Mary Eliza McDowell, née le à Cincinnati dans l'État de l'Ohio et morte le à Chicago dans l'État de l'Illinois est une réformatrice sociale américaine. Elle est une des figures majeures de la vie politique et syndicale de la ville de Chicago de son époque.

En 1887, elle dirige l'une des branches de la Woman's Christian Temperance Union.

En 1894, Mary McDowell est à l'initiative de la création de l', qu'elle dirige pendant une trentaine d'années.

En 1903, avec Jane Addams et Lilian Wald, Mary McDowell est une des fondatrices de la Women's Trade Union League dont elle dirigea la branche de l'Illinois à Chicago de 1904 à 1907.

En 1923, Mary McDowell est nommée commissaire à la santé publique de la ville de Chicago, charge qu'elle occupe jusqu'en 1927.

Biographie

Jeunesse et formation

Une famille abolitionniste vignette|Photographie du major-général Irvin McDowell,|262x262px Mary McDowell est l'aînée des six enfants de Malcolm McDowell, un prédicateur laïc, et de Jane Welch Gordon McDowell, une femme de santé fragile. Son père a des ascendances irlandaise et écossaise. Ses ancêtres sont venus s'installer dans les années 1730, d'abord en Pennsylvanie puis dans le sud de la Virginie pour enfin se fixer soit dans le Kentucky soit dans l'Ohio. La famille de Mary McDowell possède une tradition forte contre l'esclavage. Durant la guerre de Sécession, Malcolm McDowell entre dans les forces armées de l'Union avec son frère Irvin McDowell, ce dernier finit la guerre avec le grade de major-général. Malcolm McDowell est nommé intendant de l'Armée du Tennessee avec le grade de major. Après la guerre de Sécession, Malcolm McDowell emmène sa famille pour Chicago où il crée un laminoir pour fournir l'industrie du rail en plein essor.

Éducation gauche|vignette|Portrait de John Wesley par le peintre George Romney|267x267px Mary McDowell a grandi avec ses parents dans la résidence de son grand-père maternel, un constructeur de bateaux à vapeur. Sa mère Jane Welch Gordon McDowell, ouvre les portes de la résidence pour en faire un centre social pour les membres de la communauté. Son attitude bienveillante envers ses domestiques, ses dons pour les personnes nécessiteuses donnent un exemple de ce que peut être une vie de femme à sa fille. De même, Mary McDowell grandit au milieu des enfants de migrants qui travaillent dans les usines de Cincinnati. Dès son plus jeune âge Mary McDowell comprend l'importance des prises de positions politiques consolidées par la foi, prenant en cela l'exemple de son père auquel elle voue une véritable adoration. Elle suit la conversion de son père lorsqu'après la guerre de Sécession il quitte Église épiscopalienne pour l'Église épiscopalienne méthodiste fondé par John Wesley. Conversion motivée par la quête d'une relation intime avec Dieu. En adhérant au méthodisme, Mary McDowell décide de consacrer sa vie au service de la société.

Mary McDowell a suivi sa scolarité dans divers établissements publics et privés de Cincinnati et de Chicago. Mais en tant que sœur aînée, elle doit prendre en charge sa fratrie pour pallier les insuffisances de sa mère qui depuis la fin de la guerre de Sécession est régulièrement malade et ne peut assumer les soins nécessaires à l'éducation de ses enfants. Au sujet de cette situation elle dira plus tard . L'exemple se mère d'avant la guerre de Sécession n'est plus, ne pouvant plus se reposer elle se tourne vers son père avec lequel elle développe une relation de confiance réciproque. C'est dans ce contexte familial que Mary McDowell doit régulièrement interrompre ses études. Plus tard elle exprimera son regret de n'avoir pu mener à bien ses études.

Carrière

Le Grand incendie de Chicago en 1871 En 1871, Mary McDowell, alors âgée de , se joint à l'équipe des volontaires dirigée par le pasteur de l'église méthodiste du Northside qui intervient pour venir en aide aux victimes du Grand incendie de Chicago. La foule s'est massée sur le pont du Northside à proximité du foyer de Mary McDowell. Son père et elle viennent au secours des sans-abris en organisant des convois de nourriture et participent à la construction d'un camp de tentes pour les réfugiés qui se dresse à côté de leurs résidence. C'est sa première expérience d'intervention au service de la communauté.

Les années à Evanstone (1880-1890)

La Woman's Christian Temperance Union (WCTU) vignette|Frances Willard. |274x274px gauche|vignette|303x303px|Elizabeth Harrison. Au début des années 1880, la famille McDowell s'installe à Evanstone dans la banlieue de Chicago. Son père continue ses activités de prédicateur laïc auprès les jeunes de la paroisse méthodiste d'Evanstone et organise des conférences chaque dimanche, lors d'une de ces conférences il invite Frances Willard à laquelle assiste Mary McDowell. Frances Willard devient une des familières de Mary McDowell et lui fait connaître la Woman's Christian Temperance Union (WCTU). En 1887, Mary McDowell, alors âgée de , est élue pour diriger et organiser la branche des jeunes femmes de la (WCTU). De par ses responsabilités, elle dirige le secteur des écoles maternelles et s'intéresse à leur fonctionnement et pour cela suit des cours auprès d'Elizabeth Harrison (pédagogue) connue pour ses travaux en matière de pédagogie innovante en direction des écoles maternelles. Après avoir obtenu son diplôme, elle enseigne un court moment à New York durant l'année 1891.

La découverte du Settlement movement Elizabeth Harrison lui fait également découvrir le Settlement movement et l'invite à un club de femmes animé par Jane Addams et Ellen Gates Starr, ces dernières permettent de faire découvrir à Mary McDowell les femmes influentes dans la région de Chicago. Elle est admise au sein de la Hull House où elle organise un groupe de femmes pour créer et gérer un jardin d'enfants. Si Mary McDowell est convaincue par le bien fondé du Settlement movement elle n'est pas encore prête pour s'engager pleinement au sein de la Hull House de Chicago, de plus elle doit retourner à Evanstone pour soutenir sa mère dont l'état de santé s'est dégradé.

La grève Pullman de 1894 C'est par la grève des cheminots de la Pullman Company de 1894 que Mary McDowell découvre la dureté des relations sociales. Cette grève lui montre les contradictions entre d'une part les valeurs de la moralité victorienne héritées de sa mère et fondant sa foi et d'autre part celles du mouvement de l'Évangile social. Dans un premier temps, elle ne comprend pas pourquoi les cheminots se mettent en grève à un moment où obtenir un emploi est précieux en ces temps de crise économique. Après des semaines de conflits intérieurs, Mary McDowell rend visite au révérend Carwardine, le pasteur méthodiste du secteur communautaire de Chicago, de Pullman pour qu'il lui donne des explications quant à ce mouvement. Ce dernier lui fait comprendre et admettre la légitimité de la grève. Pour Mary McDowell, c'est une révélation, elle prend conscience de son ignorance et elle est déterminée à en apprendre plus trop souvent . À la suite de cela, elle organise une réunion de la à l'université de Chicago afin d'y créer un à Chicago. Pour l'y installer les membres présents choisissent la proximité des abattoirs de Chicago pour y louer un emplacement. Le laboratoire fonctionnerait comme une settlement house, autrement dit comme un lieu d'échanges ouvert à toutes personnes pouvant contribuer à une meilleure connaissance de la condition ouvrière à Chicago. C'est la troisième settlement house ouverte à Chicago après la Hull House ouverte en 1889 et celle de l'université Northwestern fondée par en 1891. Sur les préconisations de Jane Addams, Mary McDowell est élue directrice de l' qui ouvre ses portes à la fin de l'année 1894. Elle y passera une trentaine d'années.

L'University of Chicago Settlement (1894-1929) Le Mary McDowell est nommée directrice de l'University of Chicago Settlement et loue un appartement de quatre pièces au 4655 Gross Avenue.

Un environnement de misère Les environs des abattoirs sont un véritable dépotoir déboisé où s'entassent les déchets industriels de la ville jouxtant des bidonvilles et des masures insalubres, les rues ne sont pas pavées, l'air y est pestilentiel, de la , qui longe les abattoirs, se dégagent du méthane et du sulfure d'hydrogène issus des produits animaux en décomposition, c'est un véritable égout à ciel ouvert. Les habitants vivent dans la soumission au conseiller municipal représentant le quartier qui applique une politique de chantage, de coercitions diverses pour être réélu. Les habitants sont des américains d'origine germanique et irlandaise et des Lituaniens, des Slaves issus des dernières vagues de migrants.

Un défi Mary McDowell se lance un défi, amener les résidents de l'University of Chicago Settlement à prendre conscience de leurs droits civils à travers les activités internes et amener les habitants du voisinage à des éveils quant à leurs conditions. Elle écrit que la mission de l'University of Chicago Settlement en ces termes , déclaration explicitement politique et soutenue par ses convictions religieuses .

Les premières activités Dans les premières années, Mary McDowell crée des activités en direction des enfants et organise des clubs ouverts aux adultes pour échanger sur leurs droits. Elle ouvre également un club pour les jeunes en âge de voter pour aborder les questions sociales et civiques. Elle mobilise également des associations locales comme la Civic Improvement Association et la Neighborhood Guild. En 1896, avec quelques ouvrières résidant à l'University of Chicago Settlement, elle crée dans des locaux de l' des cours d'artisanat, de musique et de littérature anglaise.

Les actions ultérieures Le , Mary McDowell avec les résidentes invite les femmes du voisinage à prendre le café. le but de cette réunion étant de rassembler les femmes issues de toutes les origines, de toutes les croyances pour former une association de soutien réciproque des femmes pour développer leurs compétences afin de devenir de meilleures mères, sœurs, épouses, voisines, citoyennes. Puis avec les résidentes, elle lance la création de cours de cuisine où les stagiaires apprennent comment composer des repas équilibrés et sains, identifier quand les viandes, fruits et légumes doivent être jetés à la poubelle. Les groupes d'apprentissage de la citoyenneté deviennent des lieux de proposition d’amélioration touchant la vie quotidienne des femmes ainsi que l'éducation et la scolarité des enfants. Avec la création d'une bibliothèque, celle-ci devient un lieu de lectures publiques suivies de discussions.

Mary McDowell organise des ballades dans les parcs de Chicago et fait construire un camp de vacances dans le site de l'Indiana Dunes, et en 1899, avec l'appui de la population locale elle y fait construire un gymnase.

Les actions auprès de la ville de Chicago À partir des années 1900, Mary McDowell harcèle la municipalité de Chicago pour qu'ils établissent un service de ramassage des ordures pour le quartier de l'Union Stock Yards, ce qui lui valent les surnoms de « Garbage Lady » ou de « Duchess of Bubbly Creek », elle obtient également la création d'un parc public le qui ouvre ses portes 1905 ainsi que la construction d'une douche municipale. Durant l'été 1911 , face au refus de la municipalité de Chicago d’interdire le déversement des déchets dans la Bubbly Creek, causes de nombreuses maladies, Mary McDowell se rend dans différents pays européens pour y étudier les différents systèmes d'enlèvement et de traitement des ordures. Il faut attendre 1913, avec l'adoption du droit de vote des femmes par l'Illinois, pour qu'enfin le conseil municipal mette en place une commission de gestion des déchets. La Bubbly Creek est couverte par des aménagements boisés, un nouveau collecteur des eaux usées des abattoirs est construit.

La grève des ouvriers des abattoirs de Chicago de 1904 vignette|320x320px|Grève des abattoirs de Chicago (1904).