La foi bahá'íe se réfère à son organisation comme à un ordre administratif. Il est composé de deux bras, un bras élu et un bras nommé. L'institution gouvernementale suprême de la foi bahá'íe est la Maison universelle de justice, située à Haïfa, en Israël.

La foi bahá'íe ne possède pas de clergé... Son administration permet d'organiser ses affaires.

Certaines caractéristiques distinguent l'administration bahá'íe de systèmes similaires: les représentants élus doivent suivre leur conscience, plutôt que d'être responsables devant les opinions des électeurs ; les campagnes politiques, les nominations et les partis sont interdits ; et l'autorité de la Maison universelle de justice a été définie par son fondateur.

L'administration bahá'íe a quatre documents qui servent de chartres, le Kitáb-i-Aqdas, les tablettes du plan divin, la tablette du Carmel et le testament d'ʻAbdu'l-Bahá.

Structure vignette|400x400px|Un schéma de l'ordre administratif bahá'í actuel L'administration bahá'íe comprend deux éléments distincts: les institutions élues et les institutions nommées. L'organe élu le plus élevé est la Maison universelle de justice, qui possède l'autorité de compléter et d'appliquer les lois de Baháʼu'lláh. La plus haute autorité nommée est l'Institution du Gardiennat, qui est une autorité héréditaire et a le « droit exclusif d'interprétation de l'Écriture Sainte qui lui est conféré uniquement». Ces deux institutions sont décrites dans le Testament d'Abdu'l-Baha comme ayant une autorité divine :

Le même testament nomme Shoghi Effendi comme Gardien et donne plus de détails sur la structure de l'administration, y compris les processus d'élection et de nomination. Shoghi Effendi a travaillé toute sa vie pour établir les institutions secondaires nécessaires à l'élection de la Maison universelle de justice, qui a été élue pour la première fois en 1963.

N'ayant pas de sacerdoce professionnel ordonné, les bahá'ís opèrent à travers un type d'autonomie démocratique non partisane. Les fonctions traditionnelles de leadership communautaire et de leadership moral ne sont pas confiées à des individus, mais à ce cadre institutionnel à deux branches principales..

Institutions élues Les sources académiques décrivent la foi bahá'íe comme une religion sans clergé, dotée d'institutions administratives élues à caractère non clérical. L'historien, Peter Smith, précise que la foi bahá'íe ne possède pas de clergé professionnel ni d'ecclésiastiques ordonnés, les fonctions communautaires étant assurées par des assemblées élues. Moojan Momen souligne de même l'absence d'ordination et de hiérarchie cléricale, caractéristique structurante de la tradition.

Parfois désignés par Baháʼu'lláh comme « les dirigeants », les baháʼís élisent les membres de conseils qui sont investis de l'autorité de la communauté. Les membres de ces conseils, eux, n'ont aucune autorité individuelle. Lorsqu'ils sont dûment constitués, cependant, et spécifiquement lorsqu'ils décident des questions en tant qu'organe, ces conseils agissent en tant que dirigeants de la communauté. Baháʼu'lláh a envisagé une Maison suprême de justice, avec des maisons de justice locales dans chaque communauté où résident neuf baháʼís adultes ou plus. ʻAbdu'l-Baha a décrit la « Maison Secondaire », ou Maison Nationale de Justice, dans son testament. Considérées comme des institutions embryonnaires, les Maisons de justice nationales et locales reçoivent actuellement l'appellation temporaire d'« Assemblées spirituelles » et devraient, avec le temps, devenir des Maisons de justice pleinement fonctionnelles.

La Maison universelle de justice est considérée comme moralement infaillible, bien que cette croyance ait des subtilités, en ce sens que la Maison universelle de justice peut à la fois établir une nouvelle loi bahá'íe et abroger ses propres lois. Cela ne peut pas modifier les lois scripturaires définies par Baháʼu'lláh et ʻAbdu'l-Bahá. Les assemblées spirituelles nationales et locales sont considérées comme exigeant déférence et obéissance, mais peuvent être annulées par une institution supérieure élue. Toutes les décisions de ces organes doivent être prises et sont considérées comme valables si et seulement si l'organe est dûment constitué et se réunit en un corps avec un quorum de membres présents. Ces décisions sont prises dans le cadre d'un processus spécifique de consultation.

Maison Universelle de Justice

vignette|Siège de la Maison universelle de justice La Maison universelle de justice est l'organe directeur suprême de la foi bahá'íe. Les écrits bahá'ís affirment que ses décisions sont « la source de tout bien et exemptes de toute erreur ». Elle est composée de 9 membres élus tous les cinq ans par les membres de Assemblées spirituelles nationales lors de la Convention Internationale. La Maison universelle de justice possède sa propre constitution.

Assemblées Spirituelles Nationales Il n'y a pas de règles précises pour décider de la création d'une ASN dans un territoire par les baha'is : cela correspond à un certain degré de développement de la communauté et à la nécessité de faire reconnaitre officiellement le statut ou les propriétés de la Foi dans un pays.

Il existe des ASN dans la plupart des États membres de Nations unies, mais aussi dans quelques nations qui ne sont pas reconnues par l'ONU. Leur nombre varie selon les aléas historiques et les gouvernements en place : certaines ASN ont disparu temporairement à la suite de conflit armés (comme au Rwanda) ou à la suite de l'interdiction de la Foi baha'ie par le gouvernement (comme en Iran), d'autres sont apparues à la suite de l'indépendance de nouveaux états (comme dans les anciennes républiques d'Asie centrale de l'ex-URSS). Certaines ASN peuvent se diviser pour donner naissance à d'autres ASN (comme celle de l'Inde, qui comprenait à l'origine celles du Pakistan et de la Birmanie), ou parce que d'un point de vue baha'i il existe plusieurs territoires distincts au sein d'une même entité nationale (comme en France, où il existe une ASN en métropole et d'autres en Guyane et en Martinique, qui sont des départements français d'outre-mer).

Le nombre des ASN baha'ies était de 12 en 1953, de 56 en 1963 après la « Croisade de dix ans », de 113 en 1973, de 125 en 1979, de 148 en 1988, de 174 en 1995, de 179 en 1998, de 182 en 2001 et de 184 en 2008. Voici les dates de formation ou de restauration des diverses ASNListe des ASN :

Ordre chronologique 1923 : Îles Britanniques, Allemagne (comprenant l'Autriche), Inde (comprenant le Pakistan et la Birmanie). 1924 : Égypte (comprenant le Soudan). 1925 : États-Unis (comprenant le Canada). 1931 : Irak. 1934 : Australie (comprenant la Nouvelle-Zélande) et Iran. 1948 : Canada. 1953 : Italie-Suisse. 1956 : Afrique centrale et orientale (Congo belge, Comores…), Afrique Nord-Occidentale et Afrique Sud-Occidentale. 1957 : Alaska, Arabie, Nouvelle-Zélande et Pakistan. Asie du Nord-Est (Japon) Asie du Sud-Est. Amérique centrale : Mexique, regroupé avec les autres républiques méso-américaines. Grandes Antilles. Amérique du Sud : Regroupement d'États (Brésil/Pérou/Colombie/Équateur/Venezuela) et (Chili/Argentine/Uruguay/Paraguay/Bolivie). Scandinavie (comprenant la Finlande). Benelux. Péninsule Ibérique (Espagne et Portugal). 1958 : France. 1959 : Autriche, Birmanie, Pacifique Sud et Turquie. 1961 : Bolivie, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, République dominicaine, Équateur, Salvador, Guatemala, Haïti, Honduras, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Uruguay, Venezuela, Brésil et Argentine. 1962 : Belgique, Ceylan, Danemark, Finlande, Pays-Bas, Luxembourg, Norvège, Portugal, Espagne, Suède, Suisse et Italie. 1964 : Corée, Thaïlande, Viêt Nam, Indonésie, Malaisie, Philippines, Hawaii, Kenya, Tanganika avec Zanzibar et l'Ouganda avec l'Afrique centrale. 1966 : Brunei. 1967 : Îles Gilbert et Ellice (Tuvalu kaj Kiribati), Arabie Sudorientale, Taïwan, Laos, Sikkim, Belize, Algérie avec Tunisie, Cameroun, Swaziland/Lesotho/Mozambique, Zambie et Petites Antilles (Îles Vierges/Îles du Vent/Îles sous le Vent). 1969 : Papouasie-Nouvelle-Guinée et Burundi 1970 : Tonga avec les îles Cook, Samoa, Congo-Kinshasa, Ghana, Dahomey, Togo avec Nigéria, Malawi, Botswana avec Gambie, Sénégal, Guinée portugaise avec Cap-vert, Guyane, Proche-Orient. 1972 : Rwanda,Singapour, Népal, Barbade avec les îles au vent. 1974 : Hong Kong, Arabie sudorientale. 1975 : Jordanie, Niger, Sénégal, Sierra Leone, Togo. 1977 : Grèce, Suriname avec la Guyane française et les Antilles françaises, Îles Marshall, Vanuatu, Burkina Faso et Mali. 1978 : Bahamas, Île de Chypre, Mauritanie, Îles Mariannes. 1980 : Transkei. 1981 : Barbade, Bermudes, Botswana, Namibie avec l'Afrique sud-occidentale, Îles Sous-le-Vent, Tuvalu. 1983 : Sainte-Lucie, Dominique, restauration des A.S.N de l'Ouganda et du Népal. 1984 : Cap-Vert, Guinée équatoriale, Gabon, Guyane, Îles Grenadines et Saint-Vincent, Martinique, îles Andaman-et-Nicobar, Canaries et Yémen. 1985 : Îles Cook, Îles Carolines occidentales, Ciskei, Mozambique et restauration de l'ASN du Mali. 1987 : restauration de l'ASN du Zaïre. 1989 : Macao, Guinée-Bissau. 1991 : Tchécoslovaquie, Roumanie kaj Union soviétique. 1992 : Groenland, Azerbaïdjan, Ukraine, Bulgarie, Albanie, Pologne, Hongrie, République du Congo. Biélorussie avec Moldavie. Russie avec Arménie et Géorgie. Asie centrale. Pays baltes. 1994 : Cambodge, Kazakhstan, Mongolie, Tadjikistan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Turkménistan. Slovénie avec Croatie. 1995 : Érythrée, Arménie, Géorgie, Biélorussie, Sicile, fédération de Russie, Afrique du Sud avec Ciskei/Bophuthatswana/Transkei 1996 : Sao Tomé-et-Principe, Moldavie (disparaissent les A.S.N du Rwanda et du Burubdi). 1997 : restauration de l'ASN du Rwanda. 1998 : Sabah (Malaisie), Sarawak (Malaisie), Slovaquie, restauration de l'ASN du Liberia. 1999 : Lituanie, Lettonie, République de Macédoine. 2001 : restauration de l'ASN d'Indonésie. 2004 : restauration de l'ASN d'Irak. 2008 : restauration de l'ASN du Viêt Nam.

Ordre alphabétique Abyssinie : 1956 (comme partie de l’ASN de l’Afrique du Nord-Est) Afrique Centrale et Orientale : 1956 Afrique-Équatoriale française : 1956 (comme partie de l’ASN de l’Afrique Centrale et Orientale) Afrique du Nord-Est : 1956 Afrique du Nord-Ouest : 1956 Afrique de l’Ouest supérieure : 1975 Afrique du Sud : 1995 (avec Bophuthatswana et Ciskei) Afrique du Sud-Ouest : 1956 Alaska : 1957 Albanie : 1992 Allemagne : 1923 (jusqu’en 1959 associée à l’Autriche) Amérique centrale : 1951 Amérique du Sud : 1951 îles Andaman-et-Nicobar : 1984 Antilles françaises : 1977 Arabie Sudorientale : 1967 Argentine : 1964(comprise entre 1957 et 1961 dans l’ASN des républiques de Chili/Argentine/Uruguay/Paraguay/Bolivie) Arménie : 1995 Asie centrale : 1992 (devenue en 1994 l’ASN du Turkménistan) Asie du Nord-Est (Japon) : 1957 Asie du Sud-Est (ASR) : 1957 Australie et Nouvelle-Zélande : 1934 (jusqu’en 1957 dans l’ASN d’Australie et de Nouvelle-Zélande) Autriche : 1959 (depuis 1923 dans l’ASN d’Allemagne-Autriche) Azerbaïdjan : 1992 Bahamas : 1978 Pays baltes : 1992 Barbade : 1981 (comprise entre 1972 et 1981 dans l’ASN de Barbade/Îles antillaises du Vent) Barbade et Îles antillaises du Vent : 1972 (ASN séparée en 1981) Belgique : 1962 (comprise entre 1957 et 1962 dans l’ASN du Benelux) Belize : 1967 Benelux : 1957 (séparé en 1962) Bermudes : 1981 Biélorussie : 1995 Birmanie : 1959 (comprise dès 1923 dans l’ASN Inde/Pakistan/Birmanie) Bolivie : 1961 (comprise entre 1957 et 1961 dans l’ASN des républiques de Chili/Argentine/Uruguay/Paraguay/Bolivie) Bophuthatswana : 1981 (rattaché à l’ASN de l’Afrique du Sud en 1995) Brésil : 1961 (compris entre 1957 et 1961 dans l’ASN des républiques du Brésil/Pérou/Colombie/Équateur/Venezuela)