Le Survey Copter Aliaca est un drone de reconnaissance tactique français, utilisé par la Marine française dans le cadre du Système de Mini-Drone aérien embarqué de la Marine (SMDM), conçu et fabriqué par la PME Survey Copter, filiale d’Airbus Defence and Space depuis 2011. Lancé à l’aide d’une catapulte et récupéré à l’aide d’un filet, l’Aliaca peut être mis en œuvre rapidement et sans infrastructure particulière. Doté d’une propulsion électrique, il est équipé de systèmes de surveillance optique et électronique. Dans la marine française, il équipe les navires de plus petite taille comme les patrouilleurs, les plus importants devant recevoir quant à eux le Système de drone aérien de la Marine.
Historique La première version de l’Aliaca, le Survey Copter DVF 2000, fait l’objet d’une première expérimentation par la Marine française à l’été 2014, avec un embarquement sur l’aviso de classe d'Estienne d'Orves Commandant Bouan lors d’une évaluation opérationnelle [EVALOPS] menée par le Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale [escadrille CEPA/10S]. D’autres tests d’une version aux dimensions définitives sont ensuite effectués à bord de son navire-jumeau le Commandant Birot en 2019, puis en , avec un test opérationnel réalisé au sud de Chypre à bord de la frégate légère furtive , où ses capacités sont appréciées des marins.
Une première commande est annoncée le dans le cadre du plan de soutien à la filière aéronautique du gouvernement Philippe II, de façon anticipée par rapport à ce qui était prévu par la Loi de programmation militaire 2019-2025. Signée par la Direction générale de l'Armement [DGA] le , pour un montant de , celle-ci porte sur , chacun composé de deux drones et de leur équipement de pilotage, de lancement et de récupération, prévus pour équiper les patrouilleurs de haute mer (ex-avisos) de classe d’Estienne d’Orves et leurs successeurs les patrouilleurs océaniques, ainsi que les frégates de classe La Fayette et Floréal. L’objectif, pour la Marine nationale, est de permettre à ces navires, qui ne peuvent pas toujours embarquer d’hélicoptère, de disposer tout de même de moyens de surveillance déportés, au-delà de l'horizon radar des navires. Les premières livraisons ont lieu début 2022, et sont suivies d’une évaluation opérationnelle à bord du Commandant Bouan. Lors de cette opération, les drones donnent satisfaction, notamment lors des opérations de police des pêches, ce qui conduit la Marine à envisager d’acquérir des systèmes supplémentaires pour équiper ses sémaphores.. Les trois premiers systèmes sont déclarés opérationnels par la DGA le , sous l’appellation officielle de , ou SMDM.. Début 2026, 34 exemplaires ont été commandés, les derniers seront en version ADAV (VTOL). thumb|gauche|Drone Aliaca prêt au catapultage sur le PHM Commandant Ducuing Le premier déploiement opérationnel a lieu entre et à bord du patrouilleur Commandant Ducuing. Lors de cette mission dans le golfe de Guinée, réalisée dans le cadre de la Mission Corymbe, l’emploi de l’Aliaca permet notamment la détection de deux navires de pêche chinois pêchant sans permis, après avoir coupé leur système d'identification automatique contrairement aux exigences du droit maritime, qui peuvent ainsi être arraisonnés par des patrouilleurs Guinéens...
thumb|droite|Filet de récupération déployé pour l'Aliaca à bord du PHM Enseigne de vaisseau Jacoubet
Le , appuyé par un SMDM, un autre patrouilleur saisit 5 tonnes de cocaïne dans le même secteur. Quelques mois plus tôt, le drone embarqué sur le Premier Maitre l'Her permet la localisation et le sauvetage d'un chimiquier, le Monjasa Reformer, victime d'un acte de piraterie.
Les succès rencontrés par l’Aliaca lors de ses embarquements sur les patrouilleurs de haute mer conduit par la suite la Marine Nationale à décider, en 2024, qu’il équiperait l’ensemble de ses 21 navires de second rang en 2026. Les premiers concernés sont les patrouilleurs outre-mer, dont les premiers exemplaires, l’Auguste Bénébig et le Teriieroo a Teriierooiterai le reçoivent dès leur lancement. La première frégate équipée est le Nivôse, en 2024 ; la cohabitation du drone avec les hélicoptères Dauphin ou Panther embarqués sur les frégates oblige au développement de procédures de lancement et de récupération adaptées, ainsi qu’à la mise en place de mesures destinées à éviter les collisions en vol.
Caractéristiques techniques L’Aliaca est un drone léger à voilure fixe d’une longueur de et d’une envergure de , permettant une masse maximale au décollage de , dont de charge utile. Il dispose d’un empennage en configuration bipoutre encadrant une hélice propulsive, actionnée par un moteur électrique lui assurant un fonctionnement silencieux. Sa vitesse de croisière va de . En plus des phases de vol propulsé, le moteur peut être coupé et le drone utilisé comme un planeur.
Destiné à être utilisé sans infrastructure particulière, par exemple sur de petits navires ou plates-formes pétrolières ne disposant pas d’hélisurface, l’Aliaca est lancé à l’aide d’une catapulte, et récupéré de manière entièrement automatique à l’aide d’un filet. Drones, catapulte, filet et station de contrôle sont fournis ensemble et prévus pour être aménageables facilement. En effet, l’ensemble tient dans quatre caisses manipulables facilement., et peut être déployé en moins de par deux opérateurs.
Pour remplir ses missions de surveillance, le drone est équipé d’un ensemble électro-optique avec caméra gyrostabilisée, optique/infrarouge [EO/IR] GX5 utilisable de jour comme de nuit, ainsi que d’un récepteur AIS permettant de suivre des navires dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres (pourvu que leurs balises soit allumées, comme le requiert la réglementation)..
Versions DVF 2000 Le DVF 2000 est la première version de l’Aliaca. Testé en 2014, il est doté d’une propulsion par moteur électrique, ne pèse encore que , pour une longueur d’ et une envergure de . Il dispose d’une autonomie de pour un rayon d’action de environ, et embarque un équipement militaire constitué d’un ensemble électro-optique permettant une vision à .
Aliaca Evo L’Aliaca Evo est la version de base, choisie par la marine française, initialement toujours connue sous le nom de DVF 2000. Comme celui-ci, il est équipé d’un ensemble électro-optique, auquel s’ajoute un récepteur AIS. Il est également doté d’une propulsion électrique, mais son autonomie a été portée à pour une portée de .
Aliaca ER L’Aliaca ER, pour (portée augmentée), est une version de l’Aliaca Evo dont la propulsion est assurée par un moteur Diesel alimenté au carburant aviation. Cette différence lui assure une autonomie et une portée supérieures, de respectivement et . Il possède également un système de liaison permettant un débit de données plus élevé. Il est présenté au public lors du salon Euronaval 2022.
Aliaca VTOL, Evo et ER
Début 2025, Survey Copter présente une version ADAV (VTOL) dotée de quatre hélices permettant le décollage et l’atterrissage vertical en plus de la propulsion en mode voilure fixe, d'une masse maximale de 27 kg et une envergure de 3,5 m pour 2,1 m de longueur. Plus facile à mettre en œuvre, il est proposé en deux versions : soit électrique (Aliaca VTOL Evo) avec une endurance de 3 h et 50 km de portée, charge utile de 2 kg ; soit thermique hybride (Aliaca VTOL ER) avec 6 h d’endurance sur 80 km et une charge utile de 3 kg. Présenté pour la première fois au salon SOFIN dédié aux forces spéciales en , il s'adresse aux forces terrestres (y compris pour le transport de charges - vivres, munitions, carburant, pièces de maintenance, kit de premiers secours, radios de secours, etc.), mais il fait aussi l'objet d'une demande expresse de la Marine nationale pour un drone d'usage simplifié. Les huit derniers des 34 Aliaca commandés pour la marine nationale seront de ce type.
Références
Liens externes
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Aliaca Catégorie:Drone de surveillance