Le d'infanterie légère () est un régiment d'infanterie légère de l'armée française créé sous le Premier Empire en 1810 à partir d'unités hollandaises. Il est dissous en 1814.

Création et différentes dénominations : création du d'infanterie légère en Espagne (mise sur pied douteuse) : dissolution : création du d'infanterie légère : dissolution

Chefs de corps 1810 : Henri Jean Baptiste de Marguerye

Historique Régiment en Espagne

Un premier d'infanterie légère est formé, à Mont-de-Marsan, en juillet ou , avec les et régiments provisoire de l'armée d'EspagneLes régiments de marche de l'armée d'Espagne. Ce premier léger, dont l'effectivité de la mise sur pied est douteuse, est dissous en et ses éléments intègrent d'autres régiments d'infanterie légère de l'armée d’Espagne.

Régiment d'origine hollandaise Le d'infanterie légère est formé après annexiation du Royaume de Hollande en , avec les deux bataillons du 1er régiment de chasseurs (Jägers) et le bataillon du d'infanterie de ligne hollandais. En 1811 le deuxième léger se prepare pour joindre le 1er corps de la Grande Armée pendant la campagne de Russie.

Le , la plupart des "conscrits" se trouvaient à Groningue, où tous les appelés du Nord des Pays-Bas étaient rassemblés. Les soldats quittèrent Emden le et, après avoir traversé Oldenburg, Brême, Hanovre et Brunswick, ils atteignirent Magdebourg en seize jours, le . Ils furent logés chez des particuliers, répartis en groupes de six à huit hommes à travers la ville. Le ils quittèrent Magdebourg et atteignirent Stettin après dix jours de marche. Le , les quatre bataillons de campagne du 33e RLI quittèrent Stettin. Les 19 et , ils séjournèrent deux jours à Insterburg, où Napoléon assista à leur parade. Ensuite, ils marchèrent vers le Niémen, qu'ils atteignirent le .

Campagne de Russie

thumb|Ciel lourd à Mykoliškiai, près Jonava (27 juin 1812)

Durant le début de la campagne de Russie, le 33e régiment d’infanterie légère fut confronté à des conditions météorologiques extrêmes : d’abord une chaleur accablante, puis des pluies torrentielles qui rendirent les routes impraticables, engloutissant canons et chevaux dans la boue. Entre 15.000 et 18.000 chevaux furent perdus. La Grande Armée perdit 50.000 hommes en deux jours à cause de l’épuisement et du manque de ravitaillement. Certains régiments avaient déjà perdu 40 % de leurs effectifs avant même d’engager le combat. De nombreux soldats errèrent à la recherche de nourriture, se perdant dans les forêts et marais faute de cartes. La sous-alimentation et les maladies (poux, diarrhée, typhus, dysenterie) se multiplièrent. La tactique russe de la terre brûlée laissa peu de ressources : villages détruits, réserves de blé incendiées, puits empoisonnés, absence de foin et de paille. Le ravitaillement venant de Pologne et de Prusse-Orientale était bloqué, il n’y avait ni sel, ni pain, et le blé était encore vert.

thumb|Marais près de Lida

Début juillet, la pluie reprit. Le 33e régiment avait perdu environ 900 hommes juste après avoir franchi la frontière (dans les marais autour de Lida), soit à cause de l'épuisement, de la maladie, du manque de nourriture, du suicide, soit en pillant les villages sous prétexte de rechercher le 1er corps d’arméeNapoleon’s Russian Campaign of 1812, Edward A. Foord. Jean-François Boulart rapporta :

Selon H.P. Everts, adjudant-major, le régiment avait parcouru 480 km depuis Vilnius, vu peu de pain en un mois et survécu uniquement avec de la soupeCampagne et captivité en Russie, extraits des mémoires inédits du géneral-major H.P. Everts. Dans: Carnet de la Sabretache, p. 636-638.

Minsk thumb|Vue de la grande place de Minsk (J. Pieška, 1800) thumb|Battle of Smolensk on 18 August 1812

Le , Davout arriva à Minsk avec une partie de son corps et prit la ville avant Pyotr Bagration. Le 33e régiment y arriva le samedi soir sous le commandement du lieutenant-colonel François la Serre, le chef de bataillon, et du général De Bordesoulle après quatre marches forcées épuisantes, couvrant 120 km. Ils avaient marché jour et nuit, et les soldats étaient exténuésH.P. Everts, Carnet de la Sabretache, p. 121. Au lieu d’environ 3.280 hommes, seulement 2.530 atteignirent la villeMémoires de Antoine van Dedem, p. 225-226. Lorsque Davout constata l’état des compagnies, il entra dans une colère noire : à peine cinquante hommes étaient arrivés.

Le , après la messe et lors du défilé devant la cathédrale, il menaça d’exécuter un homme sur dix pour pillage. Humilié, le régiment ne fut pas autorisé à entrer en ville et dut bivouaquer sans abri ni ravitaillement. Davout le fit défiler la crosse en l'air devant tout le corps pour le sanctionner de son indisciplineEric Fournier, « « Crosse en l'air » : l'insaisissable motif d'une histoire effilochée (France, 1789-1871) », Romantisme, 2016/4 (n° 174), 121-131.. Joseph Barbanègre, chargé de la logistique, et le Polonais Mikołaj Oppeln-Bronikowski, nommé gouverneur du district, restèrent sur place, ainsi que le 1er et le 4e bataillon du 33e régimentNapoleon's Russian Campaign of 1812, Edward A. Foord.

Everts reçut l’ordre de Bronikowski de rechercher, avec ses bataillons et la cavalerie polonaise, les milliers de soldats égarés et pillards. Le premier jour, 500 soldats furent ramenés, traduits devant le conseil de guerre le soir même et certains furent exécutés sur placeH.P. Everts, p. 629. Le , Napoléon suggéra de réorganiser le régimentAU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 1ER CORPS DE LA GRANDE ARMÉE, p. 111.

Everts et ses hommes quittèrent Minsk le , restèrent à Smalyavichy pendant plusieurs jours et se dirigèrent vers le sud. Ils se sont ralliés avec le reste du 1er bataillon, qui a réussi à s'échapper après une bataille avec les Cosaques à Sloutsk. Puis il a déménagé à Hlousk. A proximité se trouvait le général russe Fyodor Ertell avec 15 000 hommes. Dans la ville, il rencontra le général polonais Jean-Henri Dombrowski avec ses Lanciers polonais. Puis ont déménagé à Bobruisk, Krasnoi et Smolensk.

Le , l’Empereur écrivit depuis Smolensk à Berthier : « J’approuve que les deux bataillons du fassent halte, un bataillon à Orcha et un à Doubrowna, pour former la garnison de ces deux places, jusqu’à ce que la situation de ce côté soit entièrement connue »A. Chuquet, Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815, Paris, 1911, t. II, lettre n° 2356.. Deux jours plus tard suivit l’ordre : « Donnez l’ordre aux deux bataillons du , qui se trouvent à Orcha, de se rendre à Smolensk »Ibid., lettre n° 2369.. Le lendemain, il réitéra cet ordre au maréchal DavoutIbid., Au maréchal Davout, commandant le 1 corps de la Grande Armée..

Selon la correspondance impériale, le régiment d’infanterie légère n’arriva à Smolensk que le et ne participa donc pas directement aux combats des 16–. Les et bataillons, atteignirent Smolensk autour du 30–, avant de poursuivre vers Moscou le . Les et bataillons, initialement à Minsk, reçurent l’ordre le de marcher sur Smolensk ; regroupés le , ils n’y arrivèrent que le Correspondance de Napoléon, t. XXIII, lettres 132–134.. Sabron mentionne qu'aucun bataillon du 33e régiment n'a pris part à la bataille de BorodinoF.H.A. Sabron, p. 62.

Moscou

thumb|Manoir de Galitzine

Comme ils étaient "quotidiennement dérangés par de nombreuses pulques de Cosaques", Napoléon ordonna de nettoyer la région et de chercher du fourrage avec l'aide de J.F.W. Veeren et un escadron volant néerlandais, deux bataillons du 33e Régiment d'infanterie légère. Le 28 septembre 3e bataillon sous Schuurman a été attaqué par 200 paysans armés de lances chez Bolchie Viaziomy le manoir de la Boris Galitzine. Après qu'un important stock de vivres eut été saisi et chargé sur 26 chariots, ils furent poursuivis par des Cosaques, qui réussirent à en faire exploser 15A Dutch officer of the 33rd Light Infantry Regiment, Russia 1812F.H.A. Sabron, Geschiedenis van het 33e regiment Lichte Infanterie (het Oud-Hollandsche 3e regiment Jagers) onder Keizer Napoleon I (Histoire du 33e régiment d’infanterie légère (le 3e régiment de chasseurs Oud-Hollandsche) sous l’Empereur Napoléon I), Breda, 1910, p. 64. Schuurman affronta 40 Cosaques avec 300 hommesE.J. Rieksen (2020) Voetstappen zonder echo, p. 98; il a perdu 100 hommes, tués et blessésH.P. Everts, p. 143. Le , Napoléon ordonna que tous les hommes disponibles du 4e bataillon soient transférés au 1er bataillon et que l'état-major du 4e Bataillon soit renvoyé caserne en Givet pour accueillir de nouveaux conscrits. Le , Everts était à Dorogobouj pour s'unir à 2e et 3e bataillons qui était sur le chemin du retour.

Krasnoï thumb|Le 33e régiment en carré dans la bataille de Krasnoï à neuf heures du matin.. Peinture de Jean-Antoine-Siméon Fort

thumb|Vue à Krasnoï par Barthélemy Lauvergne 1840)

Mi-novembre, le régiment se distingue à la bataille de Krasnoï, où il est décimé. L’arrière-garde du corps de Davout, composée des chasseurs du 33e régiment néerlandais, subit des attaques incessantes de la part des Cosaques, cuirassiers et fantassins russes. Progressivement encerclé et à court de munitions, le régiment forma des carrés défensifs et parvint à repousser les premières attaquesD. Boutourline (1824) Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812, p. 213. Cependant, lors de la troisième charge russe, les soldats furent pris au piège, entraînant la destruction complète du régiment, avec seulement 72 survivantsCarnets et journal sur la campagne de Russie : extraits du Carnet de La Sabretache, années 1901–1902–1906–1912. Baron Jean Jacques Germain Pelet; M.E. Jordens; Guillaume Bonnet; Henri-Pierre Everts. Paris : Librairie Historique F. Teissèdre, 1997, pp. 698–702. Presque tous les hommes restants furent massacrés au sabre ou à la baïonnette par des Russes en furie. Ce n’est que grâce aux supplications de certains officiers du 33e auprès des officiers russes que le massacre prit finTHE CAMPAIGN OF 1812 IN RUSSIA by CARL VON CLAUSEWITZ, p. 79. Cette perte marqua la fin de la bataille de Krasnoï, comme l’ont noté Clausewitz et Georges de ChambrayGeorges de Chambray (1825) Histoire de l'expédition de Russie: avec un atlas et trois vignettes, Vol. 2, p. 450.

Hambourg Les restes du régiment sont via Chełmno, Kostrzyn nad Odrą, Przemków déménagé à Erfurt, où ils se sont reformés en 2e bataillon. Au corps d'observation de l'Elbe et celles de 1813 et 1814 au de la Grande Armée, et durant le siège de Hambourg lors de la campagne d'Allemagne.

Après le retour du roi de France, le d'infanterie légère est dissous par l'ordonnance royale du et ses éléments distribués :

Les , , et sont versés dans le d'infanterie légère (régiment léger de Dauphin). Les et sont versés dans le d'infanterie de ligne.

Personnalités ayant servi au Geert Adriaans Boomgaard

Références

Bibliographie .

Catégorie:Unité d'infanterie française dissoute