La maison Sforza est une des plus illustres et puissantes maisons souveraines d'Europe fondée par Giacomo Attendolo. Elle régna sur le duché de Milan de 1450 à 1535. Elle donna une impératrice du Saint-Empire romain germanique, une reine de Germanie, une reine de Pologne, une grande-duchesse de Lituanie, plusieurs ducs de Milan et de nombreux princes et ducs. Elle s'est alliée avec les plus importantes familles souveraines d'Europe dont les Habsbourg, Médicis, Savoie ou encore Montefeltro. La branche Sforza de Santa Fiora, toujours présente aujourd'hui sous le nom de Sforza Cesarini, gouverna le comté de Santa Fiora en tant qu'État autonome de 1439 à 1624, puis, en tant que seigneurs féodaux des familles Médicis et Lorraine jusqu'en 1806. Le fondateur de la branche milanaise, Francesco Sforza Visconti, était le fils illégitime de Giacomo Attendolo (dit « Sforza »), alias Muzio, noble romagnol, comte de Cotignola et chef militaire, et de sa maîtresse Lucia Terzani. La fortune de la famille était déjà établie par Attendolo, qui avait reçu en compensation de ses services militaires le comté de Cotignola de l'antipape Jean XXIII, plusieurs fiefs dans les Pouilles de la reine Jeanne II de Naples et, grâce au premier mariage de Francesco avec Polissena Ruffo, d'autres fiefs en Calabre.

C'est François qui, après avoir remporté la qui suivit la mort de Philippe Marie Visconti, devint duc de Milan en 1450, lorsqu'il entra dans la ville le jour de l'Annonciation aux côtés de sa troisième épouse, Blanche Marie Visconti, fille naturelle légitimée de Philippe. La famille milanaise Sforza joua un rôle actif dans les événements de la Renaissance italienne, devenant mécène des artistes et s'engageant, avec la paix de Lodi (1454), à instaurer une paix de près de quarante ans en Italie. L'assassinat de Galéas Marie Sforza en 1476, cependant, avait ébranlé la stabilité du duché, permettant à son frère Ludovic le More d'usurper progressivement le pouvoir ducal, pour finalement s'en emparer à la mort suspecte de son neveu en 1494.

La légitimité formelle du duché ne fut obtenue que par Ludovic le More en 1494 grâce à Maximilien Ier de Habsbourg, empereur du Saint-Empire romain germanique, et ne fut pas reconnue par Louis XII et la famille d'Orléans, ce qui conduisit à l'invasion française de Milan en 1499 et à la fuite de Ludovic le More. Machiavel lui-même, dans Le Prince, fait référence à Francesco Sforza comme à un prince semi-légitime et acquis. L'ambition de Ludovico Le More, combinée à l'imprévoyance diplomatique, contribua à la guerre de Charles VIII en 1494, et provoqua les conflits qui déclenchèrent les guerres d'Italie entre le Royaume de France et le Saint-Empire romain germanique et qui se retournèrent contre les Sforza, privés à plusieurs reprises du duché (revendiqué par les rois de France en vertu de la descendance de Valentine Visconti), qui à la mort du dernier descendant François II fut confisqué par l'empereur Charles Quint, en conformité avec le Congrès de Bologne.

Histoire

Cette famille a été fondée par Giacomo Attendolo, né à Cotignola près de Ravenne en 1369 et mort en 1424.

Originaire de Romagne, ce condottiere sert les rois angevins de Naples. Le condottiere Alberico da Barbiano le surnomme « Sforza », ce qui signifie « Le Fort » en français car c'était un homme doué pour les combats. À sa mort, Jeanne II de Naples souhaite que son surnom se perpétueTerra e identità, revue n° 34 de janvier-mars 2007, p 13..

Armoiries et emblématique

Les armoiries primitives des Sforza sont, comme souvent au Moyen Âge, des armoiries parlantes. La maison porte . Le coing (cotogno en dialecte de Romagne) rappelait la ville d'origine de la famille (Cotignola). Le lion serait une concession de l'empereur Robert de Wittelsbach en 1401. L'écu était complété par un cimier rappelant un épisode de la vie de Francesco Sforza au cours duquel le condottiere s'était vu offrir par le marquis de Ferrare une de ses bagues, ornée d'un gros diamant. Le cimier représentait donc un buste de dragon à tête de vieillard tendant de ses mains une bague ornée d'un diamant, les ailes chargées d'anneaux d'or.

La branche milanaise, pour manifester sa filiation avec les Visconti, qui exerçaient la seigneurie sur Milan avant elle, adopta de nouvelles armoiries, associant celles de l'Empire et des Visconti sous différentes formes : en écartelé, en parti, avec l'Empire en chef, avec une vouivre, ... Il reprit de façon générale de nombreux éléments de l'emblématique des Visconti, comme la tourterelle, le soleil ardent, le linge noué, etc. Par la suite, les Sforza enrichirent cette emblématique, avec notamment les boutefeux ardents portant des seaux d'eau.

Ascension vers le duché de Milan Le premier duc de Milan fut le fils aîné de Muzio Attendolo, Francesco (1401-1466), qui acquit le titre ducal par son mariage avec Blanche Marie Visconti, dernière héritière du duc Philippe Marie Visconti, décédé en 1447. De ce mariage naquit la branche principale de la famille. Le successeur de François Ier fut Galéas Marie (1444-1476), duc de 1466 à sa mort, qui épousa Bonne de Savoie, fille de Louis 1er de Savoie, prince de Piémont et duc de Savoie. Parmi ses filles illégitimes figurait Catherine Sforza, qui épousa en premières noces Girolamo Riario, devenant ainsi Dame de Forlì et d'Imola, et devint plus tard la mère de Jean de Médicis dit des Bandes Noires. Le successeur de Galéas Marie fut son fils Jean Galéas (1469-1494), qui épousa Isabelle d'Aragon, fille du roi de Naples Alphonse II de Naples et de Ippolita Marie Sforza. Jean Galéas, en raison de sa faiblesse et de son incompétence, ne gouverna pratiquement jamais directement, et la régence du duché fut dès le début confiée à son oncle Ludovic Sforza, dit « il More », qui ne prit le titre de duc qu'à la mort de son neveu. Ludovic le More épousa Béatrice d'Este. Le prestige dont jouissait la famille milanaise à cette époque est attesté par le mariage de Blanche Marie, sœur de Jean Galéas, avec l'empereur Maximilien Ier de Habsbourg. Ludovic le More régna sur le duché de Milan jusqu'en 1500, date à laquelle il fut finalement vaincu et fait prisonnier par les Français. Après que les Français furent chassés par l'armée de mercenaires suisses de l'empire (1512), le duché de Milan retourna pendant quelques années aux mains des fils de Ludovic le More, Maximilien (1493-1530) et François II (1495-1535), qui épousa Christine de Danemark, nièce de l'empereur Charles Quint. Impliqués dans les guerres entre la France et l'Empire, ils régnèrent par intermittence et sous la protection des Habsbourg, à qui, après la mort de François II à Vigevano, sans héritier, le duché passa. De Giovanni Paolo (1497-1535), fils naturel de Ludovic Le More et de Lucrezia Crivelli ( voir La Belle Ferronnière de Léonard de Vinci), descendait la branche des marquis de Caravage, éteinte en 1717. De Sforza Secondo, fils naturel de Francesco I, descendait la branche des comtes de Borgonovo Val Tidone, éteinte en 1679 ; de Jacopetto, fils naturel de Sforza Secondo, descendait la branche des comtes de Castel San Giovanni, qui perdura jusqu'au XXe siècle et à laquelle appartenait le ministre Carlo Sforza.

Branches de la maison Sforza Giacomo Muzio Attendolo eut de nombreux enfants, légitimes ou illégitimes, qui se répartirent son héritage. Trois d'entre eux se distinguent particulièrement et fondèrent chacun une des branches principales de la maison : Bosio, issu de son premier mariage avec Antonia Salimbeni, hérita de la seigneurie familiale de Cotignola et de plusieurs autres fiefs. Il devint également le premier comte de Santa Fiora de la maison Sforza en épousant en 1439 Cecilia Aldobrandeschi, héritière de ce comté ; Francesco, fils illégitime né de sa liaison avec Lucia Terzani, devint duc de Milan en 1450 à la suite de son mariage avec Blanche Marie Visconti en 1441, fille bâtarde et unique héritière de Philippe Marie Visconti ; Alessandro, frère cadet de Francesco, devint seigneur de Pesaro en 1444 après avoir racheté la cité à Galeazzo Malatesta.

Les comtes de Santa Fiora devenue Sforza-Cesarini

Il s'agit de la branche aînée légitime, quoiqu'elle ne soit pas la plus puissante. Elle atteint son apogée au en s'alliant à la famille du pape Paul III. Elle compta à cette époque trois cardinaux, Guido Ascanio, Francesco et Federico (au siècle suivant), ainsi qu'un chevalier de la Toison d'or, Sforza Sforza. Elle déclina au sous la pression des puissants voisins du comté, les Médicis.

Bosio I (1410-1476), comte de Santa Fiora, comte de Cotignola, seigneur de Castell'Arquato Francesco de Cotignola, comte de Cotignola Sforzino de Castell'Arquato, seigneur de Castell'Arquato Guido de Santa Fiora, comte de Santa Fiora Giovanni de Santa Fiora, comte de Santa Fiora Federico I de Santa Fiora, comte de Santa Fiora Bosio II de Santa Fiora, comte de Santa Fiora Sforza de Castell'Arquato, (1520-1575), marquis de Castell'Arquato, chevalier de l'ordre de la Toison d'or (1556) Francesco de Varzi, comte de Cotignola, marquis de Varzi Mario I de Santa Fiora, comte de Santa Fiora Federico II de Santa Fiora, comte de Santa Fiora Alessandro de Segni, duc de Segni Mario II de Santa Fiora, duc d'Onano, comte de Santa Fiora Ludovico d'Onano, duc d'Onano Paolo II de Proceno, marquis de Proceno Francesco de Santa Fiora, duc d'Onano, comte de Santa Fiora Federico de Segni, duc de Segni, rameau Sforza-Cesarini

Les ducs de Segni Cette branche des comtes de Santa Fiora porte le nom de Sforza-Cesarini depuis le mariage de Federigo Sforza (1651-1712) et de Livia Cesarini (morte en 1712). Cette branche est encore subsistante au début du .

Les ducs de Milan

vignette|right|Armoiries de Maximilien, de Ludovic & Béatrice, et de François II Sforza, par Léonard de Vinci. Le fils illégitime de Muzio Attendolo, Francesco Sforza (1401-1466) marié à Blanche Marie Visconti, unique descendante du duc de Milan, Philippe Marie Visconti, reprit le titre de duc de Milan en 1450 après la disparition de ce dernier et de la République ambrosienne (1447-1450).

François I 1450-1466 Galéas Marie 1466-1476 les rois de France dès Louis XIII en descendent Jean Galéas 1476-1494 Ludovic Marie « le More » 1494-1499 et 1500 Maximilien 1512-1515 François II 1521-1524, 1525-1526 et 1529-1535

Ludovic Sforza (1452-1508), Ludovico il Moro, connu pour avoir pris Léonard de Vinci à son service, fut battu en 1500 par l'armée française de Louis XII.

Après que les Français eurent été rejetés par les troupes impériales et les Suisses, Maximilien Sforza, fils de Ludovic, devint duc de Milan, jusqu'au retour des Français et de François I qui l'emprisonna. La disparition de François II sans héritier provoqua le retour du fief à son suzerain, l'empereur Charles Quint. Ce dernier en investit son propre fils dès 1540, faisant passer le Milanais dans la couronne d'Espagne.

Les seigneurs de Pesaro Alessandro Sforza (1409-1473), autre fils illégitime de Giacomo Attendolo (dit Muzio Sforza) et frère cadet de Francesco. Premier seigneur de Pesaro. Père entre autres de Costanzo ci-dessous, de Battista Sforza, épouse de Frédéric III de Montefeltro et de Ginevra Sforza, épouse de Sante Bentuvoglio. Costanzo Sforza (1447-1483) Giovanni Sforza (1466-1510) premier époux de Lucrère Borgia. Costanzo II Sforza (1510-1512) Galéas Sforza (1470-1519), dernier seigneur de Pesaro

La famille s'unit aux Borgia, avec le mariage arrangé de Lucrèce Borgia (1480-1519) avec Giovanni Sforza (qui est le fils illégitime de Costanzo Sforza).

Il existe aussi deux autres branches mineures de la maison Sforza à savoir celle de Borgonovo éteinte en 1922 et celle de Caravaggio éteinte en 1717.

Personnalités Giacomo Attendolo, condottiere, grand connétable du royaume de Naples, comte de Cotignola Francesco Sforza, duc de Milan Galéas Marie Sforza, duc de Milan