, le propriétaire du réseau lance une chaîne jumelle, Afghanistan International.

Audience Iran International revendique une audience de vingt millions de téléspectateurs, malgré le brouillage des satellites. Son public principal est constitué de résidents iraniens, et ses programmes sont diffusés dans le monde entier par satellite et en direct sur Internet. Pour atteindre son public en Iran, Iran International a déployé plusieurs stratégies : émission de signaux depuis plusieurs satellites à différentes fréquences et angles afin de contourner les interférences ; diffusion de programmes sur Internet ; collaboration avec Psiphon pour contourner le filtrage Internet en Iran ; participation au projet ; et création de stations de radio. Depuis , la chaîne afghane 1TV s’est engagée à diffuser au moins une heure de journaux télévisés d’Iran International en Afghanistan, conformément à un accord bilatéral. Iran International estime que cette collaboration permettra d’accroître son audience d’environ trois millions de personnes.

D’après une étude du journal , Iran International compte moins d’abonnés sur Twitter que d’autres grands médias persans occidentaux. Pourtant, Iran International affirme que son nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux est bien supérieur à celui de ses concurrents.

En 2023, une enquête en ligne menée par le Groupe d'analyse et de mesure des attitudes en Iran (GAMAAN) place Iran International à la première place des chaînes télévisées les plus regardées en Iran, devant et BBC persian. La moitié des personnes interrogées déclarent également faire « beaucoup » ou « dans une certaine mesure » confiance à Iran InternationalGAMAAN 2023 . Les amateurs d'Iran International apprécient particulièrement l'émission « Cheshm andaz », avec Sima Sabet, ses différents documentaires, et « 24 », avec Fardad FarahzadGAMAAN 2023 . Ce sondage est à prendre avec précaution, dans la mesure où il concerne un pays sous dictature.

Couverture de l'actualité Iran International n'hésite pas à publier des reportages sur des sujets sensibles, tels que les violations des droits humains, la persécution de la minorité baha'ie, l'homophobie, les crimes d'honneur, la pandémie de COVID-19. C'est la chaîne qui annonce la condamnation de l'actrice Taraneh Alidoosti en et celle du réalisateur Mohammad Rasoulof.

Organisation des moudjahidines du peuple iranien Iran International Network a été critiquée durant l'été 2018 pour sa couverture en direct et exhaustive du rassemblement de l'Organisation des Moudjahidines du peuple iranien (OMPI) à Paris. Le journaliste Mehdi Jami a fait état de désaccords internes concernant la nature de cette couverture, ce qui a conduit le réseau à mettre fin à sa collaboration avec lui. Un employé du réseau a considéré cette couverture comme une preuve de l'influence des investisseurs sur le contenu des programmes du média.

Après l'attaque contre le défilé des forces militaires iraniennes à Ahvaz, dans la province du Khuzestan, en , cette chaîne a diffusé une interview de Yaqub Hor Altostri en tant que porte-parole de l'OMPI, qui a indirectement revendiqué cette attaque et l'a qualifiée de « résistance contre des objectifs légitimes ». À la suite de cette attaque, et civils ont été tués. En 2018, l'ambassadeur d'Iran au Royaume-Uni a déposé une plainte auprès de l'Ofcom, l'organisme de surveillance des médias, à propos de cette interview. Après une longue enquête, l'Ofcom a annoncé qu'Iran International n'avait enfreint aucune loi.

Festival Tirgan Iran International a été accusé dartwashing par certains, comme le docteur Arezo Khadir. Selon elle, le mécénat d'Iran International, financé par Mohammed bin Salmane, au festival Tirgan 2019 à Toronto est un moyen pour l'Arabie saoudite de redorer son image.

Manifestations de 2019 La couverture exhaustive des manifestations de novembre 2019 en Iran par la chaîne a provoqué la colère des autorités iraniennes. Le pouvoir judiciaire iranien a officiellement annoncé l'imposition de « restrictions judiciaires et légales » au personnel de la chaîne. Le ministère iranien du Renseignement a accusé la chaîne d'exagérer la crise, d'ordonner aux manifestants de mettre le feu et d'inciter les téléspectateurs à l'émeute. Hamid Baeidinejad, ambassadeur d'Iran à Londres, a annoncé que son pays avait déposé une plainte auprès de l'Ofcom contre trois chaînes de télévision londoniennes, dont Iran International. Cette dernière a, à son tour, porté plainte auprès de l'Ofcom contre l'Iran pour avoir brouillé le signal du satellite Hotbird. Le , Manouchehr Faramarzi est arrêté à Bandar-e Mahchahr, accusé d'avoir des liens avec la chaîne Iran International. Le sociologue a considéré la couverture des événements de novembre par Iran International comme « plus réussie » que celle des autres réseaux de télévision et de radio en langue persane en dehors de l'Iran, citant le fait de « la plupart des attaques » dirigées contre le réseau comme preuve de cette affirmation. Sadegh Saba a qualifié la performance du réseau dans la couverture de ces événements de « très réussie » et a considéré le réseau comme « victime de son propre succès ».

Zarifgate La chaîne gagne en notoriété en 2021 en publiant un enregistrement dans lequel le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif dénonce l'ingérence des militaires dans la politique extérieure de l'Iran. L'affaire est désignée sous le nom de « Zarifgate ».

Mouvement « Femme, vie, liberté » En 2022, le site de la chaîne Al Jazeera rapporte d'après un haut fonctionnaire iranien que cette chaîne est sanctionnée par le gouvernement iranien, argumentant qu'elle doit même , en raison de sa couverture des manifestations consécutives à la mort de Mahsa Amini. Iran International rend public le scanner du crâne de la jeune femme, agressée pour avoir mal porté le hijab, qui montre des blessures compatibles avec un passage à tabac. Selon le quotidien israélien Maariv, ces documents ont été transmis à Iran International par un groupe de hackers issu des renseignements israéliens.

Soulèvement de 2025-2026 et guerre de 2026 Pendant les manifestations de 2025-2026, la chaîne est accusée de propagande pro-monarchiste. Pourtant, dans le contexte d'un black-out informationnel, puisque Internet est coupé, des médias occidentaux citent Iran International comme source. La chaîne fait état de bilans bien supérieurs à ceux annoncés par le régime.

En mars, le régime annonce avoir démantelé des « cellules monarchistes » et arrêté 21 personnes accusées d'avoir envoyé des informations à Iran International. Le site Iran Wire remarque que le qualificatif de « monarchiste » est souvent utilisé par les autorités iraniennes dans le but de discréditer ses opposants. Dix autres personnes sont arrêtes quelques jours plus tard, accusées de collaborer avec Iran International.

Service des sports Iran International Sports est une division d'Iran International qui propose une couverture sportive nationale et internationale pour la télévision et la diffusion en ligne. Iran International détient les droits de diffusion en direct de plusieurs événements sportifs. La chaîne diffuse également des émissions d'analyse telles que « Hat Trick » avec et « Chand Chand ». Selon Arab News, Iran International s'est imposée comme une référence dans le domaine sportif auprès du jeune public, en couvrant des événements et des actualités généralement absents des chaînes iraniennes. Par exemple, en , le combat de boxe opposant Sadaf Khadem à une adversaire française, premier combat international officiel d'une boxeuse professionnelle iranienne, à Royan, a été diffusé en direct sur la chaîne. L'arrivée à Iran International Sports, à l'été 2019, de Mazdak Mirzaei, journaliste sportif chevronné de la Société iranienne de radiodiffusion (IRIB), a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Propriété et financement Le propriétaire d'Iran International Network est Volant Media Company et sa filiale au Royaume-Uni Global Media Company. La chaîne est administrée par DMA Media. Initialement, Fahad Ibrahim Al-Daghithar, ancien président de , le troisième opérateur de télécommunications d'Arabie saoudite, détenait 75 % des actions de Volant Media. Adel Abdul Karim, de nationalité saoudienne et britannique, a acquis des parts d'Al-Daghithar en 2018, devenant ainsi l'unique propriétaire des deux sociétés. Adel Abdul Karim a une longue expérience de collaboration avec des magnats des médias saoudiens, notamment Abdul Rahman Rashid, membre du conseil d'administration de , ancien PDG d'Al-Arabiya et ancien rédacteur en chef d'Al-Sharq Al-Awsat. Associated Press rapporte en qu'aucun citoyen saoudien ne détient plus de la majorité des parts de Volant Media. Cependant, en , The National rapporte que le réseau est détenu par des particuliers, dont un citoyen anglo-saoudien.

En , The Guardian publie un rapport dans lequel les contributions financières du prince saoudien Bin Salman à l'Iran International Network sont mentionnées. The Guardian interviewe également l'un des employés anonymes de ce réseau et évoque l'influence des investisseurs sur le contenu éditorial de ce média. À cet égard, le Wall Street Journal rapporte que « les journalistes d'Iran International ont protesté contre le fait que l'administration avance une ligne pro-saoudienne et anti-République islamique d'Iran ». Le journal cite également un ancien journaliste d'Iran International affirmant avoir subi « une pression systématique et très continue » lorsqu'il était correspondant pour ce média.